16 janvier 2015
Pour le 60e anniversaire de Séquences, nous avons voulu aborder le film qui a remporté le prix du Meilleur long métrage canadien au Festival international du film de Toronto (TIFF), Félix et Meira, en rapportant les commentaires d’un artisan de l’ombre, le scénariste Alexandre Laferrière qui a coscénarisé les trois longs métrages de Maxime Giroux.
Quelle a été l’idée de départ de Félix et Meira ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de réconcilier ces deux solitudes du Mile End, le temps d’un film ?
J’avais des préjugés évidemment ! J’habite dans le Mile End, mais ça m’a toujours intrigué. Bref, un beau jour de printemps, c’était une belle journée ensoleillée, et on regardait les filles au Café Olimpico avec Maxime [Giroux]. Il y avait de belles Juives hassidiques, vraiment très jolies, et Maxime est arrivé avec cette idée-là : « T’imagines-tu un film qui raconterait une histoire d’amour impossible entre un franco catholique, mais athée – parce qu’on est tous un peu athées, de nos jours −, un peu hurluberlu, et une Juive hassidique qui est aux prises avec sa communauté ? ». Tout de suite ça m’a inspiré; c’est quand même envoutant comme idée ! Non seulement elle offre plusieurs possibilités dramatiques, mais l’amour impossible, ça marche toujours au cinéma, au théâtre, etc.
Texte complet : Séquences (nº 294 > Janvier-Février 2015, p. 9)
Avec Félix et Meira, Maxime Giroux signe un troisième film incontournable. Une œuvre sensible, lumineuse, mélancolique, dans laquelle le réalisateur porte brillamment son jeune cinéma vers la maturité. En mettant en scène la quête de désir et de liberté d’une femme hors de sa communauté restrictive, quelque chose dans son cinéma s’est libéré, imprimant dans ses images une émotion, une épaisseur psychologique, une tendresse jusque-là inédites… Rencontre.
En présentant Félix et Meira à la dernière édition du FNC, tu as parlé d’un film fait dans l’adversité. De quelle adversité parlais-tu ?
J’ai parlé d’adversité pour plusieurs raisons. Premièrement, pour bien des gens dans le milieu du cinéma québécois, je n’existais pas encore. Jusque-là, j’avais réalisé deux films qui ont été difficiles à faire. Donc aller chercher des subventions, c’est une tâche qui reste encore très difficile pour moi. Le film n’a pas été financé par la SODEC; on a eu Téléfilm Canada seulement… Heureusement que j’avais Metafilms, les producteurs Sylvain Corbeil et Nancy Grant, qui ont cru et appuyé le projet dès le départ. Suite
Ses deux premiers longs métrages – Demain (2008) et Jo pour Jonathan (2010) – nous avaient séduits; le premier, pour sa description inhabituelle d’une société désenchantée; le deuxième, pour le portrait saisissant et épuré d’une jeunesse qui se cherche. Son troisième opus laisse la place à l’autre, celui dont on ne parle que rarement (on pourrait même dire qu’il s’agit d’un sujet inédit) dans le cinéma québécois. Sa proposition est d’autant plus singulière qu’elle met en perspective un personnage féminin issu d’une des communautés ethniques perçue comme l’une des plus fermées de Montréal, le milieu juif hassidique, et sa rencontre avec un Québécois (comme on dit souvent, pure laine) francophone.
15 janvier 2015
Des films québécois sortis en 2014, il n’est pas surprenant que Mommy, de Xavier Dolan, ait reçu le plus de votes. Ce qui n’empêche pas que le magnifique, poétique et émouvant documentaire expérimental Miron : Un homme revenu d’en dehors du monde, de Simon Beaulieu se retrouve ex aequo avec Tu dors Nicole, pour certains, une des surprises de l’année signée Stéphane Lafleur.

Mommy de Xavier Dolan
PALME D’OR8 janvier 2015

1er janvier 2015


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