8 avril 2015
Le réalisateur américain Noah Baumbach est l’auteur de comédies de mœurs bien tournées dans les deux sens du terme se déroulant habituellement dans son Brooklyn natal (The Squid and the Whale),sauf pour Greenberg à qui Los Angeles prêtait son cadre ensoleillé.

Josh est un cinéaste quarantenaire incapable de terminer son long documentaire sur la structure du pouvoir américain. Il est aussi chargé de cours à l’université et l’arrivée de Jamie et Darby comme jeunes cinéphiles intéressés par sa carrière lui permettent ainsi qu’à sa femme Cornelia de suppléer à l’absence de leurs meilleurs amis devenus de nouveaux parents. Le scénario de Baumbach satirise d’amusante manière les faiblesses et manies de ses personnages qui recherchent de nouveaux jeux ou modes pour meubler leurs vies pourtant déjà bien remplies mais qui leur semblent manquer de piquant. Des séances de shamanisme pseudo-péruvien côtoient la dégustation de crèmes glacées aux saveurs biscornues et avec des séances de gymnastique dansée.
Josh et Cornelia se sentent valorisés par ces nouveaux amis qui les entraînent dans la réalisation d’un documentaire auquel les médias sociaux donneraient des allures révolutionnaires. Baumbach s’amuse alors à recréer certaines conditions de tournage où la notion de direct est mise à mal. Il l’oppose de plus à la carrière reconnue du beau-père de Josh, Leslie, cinéaste adulé au moins par ses pairs.
Charles Groin retrouve là un rôle à la mesure de son talent. La dernière partie du film, malgré le travail de Stiller et Watts dans les rôles principaux, laisse un goût d’inachevé car le résultat final est inférieure à la précision de certaines scènes et observations dans lesquelles plusieurs se reconnaîtront assurément.
Genre : Comédie dramatique – Origine : États-Unis– Année : 2014 – Durée : 1 h 37 – Réal. : Noah Baumbach – Int. : Ben Stiller, Naomi Watts, Adam Driver, Amanda Seyfried, Charles Grodin, Maria Dizzia – Dist. / Contact : Remstar.
Horaires : Cinéma du Parc – Cineplex
CLASSIFICATION
Visa GÉNÉRAL
(Déconseillé aux jeunes enfants)
MISE AUX POINTS
★★★★★ (Exceptionnel). ★★★★ (Très Bon). ★★★ (Bon). ★★ (Moyen). ★ (Mauvais). ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
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Genre : Comédie romantique – Origine : Philippines– Année : 2015 – Durée : 1 h 56 – Réal. : Antoinette Jadaone – Int. : Coco Martin, Toni Gonzaga – Dist. / Contact : n.d.
Horaires : Cineplex
CLASSIFICATION
En attente de classement
1er avril 2015

Genre : Chronique – Origine : France / Sénégal / Belgique – Année : 2013 – Durée : 1 h 25 – Réal. : Dyana Gaye – Int. : Ralph Amoussou, Marène Demba Ly, Souleymane Seye Ndiaye, Sokhana Niang, Mata Gabin, Andrei Zayats – Dist./Contact : Axia.
Horaires : Excentris Suite

Dû au décès de Paul Walker pendant le tournage, Furious 7 (Furious Seven au générique) sera-t-il le dernier opus de la célèbre série populaire ? Toujours est-il que ce septième épisode ne recule devant rien en matière d’action et d’invraisemblables cascades de revirements rocambolesques.

Tout est ici calculé en fonction de l’épate, des sensations primaires. Avec des têtes d’affiche telles que Vin Diesel, Paul Walker (pour une partie du film uniquement), Dwayne Johnson et Jason Statham (dont les fans inconditionnels regretteront qu’il ait hérité d’un rôle de bad guy), aucune possibilité de rater son coup. Au cours des années, les films de la collection Fast and Furious ont changé la trame de leur récit ; peu à peu, ce qui avait débuté comme des films sur les courses automobiles illégales s’est transformé en quasi thriller d’action, à la limite, politique au second degré.
Dû sans doute à la disparition tragique et inattendu de Walker, Furious 7 se présente, en quelque sorte, comme un film hybride tant le récit, d’une localité à l’autre, transforme le genre au gré des situations. Sur ce point, la partie ayant lieu à Abu Dhabi est la plus réussie, plagiant quasi inconsciemment et avec assez de candeur la série James Bond, voire même Bourne. Mais c’est cool, plein de bonnes intentions (pour le genre) et d’une efficacité fort rafraîchissante.
Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’un cinéma de l’esbroufe, du plaisir facile, de la déconnade sans concessions, d’un petit côté romantique enfoui chez chacun des protagonistes testostéronés au max (y compris les personnages féminins), mais on y adhère, question de savourer ces moments de tension cinématographique.
Au dernier plan, tourné à vol d’oiseau, l’objectif de la caméra jette son regard sur les voitures conduites par Diesel et Walker. Et puis, soudain, à la croisée des chemins, le premier se dirige à droite vers un avenir incertain ; Walker, à gauche, annonçant en quelque sorte son ultime voyage. Ces quelques minutes de vive et sincère émotion valent à eux seuls quelques points de plus à notre jugement.
Genre : Action – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 2 h 17 – Réal. : James Wan – Int. : Vin Diesel, Jason Statham, Dwayne Johnson, Dijmoun Hounsou, Paul Walker, Michelle Rodriguez, Kurt Russell – Dist. / Contact : Universal.
Horaires : Cineplex
CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans
MISE AUX POINTS
★★★★★ (Exceptionnel). ★★★★ (Très Bon). ★★★ (Bon). ★★ (Moyen). ★ (Mauvais). ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
Romancier, essayiste, scénariste, touchant tout ce qui alimente le discours intellectuel, Michel Houellebecq satirise la France, soumet le citoyen à la controverse de la polémique et propose, entre autres formes de discours, une idée hellénique de la démocratie. Intentionnellement, il aime choquer, se complaît dans la rédaction d’une syntaxe particulière et, mine de rien, se crée un personnage public qu’on aime ou qu’on méprise. Pour ses idées de la cause plébéienne (socratienne, peut-être ?), de la politique économique, des rapports sociaux. Bref, tout ce qui gère le monde.

Et puis Guillaume Nicloux, celui à qui on doit, entre autres, l’exubérant La Religieuse (toujours inédit ici même si une sortie est prévue). Pour le cinéaste, Houellebecq n’est pas seulement un sujet, mais c’est aussi une occasion de porter un nouveau regard sur la mise en scène. Entre fiction et documentaire, L’Enlèvement de Michel Houellebecq gagne notre adhésion grâce aux personnages qu’il convoque. Ravisseurs à la petite semaine, qui ne portent pas de masques selon les dires du kidnappé. Entre eux et l’écrivain séquestré, ou plutôt se retrouvant dans un endroit de villégiature, une amitié qui se conjuge par des discours sur la vie, la littérature, la paternité, la cigarette, un peu sur la baise, et sur la bouffe.
L’humour, typiquement français, exhalte sa primauté, ravit le spectateur, et surtout nous tend le piège de la rencontre à l’amiable entre deux mondes opposés, celui de l’intellectuel désabusé et celui des gens du peuple, interrogateurs, essayant de découvrir les mécanismes des cerveaux qui pensent, soulevant des questions sur les disparités des classes sociales.
Car le film de Nicloux est aussi une sorte d’intervention, d’une façon certaine un essai pédagogique sur l’art d’apprendre sur le terrain les différentes composantes sociales. Comme par un détournement de notre esprit, on pense soudain à notre Patrick Straram national, notre « bison ravi », éternel fumeur, penchant pour la bouteille. Et c’est ainsi que se présente aussi Houellebecq, la cinquantaine avancée, faisant face à ces faux ravisseurs comme s’il s’agissait de nouveaux copains, s’intégrant dans le groupe avec une aisance remarquable. Et eux, ravis de vivre une expérience semblable, traitant leur « victime » de pédagogue de la vie.
Et puis la libération, là où le réalisateur se permet un coup dramatique propre à la fiction. La scène des adieux du kidnappé aux parents d’un des ravisseurs demeure d’une touchante émotion. Et pourtant, ils sont tous, y compris Houellebecq lui-même, des amateurs.
De ces acteurs nouveau-genre, un jeu naturel, un rapport à la caméra qui frise avec bonheur, un échange de gestes et de paroles qui n’ont pas affaire à la fiction, mais à la vie tout simplement. Film conçu pour la télé, L’Enlèvement de Michel Houellebecq est d’une originalité qui frôle tendrement avec plaisir d’exister. D’un surréalisme à la fois jouissif et débridé. Houellebecq ou le monde tel qu’il ne va pas, plutôt que tel qu’il va.
Genre : Comédie dramatique – Origine : France– Année : 2013– Durée : 1 h 36 – Réal. : Guillaume Nicloux – Int. : Michel Houellebecq, Luc Schwarz, Maxime Lefrançois, Mathieu Nicourt, François Lebrun, Ginette Sachotzy – Dist. / Contact : FunFilm.
Horaires : Cinéma du Parc – Cineplex
CLASSIFICATION
En attente de classement
MISE AUX POINTS
★★★★★ (Exceptionnel). ★★★★ (Très Bon). ★★★ (Bon). ★★ (Moyen). ★ (Mauvais). ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Genre : Aventures – Origine : États-Unis– Année : 2015 – Durée : 1 h 55 – Réal. : Kazuaki Kirye – Int. : Clive Owen, Morgan Freeman, Cliff Curtis, Aksel Hennie, Ayelet Zurer, Shohreh Agadashloo – Dist. / Contact : V V S.
Horaires : Cinéma Dollar
CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans
(Violence)
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