13 avril 2015
Tout d’abord, une précision. Contrairement à ce qui avait été annoncé, le Don Giovanni présenté au Cinéma du Parc n’était pas celui de l’Opéra de Paris, tel que prévu, mais plutôt tiré du Salzbourg Festival de 2014. Nette déception qui, néanmoins, ne nous a pas empêché de découvrir une mise en scène solide, enjouée, faisant du mythe donjuanesque une métaphore sur l’impossibilité du rapport amoureux.
Également mise en abyme de notre nouveau siècle, où l’individualisme généralisé se complait dans le plaisir immédiat et la multiplicité des rencontres. Mozart, l’avait-il déjà compris ? Quoi qu’il en soit, le metteur en scène Sven-Eric Bechtolf situe l’action dans une sorte de début du siècle dernier, alors qu’à l’instar de chaque commencent d’une nouvelle ère, les mœurs se libéralisent, les individus ne font qu’à leur tête et, mine de rien, succombent au désir des sens. Bechtolf invente un décor unique qui ressemble à un paquebot de plaisance, une sorte de Titanic sur scène où ce sont les âmes qui périssent au fur et à mesure que les événements se déroulent.

Ildebrando D’Arcangelo (Don Giovanni) – PHOTO : © Michael Pöhn (Salzbourg Festival)
8 avril 2015

4 avril 2015

Boris Eifman (PHOTO : © Eifman Ballet Theatre)
Découvrir Boris Eifman, du Ballet Kirov de Saint-Pétersbourg, c’est porter un nouveau regard sur la danse ; c’est aussi découvrir que le ballet classique peut être transcendé en accord avec le monde d’aujourd’hui, en lui accordant de nouvelles règles prises de la danse moderne.
C’est aussi découvrir un chorégraphe exceptionnel. En 1977, il fonde le Eifman Ballet Theatre qui très vite innove dans l’art de la création chorégraphique. Liberté dans les gestes, les mouvements, optant pour une modernisation d’une discipline autrefois peu ouverte aux innovations.
En cette deuxième décennie du XXIe siècle, le Eifman Ballet Theatre, sous la direction de son fondateur, soumet le spectateur à un rapport complice, le sommant de reconnaître en ces nouveaux mouvements revus et mis au goût du jour, des exemples d’une société qui recrée notre notion de la culture. Suite
Il y a une semaine environ, s’est terminé le 33e Festival international du film sur l’art (FIFA). Comme à l’habitude, de nombreuses œuvres sur des sujets diversifiés étaient offertes au bon gré des spectateurs avides de découvertes. Des circonstances indépendantes de ma volonté m’ont empêché d’en voir autant que d’habitude et ce même en compétition. Ainsi je n’ai pu assister à la présentation de Before the Last Curtain Falls de Thomas Wallner, grand gagnant qui, par le biais de plusieurs portraits, décrit la présentation de spectacles par des travestis âgés encore capables de donner un spectacle diablement émouvant. Le sujet et ce grand prix détonnent par rapport à ceux habituels de ces manifestations plutôt portées sur les grands opus anciens et reconnus.

Concrete Love

Affirmons-le d’emblée: Manoel de Oliveira est la personnalité la plus importante du cinéma portugais et l’un des plus grands metteurs en scène de notre époque. Sa filmographie, qui s’échelonne sur plus de six décennies d’activité, comporte une trentaine de réalisations (courts et longs métrages confondus). Si Oliveira n’a pu réaliser une oeuvre plus abondante, c’est principalement en raison de la situation socio-politique qui a longtemps prévalu dans son pays. La dictature d’Antonio de Oliveira Salazar, qui a sévi au Portugal pendant plus de sept lustres, a jugulé l’activité artistique nationale, d’où la médiocrité relative du cinéma portugais. En dépit de son évolution formelle, l’oeuvre de Oliveira, comme celle des plus grands, tient en un seul bloc. Elle se distingue par son originalité stylistique et la profondeur de son propos. Elle comprend plusieurs films solides comme Le Mystère du printemps, Le Passé et le Présent, Mon cas et La Divine Comédie ainsi que des chefs-d’oeuvre tels que Amour de perdition, Francisca, Le Soulier de satin et Le Val Abraham. En raison d’un problème de distribution, les films de Oliveira demeurent largement méconnus des cinéphiles nord-américains. Par conséquent, il reste à souhaiter que dans un avenir rapproché, la Cinémathèque québécoise présentera une rétrospective consacrée à l’oeuvre intégrale de cet artiste, dont le style oscille entre un classicisme intransigeant et un romantisme modéré. Sa vision du monde très personnelle lui a valu d’être comparé à Ingmar Bergman, Carl Theodor Dreyer et Yasujiro Ozu. C’est dire toute l’importance du cinéma de Manoel de Oliveira!




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2 avril 2015

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