2 avril 2015
S’ouvrir aux autres, et plus particulièrement aux personnes atteintes d’un « trouble du spectre de l’autisme (TSA) » et à leurs familles en adaptant l’expérience Grand Écran aux spectateurs pourvus de ces sensibilités sensorielles, voilà une des autres initiatives sociales de Cineplex Divertissement. Les mots de Daniel Séguin, vice-président à l’exploitation, Est du Canada sont bien clairs à ce sujet : « Nous avons comme objectif de rendre les sorties au cinéma accessibles au plus grand nombre de Canadiens et de Canadiennes possibles… ».
En s’alliant à Autism Speaks, des films familiaux parmi les plus récents pourront être vus dans un espace tout confort, et à un prix réduit. Pour inciter cette nouvelle clientèle, des critères tout à fait appropriés : présentation des films en 2D, éclairage adapté, intensité des haut-parleurs moins élevée, possibilité de pause pendant la projection. Finalement, les familles auront la possibilité d’apporter de la nourriture de l’extérieur, question de respecter les habitudes restrictives alimentaires de ces invités.
La première de ces projections innovantes, Cendrillon (Cinderella), la très belle adaptation de l’éclectique Kenneth Branagh du célèbre conte de Charles Perrault.
Pour info. : cineplex.com/Cinemas/SensibilitesSensorielles

Cinderella (Cendrillon) de Kenneth Branagh
27 mars 2015
La rencontre entre deux hommes de classes sociales différentes, dont l’un est atteint de tétraplégie, provoque une série d’événements aussi cocasses que dramatiques qui se solderont pas la naissance d’une solide amitié.
Sans rien enlever à la qualité indéniable d’Intouchables, le film du duo Éric Toledano-Olivier Nakache, il était évident qu’entre les mains de René Richard Cyr, l’adaptation théârale prendrait une tournure toute autre. En étroite collaboration avec Emmanuel Reichenbach, la réalité française se transforme ici en une dynamique sociale québécoise qui, consciemment, célèbre la langue d’ici avec un amour qui se conjugue au plus-que-parfait. Et bien encore, nous avons droit à des situations qui reproduisent la réalité québécoise dans toutes ses transformations, ses ambiguïtés, ses nuances, se faux-pas et ultimement, sa grande diversité d’esprit. Mais surtout, son éternelle et franche humanité.

Michelle Labonté, Luc Guérin et Antoine Bertrand (PHOTO : © François Laplante-Delagrave)
20 mars 2015
Encore une fois, le printemps arrive tout au moins officiellement et ce festival de films qui montre l’Art dans toutes ses formes prend place à Montréal dans plusieurs endroits dont ceux évidents du Musée des beaux-arts, du Centre canadien d’architecture ou de la Cinémathèque québécoise. En plus d’un fil rouge sur le lien plus patent aujourd’hui entre art et politique, plusieurs films s’intéressent à l’archéologie du savoir.

Beatus – The Spanish Apocalypse
Le film d’ouverture La Machine: La véritable histoire du Radeau de la Méduse revient dans une docu-fiction, habituelle dans son déroulement, sur la création par Géricault de cet immense tableau qui d’ailleurs ne portait pas ce titre conflictuel lors de son dévoilement officiel. Par le biais de l’enquête de l’historien et officier de marine Philippe Mathieu, le réalisateur Herlé Jouon, d’ailleurs auteur d’autres œuvres sur des sujets maritimes, nous amène des bords de la Charente à ceux de la Seine en passant par les forêts des Landes pour appréhender l’histoire véritable de ce catastrophique naufrage qui enflamma certains esprits surtout après la divulgation d’un rapport secret et la publication d’un journal de bord par le médecin Savigny. La mise en scène documentaire, avec son commentaire explicatif souvent redondant, est un peu trop posée à l’image des pas feutrés entendus dans ces antres du savoir. La passion de certains transparaît pourtant et le radeau, comme machine à broyer et à naufrager, aura repris, à la fin du voyage filmique, toute sa place. Suite

19 mars 2015
Le fait de présenter en anglais, plus de quarante ans après sa première, la pièce culte de Michel Tremblay est en soi un acte politique. En 2015, si d’une part les « deux solitudes » semblent encore confinées chacune dans son coin, force est de souligner que le milieu théâtral réagit agressivement (et c’est tant mieux) à cette apathie qui ne fait qu’empirer la situation.
Il y a tout d’abord un texte, celui du Russe Ivan Viripaev. Des mots, des paroles, des doubles sens, des contresens, des raisons, des excuses qu’on s’invente pour ne pas rester seul. Le texte dont il est question dans Illusions parle de notre existence, d’une vie passée l’un proche de l’autre. De cinq décennies d’amours aussi sincères que falsifiées, de mirages imprécis, de faux pas inavoués. Et c’est à la fin d’une vie, lorsqu’on en fait le bilan, lorsqu’on a tout à perdre et rien à gagner, que le propre de l’homme, cette faculté de penser, devient important, essentiel même pour partir en paix.
La traduction française de Tanai Moguilevskaia et Gilles Morel résonne dans notre conscient tout le long de ce voyage à travers les contours de deux relations amoureuses. Mais se sont-ils vraiment aimés ou, au contraire, ont-ils fait semblant. Ils sont quatre, mais n’ont pas de nom. On les reconnaît comme le Premier Homme, la Première Femme, le Deuxième Homme, la Deuxième Femme, comme si l’auteur avait voulu les situer dans un no man’s land originel, les dénudant de leurs vraies émotions, de leur capacité à aimer ou pas. Car tout ici, aussi vrai que faux.

L’ensemble des comédiens (PHOTO : © Matthew Fournier)
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