24 mars 2016
RÉSUMÉ SUCCINCT
Récemment séparé, David est admis dans un hôtel de villégiature où les célibataires disposent de 45 jours pour trouver l’âme sœur, à défaut de quoi ils seront transformés en l’animal de leur choix. D’emblée, David opte pour le homard, puis fraternise avec d’autres hôtes en quête d’un jumelage qui doit reposer sur le partage d’une caractéristique commune, socle de la vie à deux.

Coproduction oblige, on craignait que pour son premier film en langue anglaise, Yorgos Lanthimos ne subisse les obligations souvent néfastes du compromis. Rien de cela. Le metteur en scène grec demeure sincère à sa démarche, ne recule devant rien pour même helléniser subtilement certains de ses personnages, David (excellent Colin Farrell) en particulier. Ce dernier, moustache méditéranéenne, bedaine accueillante, le type d’individu à qui on donnerait le bon dieu sans confession, se lance dans un aventure menée par un cinéaste qui n’a pas laissé son humour toxique et le ton bizzaroïde que l’on retrouve dans Canine (Kynodontas) et Alpes (Alpeis).
Il y a là un geste jouissif de provocation, mais dans le même temps un acte politique délibéré. Tenant compte de la situation aussi bien économique que sociale et politique qui fragilise de plus en plus son pays, cette propostion est d’autant plus courageuse qu’elle place le cinéma d’auteur dans son piédestal.
Avouons tout de même que The Lobster est mieux structuré que ses précédents films, là où la saveur bordélique de la mise en scène s’apparentait à un surréalisme cinématographique nouvelle vague. Car avant tout, Yorgos Lanthimos appartient à cette génération actuelle de (jeunes) cinéastes grecs pour qui, le 7e art est vraiment une expression artistique qui n’a pas affaire avec le côté mercantile. On soulignera qu’en Grèce, le cinéma commercial n’existe plus.
Et il y a une narration, certes alambiquée, c’est son style, mais qui se permet d’intéressants et puissants arguments sur les nouvelles formes de l’amour et du couple. Dans ce récit inhabituel, deux parties bien distinctes : celle où à l’hôtel des futures couples, ne pas réussir à trouver l’âme sœur signifie se transformer en animal ; d’autre part, après une surprenante évasion, c’est la rencontre avec les « Solitaires », ceux qui prônent le célibat, au risque de punir sévèrement ceux qui s’y opposent.
Deux systèmes de valeurs que le cinéaste politise dans un combat incessant entre la liberté individuelle et le fascisme quotidien des dirigeants. Ce qui est étonnant, c’est de constater que ni la gauche ni la droite n’ont réussi à proposer un système de gouvernement adéquatement solide et viable pour la société. C’est par le biais de la métaphore et de la symbolique que Lanthimos lance ces idées sur la vie, la société et sur ce que la politique peut engendrer comme faiblesses, incertitudes et défaillances.
Malgré ces obstacles, il y a une histoire d’amour sincère, celle à laquelle nous nous identifions dans ce récit intentionnellement handicapé et qui nous réserve une finale d’une poignante force dramatique, laissant le spectateur loin de son confort cérébral, l’obligeant à redéfinir ses valeurs.
Et pourquoi David aurait-il choisi de devenir « lobster / homard » ? Simplement pour pouvoir vivre le plus longtemps possible afin d’être présent lorsque la société aura retrouvé son équilibre tant souhaité. Avec The Lobster, Yorgos Lanthimos continue sa démarche atypique, s’éloignant des normes, sûr de lui, manipulant le cinéma à sa guise selon un sytème où prime l’autonomie.
Genre : SATIRE SOCIALE – Origine : Irlande / Grande-Bretagne / Grèce / France / États-Unis – Année : 2015 – Durée : 1 h 59 – Réal. : Yorgos Lanthimos – Int. : Colin Farrell, Rachez Weisz, Léa Seydoux, John C. Reilley, Ben Whishaw, Ariane Labed – Dist. / Contact : Métropole.
Horaires : @ Beaubien – Cinéma du Parc – Cineplex
CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
18 mars 2016
RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans la grande salle commune d’un hôpital installé dans une ancienne école, sont alignés les lits où dorment presque continuellement des soldats démobilisés, en proie à une étrange maladie.

Les fans de Matrix se souviennent de la chanson finale de la trilogie, intitulée Neodammerung, référence à l’opéra Götterdammerung (Le Crépuscule des Dieux), de Wagner. Les mordus en connaissent les premières paroles en sanskrit: ‘asato mā sad gamaya’. Les fans finis savent que cette ligne est tirée du Brihadaranyaka Upanishad, texte hindou sacré formant le corpus du Yajur Veda. Et les tout-à-fait enragés vous en réciteront la signification i.e. ‘de l’irréel, conduis-moi au réel’. Tout cela pour dire que Cemetery of Splendour d’Apichatpong Weerasethkul accomplit l’effet inverse: il nous conduit du réel vers l’irréel. De l’anti-Matrix, en somme. Et ô combien!
Weerasethakul doit être le seul réalisateur au monde à pouvoir endormir son public sur une scène de fellation. Non que ses films soient inintéressants: au contraire l’humour, le surnaturel et le sexe – de même que des paysages de rêve, y sont toujours au rendez-vous. Mais ils sont traités avec une candeur d’une innocence telle qu’elle renvoie à la plus simple et la plus ordinaire. La qualité hypnotique des films de ce réalisateur thaïlandais, leur magie même, tient au fait que les moments généralement traités par le cinéma dans un branle-bas de combat d’images et d’effets sonores passent dans le champs de sa caméra dans une simplicité cinématographique quasi totale. Il en résulte une impression de quotidienneté, le spectateur demeurant à peine étonné – et pas du tout choqué, de ce qu’il voit. Une scène de masturbation en gros-plan ? Tiens… (Blissfully Yours, 2002). L’amant de ce type s’est transformé en un tigre ? Ah bon… (Tropical Malady, 2004). Cette jeune fille s’est fait violer encore enfant par son employeur ? Certes, mais racontez-nous. plutôt une histoire… (Mysterious Object at Noon, 2000). La palme est (littéralement) revenue à Oncle Boonmee – celui qui se souvient de ses vies antérieures (2010), où un poisson-chat effectue, sans façon, un cunnilingus sur une princesse défigurée. Ah ouais…
Dans un hôpital, des soldats frappés d’une mystérieuse narcolepsie, s’endorment à tout bout de champs. Jenjira, une femme âgée qui a une jambe plus courte que l’autre, s’attache à l’un d’eux, le visite, le masse, lui fait la lecture. Un lien se tisse entre elle et lui, alors que les pensées du soldat endormi lui deviennent perceptible. Jenjira apprendra que l’hôpital est bâti sur un cimetière des ancien rois thaïlandais et que ces derniers tirent l’énergie vitale des soldats pour continuer à guerroyer. Keng, une médium qui communique les messages des soldats endormis à leur famille, offre à Jenjira de servir de conduit spirituel entre elle et le soldat, lui permettant ainsi de visiter le palais des rois guerriers. Cette promenade donnera lieu à un geste de guérison physique et psychique aussi grotesque qu’intime.
… La topographie de l’expérience cinématographique s’en trouve bouleversée, les canyons devenant montagne et les fleuves laissant place au désert. Dans Matrix, le virtuel et le réel représentent deux mondes séparés, le but étant de s’éveiller du premier pour combattre au sein du second l’esclavage dans lequel se trouve l’humanité, prisonnière d’un rêve collectif. Dans Cemetery of Splendour, c’est dans le monde virtuel que se déroule le combat tandis qu’on roupille dans le monde réel. Le peuple thaïlandais est-il l’acteur ou le prisonnier de ses rêves? C’est là toute la question.
Texte intégral
Séquences ( nº 301, pp. 3-5, suivi
d’une entrevue avec le réalisateur)
En kiosque
Genre : ESSAI POÉTIQUE – Origine : Thaïlande / Grande-Bretagne / France / Allemagne / Malaisie / Corée du Sud / Mexique / États-Unis / Norvège -– Année : 2015 – Durée : 2 h 02 – Réal. : Apichatpong Weerasethakul – Int. : Jenjura Pongpas, Banlop Lomnoï, Jarinpratta Rueangram, Petcharat Chaiburi, Sakda Kaewbya, Tawatchai Buawat – Dist. / Contact : EyeSteelFilm.
Horaires : @ Cinéma du Parc
CLASSEMENT
Tout public
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
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RÉSUMÉ SUCCINCT
En visite chez leur grand-père, qu’ils n’ont pas vu depuis longtemps, deux frères tombent amoureux de la même jeune femme.
Genre : COMÉDIE DRAMATIQUE – Origine : Inde – Année : 2016 – Durée : 2 h 12 – Réal. : Shakun Batra – Int. : Allia Bhatt, Sanjay Dutt, Fawad Kan, Sidharth Malhotra, Rishi Kapoor, Rajut Kapoor – Dist. / Contact : n.d.
Horaires : @ Cineplex
CLASSEMENT
Tout public
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RÉSUMÉ SUCCINCT
Installé à Santa Monica, en Californie, Rick est auteur de comédies. Mais il aspire à autre chose, sans savoir rà autre chose, sans savoir réellement quoi. Il se demande quel chemin prendre dans la vie.

On ne pardonnera sans doute jamais Terrence Malick de s’être livré à un exercice purement esthétique mené par la caméra fébrile d’Emmanuel Lubezki. L’absence de narration concrète impose au film l’idée de vide, espace comblé par une multitude de magnifiques plans où les éléments de la nature (air, feu, eau et terre ) sont illustrés tels de tableaux vivants.
Car les vrais personnages de Knight of Cups sont le plan, la caméra et les liens qui les unissent si intimement. La preuve, des vedettes confirmées comme Cate Blanchett, Antonio Banderas, Brian Dennehy, Christian Bale, Natalie Portman et autres ne sont que de passages, tels des fantômes venus d’ailleurs. Ils marmonnent les mots, la plupart du temps sans qu’on puisse les déchiffrer, plaçant le spectateur dans une sorte de songe éveillé, un no man’s land visuel où la grandeur de la nature érige son pouvoir dominateur.
Film sentimental, mélancolique, nostalgique, triste et presque christique, Knight of Cups est tout cela à la fois, poussant le spectateur à ajuster son regard, à voir l’image comme s’il s’agissait d’une expérience transcendante, voire même religieuse. La question que semble poser l’auteur de Tree of Life est de savoir si un récit est nécessaire pour filmer une fiction. Mais c’est d’essai poétique qu’il s’agit même si la quête initiatique de l’amour et des origines chez Rick (Christian Bale) est tout de même évidente. Mais ce détail perd ses droits dans le film de Malick. Le cinéaste ne guide pas l’acteur, qui, lui, adapte son jeu et sa gestuelle selon les caprices et les exigences d’une caméra chorégraphique qui clame sa présence.
Cet étrange et séduisant jeu entre les éléments techniques et narratifs donne une puissance inégalée au film, un récit d’images, de tableaux, de sensations incarnées, prenant vie comme par miracle. Comment filmer le subconscient et le rendre palpable ? Malick donne la réponse dans un film capricieux, farouchement personnel, anti-cinéma, je-m’en-foutiste, n’attendant rien de la part des critiques, libre de ses choix, en harmonie avec une démarche entamée depuis toujours. Et lorsque Lubezki privilégie le 360º, c’est pour que l’ensemble s’unisse au monde dans un tourbillon incessant de recommencement. Extravagant et sensuellement hypnotique.
Genre : DRAME PSYCHOLOGIQUE – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 1 h 57 – Réal. : Terrence Malick – Int. : Christian Bale, Natalie Portman, Cate Blanchett, Imogen Poots, Nick Offerman, Antonio Banderas – Dist. / Contact : Séville.
Horaires : @ Cineplex
CLASSEMENT
Tout public
(Déconseillé aux jeunes enfants)
MISE AUX POINTS
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RÉSUMÉ SUCCINCT
David Miller, architecte à la retraite, veuf de surcroît, se rend dans un motel peu fréquenté en cette période de l’avent. Après s’être installé dans sa chambre, il se douche et patiente sur son lit. Une femme frappe à la porte; ce n’est pas celle qu’il attendait.

L’auteur du raisonné Un autre homme (2008), regard sur le métier de critique de cinéma, opte cette fois-ci sur un sujet d’actualité, le suicide assisté. Mais c’est par la voie de l’humour pince-sans-rire, voire même cynique, qu’il défend sa thèse. Proposition d’autant plus étrange que la mise en scène, ingénieuse et contrôlée, a recours aux codes de la théâtralité.
Les décors de studio évoquent un réalisme presque confondant, les dialogues, bien structurés, vacillent cependant entre le classicisme littéraire et le langage commun. Les interprètes, tous brillants, s’en tirent avec prestance, confirmant que la fiction est encore une valeur sûre au cinéma. Le personnage du prostitué (Ivan Georgiev) force parfois son jeu, mais finit par montrer sa charge d’humanité. La (fausse) assistante est campée par une magnifique Carmen Maura, toujours à l’aise dans n’importe quel rôle ; et puis Patrick Lapp, faisant de son David Miller un être pris entre l’engagement de son suicide annoncé et le regret de quitter ce monde.
Un comédie amère qui, malgré les apparences, finit sur une note d’espoir que le cinéaste présente sur une note poétique.
Genre : DRAME PSYCHOLOGIQUE – Origine : Suisse – Année : 2015 – Durée : 1 h 15 – Réal. : Lionel Baier – Int. : Patrick Lapp, Carmen Maura, Ivan Georgiev, Adrien Barazzone, Nina Theron, Pierre-Isaie Duc – Dist. / Contact : Axia.
Horaires : @ Beaubien – Cineplex
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Interdit aux moins de 13 ans
MISE AUX POINTS
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RÉSUMÉ SUCCINCT
À Montréal, la veille de Noël, une charmante femme monte dans un taxi. Le conducteur reconnaît Kahina Kateb, grande vedette de la musique populaire algérienne, disparue dans un attentat lors d’un concert en 1997.

La caméra d’Alex Margineanu filme un Montréal nocturne enneigé avec une splendeur et une chaleurs inégalées, sensuelle, dramatique, nerveuse. La métropole devient un espace cinématographique privilégié, un personnage à part entière dans un film québécois issu des nouvelles identités, sorte de réponse nécessaire et depuis longtemps attendu à une production presque globalement et politiquement protectionniste, sauf dans de très rares occasions.
Le premier long métrage de Bachir Bensaddek s’annonce comme une expérience unique, mais que nous souhaitons renouvelée. Le milieu dépeint, la communauté algérienne, n’est pas illustré exhaustivement, mais dans une intimité discrète qui rend les personnages d’autant plus véridiques. Les deux principaux protagonistes, des êtres complexes, en proie à une crise existentielle, témoignent sans doute les sentiments que doivent éprouver les nouveaux arrivants, des exilés de l’ombre qui, jusqu’ici, n’ont pas trop eu l’occasion de manifester leurs angoisses, leurs doute et leurs expériences à l’écran.
Après le très beau Félix et Meira, de Maxime Giroux, le film de Bensaddek est une bouffée d’air frais, une expérience cinématographique bienveillante bénéficiant d’une mise en scène à la fois nerveuse et paisible. Notons la magnifique interprétation de Karine Aktouf, un visage, une carure, une présence de tous les instants, et Rabah Aït Ouyahia qui, après L’ange de goudron (2001), de Denis Chouinard, s’avère ici puissant, charismatique, d’un naturel touchant face à la caméra.
La musique mélancolique de Nedjim Bouizzoui et cet orchestre oriental qui revient à quelques reprises unissent harmonieusement les deux cultures, l’insulaire et celle venue d’ailleurs. Un premier film humainement réussi.
Genre : MÉLODRAME – Origine : Canada [Québec] – Année : 2015 – Durée : 1 h 37 – Réal. : Bachir Bensaddek – Int. : Rabah Aït Ouyahia, Karina Aktoug, Hacene Benzarari, Mohamed Aït Ouyahia, Pierre Lebeau, Reda Guerinick, François Arnaud – Dist. / Contact : K-Films Amérique.
Horaires : @ Beaubien
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RÉSUMÉ SUCCINCT
Taeko Okajima, jeune employée de bureau à Tokyo, s’ennuie dans son travail et décide de passer quelque temps à la campagne. Élevée à la ville, Tokyoïte rêve de la campagne depuis l’enfance mais n’y a presque jamais séjourné.

L’an dernier, l’ultime film d’Isao Takahata, Tale of Princess Kaguya (Kaguya-hime no Monogatari) a connu un beau succès et a été finaliste dans la course à l’Oscar du film d’animation. C’est dans ce contexte que Gkids sort en Amérique du Nord, en version bien doublée, ce film de 1991 que les Français ont déjà pu voir en dvd en 2007. Tirée d’une bande dessinée dont le titre Omoide Poro poro pourrait se traduire par Souvenirs goutte à goutte, l’œuvre originale de Hotaru Okamoto et Yūko Tone a été transformée lors de l’adaptation par Takahata en deux moments de la vie d’une jeune femme. Le réalisateur a rajouté, aux souvenirs de Takeo Okajima en 1966 racontés dans le livre de 1988, des événements se déroulant en 1982 à la campagne près de Yamagata.
Le cinéaste Takahata, qui agit ici en tant que directeur artistique, concepteur et réalisateur, se distingue dans ses œuvres par un réalisme qui peut avoir des côtés plus amers comme dans son premier chef d’œuvre Le tombeau des lucioles (voir Séquences 297, p. 52). Ici les deux périodes de la vie de la jeune femme sont empreints par l’emploi de couleurs pastels d’une douceur ambiante qui permet de faire passer les épisodes plus durs qui sont pourtant évidents. Ainsi le réalisateur montre bien que la récolte du carthame des teinturiers est difficile et éreintante même s’il ménage des moments de rigolade et de pause dans cet hommage à l’implication constante des japonaises dans l’économie d’un village. Déjà en 1991, le mouvement écologique faisait partie des préoccupations du studio Ghibli cofondé avec Miyazaki en accord avec la conception japonaise de l’imbrication de l’homme et de la nature par le biais entre autres des divinités secondaires qui peuplent ce monde.
Takeo est la cadette d’une famille de cinq personnes et ses deux sœurs ont près de dix ans plus qu’elle. Les rapports dans sa famille, ses joies et ses peines d’une jeune fille de 5e année dans une école mixte où les relations avec les garçons sont loin d’être simples sont la base de ces souvenirs souvent empreints d’une nostalgie même lorsqu’elle raconte à la famille agricole de Yamagata certains épisodes. Les difficultés économiques et autres des agriculteurs sont un peu mises sous le tapis alors que l’empathie et les rapports de bon voisinage peuvent inciter une jeune Tokyoïte à entrevoir cette autre mode de vie avec bonheur. L’emploi de musiques d’Europe centrale à certains moments souligne le caractère universel de cette vie campagnarde où l’homme transforme de diverses manières son milieu de vie. L’ensemble pourtant n’a pas été conçu pour de jeunes enfants étant donné certains des thèmes abordés. Le film est d’ailleurs côté PG (Parental Guidance) aux États-Unis.
Genre : ANIMATION – Origine : Japon – Année : 1991/2016 – Durée : 1 h 58 – Réal. : Isao Takahata – Voix (v.d.) : Daisy Ridley, Laura Bailey, Alison Fernandez, Ava Acres, Hope Levy, Dev Patel – Dist. / Contact : GKids.
Horaires : @ Cinéma du Parc
CLASSEMENT
NC
(Non classé)
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★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
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