En salle à Montréal

Only Yesterday

18 mars 2016

RÉSUMÉ SUCCINCT
Taeko Okajima, jeune employée de bureau à Tokyo, s’ennuie dans son travail et décide de passer quelque temps à la campagne. Élevée à la ville, Tokyoïte rêve de la campagne depuis l’enfance mais n’y a presque jamais séjourné.

Only Yesterday

CRITIQUE
Texte : Luc Chaput
★★★  ½

NOSTALGIE BINAIRE

L’an dernier, l’ultime film d’Isao Takahata, Tale of Princess Kaguya (Kaguya-hime no Monogatari) a connu un beau succès et a été finaliste dans la course à l’Oscar du film d’animation. C’est dans ce contexte que Gkids sort en Amérique du Nord, en version bien doublée, ce film de 1991 que les Français ont déjà pu voir en dvd en 2007.  Tirée d’une bande dessinée dont le titre Omoide Poro poro pourrait se traduire par Souvenirs goutte à goutte, l’œuvre originale de Hotaru Okamoto et Yūko Tone a été transformée lors de l’adaptation par Takahata en deux moments de la vie d’une jeune femme. Le réalisateur a rajouté, aux souvenirs de Takeo Okajima en 1966 racontés dans le livre de 1988, des événements se déroulant en 1982 à la campagne près de Yamagata.

Le cinéaste Takahata, qui agit ici en tant que directeur artistique, concepteur et réalisateur, se distingue dans ses œuvres par un réalisme qui peut avoir des côtés plus amers comme dans son premier chef d’œuvre Le tombeau des lucioles (voir Séquences 297, p. 52). Ici les deux périodes de la vie de la jeune femme sont empreints par l’emploi de couleurs pastels d’une douceur ambiante qui permet de faire passer les épisodes plus durs qui sont pourtant évidents. Ainsi le réalisateur montre bien que la récolte du carthame des teinturiers est difficile et éreintante même s’il ménage des moments de rigolade et de pause dans cet hommage à l’implication constante des japonaises dans l’économie d’un village. Déjà en 1991, le mouvement écologique faisait partie des préoccupations du studio Ghibli cofondé avec Miyazaki en accord avec la conception japonaise de l’imbrication de l’homme et de la nature par le biais entre autres des divinités secondaires qui peuplent ce monde.

L’emploi de musiques d’Europe centrale à certains moments
souligne le caractère universel de cette vie campagnarde
où l’homme transforme de diverses manières son milieu de vie.

Takeo est la cadette d’une famille de cinq personnes et ses deux sœurs ont près de dix ans plus qu’elle. Les rapports dans sa famille, ses joies et ses peines d’une jeune fille de 5e année dans une école mixte où les relations avec les garçons sont loin d’être simples sont la base de ces souvenirs souvent empreints d’une nostalgie même lorsqu’elle raconte à la famille agricole de Yamagata certains épisodes. Les difficultés économiques et autres des agriculteurs sont un peu mises sous le tapis alors que l’empathie et les rapports de bon voisinage peuvent inciter une jeune Tokyoïte à entrevoir cette autre mode de vie avec bonheur. L’emploi de musiques d’Europe centrale à certains moments souligne le caractère universel de cette vie campagnarde où l’homme transforme de diverses manières son milieu de vie. L’ensemble pourtant n’a pas été conçu pour de jeunes enfants étant donné certains des thèmes abordés. Le film est d’ailleurs côté PG (Parental Guidance) aux États-Unis.

Sortie : vendredi 18 mars 2016
Version originale : japonais
Version doublée : anglais / Sous-titres : anglais
Omohida poro poro

Genre :  ANIMATION – Origine :  Japon  –  Année :  1991/2016 – Durée :  1 h 58  – Réal. : Isao Takahata – Voix (v.d.) : Daisy Ridley, Laura Bailey, Alison Fernandez, Ava Acres, Hope Levy, Dev Patel –  Dist. / Contact : GKids.
Horaires :  @  Cinéma du Parc

CLASSEMENT
NC
(Non classé)

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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