En couverture

Rocco — Le spectacle

4 mars 2015

Spasmes tangibles

Élie Castiel
DANSE
★★★ ½

Il y a chez Emio Greco et Pieter C. Scholten quelque chose de cryptique, d’impossible de cerner à l’œil nu. Tout au cours de l’heure que dure la représentation, les deux couples de danseurs mâles se jettent pratiquement corps et âme dans un rituel subversif qui ramène l’art chorégraphique à un âge originel.

Le ballet classique est remis aux calendes grecques ; tous ces mouvements de bras évoquent par moments le ballet jazz. Mais c’est surtout la danse post-moderne qui étale les fragments à la fois fragiles, subtiles et complexes de sa diversité. Sur ce point, elle est définitivement au diapason d’un société pour qui l’art du spectacle peut aussi être un discours politique. Spasmes contraignants et du même coup familiers, contractions aliénantes, rapprochements des corps, homoérotisme assumé de la représentation.

DANSE_Rocco – Le spectacle Suite

Rocco — La proposition

LA BOXE, DANSE DE COMBAT

DANSE
ÉLIE CASTIEL

Ce n’est pas par hasard si les iconoclastes directeurs artistiques et chorégraphes, l’Italien Emio Greco et le Hollandais Pieter C. Scholten, ont choisi la Cinquième salle de la Place des arts pour présenter leur création Rocco. La boxe tient lieu de toile de fond à cet essai dansé homoérotique qui évoque le film culte de Luchino Visconti, Rocco et ses frères. Et pour l’occassion, le dispositif scénique sera déployé à quatre faces pour privilégier le ring, espace de combat, dans le but d’explorer le corps, ici, le masculin, qui, finalement, de plus en plus, et grâce à des créateurs combattants, semble « sortir du placard ».

Rocco

Vincent Colomes dans Rocco (© Laurent Ziegler)

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Mathieu Denis

3 mars 2015

Devoir de mémoire

Entrevue menée par Élie Castiel et Luc Chaput
Propos recueillis par Luc Chaput

Mathieu DenisPour le numéro en cours, nous avons décidé d’un commun accord de placer en exergue le nouveau film de Mathieu Denis, Corbo, son premier long métrage en mode solo après une brillante coréalisation (avec Simon Beaulieu), à la fois méditative et esthétiquement superlative. Nous l’avons rencontré puisque ce nouveau film parle d’une époque charnière de l’Histoire du Québec, aujourd’hui un peu oubliée en raison des préoccupations économiques et sociales que nous imposent les différents gouvernements qui se succèdent, mis à part quelques voix qui s’expriment de temps en temps. Sur ce point, Corbo nous semble un point d’ancrage sur lequel il serait bon de se recueillir, ne serait-ce que pour alimenter la réflexion. Rencontre à trois.

CASTIEL : Dans ton film précédent Laurentie, coréalisé avec Simon Lavoie, le personnage principal Louis, interprété par Emmanuel Schwartz, est atteint d’immobilité politique. Dans celui-ci, ta mise en scène plus directe permet à Jean Corbo de devenir un personnage à la fois documentaire et fictionnel, impliqué directement dans un mouvement nationaliste militant. Comment peux-tu expliquer cette différence entre les deux films ? Suite

Corbo

Au cœur du politique

Jean-Philippe Desrochers
CRITIQUE
★★★★

Réussir un film politique n’est pas une mince affaire. Au Québec, récemment, Alain Chartrand s’y est cassé les dents avec La Maison du pêcheur (2013), en sombrant notamment dans la caricature et la superficialité. En fait, peu de longs métrages de fiction québécois s’y sont frottés avec succès : les rares exceptions seraient Octobre (1994) et 15 février 1839 (2001) de Pierre Falardeau. Corbo, deuxième long métrage de Mathieu Denis, est de cette trempe.

Corbo Suite

Semaine du 27 février au 5 mars 2015

26 février 2015

LE FILM DE LA SEMAINE
GETT : LE PROCÈS DE VIVIANE AMSALEM
[ Drame social]
Cela fait trois années que Viviane Amsalem habite hors de la demeure familiale et qu’elle cherche à obtenir le divorce de son époux Elisha. Mais en Israël, seuls les Rabbins peuvent dissoudre une union et c’est le mari qui a le mot final
Gett_Primeurs

MEILLEUR FILM ET PRIX DU PUBLIC
Jerusalem Film Festival 2014

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CRITIQUES
Autrui
[ Drame psychologique ]
Par une nuit hivernale, Lucie, jeune femme introvertie, décide d’héberger chez elle un clochard en piteux état.

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Oh les beaux jours

24 février 2015

SABLES MOUVANTS

THÉÂTRE
Texte : ÉLIE CASTIEL
Cote : ★★★ ½

Samuel Beckett, c’est la dramaturgie qui correspond à l’aspect humaniste de la civilisation occidentale. Ses ascendances irlandaises le place également dans une situation de remise en question. Nul doute que son théâtre s’inscrive dans un courant socialement engagé, alors que l’illustre auteur voit en l’Homme (Anthropos) un sujet de prédilection pour son aventure théâtrale.

Catherine Frot, c’est l’actrice exceptionnelle qui, quel que soit le lieu où elle se trouve, dévore l’espace de création pour donner à son personnage une force extra-naturelle. Elle s’empare de chacune de ses partitions pour les dévorer, leur donner une aura de douceur et de générosité qui fait que tous autour d’elle brillent de ses échos lumineux.

Oh Les Beaux Jours

Catherine Fort dans Oh les beaux jours (PHOTO : © Pascal Victor – ArtComArt)

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L’AQCC aux RVCQ

21 février 2015

COMMUNIQUÉ
la Rédaction

Un jury formé de trois membres de l’AQCC (Association québécoise des critiques de cinéma) a remis ses prix Prends ça court ! 2015 au cours du 12e Gala, dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois, qui se tient jusqu’au 28 février prochain.

PCC_La PepperetteLe jury a souhaité « souligner la qualité et la diversité remarquables de l’animation, qui demeure clairement un point fort du cinéma québécois, ainsi que la réussite impressionnante d’une comédie toute simple, aussi courte que diablement efficace, La Peperette, qui a beaucoup diverti les trois membres du jury.» Suite

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