Entrevues

Jean-François Asselin

10 novembre 2017

ENTREVUE
Questions : Élie Castiel
Réponses : Jean-François Asselin
(envoyées par courriel)

« Quand on arrête de répondre aux besoins et aux attentes des autres, est-ce qu’on cesse d’exister ? »

Après quelques courts métrages et des expériences à la télévision, tu entames le long métrage avec une proposition plutôt ambitieuse. Quelle a été l’idée de départ ?
L’idée de départ vient d’une envie que nous avions Jacques Drolet (mon coscénariste) et moi, de parler de notre difficulté à s’abstraire du regard des autres pour se définir et vivre nos vies. Comment notre difficulté à devenir ce que nous sommes vient aussi de la peur de déplaire et du besoin de faire partie du groupe, de s’y identifier. Une question nous hantait : quand on arrête de répondre aux besoins et aux attentes des autres, est-ce qu’on cesse d’exister ? C’est un peu de cette prémisse que vient l’idée de la disparition de l’architecte reconnu qui perturbera la vie des autres qui voudront le remplacer. Dès le début, l’idée d’avoir un personnage qui se transforme concrètement (Frédéric) pour devenir l’autre et réussir à travers lui, a fait partie de la genèse du projet. Il était donc clair que le récit emprunterait le ton de la fable et qu’on décollerait du réalisme. On voulait aussi mettre en scène un personnage (Robert) qui revient à sa vraie nature en acceptant de déplaire à son entourage.  L’ambition première que nous avions était de raconter le mieux possible avec le plus d’émotion, ce thème et cette histoire qui nous habitaient très fort.

Nous sommes les autres photos: Sébastien Raymond. seb©sebray.com

Photo de tournage : Jean-François Asselin (à gauche), Jean-Michel Anctil (au centre) et Pascale Bussières (à droite) >>  © Sébastien Raymond

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Festival de Cannes 2017 / Prise I

21 mai 2017

ÉVÉNEMENT
Texte : Pierre Pageau
(Délégué-Séquences à Cannes)

Nous sommes à Cannes et, comme d’habitude, nous couvrirons l’événement de façon plus détaillée dans un des prochains numéros en format papier de la revue. En attendant, ces notes vous donne un avant-goût de ce qui se passe autour de la Croisette.

CANNES 2017SÉCURITÉ AVANT TOUT
Au-delà des discussions habituelles sur les films, le grand sujet de préoccupation des journalistes c’est l’énorme renforcement des mesures de sécurité.  En fait, on a maintenant l’impression d’arriver dans un aéroport. Il y a la grande cabine à travers laquelle il faut passer.  Il y a les plateaux pour mettre nos pièces métalliques (clés, montre, objets qui vibrent, jusqu’aux bijoux et autres). Et il y a ensuite des fouilleuses professionnelles pour s’assurer qu’il n’y a rien de dangereux dans nos sacs.  Conséquence : pour la première fois dans l’histoire du Festival de Cannes il y a eu un retard de 15 minutes pour la projection du matin du film de Todd Haynes, Wonderstruck. Le soir, il a fallu attendre 10 minutes avant le début de Jupiter’s Moone, du cinéaste hongrois Kornel Mundruczo. Sans parler du temps d’attente pour la présentation d’Okja, de Boog Joon-ho, dû à un problème de réglage du cadrage. En quelques sorte, on a constaté que l’édition 2017 était celle la plus mal organisée depuis longtemps. Mais soyons indulgents : ne faut-il pas tenir compte de la menace terroriste qui pèse encore sur l’Hexagone ?
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Santiago Bertolino

4 mai 2017

TÊTE À TÊTE
Questions et transcription
Élie Castiel

LE REGARD INTERVENTIONNISTE

Faisant suite à notre approche interventionniste, qu’il s’agisse de cinéma grand public ou de productions engagées, nous avons décidé de rencontrer Santiago Bertolino qui, suivant les traces de son père, Daniel Bertolino, se lance dans le documentaire. Il a décidé de suivre le journaliste pigiste Jesse Rosenfeld dans son périple semé d’embûches au Moyent-Orient. Nous vous présentons les grandes lignes de cette rencontre. Suite

Sveva Alviti

28 avril 2017

TÊTE À TÊTE /
Questions et transcription
Élie Castiel

JE CROIS AVOIR RÉUSSI MA DALIDA

Télé, quelques courts métrages et en 2014, premier long, Cam Girl, de Mirca Viola, pour ensuite un grand rôle dans Dalida, de Lisa Azuelos. Brefs moments avec une femme séduisante, élégante et sûre de son talent.

Sveva AlvitiJouer le rôle d’une chanteuse que vous n’avez pas connue, d’une autre génération a dû être un travail acharné, et en plus en français, que vous ne parliez pas. Suite

Lisa Azuelos

TÊTE À TÊTE /
Questions et transcription
Élie Castiel

JE ME SUIS LAISSÉE ENVOÛTER
PAR CETTE MERVEILLEUSE HISTOIRE

Fille de la comédienne-chanteuse Marie Laforêt, Lisa Azuelos signe des comédies qui lui valent le respect d’un certain grand public. Elle ne s’embarrasse guère du qu’on dira t’on, notamment émanant des critiques. Mais à un moment donné, elle décide pour un genre sérieux avec un sujet dramatique : la vie de Dalida. Usant admirablement de l’ellipse, ironiquement, le cheminement de la chanteuse est vu par le grand bout de la lorgnette. Nous avons rencontré la réalisatrice. Suite

Maryanne Zéhil

21 avril 2017

Questions et transcription
Élie Castiel

LE CINÉMA un art de
tous les possibles

C’est la première fois que nous rencontrons Maryanne Zéhil. Femme charmante, courageuse, éprise de son métier, sans peur devant les critiques peu élogieuses. Mais surtout prête à répondre à nos questions, pour constater si nous avons vraiment vu son film. Face-à-face fertile avec une passionnée du 7e art.

K-Films Amérique

Maryanne Zéhil© K-Films Amérique

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Darren Curtis

11 avril 2017

Propos traduits de l’anglais
par Élie Castiel

ASSUMER SA SINGULARITÉ
SANS GÊNE ET SANS REPROCHE

Darren Curtis

Darren Curtis

Le premier long métrage solo de Darren Curtis est marqué du signe de l’originalité : scénario béton, personnages hors du commun, aucun compromis avec la langue de tournage dans un territoire comme le Québec, entière disponibilité d’un jeune cinéaste amoureux de son métier. Darren Curtis nous a accordé une entrevue dans la langue de Shakespeare, assumant sa singularité sans gêne et sans reproche. Sa franchise et sa candeur nous ont touchés.

Pourquoi avoir tourné en anglais ?
En fait, il s’agit pour moi d’une expérience subjective, d’un film qui touche à ma réalité linguistiquement intrinsèque ; le milieu dans lequel j’évolue. En quelque sorte, un monde anglophone à l’intérieur de la réalité montréalaise. Si vous prenez, par exemple, le personnage de Hakeem Nour, joué par l’Érythréen Nabil Rajo, il doit naviguer entre trois langues, la sienne propre, l’anglais et le français qui, en quelque sorte, est incidentel puisque sa famille a décidé de s’installer à Montréal. Mais le caractère subjectif de l’entreprise assume en quelque sorte le refus de cette nouvelle langue, non pas par déni idéologique, mais qui a trait à une certaine notion du pragmatisme. C’est dans cette optique que j’ai tourné le film en anglais.
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