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Le film de Bazin

4 mai 2017

RÉSUMÉ SUCCINCT
Au printemps 1958, le critique de cinéma André Bazin fait deux voyages de repérage en Saintonge dans le but de réaliser un court métrage sur les églises romanes. Le 11 novembre, à quarante ans, il meurt de leucémie avant d’avoir pu réaliser son film. Mettant à profit les notes et les photos de Bazin, s’appuyant sur le texte de son scénario dont des extraits sont lus par Michael Lonsdale, ce film est un film sur un film qui n’a pu être réalisé.

SANS
COMMENTAIRES

Sortie :  vendredi 5 mai 2017
V.o. :  français

Genre :  Documentaire  – Origine : Canada [Québec] –  Année :  2017 – Durée :  1 h 38  – Réal. :  Pierre Hébert – Dist. :  Vidéographe.

Horaires
@
  Cinémathèque québécoise

Classement
NC
(Non classé – Exempté)

 

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Norman : The Moderate Rise and Tragic Fall of a New York Fixer

RÉSUMÉ SUCCINCT
Norman est un beau parleur qui, jusqu’ici, a réussi à faire chanter plusieurs personnes, prétendant être un influent hommes d’affaires. Mais lorsqu’il se lie d’amitié avec un politicien devenu premier ministre d’Israël, les problèmes surgissent, pour le meilleur ou pour le pire.

CRITIQUE
★★★★
Texte : Élie Castiel

HÉRAUT TRISTE DANS LA CITÉ

Très remarqué par son brillant Beaufort (2007) et le rigoureux Footnote (2011), l’Israélien Joseph Cedar s’est tourné vers l’Amérique pour mener à bien Norman : The Moderate Rise and Tragic Fall of a New York Fixer, bénéficiant d’un casting imposant, dont l’excellent Richard Gere et un Lior Ashekenazi – entre autres, Mariage tardif / Hatuna meuheret (2001) de Dover Koshashvili, avec également la regretté Ronit Elkabetz, ainsi que Footnote – ici, d’une ironie et d’un opportunisme flagrants qui rehausse son métier d’acteur. Comme Gere, il a une gueule, une personnalité et un charisme extraordinaire.

Drame urbain construit intentionnellement, du moins selon nos observations, à la manière des films de Sidney Lumet, Norman: The Moderate Rise and Tragic Rise of a New York Fixer est un film où finance, vie personnelle et dérives politiques s’entremêlent à l’intérieur d’un imbroglio qui atteint souvent des sommets dramatiques inégalés malgré le ton serein de l’ensemble.

Norman. The Moderate...

Les personnages sont victimes de la corruption d’un nouveau siècle mené par le pouvoir économique, l’intrigue et la manipulation. La mise en scène de Cedar, cynique, froide, clinique, magnifiquement contrôlée, laisse entrevoir par moments de poignants relans d’humanité par, alors que le spectateur se laisse convaincre de la sincère amitié entre Norman (Gere) et Eshel (Ashkenazi), tous deux brillants, donnant au qualificatif complicité ses lettres de noblesse.

Si on doute de la présence de Charlotte Gainsbourg dans un rôle atypique,  l’intrigue finit par nous persuader du contraire. Ironiquement, Cedar propose, à travers le personnage de Eshel, un possible plan de paix dans le conflit israélo-palestinien, tel que le présent gouvernement-Netanyahudevrait le concevoir – critique d’un réalité actuelle dont nous ne connaîtront probablement jamais l’issue. Drame urbain construit intentionnellement, du moins selon nos observations, à la manière des films de Sidney Lumet, Norman: The Moderate Rise and Tragic Rise of a New York Fixer est un film où finance, vie personnelle et dérives politiques s’entremêlent à l’intérieur d’un imbroglio qui atteint souvent des sommets dramatiques inégalés malgré le ton serein de l’ensemble.

La fin confirme les lois d’une société dominé par les forts, quelles que soient leur valeurs éthiques et morales, si vraiment elles existent. Triste, déchirant.

On soulignera qu’un des producteurs du film, Oren Moverman, signe la réalisation de The Dinner (avec. entre autres, Richard Gere), également à l’affiche cette semaine. Stratégie planifiée par les distributeurs ou simplement une heureuse coïcidence ?1

1 Le film devait prendre l’affiche la semaine dernière, mais avait été retiré immédiatement pour raisons de problèmes techniques !?

 

Séquences_Web

Sortie :  vendredi 28 avril 2017
V.o. :  anglais, hébreu / s.-t.a.

Norman

Genre :  Drame  – Origine : États-Unis / Israël –  Année :  2016 – Durée :  1 h 57  – Réal. : Joseph Cedar – Int. : Richard Gere, Lior Ashkenazi, Michael Sheen, Charlotte Gainsbourg, Dan Stevens, Steve Buscemi – Dist. :  Métropole Films.

Horaires
@
  Cineplex

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

 

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Patients

RÉSUMÉ SUCCINCT
Victime d’un accident de plongeon, Benjamin se retrouve dans un centre de rééducation avec une tétraplégie incomplète. Avant de réapprendre à bouger les bras, il reste cloué sur un lit d’hôpital pendant de longues semaines. Dans son fauteuil roulant, le jeune homme se déplace aisément dans l’édifice et il se lie d’amitié avec Toussaint, Steeve et Farid, des handicapés de son âge.

CRITIQUE
★★★ 
Texte : Quentin Castellano

IRONIE À TOUTE ÉPREUVE

En collaboration avec Mehdi Idir, Grand Corps Malade signe avec Patients son premier long métrage, adaptation éponyme de son roman autobiographique. Il est indéniable que le film possède de vrais qualités techniques et esthétiques non négligeables. Le découpage est inventif, parfois audacieux, au service du récit, et surtout de ses protagonistes. Ces derniers sont d’ailleurs campés par une équipe de jeunes comédiens habitués des seconds rôles dans le cinéma français que l’on redécouvre grâce à une direction d’acteurs formidable de justesse et de tendresse, propre à la sensibilité de l’auteur.

Patients_En salle (01)

On regrettera cependant que, malgré la justesse de leur interprétation, et le « s » de Patients, on ne s’intéresse pas plus que ça à la galerie de personnages secondaires qui nous est présentée, si ce n’est qu’à travers l’affection que Ben porte pour eux. Bien que le film tente de se donner une aura de film choral, jusque dans son affiche, il n’y parvient vraiment jamais . Certains des protagonistes ne sont ainsi que trop effleurés, là où d’autres ne sont relégués qu’à être un simple outil scénaristique, la love-story par exemple.

Une fois ce regret accepté, on ne peut pas nier que le personnage principal, Ben, et le regard qu’il nous donne sur le monde des handicapés, sont de franches réussites. Reflet de l’auteur et coréalisateur, on retrouve chez lui l’ironie, l’autodérision et le positivisme propre à l’artiste. Ces atouts font de lui un guide surprenant et des plus agréables dans un milieu qui aurait tout pour être déprimant, empli de défis peut-être impossibles, de vies brisées, et de recherche difficile d’espoir.

Ne tombant pas dans le piège d’une autobiographie
égocentrique en s’éloignant le plus possible du slameur
Grand Corps Malade, à l’exception de quelques clins d’oeil
suffisamment discrets, Patients est un film à part
entière, respectant son propre vocabulaire avec une
maturité cinématographique surprenante et bienvenue.

Mais pourtant, dès les premiers mots prononcés, on se prend à rire du sujet avec une facilité déconcertante. La justesse bienveillante du propos, qui nous rappelle que même les épreuves les plus dures peuvent être traversées aisément si on est bien entouré, est en grande partie menée à bien par cette légèreté quasi constante. Bien qu’elle nuie parfois au récit en réduisant l’impact de certaines épreuves de la vie, telle que la disparition de proches ou la perte d’un rêve, elle est certainement la force de Patients, et la principale raison pour laquelle on se souviendra du personnage principal.

Ne tombant pas dans le piège d’une autobiographie égocentrique en s’éloignant le plus possible du slameur Grand Corps Malade, à l’exception de quelques clins d’oeil suffisamment discrets, Patients est un film à part entière, respectant son propre vocabulaire avec une maturité cinématographique surprenante et bienvenue. Il est de ces films qui ne sont pas des grands, mais n’en ont pas besoin. Il est, à l’image du slam, une expérience douce et sincère.

Sortie :  vendredi 5 mai 2017
V.o. :  français / s.-t.a.

Step by Step / Patients

Genre :  Drame biographique  – Origine : France –  Année :  2017 – Durée :  1 h 51  – Réal. :  Grand Corps Malade, Mehdi Idir – Int. : Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly, Naimia Harzoune, Franck Falise, Yannick Renier  – Dist. :  MK2 | Mile End.

Horaires
  Cinéma BeaubienCineplex

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

 

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