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The Dinner

4 mai 2017

RÉSUMÉ SUCCINCT
Adaptation libre du roman de Herman Koch. À quoi les parents sont-ils prêts à faire pour protéger leurs enfants ?

CRITIQUE
★★★  ½
Texte : Anne-Christine Loranger

L’AUTRE AMÉRIQUE

L’un des portraits les plus dérangeants des élites politiques et intellectuelles de l’Amérique libérale, The Dinner tiendra une place de choix dans la liste des films les plus inconfortables de 2017. Car cette Amérique à 1000 lieues de celle des électeurs de Donald Trump, qui s’invite dans un restaurant où la description des plats est plus longue que le temps de leur préparation, n’a de cesse que de protéger ses arrières et ses acquis, en dépit de tout et surtout de leur propres valeurs.

The Dinner

Il fallait des acteurs d’élite pour jouer cette adaptation US du roman de l’auteur néerlandais Herman Koch (2009), où les dialogues intenses sont constamment entrecoupés de portables qui sonnent et de serveurs qui déposent des plats ridiculement tarabiscotés. En sélectionnant Richard Gere, Laura Linney, Steve Coogan et Rebecca Hall, le cinéaste israélien Oran Moverman nous attable à des performances d’acteurs hors du commun, lesquelles mettent en valeur une brochette de personnages terrifiants. On pense à Carnage de Roman Polanski ou encore au récent The Party de Sally Potter.

Saluons au passage la performance de Laura Linney,
vipère dans une peau de chatte qui sait
insuffler son poison pour protéger ses intérêts.

Filmé dans un décor d’un luxe baroque, la caméra exceptionnelle de Bobby Bukowski saisit les jeux de regards, le trouble et surtout la misère relationnelle de ces êtres forcés de discuter du crime affreux commis par leurs enfants. Saluons au passage la performance de Laura Linney, vipère dans une peau de chatte qui sait insuffler son poison pour protéger ses intérêts.

Si au final le résultat n’a pas la fluide souplesse du film de Polanski ou la réjouissante méchanceté de celui Potter, il dégage un constat aussi magnétisant d’épouvante que Rosemary’s baby : en terme de sexisme, de bassesse ou de corruption, les élites libérales bien-pensantes, ouvertes et sensibles n’ont rien à envier à l’Amérique qui a élu Donald Trump. Ils fréquentent simplement d’autres restaurants.

Sortie :  vendredi 5 mai 2017
V.o. :  anglais

Genre :  Drame – Origine : États-Unis –  Année :  2017 – Durée :  2 h – Réal. :  Oren Moverman – Int. : Richard Gere, Laura Linney, Steve Coogan, Rebecca Hall, Chloë Sevigny, Charlie Plummer – Dist. :  The Orchard.

Horaires
@
  Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très BonBon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

 

Séquences_Web

Un monde inaperçu

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans un profond sommeil depuis plusieurs mois sont les amphibiens et les reptiles du Québec. De toutes les espèces animales, elles sont parmi les plus discrètes et les plus méconnues. Leur histoire commence à la fin de l’hiver, dès la fonte des neiges. La caméra suit toutes les étapes de leur vie en survolant les quatre saisons.

SANS
COMMENTAIRES

Sortie :  vendredi 5 mai 2017
V.o. :  français

Genre :  Documentaire  – Origine : Canada [Québec] –  Année :  2016 – Durée :  1 h 39  – Réal. :  Étienne Plasse – Dist. :  Les Films EP.

Horaires
Cinéma Beaubien

Classement
NC
(Non classé – Exempté)

 

Séquences_Web

Bailarinas

DANSE
★★★★
Texte : Élie Castiel

Marc Béland + Sònia Gómez
CORPS SANS VOILES

Gómez+Béland

© Stéphane Najman

Elle et lui. D’abord elle, seule sur scène, rendant le silence perceptible grâce à ses moments en espagnols surtitrés dans le fond de la scène, à gauche. Des mots qui ont rapport avec l’art intime de l’improvisation professionnelle. Cette nouvelle danse peut se situer dans la mouvance post-moderne de l’art chorégraphique. Le classique est déjà enterré, l’athlétisme des modernistes est oublié momentanément. La place est donné au corps, mais pas n’importe lequel. La fière catalane Sónia Gómez participe à un rapport ludique avec les spectateurs. L’improvisation côtoie le sérieux avec, comme adrénaline, l’effort et la sublimation du corps et de l’esprit. Ceux-ci ne sont plus des phases interdites, mais au contraire, ils s’expriment dans la logique de l’altérité. Gómez, c’est la déconstruction audacieuse de l’aventure chorégraphique.
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