En salle

Norman : The Moderate Rise and Tragic Fall of a New York Fixer

4 mai 2017

RÉSUMÉ SUCCINCT
Norman est un beau parleur qui, jusqu’ici, a réussi à faire chanter plusieurs personnes, prétendant être un influent hommes d’affaires. Mais lorsqu’il se lie d’amitié avec un politicien devenu premier ministre d’Israël, les problèmes surgissent, pour le meilleur ou pour le pire.

CRITIQUE
★★★★
Texte : Élie Castiel

HÉRAUT TRISTE DANS LA CITÉ

Très remarqué par son brillant Beaufort (2007) et le rigoureux Footnote (2011), l’Israélien Joseph Cedar s’est tourné vers l’Amérique pour mener à bien Norman : The Moderate Rise and Tragic Fall of a New York Fixer, bénéficiant d’un casting imposant, dont l’excellent Richard Gere et un Lior Ashekenazi – entre autres, Mariage tardif / Hatuna meuheret (2001) de Dover Koshashvili, avec également la regretté Ronit Elkabetz, ainsi que Footnote – ici, d’une ironie et d’un opportunisme flagrants qui rehausse son métier d’acteur. Comme Gere, il a une gueule, une personnalité et un charisme extraordinaire.

Drame urbain construit intentionnellement, du moins selon nos observations, à la manière des films de Sidney Lumet, Norman: The Moderate Rise and Tragic Rise of a New York Fixer est un film où finance, vie personnelle et dérives politiques s’entremêlent à l’intérieur d’un imbroglio qui atteint souvent des sommets dramatiques inégalés malgré le ton serein de l’ensemble.

Norman. The Moderate...

Les personnages sont victimes de la corruption d’un nouveau siècle mené par le pouvoir économique, l’intrigue et la manipulation. La mise en scène de Cedar, cynique, froide, clinique, magnifiquement contrôlée, laisse entrevoir par moments de poignants relans d’humanité par, alors que le spectateur se laisse convaincre de la sincère amitié entre Norman (Gere) et Eshel (Ashkenazi), tous deux brillants, donnant au qualificatif complicité ses lettres de noblesse.

Si on doute de la présence de Charlotte Gainsbourg dans un rôle atypique,  l’intrigue finit par nous persuader du contraire. Ironiquement, Cedar propose, à travers le personnage de Eshel, un possible plan de paix dans le conflit israélo-palestinien, tel que le présent gouvernement-Netanyahudevrait le concevoir – critique d’un réalité actuelle dont nous ne connaîtront probablement jamais l’issue. Drame urbain construit intentionnellement, du moins selon nos observations, à la manière des films de Sidney Lumet, Norman: The Moderate Rise and Tragic Rise of a New York Fixer est un film où finance, vie personnelle et dérives politiques s’entremêlent à l’intérieur d’un imbroglio qui atteint souvent des sommets dramatiques inégalés malgré le ton serein de l’ensemble.

La fin confirme les lois d’une société dominé par les forts, quelles que soient leur valeurs éthiques et morales, si vraiment elles existent. Triste, déchirant.

On soulignera qu’un des producteurs du film, Oren Moverman, signe la réalisation de The Dinner (avec. entre autres, Richard Gere), également à l’affiche cette semaine. Stratégie planifiée par les distributeurs ou simplement une heureuse coïcidence ?1

1 Le film devait prendre l’affiche la semaine dernière, mais avait été retiré immédiatement pour raisons de problèmes techniques !?

 

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Sortie :  vendredi 28 avril 2017
V.o. :  anglais, hébreu / s.-t.a.

Norman

Genre :  Drame  – Origine : États-Unis / Israël –  Année :  2016 – Durée :  1 h 57  – Réal. : Joseph Cedar – Int. : Richard Gere, Lior Ashkenazi, Michael Sheen, Charlotte Gainsbourg, Dan Stevens, Steve Buscemi – Dist. :  Métropole Films.

Horaires
@
  Cineplex

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
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