En salle

Anna Karenina | Ven 30 nov 2012

30 novembre 2012

Anna Karenina
(Anna Karénine)

DRAME ROMANTIQUE  | Origine : Grande-Bretagne  – Année : 2012 – Durée : 2 h 10  – Réal. : Joe Wright – Int. : Kiera Knightley, Jude Law, Matthew MacFayden, Emily Watson, Kelly Macdonald, Alicia Vikander, Olivia Williams, Ruth Wilson – Dist. / Contact : Alliance | Horaires / Versions / Classement : Cineplex – Excentris

Résumé
Au XIXe siècle, en Russie, Anna avait épousé sans grande passion le ministre Alexis Karénine alors qu’elle n’avait que dix-huit ans. Plusieurs années plus tard, dans les soirées de la haute société de Saint-Pétersbourg, elle tombe sous le charme du séduisant comte Alexis Vronsky.

En quelques mots
★★ 1/2
Si l’on en juge par Pride and Prejudice (2005), Atonement (2007), The Soloist (2009) et Hanna (2011), on dénote, de la part de Joe Wright, une courte filmographie axée sur la diversité, même si le romantique, l’humaniste et le spectaculaire dominent l’ensemble, y compris dans la  timide incursion dans le domaine de la science-fiction que représente Hanna. Toujours est-il que sujet oblige, Anna Karenina est un somptueux spectacle à grand déploiement qui, en dépit de son aspect théâtral et parfois même ludiquement rocambolesque, arrive étrangement à séduire. Les parallèles entre la fiction cinématographique et la représentation scénique  sont constants, ce qui a pour effet d’atténuer parfois l’aspect dramatique, trop puissant. Par moments, ça fonctionne ; mais certaines séquences s’avèrent un peu fastidieuses et gratuitement surexposées. Il y a, toutefois, dans l’ensemble, une part de distanciation privilégieant une meilleure compréhension du récit, le rendant plus limpide ; il s’agit d’une histoire d’amour maintes fois portée à l’écran et qui dans la version de Wright, est surtout appréciée par son extravagance et sa sensualité. Dans le rôle d’Anna, Keira Knightley compose avec justesse et sensibilité un personnage de femme libre aux multiples facettes psychologiques qui brave avec courage et détermination les conventions sociales de son temps. >> Élie Castiel

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Ésimésac | Ven 30 nov 2012

Ésimésac

CONTE | Origine : Canada [Québec] – Année : 2012 – Durée : 1 h 44  – Réal. : Luc Picard – Int. : Luc Picard, Gildor Roy, Nicola-Frank Vachon, René Richard Cyr, Marie Brassard, Isabel Richer  – Dist. / Contact : Alliance | Horaires / Versions / Classement : Beaubien Cineplex

Résumé
À Saint-Élie-de-Caxton la famine fait rage. Ésimésac, l’homme fort du village, devient l’artisan du jardin communautaire et acquiert le rang d’idole locale. Mais la sécheresse qui s’abat et l’implantation d’une ligne ferroviaire voisine anéantit le projet. Les retombées économiques du chemin de fer sauveront-elles la communauté?

En quelques mots
★★
La petite communauté vivant en autarcie dans une idyllique vallée reculée est frappée de plein fouet par la crise économique. Voilà une belle occasion de revisiter l’histoire moderne de l’industrialisation, amenée principalement par le chemin de fer et apportant de facto avec elle son lot de tares et d’excès. Après une très adroite et très souriante ouverture sur le quotidien miséreux de la famille Brassard, le film se teinte d’une vision plus sombre qui le fait entrer en résonance avec l’actualité récente du Québec.

Les auteurs tracent des frontières plus floues et des portraits plus désabusés qu’ils ne l’étaient dans Babine. Ici, nos villageois bonasses délaissent le jardin communautaire et se lancent à fond dans l’industrie privée. De ce fait, ils se retrouvent sous l’emprise des miroirs aux alouettes du capitalisme et deviennent des individualistes rancuniers et jaloux. Bien que ces observations sur un monde en pleine mutation apportent un contrepoint heureux à la naïveté fantaisiste de Fred Pellerin (et la rende singulièrement contemporaine), cela ne fait pas pour autant d’Ésimésac un film pleinement réussi.

Au rang des déceptions, citons entre autres un discours politique dressé à gros traits, des dialogues sombrant à plusieurs reprises dans le calembour douteux ainsi que des scènes se voulant oniriques mais qui peinent à trouver l’effet recherché. Cela ne devrait cependant gêner en rien le succès commercial qui semble promis au film. >> Charles-Henri Ramond

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Hitchcock | Ven 30 nov 2012

Hitchcock

DRAME BIOGRAPHIQUE | Origine : États-Unis  – Année : 2012 – Durée : 1 h 38  – Réal. : Sacha Gervasi – Int. : Anthony Hopkins, Helen Mirren, Jessica Biel, Scarlet Johansson, Toni Collette – Dist. / Contact : Fox | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

Résumé
Alfred Hithcock tente de convaincre les dirigeants d’un grand studio hollywoodien de financer son prochain film, Psychose. Sa partenaire et épouse, Alma Reville, lui vient en aide. La tension monte entre le maître du suspense et sa compagne
.

En quelques mots
★★ 1/2
Le réalisateur britannique Alfred Hitchcock a atteint un statut mythique confirmé par le vote récent de Vertigo comme meilleur film de tous les temps dans la liste décennale de la revue britannique Sight&Sound. Le scénario de John McLaughlin, d’après l’étude historique Alfred Hitchcock and the Making of Psycho de Stephen Rebello,  propose l’argument d’un artiste qui, vu par ses pairs, les studios et les journalistes comme un spécialiste d’un genre dit mineur, décide de sonder la psyché humaine par le biais d‘une adaptation d’un roman inspiré de l’histoire du tueur en série américain, Ed Gein. Le sens de l’humour caustique d’Hitchcock, sa connaissance des rouages d’Hollywood, ses combats à fleurets plus ou moins mouchetés avec les studios sont  intégrés dans des séquences ludiquement explicatives sur entre autres le pouvoir du bureau de censure. Le film redonne à Alma Reville, sa collaboratrice la plus importante depuis si longtemps en tant que coscénariste, monteuse etc., la place que certains ont eu tendance à occulter. Anthony Hopkins et Helen Mirren, totalement investis dans leurs rôles, donnent vie à ce couple si différent de stature mais si lié par l’amour de leur art. Sacha Gervasi ajoute à certains moments des touches dignes de la télésérie Alfred Hitchcock Presents dans cette chronique partiellement fictive d’un réalisateur devenant producteur de son film et en contrôlant dans ses moindres détails la réalisation, le montage, la mise en marché et la sortie. >> Luc Chaput

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Les Poings de la fierté | Ven 30 nov 2012

Les Poings de la fierté
(Fists of Pride)

DOCUMENTAIRE | Origine : Canada [Québec]  – Année : 2012 – Durée : 1 h 03  – Réal. : Hélène Choquette – Dist. / Contact : ONF | Horaires / Versions / Classement : Excentris

Résumé
Quatre jeunes birmans attirés par les camps de boxe sont pris en charge par un policier qui les aident à s’entraîner pour d’éventuels tournois.

En quelques mots
1/2
C’est par le biais de nombreuses entrevues des intervenants directs et par plusieurs textes insérés à même l’image que l’on découvre toute l’absurdité et l’horreur de la situation dans laquelle vivent les birmans exilés en Thaïlande. Le film se concentre sur l’univers impitoyable de quatre jeunes boxeurs et de leur entraînement presque inhumain, mené avec une main de fer par leurs instructeurs, devenus plus importants que leurs propres parents.

Faisant preuve d’une détermination hors du commun, ces enfants nous livrent une magnifique leçon de courage, captée de belle manière par la discrète caméra de Joël Provencher. Afin de dessiner les contours d’un univers aussi peu viable, la cinéaste aborde ou suggère sans parti-pris de nombreuses problématiques directement reliées aux conditions de vie déplorables de ces populations réfugiées (pauvreté et endettement, clandestinité et absence de travail, ou encore trafic de jeunes enfants).

Mais avec une durée d’à peine plus d’une heure, le film ne fait que survoler ses messages et se contente de nous asséner quelques phrases chocs pour décrire les enjeux qu’il aborde. Les Poings de la fierté, documentaire fourre-tout dont le format beaucoup trop court ne rend pas justice à la l’importance de son sujet, laisse donc une nette sensation de frustration. >> Charles-Henri Ramond

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Tabou | Ven 30 nov 2012

Tabou
(Tabu )

DRAME | Origine : Portugal / Allemagne / Brésil / France  – Année : 2012 – Durée : 1 h 58  – Réal. : Miguel Gomes – Int. : Teresa Madruga, Laura Soveral, Henrique Espirito Santo, Ivo Müller, Carloto Cotta, Isabel Muñoz Cardoso – Dist. / Contact : EyeSteelFilm | Horaires / Versions / Classement : Excentris

Résumé
Au chevet d’Aurora, dont la mort approche, Ventura raconte sa rencontre avec elle dans un pays africain il y a de cela de nombreuses années.

En quelques mots
★★★ 1/2
La début, à saveur anthropologique et filmé en noir et blanc, annonce quelque chose d’étrange, de dépaysant, plaçant le spectateur dans une sorte de rêve éveillé qu’on pourrait appeler « méditation ». Cette entrée en matière laisse bientôt la place à une fiction qui s’étale à travers le temps dans une mise en scène expressionniste qui privilégie le réaliste et le merveilleux. Le noir et blanc subsiste allègrement, donnant au film son aura de mystère, de charisme et de majestuosité. Avant tout, Tabou est un film sur la durée, sur la mémoire qui fout le camp, sur une idée abstraite mais féconde et mystérieuse de l’existence. Film d’auteur surtout, le troisième long métrage du portugais Miguel Gomes est peuplé de personnages fantômes qui traversent les décennies comme si le temps devait s’arrêter d’une minute à l’autre. Si l’intrigue passe d’une idée à l’autre sans prévenir, c’est sans doute pour saisir que dans l’aventure du cinéma, sans doute thème principal du film, tout est permis, rien n’est interdit (d’où le côté paradoxal du titre), tout s’invente et se réincarne. Et la bande sonore n’est pas fortuite. Magnifique, exubérante, circonstancielle, elle s’inscrit dans un contexte historique propre à chaque décennie. Film presque muet, Tabou évoque le Apichatpong Weerasethakul de l’Oncle Boonmee, mais en moins laborieux, en plus fluide. Voici finalement, et c’est rare, un cinéma d’essai contemporain, à la fois splendide et sophistiqué, voire même ludique, mais qui n’affiche pas avec complaisance sa supériorité. >> Élie Castiel

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Talaash | Ven 30 nov 2012

Talaash
(The Search)

ACTION | Origine : Inde  – Année : 2012 – Durée : 2 h 19  – Réal. : Reema Kagti – Int. : Aamir Khan, Kareena Kapoor, Rani Mukerji, Nawazuddin Siddiqui, Raj Kumar Yadav, Subrat Dutta – Dist. / Contact : A-Z Films | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

Résumé
Trois individus, un policier, sa femme et une prostituée, sont impliqués dans une affaire entourant la mort apparemment accidentelle d’un jeune acteur de Bollywood.

En quelques mots
★★
Après l’inédit Honeymoon Travels Pvt. Ltd. (2006), comédie grand public plus ou moins réussie, la cinéaste indienne Reema Kagti propose ici un film musclé, viril, vaguement féministe, qui ne recule devant rien pour exposer un Mumbai nocturne interlope, celui du trafic de drogues et de la prostitution. Si la tendance se maintient dans les prochains films de la jeune réalisatrice, on pourrait même parler d’une « Kathryn Bigelow » bollywoodienne. Parmi les producteurs, Aaamir Khan, qui joue également le rôle principal masculin. Nul doute que Talaash connaît un  franc succès auprès des multiplexes indiens qui enregistrent déjà de belles recettes, confirmant que le cinéma d’action demeure le genre le plus populaire à Bollywood. Si quelques (magnifiques) chansons s’incrustent à l’action, c’est pour mieux saisir l’ampleur d’un récit où culpabilité, responsabilité civile, amour et rédemption s’harmonisent dans une mise en scène adroite, dynamique et sophistiquée. Comme d’habitude, Aamir Khan, Kareena Kapoor et Rani Mukerji habitent leurs personnages avec force de caractère. Dans le rôle d’un bad guy conspirateur, Nawazuddin Siddiqui se surpasse par son mélange de fausse naïveté et de sournoiserie assassine. >> Élie Castiel

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Thérèse Desqueyroux | Ven 30 nov 2012

Thérèse Desqueyroux

DRAME | Origine : France  – Année : 2012 – Durée : 1 h 50  – Réal. : Claude Miller – Int. : Audrey Tautou, Gilles Lellouche, Anaïs Demoustier, Isabelle Sadoyan, Francis Perrin, Yves Jacques, Catherine Arditi, Stanley Weber – Dist. / Contact : Métropole | Horaires / Versions / Classement : Beaubien Cineplex

Résumé
À la fin des années 1920, en France, Thérèse épouse Bernard Desqueyroux et mène une vie de bourgeoise de province qui l’ennuie profondément. Sa lassitude la pousse à tenter d’empoisonner son mari à petit feu avec de l’arsenic
.

En quelques mots
★★
Dans sa dernière réalisation avant son décès, Claude Miller filme la douleur d’être d’un personnage féminin en deuil de sa propre expérience, lasse, après avoir marié un homme qu’elle apprendra à haïr. Adaptation du livre de François Mauriac, campé dans la France des années 1920, Thérèse Desqueyroux s’avère trop lisse et propret dans son étude psychologique du personnage central, beaucoup plus complexe que ce qu’il en paraît. Trop classique, la mise en scène n’arrive que trop rarement à faire sentir au spectateur toute l’ambiguïté, la complexité et l’ennui qui habitent Thérèse, magnifiquement incarnée par Audrey Tautou. Sans être parfait, ce dernier film laisse découvrir un dernier acte d’une teneur dramatique et d’une profondeur qu’on aurait souhaité déployées sur toute la durée. >> Sami Gnaba

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

2026 © SÉQUENCES - La revue de cinéma - Tous droits réservés.