17 janvier 2014
En quelques mots
★★ 1/2
Après Finissant(e)s, Laylou, et Carré rouge sur fond noir, voici le quatrième long métrage traitant de la jeunesse à nous parvenir en moins d’un an. À l’instar de ses prédécesseurs, mais de manière différente, Secondaire V, apporte lui aussi sa pierre à l’édifice de notre connaissance de la jeunesse québécoise. En plantant sa caméra à l’école Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont durant plusieurs mois, Guillaume Sylvestre livre indirectement une rare vision de l’intérieur du système scolaire public québécois. À travers les échanges et les interactions entre l’encadrement de l’école et les élèves, on ressent toute la difficulté de bâtir un lien de confiance basé sur le respect et la tolérance. La force du film est de nous permettre de mieux connaître ce qui motive ceux et celles qui feront le Québec de demain. Chahuteurs et facilement déconcentrés lors d’un cours de français, ils deviennent très articulés lorsqu’il s’agit de dire leurs préoccupations.
Ils parlent sans détour de leur soif de justice sociale, de leur place au sein de la société québécoise, de la fierté de leur culture d’origine, de leurs relations parfois tendues avec leur famille ou de leur difficulté d’insertion. Autant de discours animés qui permettent de mieux appréhender le besoin essentiel pour le système scolaire de parvenir à établir une relation de complicité entre jeunes et adultes, malgré les différences et en dépit de la nécessité de canaliser l’inattention et le laisser-aller. Contrairement à ce qui a pu être dit préalablement à la sortie du film, Secondaire V apporte non pas un portrait désastreux de « glandeurs » insouciants, mais bien une vision juste et sans préjugés d’une jeunesse idéaliste et désireuse de trouver une place qui lui ressemble. Sans excès de moralisation mais sans complaisance non plus, Sylvestre nous livre avec ce troisième film une image de nous-mêmes qui s’avère d’une grande valeur. > Charles-Henri Ramond
DOCUMENTAIRE | Origine : Canada [Québec] – Année : 2013 – Durée : 1 h 33 – Réal. : Guillaume Sylvestre – Dist. / Contact : iStudio | Horaires / Versions / Classement : Excentris
MISE AUX POINTS ★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
En quelques mots
★ 1/2
Ce premier long métrage d’un producteur de la chaîne de télé culinaire Food Network visite trois restaurants très différents à la fois géographiquement et dans leur approche de la cuisine. Tout d’abord Alinea, à Chicago et très bien côté par Michelin et d’autres guides, offre un repas gastronomique le soir durant plus de trois heures en 20 services et qui peut coûter environ 800 $. En Arizona, un couple de Mexicano-américains tente de faire de leur simple cuisine familiale un attrait régional. En Iowa, un restaurant qui existe depuis environ 150 ans attire dans un village minuscule des adeptes de plats aux accents allemands. Le montage alterne visites de cuisine, photographies exquises de préparations culinaires et entrevues de clients ou de confrères qui montrent ainsi plusieurs aspects de ce que peut être l’expérience gastronomique déclinée dans plusieurs de ses attributs aux États-Unis. > Luc Chaput
DOCUMENTAIRE | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 1 h 32 – Réal. : Joseph Levy – Dist. / Contact : Film Arcade | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
En quelques mots
★★1/2
Ce long métrage est le fruit du travail de nombreux caméramans qui ont tourné plus de 1 600 heures sur la place Tahrir au centre du Caire, haut lieu de la contestation au président Moubarak et du printemps arabe. La réalisatrice américano-égyptienne privilégie les témoignages de trois personnes bien différentes, l’acteur britanno-égyptien Khalid Abdalla, le travailleur Ahmed Hassan et le frère musulman Magdy Ashour. Leurs discussions passionnées et leurs accords fluctuants reflètent et commentent ce qui se passe ailleurs dans cette mégalopole et dans divers lieux de l’Égypte. La réalisatrice par son montage rend le spectateur témoin de ces rencontres, échanges, discussions et récriminations sur ces changements qui prennent des directions inattendues et qui en offusquent, blessent ou briment plusieurs. Des extraits de reportages et d’entrevues télévisées ajoutent au contexte et permettent de mieux comprendre de l’intérieur cette révolution ratée et les forces en présence. On peut donc comprendre que ce film soit en nomination pour l’Oscar du meilleur documentaire. >> Luc Chaput
DOCUMENTAIRE | Origine : Égypte / États-Unis – Année : 2013 – Durée : 1 h 44 – Réal. : Jehan Noujaim – Dist. / Contact : Participant Media | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc
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★★
On est étonné de voir ce film simple sur le bonheur quotidien écrit et réalisé par Marion Hänsel, spécialiste des drames familiaux et sociaux que sont The Quarry, Les Noces barbares et Noir océan. Frans et Martine, deux Belges divorcés vont chercher leur fils Jack victime d’un accident de ski dans les Alpes françaises. Le voyage en auto aller-retour de quelques jours est l’occasion pour la réalisatrice de décrire, par petites touches plus ou moins subtiles les liens qui existent entre ces deux quinquagénaires qui ont refait leur vie. Jack a une petite amie et l’amour naissant s’oppose aussi en mineur à ces attentions teintées d’ironie entre ses deux parents. Marilyne Canto, vue chez Guédiguian entre autres, fait jeu égal avec Olivier Gourmet à l’aise ici dans un registre plus léger. >> Luc Chaput
COMÉDIE DRAMATIQUE | Origine : Belgique / France / Allemagne – Année : 2012 – Durée : 1 h 22 – Réal. : Marion Hänsel – Int. : Olivier Gourmet, Marilyne Canto, Adrien Jolivet, Margaux Châtelier, Sergi López, Romain David – Dist. / Contact : Axia | Horaires / Versions / Classement : Beaubien
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9 janvier 2014
En quelques mots
★★★
Déjà dans Still Life, gagnant du Lion d’Or à Venise 2007, Jia Zhangke montrait de manière à la fois documentaire et poétique les bouleversements qu’entrainait la construction de l’immense barrage des Trois Gorges. À l’affût d’événements pour son nouveau scénario, il remarqua la prolifération de nombreux incidents souvent montés en épingles par les réseau sociaux, nouvelles qui opposent les nouveaux riches et la classe des travailleurs délaissés ou des migrants intérieurs qui sont obligés de subvenir à leurs besoins très loin de leurs familles. La mise en scène de Jia Zhangke alterne donc de manière magistrale les scènes dans des espaces fixes restreints et des plans plus larges montrant les diverses régions de la Chine dans leurs beautés et leurs laideurs. Le cinéaste rend aussi hommage aux films de cape et d’épée de King Hu entre autres mais en les plaçant dans une contemporanéité qui en a sûrement offusqué plus d’un que ce soit dans sa contrée natale ou ailleurs. Ainsi une réceptionniste de salon de massage se transforme en une combattante dangereuse offusquée en son for intérieur par les vils traitements qu’on veut lui faire subir. Jia donne ainsi à son épouse Tao Zhao une occasion pour montrer l’étendue de son talent dans un contexte bien différent de celui de 24 City. Le scénariste-cinéaste insère aussi quelques extraits d’œuvres anciennes traitant déjà des difficultés des classes populaires dans des temps qu’on croirait révolus dans cette odyssée à quatre voix qui mène le spectateur dans un regard plus critique du miracle économique chinois. >> Luc Chaput
DRAME | Origine : Chine / Japon – Année : 2013 – Durée : 2 h 10 – Réal. : Jia Zhangke – Int. : Wu Jiang, Vivien Li, Lanshan Luo, Baoqiang Wang, Tao Zhuo, Jia-yi Zhang – Dist. / Contact : EyeSteelFilm | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc – Excentris
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★★
Basé sur un texte dramatique récompensé par un Pulitzer en 2008, August: Osage County est l’exemple classique d’une adaptation où rien n’est laissé au hasard. Mis en scène par John Wells, l’un des plus prolifiques réalisateurs et producteurs de l’industrie, le film fait la part belle à l’une des actrices les plus acclamées de sa génération, Meryl Streep. Si la recette du succès a été scrupuleusement suivie, l’œuvre ne fait pas l’unanimité. Bon nombre ont décrié son aspect télévisuel. Il est vrai que le réalisateur ne lésine pas sur les champs contrechamps, et vrai aussi que le film constitue une répétition de gros plans. Mais d’où vient cette idée que le visage n’est pas cinématographique et qu’il appartient désormais au monde de la télévision ? En s’attardant sur les gros plans, Wells révèle ce que nous n’aurions jamais pu entrevoir de la cinquième rangée du théâtre : la polyphonie du visage. Il filme les expressions faciales et les flots de paroles, et souligne ainsi paradoxalement ce qui était écrit entre les lignes du texte de Tracy Letts. Le théâtre est l’art du masque et du texte ; le cinéma, particulièrement chez John Wells, celui du visage et des silences. > Julie Demers
DRAME FAMILIAL | Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 2 h 02 – Réal. : John Wells – Int. : Julia Robert, Meryl Streep, Abigail Breslin, Benedict Cumberbatch, Ewan McGregor, Juliette Lewis, Dermot Mulroney, Sam Shepard, Chris Cooper – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Cineplex
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★★
L’amour avec un système d’exploitation, pourquoi pas ? Le dernier film de Spike Jonze relève moins de la science-fiction que d’un constat réaliste sur notre monde qui s’approche inexorablement d’une numérisation exhaustive des relations humaines dans sa recherche de perfection et de facilité. Cette idée de départ avait l’originalité nécessaire à l’élaboration d’un film extraordinaire, mais il déçoit pourtant un peu. Il n’y a aucune surprise dans le scénario de Jonze, et les seuls éléments qui sortent un peu de l’ordinaire relèvent de l’esthétique cinématographique. Her est un beau film, sans plus. Beau dans sa plasticité, dans sa forme et dans son traitement acoustique. On ne s’attendait pas à moins du réalisateur de Being John Malkovich (1999). Néanmoins, le scénario n’exploite pas toutes les possibilités que l’idée de départ promettait. Le constat est bon, mais la montée dramatique est prévisible et le dénouement est convenu. Et qu’est-ce que cet univers dans lequel s’évadent tous les OS ? Pourquoi nous laisser sur notre faim ? Voilà un élément diégétique qui aurait pu pimenter la sauce, mais Jonze a préféré s’en servir pour créer une ouverture. Or, une ouverture ne doit pas être une indétermination qui échappe au contrôle de l’auteur. À la fin du film, on a l’impression qu’il nous laisse tomber, qu’il nous dit « arrangez-vous avec ça ! », et c’est ce qui déçoit le plus. Somme toute, Her est une comédie dramatique qui respecte les codes du genre, un régal pour les yeux et les oreilles, mais il ne faut pas s’attendre à être chaviré émotionnellement, ni à nourrir son intellect d’une réflexion profonde sur la nature des relations humaines. > François D. Prud’homme
DRAME | Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 2 h 06 – Réal. : Spike Jonze – Int. : Joaquin Phoenix, Amy Adams, Olivia Wilde, Rooney Mara, Chris Pratt, Portia Doubleday – Dist. / Contact : Warner | Horaires / Versions / Classement : Cineplex
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
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