En salle

Lone Survivor

9 janvier 2014

En quelques mots
★★ 1/2
Basé sur les mémoires de Marcus Luttrell, seul survivant américain d‘un périlleux affrontement durant l’été 2005, ce drame de guerre de très bonne facture témoigne d’une belle démonstration de courage face à l’adversité. Heureusement, le film fait la part des choses et s’avère moins manichéen qu’il aurait pu l’être dans sa représentation des Afghans. Peter Berg (Hancock, The Kingdom) signe de loin son meilleur film à ce jour et sa mise en scène, implacable et vigoureuse, vient contrebalancer une première partie sur la préparation de l’opération qui prend son temps  avant de démarrer. Mais une fois que l’action débute, le film se révèle aussi palpitant que poignant et les scènes de guerre sont présentées de manière très réaliste. Les corps sont rudement mis à l’épreuve et c’est dans cette présentation et réflexion sur la souffrance humaine (autant physique que psychologique) et sur la notion de survie que le film prend tout son sens et emporte l’adhésion en ce qui a trait au discours (un brin) patriotique sous-jacent. Le toujours sympathique Mark Wahlberg domine une interprétation uniformément solide. > Pascal Grenier

Sortie : Vendredi 10 janvier 2014
V.o. : AnglaiS
V.f. – Le Seul Survivant

DRAME DE GUERRE  | Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 2 h 01  – Réal. : Peter Berg – Int. : Mark Wahlberg, Eric Bana, Taylor Kirsch, Emile Hirsch, Ben Foster, Ali Suliman – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Quelques heures de printemps

En quelques mots
★★
S’il est bien un sujet en France qui suscite controverses, polémiques et excès de diatribes enflammées depuis plusieurs années déjà, c’est bien celui du suicide assisté, ou, pour parler plus crument, de l’euthanasie. Stéphane Brizé, et sa coscénariste Florence Vignon, déjà coauteurs pour Mademoiselle Chambon, abordent ce thème plus que délicat avec la rigueur de documentaristes affichant ouvertement leur neutralité. Le résultat louvoie entre mélodrame lacrymal aux effets trop appuyés et œuvre sensible empreinte de compassion et d’humanisme.

Entre ces deux extrêmes, Brizé continue d’explorer la solitude et l’incommunicabilité, comme il l’avait déjà fait avec Je ne suis pas là pour être aimé (2004) ou Le Bleu des villes (1999). Ici, il nous fait partager le quotidien d’Alain, ex-camionneur et ex-taulard qui, en attendant des jours meilleurs, s’installe chez sa mère, une vieille femme atteinte d’un cancer du cerveau. Tous deux sont marqués par des vies sans joie, dans lesquelles les silences et les non-dits ont façonnés les relations. Même la décision de la mère d’aller mettre fin à ses jours dans une clinique suisse n’est découverte par son fils que grâce à un concours de circonstance orchestré, à défaut d’être exprimé. Le temps de longs plans fixes aux cadrages minutieusement choisis, Brizé fige le mutisme dans les postures de corps pétrifiés de ses personnages ou dans des regards distants que l’étroitesse des lieux ne saurait faire converger. Lorsqu’un trop plein d’émotion surgit, c’est par le hurlement qu’il s’exprime, à l’instar de deux altercations entre Alain et sa mère, explicatives de l’enfermement dans lequel est retombé Alain.

Scènes presqu’insupportables qui appelleront néanmoins une rédemption inespérée et un apaisement dans la mort décidée. Hélène Vincent est éblouissante de vérité et tient le film sur ses épaules tandis que Vincent Lindon évolue comme à son habitude sur une partition très sobre. Sorti il y a plus d’un an en France où il a obtenu un honorable succès en salles, Quelques jours de printemps tirera les larmes aux plus endurcis des spectateurs et ne laissera, à n’en pas douter, personne indifférent. > Charles-Henri Ramond

Sortie : Vendredi 10 janvier 2014
V.o. : Français

DRAME | Origine : France – Année : 2012 – Durée : 1 h 48  – Réal. : Stéphane Brizé – Int. : Vincent Lindon, Hélène Vincent, Emmanuelle Seigner, Olivier Perrier, Silvia Kahn, Ludovic Bertillot – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Beaubien

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Le Séducteur : Un animal en voie de disparition ?

En quelques mots
1/2
Olivier Adam signe le scénario et le montage. Il joint Alexandre Adam pour la musique. Pourquoi ces informations ? Simplement pour dire que Le Séducteur : un animal en voie de disparition ? est un travail collectif, un exercice ludique qui parfois se prend des airs sérieux pour parler d’une génération d’hommes qui ont perdu leurs repères face aux choses de l’amour et des relations qu’il entretiennent avec les femmes. Celles-ci de leur côté ont atteint des degrés d’individualité qui dépassent l’imagination de leurs confrères. À tel point que les relations entre les deux sexes sont devenues presque intenables. Dommage que Le Séducteur ne montrent qu’un seule type d’hommes. C’est peut-être ce qui explique l’insertion de deux cartons, « Que veulent les femmes, 1910 » et « Que veulent les hommes,  2010 ». Entre ces longues décennies, les femmes ont évolué, laissant chez les hommes des fêlures faites d’incertitudes, d’incompréhensions, de doutes et d’insatisfaction.

Toujours est-il qu’en suivant les techniques bien précises d’un certain gourou de la séduction, six jeunes hommes d’horizons divers vont suivre un atelier pratique pendant un mois avec, comme résultat… !!!  Si le film arrive souvent à capter notre attention, c’est sans doute dû à son côté ludique, l’humour des protagonistes qui prennent tout cela avec un grain de sel et une approche documentaire qui transcende parfois le réel. La caméra est neutre, la réalisation favorise parfois la mise en situation, mais le film est bien trop long ; la séquence du tantra, rappelant les mondo movies des années 1970 est inutile et n’apporte rien à la proposition. La preuve : la plupart des protagonistes confirment avoir perdu leur temps.

Les filles, entretemps, ne comprennent plus les garçons. Ils ne savent plus draguer, ils n’ont pas la bonne approche, ils ne se sont pas habitués aux acquis que les femmes ont gagné à travers les quelques dernières décennies. Bien entendu, le discours est présenté selon une perspective hétérosexuelle occidentale, donc majoritaire, mais pas du tout inclusive. Verdict : pour vivre heureux, il faut aimer et être aimé, maxime qui se perd dans la nuit des temps, mais qu’il est prudent de rappeler de temps à autres pour ne pas suivre seul notre chemin. Mais que peut-on lorsque la plupart des garçons pensent d’abord avec leur sexe et les fillles avec leur cœur ?  Cela on le sait depuis longtemps. > Élie Castiel

Sortie : Vendredi 10 janvier 2014
V.o. : Anglais ; Français
S.-t.f. – The Seducer: An Endangered Species?

DOCUMENTAIRE  | Origine : Canada [Québec]– Année : 2012 – Durée : 2 h 03  – Réal. : Olivier Adam – Avec : Astoul Laurent, Cay Diamond, Chase, Troy Boileau, Dj Anneli, Dr. Stuard Sadler … et quelques autres jeunes hommes ordinaires qui veulent apprendre à parler aux filles – Dist. : 3.13 *Collectif | Horaires / Versions / Classement : Beaubien

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Cutie and the Boxer

3 janvier 2014

MEILLEUR RÉALISATEUR (Zachary Heinzerling)
SECTION « DOCUMENTAIRE » – Sundance Film Festival 2013
PRIX SPÉCIAL DU JURY – London Film Festival 2013

En quelques mots
★★ 1/2
Un vieux couple d’artistes japonais vit simplement depuis 40 ans dans le quartier « Dumbo », à Brooklyn, New York. Le caméraman Zachary Heinzerling est devenu peu à peu familier de cet environnement et sa présence à divers moments de leurs journées sur une période d’au moins 18 mois devient de plus en plus invisible. Des moments de ces vies chaotiques faits de rencontres avec les galeristes et autres experts en art contemporain cohabitent avec des discussions sur le loyer et des différences de perception sur la nature de ce couple. Le montage inclut de nombreuses scènes d’archives montrant la carrière plus flamboyante d’Ushio dont le surnom de Gyu-Chan (taureau) montre bien le caractère entier. Le cinéaste donne de plus en plus de place à Noriko, son épouse de vingt-et-un ans sa cadette, et à ses dessins de Cutie à caractère autobiographique jusqu’à une finale plutôt étonnante. Heinzerling a donc réussi dans ce portrait un bel hommage à la vitalité des personnes âgées passionnées. >> Luc Chaput

Sortie : Vendredi 3 janvier 2014
V.o. : Anglais ; Japonais
S.-t.a. : Cutie and the Boxer

DOCUMENTAIRE  | Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 1 h 22  – Réal. : Zachary Heinzerling – Avec : Ushio Shinohara,  Noriko Shinohara – Dist. / Contact : Métropole | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Paranormal Activity: The Marked Ones

En quelques mots
1/2
Depuis quelques années, la tradition exige qu’un film d’épouvante à petit budget, du moins si l’on se fie au résultat, prenne l’affiche dans le circuit grand public le premier vendredi de janvier. Toujours est-il que Paranormal Activity: The Marked Ones s’ajoute aux quatre précédents, alliant horreur à bon marché, caméra à l’épaule et invraisemblances, comme il se doit. De Christopher Landon, on sait qu’il a fait quelques courts métrages et a collaboré à l’écriture des épisodes deux, trois et quatre de la série Paranormal Activity pour la grand écran. Ici, point de surprises si ce n’est que les acteurs, tous d’un naturel quasiment surréaliste, semblent bien conscients des défauts de l’entreprise, mais s’y donnent à cœur joie comme s’il s’agissait d’un jeu entre copains. Le film n’est pas tout à fait nul puisque, soyons honnêtes, quelques éléments du suspense fonctionnent plus ou moins bien, mais vite éclipsés par une progression du récit qui se disperse. Quant à la réalisation, elle se perd dans des dédales d’incompréhensions, de redondances et d’un ridicule  assumé. Résultat : ne perdez pas votre temps ! >> Élie Castiel

Sortie : Vendredi 3 janvier 2014
V.o. : Anglais
V.f. : Activité paranormale : L’empreinte du démon

CONTE FANTASTIQUE  | Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 1 h 25  – Réal. : Christopher Landon – Int. : Milly Ephraim, Richard Catral, Andrew Jacobs,  Jessica Tylor-Brown, Jorge Perez, Eddie J. Fernandez – Dist. / Contact : Paramount | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★
Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

20 ans d’écart

20 décembre 2013

En quelques mots
★★
Les milieux de la mode en prennent pour leur grade dans cette comédie sentimentale qui développe sa très connue histoire d’amour en se moquant de l’importance accordée à l’apparence et au tape à l’œil. Les relations de travail dans un milieu aussi futile que la presse fashion sont ici le moteur principal de situations comiques aux envolées cinglantes, comme le cinéma français a souvent l’habitude d’en produire. Virginie Efira est éclatante dans le rôle jamais mièvre de la carriériste qui se découvre sur le tard un amour et une jeunesse qu’elle n’a probablement jamais eue, tandis que le jeune Pierre Niney, remarqué dans des films de Robert Guédiguian, se révèle idéal dans la peau du jeune amant déboussolé. Malgré tout, l’intrigue de David Moreau et Amro Hamzawi se cantonne au superficiel de leur relation, avouant vite son impossibilité à étudier certaines préoccupations, pourtant bien réelles, reliées à la différence d’âge importante des protagonistes. Ce scénario ultra prévisible ne réserve donc que peu d’espace à l’inventivité, mais donne matière à satisfaction, grâce essentiellement à des comédiens sûrs de leur talent et crédibles de bout en bout. >> Charles-Henri Ramond

Sortie : Mercredi 25 décembre 2013
V.o. : Français

COMÉDIE SENTIMENTALE  | Origine : France – Année : 2013 – Durée : 1 h 33  – Réal. : David Moreau – Int. : Virginie Elfira, Pierre Niney, Charles Berling, Gilles Cohen, Amélie Glenn, Camille Japy, Michaël Abiteboul– Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Beaubien

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

47 Ronin

En quelques mots
1/2
D’emblée, il est prudent de ne pas comparer ce premier long métrage avec le chef-d’œure de Kenzi Mizoguchi tourné en 1941, le seul dénominateur commun étant le titre. Cela étant dit, avouons que les décors impressionnants, la splendeur des lieux et les diverses variations chromatiques s’avèrent visuellement captivants. Soulignons aussi des acteurs asiatiques plus impliqués que Keanu Reeves, un peu perdu dans un contexte narratif qu’il ne semble pas très bien maîtriser. Mais le scénario est construit à partir d’un récit aux rebondissements compliqués, désorientant le spectateur tout le long de plus de deux heures de projection. Mais le plus grand défaut, c’est la présence de Kai, personnage incarné par Reeves, duquel on ne sait absolument rien (ou presque). D’où est-il ? Qui sont ses parents ? Apparemment, on glisse, au passage, des origines britannico-asiatiques. Le combat avec la sorcière évoque les films du genre des années 60 et 70, laissant chez certains spectateurs une sensation de nostalgie vité écimée par une suite plus décevante. Il s’agit donc d’un premier film aux allures de grand spectacle qui n’assume pas totalement son intégrité, confirmant encore une fois que seuls les grands maîtres du cinéma nippon savent raconter judicieusement leur Histoire. >> Élie Castiel

MISE AUX POINTS

Sortie : Mercredi 25 décembre 2013
V.o. : Anglais ; Japonais
S.-t.a. – 47 Ronin
V.f. – 47 Ronin

CONTE FANTASTIQUE  | Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 1 h 58  – Réal. : Carl Rinsch – Int. : Keanu Reeves, Tananobu Asano, Rinko Kikuchi, Ko Shibasaki, Hiroyuki Sanada – Dist. / Contact : Universal | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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