En salle

Gloria

13 février 2014

PRIX DE LA MEILLEURE ACTRICE (Paulina García)
PRIX DU JURY ŒCUMÉNIQUE
Berlinale 2013

En quelques mots
★★
1/2

Pressenti pour gagner un trophée à Berlin l’an dernier, ce très beau Gloria, du chilien Sebastián Lelio, avait finalement valu à sa comédienne Paulina García un Ours d’argent pour la meilleure interprétation féminine. Un an et plusieurs dizaines de festivals plus tard, le représentant du Chili aux Oscars est enfin dans nos salles, en parallèle avec sa sortie américaine et dans quelques pays européens. Même s’il n’est pas totalement nouveau, le scénario de Lelio et de son comparse Gonzalo Maza possède la grande qualité de savoir traiter d’un sujet délicat – la recherche de l’amour lorsque l’on a soixante ans – sans tomber dans les pièges et tout en évitant les excès du mélodrame larmoyant.
Le film se démarque par sa vision réaliste d’une génération que nos sociétés – au Chili comme ailleurs – ont facilement tendance à écarter et que le cinéma ne montre habituellement pas sous cet angle. Gloria, son personnage central, femme active de bientôt soixante ans, sent que sa vie est en train de lui échapper. Ses enfants sont de plus en plus distants, ses amants restent passagers et de surcroit, ses yeux faiblissent. Si elle tente de se faire à l’idée que son idylle avec Rodolfo pourrait lui permettre de retrouver une passion amoureuse oubliée, elle doit surmonter les embûches d’une relation obligée de composer avec le passé. Lelio s’appuie judicieusement sur la société dans laquelle il évolue, en mettant en filigrane le contexte social encore troublé, et en intégrant quelques allusions à des thèmes actuels, tels que l’éclatement de la famille.
Malgré le classicisme de sa mise en scène et la linéarité de son intrigue, voilà donc une inspirante vision qui se place en porte parole de toute une génération avec une sobriété qui étonne, notamment dans les scènes d’amour physique, filmées sans fausse pudeur, mais avec une remarquable sincérité. Somme toute, si ce beau portrait d’une quinquagénaire battante parvient à émouvoir, il le doit en grande partie grâce à la justesse de ton de Paulina García, qui incarne avec force un personnage complexe. Pour autant, cette performance impeccable n’occulte pas la présence de seconds rôles incarnés par des comédiens parfaits, totalement inconnus ici, à commencer par Sergio Hernandez dans le rôle de l’amant Rodolfo. Une belle découverte à ne pas manquer. > Charles-Henri Ramond

Sortie : Vendredi 14 février 2014
V.o. : Français ; Fārsi
S.-t.a. – Gloria

COMÉDIE DRAMATIQUE  | Origine : Espagne / Chili – Année : 2013 – Durée : 1 h 49  – Réal. : Sebastián Lelio – Int. : Paulian García, Sergio Hernández, Diego Fontecilla, Fabiola Zamora, Coca Guazzini, Hugo Moraga – Dist. / Contact : Métropole | Horaires / Versions / Classement : Beaubien Cineplex – Excentris

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Gunday

Sortie : Vendredi 14 février 2014
V.o. : Hindi
S.-t.a. – Outlaws

ACTION / DRAME  | Origine : Inde – Année : 2013 – Durée : 2 h 33  – Réal. : Ali Abbas Zafar – Int. : Ranveer Singh, Arjun Kapoor, Priyanka Chopra, Irfan Khan, Sushant Singh, Darshan Gurjar –  Dist. / Contact : Imtiaz Mastan | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

En quelques mots
SANS COMMENTAIRES / Film non vu.

Winter’s Tale

Sortie : Vendredi 14 février 2014
V.o. : Anglais
V.f. – Conte d’hiver

CONTE  | Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 1 h 58  – Réal. : Akiva Goldsman – Int. : Colin Farrell, Russell Crowe, Jessica Brown Findlay, Jennifer Connelly, Matt Bomer, Kevin Durand, William Hurt – Dist. / Contact : Warner | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

En quelques mots
SANS COMMENTAIRES / Film non vu.

Arwad

7 février 2014

En quelques mots
★★ 1/2
Après le très poétique et poignant court La neige cache l’ombre des figuiers (2010), Samer Najari se joint à Dominique Chila pour cosigner un  premier long métrage marqué par une étrange sensation de tristesse et de mélancolie, autant en ce qui a trait aux personnages qu’aux lieux filmés. Arwad, c’est le nom de cette petite île quelque part au large de la Syrie, ici, loin des bombardements récents qui de plus en plus enfoncent ce territoire du Moyen-Orient en brasier meurtrier. Enfouie dans une sorte de sérénité, d’une accalmie quasi inquiétante, ce bout de terre sert d’espace pour tracer le portrait d’une âme en peine.

Lui, c’est Ali, accompagné de son amante Marie. Ensemble, ils délient les fils  évanescents d’une aventure affective qui pourrait bien se terminer. Il vient également de perdre sa mère et les souvenirs refont surface. Cela donne l’occasion au duo de réalisateurs de broder une mise en scène dont l’habile déconstruction évolue selon les choix et gestes des personnages. Sans doute que Arwad n’est pas un très beau film, mais il y a une sincérité digne de confiance, un parti pris esthétique qui embellit l’ensemble, un refus de l’image touristique, et chez les personnages, un rapport à la caméra qui rend chaque plan aussi raffiné que riche en significations. > Élie Castiel

Sortie : Vendredi 7 février 2014
V.o. : Français ; Arabe
S.-t.f. – Arwad

DRAME | Origine : Canada [Québec] – Année : 2013 – Durée : 1 h 45  – Réal. : Dominique Chila, Samer Najari– Int. : Ramzi Choukair, Fanny Mallette, Julie McClemens, Yasmine Antabi, Dalal Aka, Angelina Fioramore – Dist. / Contact : FunFilm | Horaires / Versions / Classement : Beaubien

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Hasee Toh Phasee

Sortie : Vendredi 7 février 2014
V.o. : Hindi
S.-t.a. – She Smiles, She’s Snared

COMÉDIE ROMANTIQUE | Origine : Inde 2013 – Année : 2013 – Durée : 2 h 21  – Réal. : Vinil Matthew – Int. : Parineeti Chopra, Sidharth Malhotra, Bobby Darling, Karan Johar, Maroj Joshi, Sharat Sayena, Nina Kulkarni – Dist. / Contact : Imtiaz Mastan| Horaires / Versions / Classement : Cineplex

En quelques mots
SANS COMMENTAIRES / Film non vu.

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

I Am Divine

En quelques mots
★★ 1/2
Divine, c’est un personnage hors norme, c’est aussi la folie, les extrêmes, la vulgarité rendue chic, le burlesque côtoyant le grand spectacle. C’est aussi, malgré les apparences, une intelligente proposition à la limite du politique, satirisant la bourgeoisie bien pensante, l’extrême droite conservatrice, la censure qui brise la pensée, remettant en question les identités sexuelles. Mais c’est aussi un rendez-vous avec l’étrange, le baroque et l’étonnant. Producteurs de plus de 300 courts métrages, téléséries et documentaires, en plus d’avoir signé au-delà de 109 réalisations, Jeffrey Schwarz propose le portrait du plus fameux travesti américain qui, de 1966 à 1988, incarne son personnage dans 12 moyens et surtout longs métrages, Pink Flamingos (1972) étant la pièce de résistance.

Étrangement, dans son dernier film, Out of the Dark (1988) de Michael Schroeder, il campe un rôle normal, celui du détective Langella, auquel il impose des répliques savoureusement et outrageusement camp. Les documents d’archives sont ici soigneusement choisis, les nombreux amis et compagnons de travail et John Waters, son réalisateur fétiche, se souviennent du personnage avec respect, émotion et une sorte de dévotion proche du rituel. Si le parti pris en faveur de la Divine est évident, force est de souligner qu’elle (il) aura marqué un certain cinéma trash et jouissivement dérangeant des années 1960 à 1980, dont la portée se fait sentir encore aujourd’hui. > Élie Castiel

Sortie : Vendredi 7 février 2014
V.o. : Anglais

DOCUMENTAIRE  | Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 1 h 30  – Réal. : Jeffrey Schwarz – Dist. / Contact : Automat Pictures (États-Unis) | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

L’Image manquante

PRIX « UN CERTAIN REGARD » (Rithy Panh)
Festival de Cannes 2013
PRIX DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE
Festival International du Film de Jérusalem 2013

En quelques mots
★★★★
L’image manquante
est un bel exemple de cinéma politique, à la fois pédagogique et cinématographique.  Nous attendions ce film de Rithy Panh avec un grand intérêt, conscient de la valeur de plusieurs de ses films précédents : principalement S21, la machine de mort Khmère rouge (2002), mais aussi Les Artistes du théâtre brûlé (2005) et  Duch, le maître des forges de l’enfer (2010).   Nos attentes ne sont pas déçues ; d’ailleurs le jury de la section «Un certain Regard» lui a décerné son Grand Prix.  Nous voyons, pêle-mêle, une grande quantité de pellicules 35mm, en lambeaux. Une mémoire va disparaître. Des mains s’attardent sur un bout de film, sur des photogrammes qui font voir une danseuse traditionnelle (d’Angkor très probablement). Ces mains sont celles du cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh.  Ces images pourront-elles témoigner du passé, d’une enfance, d’une tragédie ? Panh, en véritable cinéaste, veut interroger les images dans ce qu’elles ont de plus physiques. À la recherche de quoi ?  De «l’image manquante» de la déportation de son peuple, de sa famille en particulier.

Dans le dossier de presse de son film Panh  dit : «Ce que je vous donne aujourd’hui n’est pas une image, ou la quête d’une seule image, mais l’image d’une quête : celle que permet le cinéma…»  Au cœur de ce film il y a donc cette question : comment représenter la guerre, représenter l’horreur, représenter l’indicible ?  Pour concrétiser l’indicible, l’«image manquante» de la déportation, Panh  va fabriquer de petites statuettes d’argile (ou marionnettes) qui devront le représenter lui et sa famille lors du grand «dérangement» au Cambodge entre 1975 et 1979. Dès les premières minutes du film, nous assistons à la création de ces marionnettes. Panh va identifier une marionnette avec un costume blanc en nous disant qu’il s’agit de son père.

La dimension autobiographique est alors bien installée. Et ce film est encore plus autobiographique que ses films précédents parce qu’il fonctionne à partir d’une voix-off au JE.  Panh va affirmer un «Je» aussi bien aussi niveau de la narration que de la mise en scène. Une enfance a été tuée, mais une autre tente de renaître, grâce à ce film. L’image manquante est une tentative pour dépeindre les traces d’images perdues.  Et les effets de cette déperdition sur un enfant, un enfant devenu adulte qui se souvient. Il veut échanger avec nous, il veut partager (au moins une partie de) son drame. Ce point d’ancrage avec le spectateur est fondamental. > Pierre Pageau

Sortie : Vendredi 7 février 2014
V.o. : Français ; Cambodgien
S-t.f. – L’Image manquante
S.-t.a. – The Missing Picture

ESSAI  | Origine : France / Cambodge – Année : 2013 – Durée : 1 h 36  – Réal. : Rithy Panh – Dist. / Contact : FunFilm | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc – Excentris

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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