En salle

La Famille Bélier

7 mai 2015

RÉSUMÉ SUCCINCT
Seule membre de sa famille de sourds-muets pouvant parler, Paula, 16 ans, réalise qu’elle pourrait avoir un avenir en quittant les siens pour faire carrière à Paris.

DIALOGUES D’AMOUR

Pierre Ranger
CRITIQUE
★★★  ½

Chaque année, une comédie populaire française touche la corde sensible et se démarque par son originalité. Après, entre autres, Bienvenue chez les Ch’tis, Intouchables et Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, voilà que le dernier feel-good-movie en liste, La Famille Bélier, arrive en sol québécois gonflée à bloc avec ses sept millions et demi d’entrées dans l’Hexagone et un succès d’estime tant public que critique.

Qu’en est-il réellement de cette comédie douce-amère dont l’histoire originale de Victoria Bedos et coscénarisée par celle-ci a été inspirée de la vie de l’assistante de son père, l’humoriste, comédien et scénariste Guy Bedos ? Précisons d’abord que ce long métrage d’Éric Lartigau (L’homme qui voulait vivre sa vie, Prête-moi ta main) plaît et amène le spectateur à découvrir une réalité trop peu exploitée au cinéma : celle de la quotidienneté d’une famille dont un des membres est entendant et les autres sont sourds.

La Famille Bélier

La Famille Bélier s’avère un très bon
divertissement criblé de bons sentiments
où la musique de Michel Sardou, omniprésente,
reprend du galon et offre une belle résonnance.

Le thème du rapport familial universel entre l’enfant devenu adulte qui désire s’émanciper et ses parents qui doivent apprendre à couper le cordon est aussi habilement développé. Malgré un essoufflement de rythme au deux tiers du récit, le film en général est un heureux mélange de moments cocasses et de scènes d’une belle tendresse entre les protagonistes. Rires et sourires sont au rendez-vous.

Mais la révélation du film est sans contredit la prestation de Louana Emera, César du meilleur espoir féminin, qui joue avec brio le rôle Paula, l’apprentie chanteuse qui aspire à une carrière, ce qui risque de compromettre l’équilibre familial. Sa présence d’un naturel évident et sa charmante voix captivent. Dans les rôles des parents agriculteurs, François Damiens interprète judicieusement le père avec sa bonhommie singulière alors que Karin Viard, bien qu’amusante en mère expansive, semble parfois exagérer la note ce qui, malheureusement, rapproche sa prestation de la quasi caricature. Peut-être a-t-elle été mal dirigée?

Quoi qu’il en soit, il faudra louanger tout ce beau monde d’avoir appris le langage des signes et de rendre le tout si crédible. Coup de chapeau également au jeune Luca Gelberg qui joue le frère de Paula avec vivacité et qui est réellement sourd ainsi qu’à l’acteur Éric Elmosnino, habité et amusant en professeur de musique.

La Famille Bélier s’avère un très bon divertissement criblé de bons sentiments où la musique de Michel Sardou, omniprésente, reprend du galon et offre une belle résonnance.

revuesequences.org
Sortie 
: Vendredi 8 mai 2015
VO : français, langue des signes
STF / STA >  The Bélier Family

Genre : Comédie – Origine : France / Belgique – Année :2015 – Durée :1 h 46 – Réal. : Éric Lartigau – Int. : Karin Viard, François Damiens, Éric Elmosnino, Louana Emera, Roxane Duran, Ilian Bergala – Dist. / Contact : Séville.
Horaires : Beaubien (également avec sous-titres pour malentendants)Cineplex

CLASSIFICATION
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Le Plancher des vaches

RÉSUMÉ SUCCINCT
Des stages en milieu agricole permettent à des étudiants de 15 et 16 ans de se connaître davantage et de repousser leurs limites.

Le plancher des vaches

LA NATURE EN HÉRITAGE

Charles-Henri Ramond
CRITIQUE
★★★

À travers le portrait de Pascale, Raphaël et Céleste, trois adolescents de 15 et 16 ans inscrits à la Maison familiale rurale, Le Plancher des vaches nous présente un pan méconnu de la société québécoise, à mille lieux des préoccupations citadines, mais dont les problématiques sont tout aussi importantes. Car dans cet établissement situé en Estrie, c’est avant tout le savoir-faire paysan que l’on tente de transmettre aux jeunes par le biais de stages dans des entreprises agricoles de la région, offerts en alternance avec des cours académiques traditionnels.

Traversé par un courant intimiste,
lové dans la verdure des prairies
ou la blancheur des neiges
hivernales, le film réussit le pari de
se faire proche sans être inquisiteur…

Filmant l’évolution de ces jeunes au cours d’une année complète, Anaïs Barbeau-Lavalette et Émile Proulx-Cloutier offrent un regard empreint d’empathie sur le difficile passage à l’âge adulte de jeunes qui se cherchent encore, telle l’émouvante scène montrant Pascale en larmes à l’approche de sa participation à un concours de dressage, tout en montrant sans discours superflu la survie d’une agriculture à visage humain attachée à la survie de ses traditions.

Traversé par un courant intimiste, lové dans la verdure des prairies ou la blancheur des neiges hivernales, le film réussit le pari de se faire proche sans être inquisiteur, sachant garder la connivence avec ses sujets tout en restant suffisamment à l’écart pour proposer un portrait sociétal plus large. Le monde agricole québécois, souvent décrié pour sa responsabilité en matière de pollution ou de maltraitance envers les animaux, retrouve donc ici un rôle plus noble de formateur et d’éducateur de la jeunesse. C’est l’un des aspects les plus intéressants de ce documentaire touchant qui parvient à relier de belle manière l’individuel au collectif

revuesequences.org
Sortie 
: Vendredi 8 mai 2015
VO : français

Genre : Documentaire – Origine :  Canada [Québec]– Année :2014 – Durée : 1 h 15 – Réal. : Anaïs Barbeau-Lavalette, Émile Proulx-Cloutier – Dist. / Contact : Les Films du 3 mars.
Horaires :
Beaubien Excentris

CLASSIFICATION
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Maggie

RÉSUMÉ SUCCINCT
Une épidémie crée la zizanie dans le Midwest américain. Les gens touchés se transforment peu à peu en zombies et ils doivent être abattus ou mis en quarantaine.

Maggie

SANS COMMENTAIRES
Film non vu.

revuesequences.org
Sortie : Vendredi 8 mai 2015

VO : anglais

Genre :  Drame d’épouvante – Origine :  États-Unis– Année : 2015 – Durée : 1 h 35 –  Réal. : Henry Hobson – Int. : Abigail Breslin, Arnold Schwarzenneger, Joely Richardson, J. D. Evermore, Aiden Flowers – Dist. / Contact : V V S.
Horaires : Dollar Cinema

CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans
(Horreur)

Piku

RÉSUMÉ SUCCINCT
Les rapports à la fois tendres et problématiques entre une jeune femme et son père, un vieil homme aux tendances hypocandriaques.

PikuLE MALADE IMAGINAIRE

Élie Castiel
CRITIQUE
★★★ ½

Shoojit Sircar fait partie d’une nouvelle génération de cinéastes bollywoodiens qui tentent de mettre fin ou du moins réduire de façon significative l’omniprésence des intermèdes chantés et dansés pour se concentrer sur la narration. En 2012, Vicky Donor, bien que plus agrémenté de ces inserts, est un exemple de cette tendance, signé par le même réalisateur.

Cinéma du social, peinture d’une nouvelle classe
moyenne indienne, de plus en plus imposante,
Bollywood se redéfinit, poussant les comédiens
à élargir leur palette en ce qui a trait au jeu.

Force est de souligner que la présence de l’icône indien Amitabh Bachchan est pour quelque chose dans la réussite de Piku, sa présence étant suffisante pour suivre le récit d’un vieil homme hypocandriaque avec un certain intérêt, une sorte de malade imaginaire atteint d’une envie obsessionnelle qu’on s’occupe de lui.

Cinéma du social, peinture d’une nouvelle classe moyenne indienne, de plus en plus imposante, Bollywood se redéfinit, poussant les comédiens à élargir leur palette en ce qui a trait au jeu. Il faut souligner que la belle et talentueuse Deepika Padukone ne cesse de nous étonner, donnant à son personnage de Piku une force de caractère en même temps qu’une douce folie. Il y a aussi Irrfan Khan, également vu dans des films étrangers (The Amazing Spider Man, The Lunchbox), solide, réservé, dans un registre atypique qu’il défend avec ténacité.

Malgré quelques réserves, tout ce beau monde finit par séduire le plus intransigeant des spectateurs, lui donnant l’occasion de réfléchir sur la notion de famille, sur les valeurs qui tiennent en place l’individu, sur les affres incontournables de la vieillesse et particulièrement sur l’idée que le cinéma est aussi une question de conscientisation sociale.

 revuesequences.org
Sortie 
: Vendredi 8 mai 2015
VO : hindi
STA > Motion in Every Emotion / Motion se hi Emotion

Genre : Comédie dramatique – Origine : Inde– Année : 2015 – Durée :2 h 03 – Réal. : Shoojit Sircar – Int. : Amitabh Bachchan, Deepika Padukone, Irrfan Khan, Moushumi Chatterjee, Raghuvir Yadav, Jishu Sengupta – Dist. / Contact : Imtiaz Mastan.
Horaires : Cineplex

CLASSIFICATION
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Avengers: Age of Ultron

30 avril 2015

RÉSUMÉ SUCCINCT
Lorsque les choses ne tournent pas bien lors d’un programme de maintien de la paix relancé par Tony Stark, les Super héros doivent unir leurs forces pour combattre leur adversaire, le terrible Ultron.

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PAX AMERICA EN PÉRIL

Luc Chaput
CRITIQUE
★★ ½

Après le succès phénoménal à la fois populaire et critique du premier Avengers, l’attente était très haute pour celui-ci qui n’est finalement que l’épisode intermédiaire d’une trilogie et même d’une tétralogie puisque la dernière partie aurait deux volets. Un aréopage de super-héros aux caractères et aptitudes différentes termine le travail de destruction d’un antre de super-vilains puisque l’un ne va pas sans l’autre. Car comme l’a déjà constaté Pierre Corneille «À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » Suite

Ballet 422

RÉSUMÉ SUCCINCT
Le cinéaste Jody Lee Lipes filme le travail du jeune chorégraphe Justin Peck, de la première ébauche à la première représentation. Entrée dans les coulisses de la création.

Ballet 422

JETÉS, PIROUETTES EN COLLAGE

Luc Chaput
CRITIQUE
★★★

Son ballet précédent Year of the Rabbitavait été très bien reçu. Justin Peck a donc huit semaines en 2013 pour chorégraphier et monter de toutes pièces un nouveau ballet, le 422e de l’histoire du New York City Ballet. Cette œuvre remplacera celle d’un collègue dont tous les morceaux ne sont pas encore prêts et sera présenté dans le programme annuel New Combinations de cette institution créée par George Balanchine, Lincoln Kirstein et Jerome Robbins en 1948. Le réalisateur Jordi Lee Lipes, qui avait déjà réussi une incursion dans le domaine artistique (NY Export: Opus Jazz), le suit donc dans cette aventure. Lipes n’emploie habituellement qu’une petite caméra pour accompagner le danseur et chorégraphe de 25 ans dans cette recherche. Suite

Cheatin’

RÉSUMÉ SUCCINCT
Jake et Ella se rencontrent dans un accident d’auto-tamponneuse et s’éprennent follement l’un de l’autre. Mais c’est sans compter sur le machiavélisme d’une garce qui sème la discorde chez les amoureux transis.

 LE FILM DE LA SEMAINE
Cheatin'

PRIX SPÉCIAL DU JURY — Bill Plympton
Festival international du film d’animation d’Annecy 2014

DESSEINS DE CŒURS TROP AMOUREUX

Luc Chaput
CRITIQUE

★★★ ½

Le cinéaste américain d’animation Bill Plympton s’est fait connaître par ses courts Your Face, Guard Dog et Push Comes to Shove,gagnants de nombreux prix pour leur humour très physique et même absurde. Encore pour ce long métrage, produit en partie avec l’aide d’un site de socio-financement, il a lui-même dessiné à la main sur papier les divers éléments et l’on y reconnaît encore sa facilité à créer des silhouettes très souvent en mouvement coloriées ensuite par ordinateur.

Le propos de Plympton, par la grandeur
échevelée de ses circonvolutions, atteint
d’une certaine façon à l’universel.

Suite

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