En salle

Respire

14 mai 2015

RÉSUMÉ SUCCINCT
Charlie, une jeune fille de 17 ans. L’âge des potes, des émois, des convictions, des passions. Sarah, c’est la nouvelle. Belle, culottée, un tempérament. La star immédiate, en somme. Sarah choisit Charlie.

Respire

Progressivement, après un début  presque
insouciant, le film se teinte du poids de la fatalité.

POUR SURVIVRE

Jean-Marie Lanlo
CRITIQUE
★★★ ½

Jusqu’à maintenant, Mélanie Laurent était surtout connue pour ses talents d’actrice. Après avoir charmé la France avec Je vais bien, ne t’en fais pas, elle a su conquérir le monde grâce à Quentin Tarantino (Inglourious Basterds) ou Denis Villeneuve (Enemy).

Respire nous prouve que son passage à la réalisation n’était pas qu’une lubie d’actrice à succès. Avec ce deuxième film comme réalisatrice, elle est peut-être même bien en train de s’affirmer comme une véritable cinéaste. Progressivement, après un début presque insouciant, le film se teinte du poids de la fatalité. Il devient alors évident pour le spectateur qu’après certaines limites franchies, seul le drame pourra mettre fin à la frustration et agir comme une libération.

Lorsque arrive ce dénouement qui pourrait semblerdramatiquement improbable, s’il n’était pas si tristement logique pour celle qui le provoque, le Respire du titre prend tout son sens. À ce moment précis, pas plus que durant le reste du film, Mélanie Laurent ne juge ses personnages. Elle constate la soumission qui pousse à la suffocation de l’une, la détresse de l’autre qui la pousse à vouloir exister par tous les moyens.

Elle constate surtout jusqu’où peut difficilement vivre une relation si malsaine sans perdre gros. Plus important encore, elle ne condamne ni ne cautionne rien, et surtout pas la terrible libération finale qui n’est rien d’autre, pour celle qui fut trop longtemps victime, qu’un dernier réflexe de survie..Mais peut-on survivre à tout ?

 revuesequences.org
Sortie : Vendredi 15 mai 2015

VO : français

Genre : Drame – Origine : France – Année : 2014 – Durée : 1 h 31 – Réal. : Mélanie Laurent – Int. : Joséphine Japy, Lou de Laâge, Isabelle Carré, Claire Keim, Radivoje Bukvic, Roxane Duran – Dist. / Contact : Axia.
Horaires : Excentris

CLASSIFICATION
[ En attente de classement ]

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Amour fou

7 mai 2015

RÉSUMÉ SUCCINCT
1811. Henriette Vogel, une jeune femme mariée de la bourgeoisie allemande, est tentée par l’étrange proposition du poète Heinrich von Kleist lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’une maladie incurable.

LE FILM DE LA SEMAINE
MEILLEUR SCÉNARIO – Jessica Hausner

MEILLEUR MONTAGE – Karina Ressler
Prix du film autrichien 2015

Amour fou

L’AMOUR À MORT

Élie Castiel
CRITIQUE
★★★★

Après Lourdes (2009), pourtant inédit au Québec malgré un casting solide (Sylvie Testud, Léa Seydoux et Bruno Todeschini, entre autres), l’Autrichienne Jessica Hausner se livre avec un esprit raffiné à un formidable exercice de style. Véritable film d’auteur, au sens propre, Amour fou se classe parmi les productions qu’on devrait voir de plus en plus souvent dans les quelques salles montréalaises spécialisées encore existantes. Et pour combien de temps encore ?

Héritière en quelque sorte du couple Jean-Marie Straub et Danièle Huillet pour leur poétique intransigeante et d’Éric Rohmer, période intermédiaire, notamment en ce qui a trait à La Marquise d’O (1976) et à l’inédit Les Amours d’Astrée et de Céladon, pour leur approche intellectuelle et distanciée des sentiments, Hausner a recours à une mise en scène où l’indicible règne dans une sorte de mise en peinture immobile d’où justement émergent toutes sortes d’émotions. Cinéma de l’esthète plus que tout, Amour fou se définit par lui-même, c’est-à-dire refus de narration traditionnelle, la forme plus que le fond, et plus que tout, la participation intellectuelle du spectateur. Suite

Ex Machina

RÉSUMÉ SUCCINCT
Gagnant d’un concours, un jeune programmeur visite son patron, qui vit en ermite, et s’aperçoit que les inventions de ce dernier dépassent l’imagination.

LA CHAIR ET L’AUTOMATE

Élie Castiel
CRITIQUE
★★★ ½

Tel un Deus ex machina qui se retrouve dans le laboratoire éloigné de son patron, scientifique osant affronter le Dieu spirituel de la foi en créant de toutes pièces un prototype féminin étonnamment proche de l’humain (elle parle, le pense, elle réagit) une jeune homme entreprend malgré lui un voyage fascinant dans le labyrinthe exigu entre la chair et et la matière.

Caleb, Ava et Nathan, des noms à consonnance biblique assignés non pas par hasard, mais au contraire attribuant au film son statut de fable originelle. La première mise en scène de long métrage d’Alex Garland, dont on se souviendra de ses précieux scénarios de 28 Days Later, Never Let Me Go ou encore Sunshine, est d’une rare intelligence, amalgamant théories fantaisistes et fondements probables sur l’évolution et le rapport entre l’individu et la science.

Ex Machina

Entre folie et raison, entre doute et raisonnement, entre l’attrait de l’inhabituel et la peur du différent, Ex Machina demeure un exercise esthétisant qui, malgré sa rigueur, son caractère verbal omniprésent et sa distanciation, propose quelques moments d’étrange humour, notamment dus à la solide interprétation d’Oscar Isaac, un des comédiens les plus prometteurs de sa génération.

Domhnall Gleeson (Unbroken) s’avèvre d’une rare acuité dans le rôle de Caleb, soudainement attiré par Ava (brillante Alicia Vikander), délaissant son caractère robot pour se rapprocher du terrestre. Entre la gestuelle naturelle de l’humain et le mime robotisé, une frontière inquiétante, troublante, donnant la chair de poule. Constat que vient confirmer une finale inattendue. Dans le domaine du huis clos de fiction, un cinéaste est né.

revuesequences.org
Sortie : Vendredi 8 mai 2015

VO : anglais
VF / STF > Ex Machina

Genre : Drame – Origine :  États-Unis– Année : 2015 – Durée :1 h 59 – Réal. : Alex Garland – Int. : Alicia Vikander, Domhnall Gleeson, Oscar Isaac, Michael Sheen, Tom Sturridge, Juno Temple, Chris Gallarus – Dist. / Contact : Métropole.
Horaires : Cineplex Cinéma du Parc (Sortie : Vendredi 15 mai 2015)

CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Far from the Madding Crowd

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans le Dorset de l’ère victoriene, Bathsheba Everdene doit choisir entre trois prétendants.

Far from the Madding Crowd

PASSION MODÉRÉE

Luc Chaput
CRITIQUE

★★★

Le romancier britannique de l’époque victorienne, Thomas Hardy, a eu droit à des adaptations très romantiques de ses œuvres marquantes par des réalisateurs importants tels Roman Polanski pour Tess et John Schlesinger pour une version du même roman en 1967, mettant en vedette Julie Christie, Alan Bates, Peter Finch et Terence Stamp.

Après le succès de La Chasse (Jagten), le réalisateur danois Thomas Vinterberg a choisi de mettre en scène cette vision de Far from the Madding Crowd par le scénariste David Nicholls dont les récentes versions de Tess et Great Expectations ne semblent pas avoir fait grande impression. Hardy, dans ses romans, montre souvent que même à la campagne ou dans la province britannique loin de la foule des grandes villes, des personnes vues comme sensées peuvent avoir des sentiments violents. Suite

Going Clear: Scientology and the Prison of Belief

RÉSUMÉ SUCCINCT
Regard inusité sur le phénomène de la Scientologie et portrait de son fondateur, L. Ron Hubbard.

Going Clear_Scientology and the Prison of Belief

RÉQUISITOIRE CONTRE UN MAÎTRE FOURBE

Luc Chaput
CRITIQUE
★★★ ½ 

En 2012, sortait The Master de Paul Thomas Anderson qui, après plusieurs prix à Venise, revint bredouille de la course aux Oscars. Le film d’Anderson trouvait sa source non déclarée dans l’Église de Scientologie et son fondateur L. Ron Hubbard. Cela devient évident après le visionnement du nouveau documentaire -réquisitoire d’Alex Gibney.

Gibney, qui gagna jadis un Oscar pour Taxi to the Dark Side, sur un autre dévoiement moral de pratiques institutionnelles, fonde son film sur le livre Going Clear: Scientology, Hollywood, and the Prison of Belief, du journaliste et enquêteur Lawrence Wright qui porte un titre similaire signalant l’importance de la quête de célébrités par cette organisation. En employant des entrevues avec des personnalités ou des quidams ayant quitté ce groupe, Gibney et Wright donnent un nouveau sens à l’expression « Going clear » employée par ce culte pour signaler le plus haut niveau de conscience que l’on peut y atteindre. Going clear, pour ces témoins, veut maintenant dire s’être libéré des contraintes de l’organisation.

Par des reconstitutions quelquefois mal contrôlées, par
ces témoignages diversifiés, Gibney donne à un plus
grand nombre  la possibilité  de comprendre comment et
pourquoi cette création de l’écrivain prolifique de science-fiction
Hubbard a pu atteindre à une telle puissance financière.

La myriade de preuves de diverses natures accumulées montre comment une personne est attirée dans ce culte et comment la version hubbardienne du détecteur de mensonges permet de glaner des informations de divers types qui pourront être utilisées si nécessaire pour agrandir l’influence du groupe et réprimer les envies de contestation ou de départ du fidèle déçu.

Des pratiques comparables aux centre de rééducation maoïstes durant la Révolution culturelle et l’esclavagisme pratiqué sur les sans-grade de l’organisation achèvent de montrer la distorsion entre le caractère inclusif du message de départ et les structures actuelles de cette institution qui a réussi à obtenir de l’IRS américain le statut d’église.

Par des reconstitutions quelquefois mal contrôlées, par ces témoignages diversifiés, Gibney donne à un plus grand nombre la possibilité de comprendre comment et pourquoi cette création de l’écrivain prolifique de science-fiction Hubbard a pu atteindre à une telle puissance financière. Le film de fiction d’Anderson, en se concentrant sur les premières années du mouvement, acquiert encore plus d’importance après cette sortie.

 revuesequences.org
Sortie : Vendredi 8 mai 2015

VO : anglais

Genre : Documentaire – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 1 h 59 – Réal. : Alex Gibney – Dist. / Contact :HBO (Cinéma du Parc).
Horaires : Cinéma du Parc

CLASSIFICATION
Non classé

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Hot Pursuit

RÉSUMÉ SUCCINCT
Une veuve d’origine latino-américaine se joint à Rose, une policière, dont la mission est d’assurer la sécurité du témoin important dans une affaire louche.

Hot Pursuit

SANS COMMENTAIRES
Film non vu.

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Sortie : Vendredi 8 mai 2015

VO : anglais
VF < Sexy et en cavale

Genre : Comédie – Origine :  États-Unis – Année :2015 – Durée : 1 h 27 – Réal. : Anne Fletcher – Int. : Reese Witherspoon, Sofía Vergara, Michael Sheen, Robert Kazinsky, Richard T. Jones, John Carroll Lynch – Dist. / Contact : Warner.
Horaires : Cineplex

CLASSIFICATION
Tout public

Kurt Cobain: Montage of Heck

RÉSUMÉ SUCCINCT
Documentaire sur le chanteur-culte Kurt Cobain, de son enfance jusqu’au sommet de sa célébrité.

Kurt Cobain_Montage of Heck

Voyage au bout d’une nuit

Luc Chaput
CRITIQUE
★★★ ½

L’annonce début avril 1994 de la mort de Kurt Cobain fut un coup de tonnerre dans l’espace médiatique et affecta même, au moins indirectement, les personnes peu intéressées par le type de musique que proposait Nirvana. Depuis de nombreuses hypothèses sur cette mort et biographies sont sorties et même des films de fiction dont Last Daysde Gus Van Sant en 2005.

Le documentariste américain Brett Morgen a eu l’accord de la famille et des héritiers de Cobain et certains sont même producteurs exécutifs du film. On pouvait donc s’attendre à une version édulcorée de la vie de ce parolier-compositeur et interprète. Il n’en est rien tout au moins pour quelqu’un qui a n’a pas recherché de façon très poussée cette vie. Tout d’abord le sous-titre du film « Montage of Heck » fait référence à un travail de compilation fait par Cobain en 1988 et qui est utilisé de belle manière par Brett Morgen et son équipe, dont le monteur Joe Beshenkovsky.

L’ensemble orchestré par Morgen donne le tournis
et permet de côtoyer un temps une autre étoile
filante de ce merveilleux monde de la pop.

Heck étant un synonyme gentil de Hell, la référence à l’enfer perçu dans la vie de musicien est sensible tout au moins à partir du divorce des parents de cet hyperactif vivant dans une petite ville du Nord-Ouest des États-Unis.

Cobain, par ses écrits et ses paroles enregistrées, inspire aussi un dessin animé de Stefan Nadelman et Hisko Hulsing, pour illustrer certains épisodes et qui est une version plus calme et posée des dessins anguleux et rageurs qui ornent les pages de ses carnets. Des enregistrements des travaux musicaux de ses groupes de garage et de leurs premières prestations dans des bars permettent de comprendre l’ascension chaotique de cet artiste vu de manière condescendante par ses confrères pour qui son Grunge n’est que du bruit assourdissant. L’escalier en spirale vers la gloire démesurée se met en place assez rapidement. La rage de Cobain devant l’humiliation perçue ou réelle sert de moteur à ce groupe de musiciens peu préparés à une telle idolâtrie.

Des scènes étonnantes prennent place dans ce montage vivifiant d’une tournée mondiale où les pauses semblent rares. Même Courtney Love apparaît sur un meilleur jour dans la dernière partie où l’argent et la drogue trop facile mettent en péril une vie brûlée par les deux bouts. L’ensemble orchestré par Morgen donne le tournis et permet de côtoyer un temps une autre étoile filante de ce merveilleux monde de la pop.

 revuesequences.org
Sortie : Vendredi 8 mai 2015

VO : anglais
STF > Kurt Cobain: Montage of Heck

Genre : Documentaire – Origine :   États-Unis– Année : 2015 – Durée :2 h 25 – Réal. :Brett Morgen – Dist. / Contact :HBO (Cinéma du Parc).
Horaires : Cinéma du Parc

CLASSIFICATION
Non classé

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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