En salle

Dancing Arabs

14 mai 2015

RÉSUMÉ SUCCINCT
Admis dans une prestigieuse école de Jérusalem, un jeune Palestinien se lie d’amitié avec un étudiant juif et tombe amoureux d’une collègue, elle aussi juive.

L’UTOPIE DES POSSIBLES

Élie Castiel
CRITIQUE
★★★ ½

Surtout connu pour La Fiancée syrienne (Ha-Kala H-Surit, 2004) et Les Citronniers (Etz Limon / Shajarat limon, 2008), l’Israélien Eran Riklis semble s’être donné comme objectif de remettre en question une certaine politique israélienne à l’égard des Palestiniens, notamment ceux déjà installés en Israël. Mais contrairement à un Amos Gitaï qui, lui, n’y va pas de main morte dans ses dénonciations démonstratives, le plus souvent justifiées par une politique locale socialement hostile, Riklis opte pour l’humour noir, la comédie acerbe mêlée adroitement aux codes dramatiques de la fiction.

LE FILM DE LA SEMAINE

Dancing Arabs_En salle

Suite

Good Kill

RÉSUMÉ SUCCINCT
De la base militaire du Pentagone située à Las Vegas, le major Thomas Egan télécommande des drones qui survolent le Moyen-Orient. Mais ce travail le confronte souvent à des dilemmes éthiques, particulièrement en ce qui a trait aux victimes, des femmes et des enfants.

Good Kill

LA VIE DANS L’ÉCRAN

Luc Chaput
CRITIQUE
★★  ½

Un militaire regarde le ciel bleu au-dessus de sa banlieue du Nevada. C’est Thomas. Auparavant il regardait ce ciel où il évoluait aux commandes d’un F-16 de l’armée de l’air américaine. Aujourd’hui, il retourne chez lui tous les soirs ou matins selon son horaire après avoir scruté des écrans dans une roulotte préfabriquée sur une base aérienne pas très loin de chez-lui. Suite

L’Œuvre des jours

RÉSUMÉ SUCCINCT
Le quotidien d’un atelier qui abrite les œuvres de trois artistes et amis qui se connaissent depuis plus de 30 ans.

L'Oeuvre des jours

AU CŒUR DE LA CRÉATION

Charles-Henri Ramond
CRITIQUE|
★★★

En ces temps de morosité économique et de coupures à tout va, L’Œuvre des jours de Bruno Baillargeon porte en lui une évidente pertinence. Car les artistes qu’il nous présente, Louis-Pierre Bougie, François-Xavier Marange et Denis St-Pierre, sont loin des idées préconçues, des amalgames faciles et totalement injustifiés qui ont dangereusement cours depuis quelques années au Québec.

Outre l’intérêt éducatif qu’il déploie dans sa monstration du quotidien d’un atelier d’artistes montréalais, au-delà de sa justesse à dépeindre le long et tortueux processus de création, L’Œuvre des jours, quatrième long métrage du cinéaste, qui a lui-même touché à plusieurs activités manuelles ou artisanales, parvient de fort juste manière à transmettre par l’image des portraits d’auteurs, captés dans toute la simplicité de leur dimension humaine.

En ces temps de morosité économique et de
coupures à tout va, L’Œuvre des jours de Bruno
Baillargeon porte en lui une évidente pertinence.

À travers cette œuvre lente pouvant paraître un peu bavarde par moments, Baillargeon laisse ces trois créateurs parler de leur art et fait une large place à l’illustration minutieuse de leurs techniques (dont celle particulièrement ardue de la gravure sur feuille de métal). Le film est aussi une écoute attentive de leurs doutes sur le futur et un regard pudique sur leur entraide face à la mort de l’un d’entre eux. Cette disparition de l’un des leurs est alors l’occasion d’évoquer l’héritage collectif et la transmission aux générations futures d’un savoir-faire artistique en voie de disparition, tout en montrant à quel point la démarche artistique engagée a réussi à puiser à même une histoire d’amitié qui dure depuis plus de trente ans.

 revuesequences.org
Sortie : Vendredi 15 mai 2015

VO : français
STA > Work of Days

Genre : Documentaire – Origine :  Canada [Québec]– Année : 2014 – Durée  : 1 h 45 – Réal. : Bruno Baillargeon – Dist. / Contact : Les vues du jardin (Excentris).
Horaires : Excentris

CLASSIFICATION
Non classé

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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La Rançon de la gloire

RÉSUMÉ SUCCINCT
Pour soulager un copain ayant des soucis financiers, un homme lui demande de l’aider à voler la dépouille de Charlie Chaplin, qu’ils remettront contre une rançon d’un million de dollars.

La Rançon de la gloire

HOMMAGE MALADROIT

Charles-Henri Ramond
CRITIQUE
★★

Oscillant entre rire et larmes, Xavier Beauvois utilise ce fait divers oublié pour dresser le portrait de deux potes à la dérive, détrousseurs de cadavre amateurs, isolés en marge d’une société luxueuse peu portée à partager ses richesses. Prenant de grandes libertés avec les faits originaux, Beauvois s’aventure dans un hommage à la comédie burlesque et à Charles Chaplin, son maître incontesté. Poelvoorde est clownesque (au propre comme au figuré) comme dans The Circus, les violons de Michel Legrand rappellent ceux de Limelight, le misérabilisme utilisé pour dépeindre les conditions sociales des protagonistes sort tout droit de Le Kid ou A Dog’s Life. Malgré leur nombre et leur évidence, ces références seront réexpliquées par l’avocat des deux hurluberlus lors du procès, expédié à la hâte dans une finale bâclée.

La Rançon de la gloire joue donc la carte de la citation. Mais Beauvois ne pousse pas suffisamment loin son propos, coincé qu’il est dans la reconstitution poussive d’un vol de cercueil dont on avait fini par oublier les détails sordides. Point central du film, le personnage d’Eddy (Poelvoorde) possède une forte dose d’onirisme, mais n’est pas suffisamment exploité puisque son rôle de clown au cirque local arrive trop tardivement.

L’aspect factuel du récit manque cruellement de rythme quant à lui. Les très maigres résultats obtenus en France par cette production au casting de premier choix semblent confirmer la déception à la fois des fans du génie au chapeau melon et des puristes de l’histoire officielle (la provenance des coupables est changée pour accommoder les désirs cette production franco-belgo-suisse et l’issue juridique de l’affaire se retrouve nettement embellie). Tenaillé entre le fait divers glauque et l’hommage rendu à un monstre du cinéma, La Rançon de la gloire passe le plus clair de son temps à chercher le ton juste sans jamais y parvenir.

revuesequences.org
Sortie : Vendredi 15 mai 2015

VO : français

Genre : Comédie dramatique – Origine :   France / Belgique– Année : 2014 – Durée : 1 h 55 – Réal. : Xavier Beauvois – Int. : Benoît Poelvoorde, Roschdy Zem, Séli Guach, Chiara Mastroianni, Nadine Labaki, Peter Coyote – Dist. / Contact : Métropole.
Horaires : Beaubien

CLASSIFICATION
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Les Gazelles

RÉSUMÉ SUCCINCT
Redevenue célibataire après 14 ans de vie en couple, Marie se lie d’amitié à un quatuor de trentenaires décontractées qui ne pense qu’à faire la fête et à draguer les hommes.

Les Gazelles

Audrey Fleurot et Camille Chamoux

LES FAUSSES INGÉNUES

Élie Castiel
CRITIQUE
★★★

Il y a quelque chose d’irritant dans Les Gazelles, deuxième long métrage de Mona Achache, après le très réussi Le Hérisson (2009), d’une grâce incomparable. Dommage, puisque le casting réunissant des comédiennes qui ont pour nom Audrey Fleurot, Camille Chamoux et Anne Brochet, entre autres, annonçait une invitation qu’on ne pouvait refuser.

La folie illuminée, c’est ce qui manque justement à ces femmes libérées (pas tant que ça après tout), mais d’une autre époque, loin de ce 21e siècle incertain, inquiet, en quête identitaire et amoureuse. Ce qui énerve avant tout, c’est le montage de Béatrice Herminie, au diapason avec ce qui se passe dans la tête de Marie (Camille Chamoux, également coscénariste, un visage inoubliable, un sourire magique, mais énervée tout le long du film). Tous ces parallèles qui défilent rapidement entre fantasmes, réalité et retours en arrière de l’esprit déconcentrent le spectateur.

La folie illuminée, c’est ce qui manque justement
à ces femmes libérées (pas tant que ça après tout),
mais d’une autre époque, loin de ce 21e siècle
incertain, inquiet, en quête identitaire et amoureuse.

Les femmes ici subliment le sexe pour ne pas rester seules ; les hommes rencontrés, comme d’habitude, sont soumis aux lois viriles de leur pulsions libidineuses d’un soir. En fait, ils sont tous perdants, autant les uns que les autres, les hommes comme les femmes. Constatation confirmée par une séquence finale, avouons-le, vachement aboutie. Un couple d’une autre époque, dont la femme, une vieille dame digne, au visage noble et magnifique regarde avec interrogation deux des protagonistes du film s’éloigner rapidement dans le néant, vers un avenir incertain. C’est ainsi que Achache conclut le film, revendiquant le droit aux zones grises ou peut-être bien véhiculant un message de droite sur les valeurs familiales, certes louables et nécessaires, mais qui placent ceux qui ont choisi un autre mode de vie dans le labyrinthe de la solitude.

D’ailleurs, de ce lot d’inquiètes en permanence, une lueur au bout du tunnel : Josiane Balasko (la mère de Marie) n’a besoin que d’un geste du visage, d’une parole prononcée de la bonne façon, d’une gentillesse sentie, pour susciter la totale adhésion des spectateurs. Pour elle seule, le film vaut le déplacement malgré une mise en scène sans véritable éclat dont la leçon à suivre ne sait pas sur quel pied danser. Mais ne gâchons pas notre plaisir. Donnons à la réalisatrice du bel Hérisson  de prouver de nouveau que le cinéma lui tient â cœur, particulièrement lorsqu’il s’agit de raconter la femme… et l’homme.

[ Voir également ici une entrevue avec Mona Achache, réalisée par notre collègue Sami Gnaba.]

revuesequences.org
Sortie : Vendredi 15 mai 2015
VO : français

Genre : Comédie – Origine : France – Année : 2013 – Durée :  1 h 49 – Réal. : Mona Achache – Int. : Camille Chamoux, Audrey Fleurot, Joséphine de Meaux, Anne Brochet, Naidra Ayadi, Josiane Balasko  – Dist. / Contact : TVA.
Horaires : Beaubien

CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Mad Max: Fury Road

RÉSUMÉ SUCCINCT
Max est témoin d’une traque. Une distraction de la part de ses geôliers lui donne l’occasion de retrouver sa liberté. Pour survivre dans une mer de sable, il s’associe à un groupe des rescapées.

DE SABLE ET DE POUSSIÈRE

Élie Castiel
CRITIQUE
★★★ ½

Si on s’attache essentiellement à la forme, force est de souligner que l’excellent travail de John Seale (The English Patient, Cold Mountain, entre autres) propulse le spectateur dans un univers apocalyptique filmé de manière brute, ne laissant rien au hasard, la caméra carburant au métal, aux pneus en caoutchouc et autres adjuvants chimiques qui les composent et à tous ces ingrédients concrets utilisés pour faire en sorte que les poursuites infernales et interminables se transforment en chorégraphies diaboliques sorties de l’imaginaire d’un cinéaste qui, encore à 70 ans, croit en ce qui l’a rendu mondialement célèbre.

Derrière tous ces effets tonitruants mis en évidence
par la musique énervée et omniprésente de Junkie XL
(Tom Holkenborg), le nouvel opus millerien ne livre pas
tout à fait la marchandise sur le plan du discours
sociopolitique, éclipsé sans doute par un visuel trop appuyé.

Mad Max_Fury Road

Ce n’est pas une suite au Mad Max original, avec Mel Gibson comme personnage principal, mais une nouvelle version où Tom Hardy, malgré les apparences, semble plutôt discret et néanmoins accomplit avec virtuosité, belle gueule et un charisme légendaire sa tâche de héros de western futuriste. Mais cette fois-ci, la réplique de George Miller (dont le vrai nom est George Miliotis, australien, d’origine grecque) se matérialise sous les traits de la nouvelle femme.

Justement, la femme est ici l’amazone, la guerrière, la combattante ; elle est virilisée, testostéronée, ne comptant que sur elle-même pour survivre. Sur ce point, Charlize Theron réussit brillamment ce qu’on lui demande de faire. Mais avec ce nouveau visage que l’écran soumet à la femme, ne s’agit-il pas en fait d’une théorie selon laquelle celle-ci a fini par admettre que le pouvoir de l’homme est ce qui dirige le monde. Et pour cela, elle ne peut y adhérer qu’en transformant sa féminité. George Miller l’a bien compris, comme c’est d’ailleurs le cas de nombreux autres réalisateurs. La preuve est dans le caractère du film, dans son refus de compromis, sa liberté dans le mouvement, sa complète franchise devant les excès.

Après tout, Mad Max: Fury Road est un film culte et cela lui donne des droits. Mais derrière tous ces effets tonitruants mis en évidence par la musique énervée et omniprésente de Junkie XL (Tom Holkenborg), le nouvel opus millerien ne livre pas tout à fait la marchandise sur le plan du discours sociopolitique, éclipsé sans doute par un visuel trop appuyé.

Si la critique cannoise l’a encensé, comme d’ailleurs celle d’ici et des États-Unis, cela a à voir avec un sentiment de rage, de raz-le-bol généralisé et d’une violence interne qui, aujourd’hui, envahit l’individu. Mais qui, dans Max Mad: Fury Road, s’extériorise plein de bruit et de fureur comme si le cinéma était devenu un substitut volontaire à la manifestation tangible de nos angoisses et de nos tourments.

revuesequences.org

Sortie : Vendredi 15 mai 2015
VO : anglais
VF > Mad Max : La route du chaos

Genre : Aventures – Origine  Australie– Année : 2015 – Durée :  2 h – Réal. : George Miller – Int. : Tom Hardy, Charlize Theron, Hugh Keays-Byrne, Teresa Palmer, Nicholas Hoult, Zoë Kravitz – Dist. / Contact : Warner.
Horaires : Cineplex

CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans
(Violence)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Pitch Perfect 2

RÉSUMÉ SUCCINCT
Après une bavure spectaculaire pendant un concert, Bellas, un ensemble de neuf chanteuses de l’Université Barden, devient la cible de nombreuses critiques féroces et de commentaires acerbes. Elles décident néanmoins de ne pas lâcher prise.

Pitch Perfect 2

SANS COMMENTAIRES
Film non vu.

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Sortie : Vendredi 15 mai 2015

VO : anglais
VF > La Note parfaite 2

Genre : Comédie musicale  Origine :  États-Unis  Année : 2015 – Durée : 1 h 55 – Réal.: Elizabeth Banks.  Int. : Anna Kendrick, Rebel Wilson, Brittany Snow, Skylar Astin, Ben Platt, Hailee Steinfeld Dist. / Contact : Universal.
Horaires : Cineplex

CLASSIFICATION
Tout public

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