En salle

Les Gazelles

14 mai 2015

RÉSUMÉ SUCCINCT
Redevenue célibataire après 14 ans de vie en couple, Marie se lie d’amitié à un quatuor de trentenaires décontractées qui ne pense qu’à faire la fête et à draguer les hommes.

Les Gazelles

Audrey Fleurot et Camille Chamoux

LES FAUSSES INGÉNUES

Élie Castiel
CRITIQUE
★★★

Il y a quelque chose d’irritant dans Les Gazelles, deuxième long métrage de Mona Achache, après le très réussi Le Hérisson (2009), d’une grâce incomparable. Dommage, puisque le casting réunissant des comédiennes qui ont pour nom Audrey Fleurot, Camille Chamoux et Anne Brochet, entre autres, annonçait une invitation qu’on ne pouvait refuser.

La folie illuminée, c’est ce qui manque justement à ces femmes libérées (pas tant que ça après tout), mais d’une autre époque, loin de ce 21e siècle incertain, inquiet, en quête identitaire et amoureuse. Ce qui énerve avant tout, c’est le montage de Béatrice Herminie, au diapason avec ce qui se passe dans la tête de Marie (Camille Chamoux, également coscénariste, un visage inoubliable, un sourire magique, mais énervée tout le long du film). Tous ces parallèles qui défilent rapidement entre fantasmes, réalité et retours en arrière de l’esprit déconcentrent le spectateur.

La folie illuminée, c’est ce qui manque justement
à ces femmes libérées (pas tant que ça après tout),
mais d’une autre époque, loin de ce 21e siècle
incertain, inquiet, en quête identitaire et amoureuse.

Les femmes ici subliment le sexe pour ne pas rester seules ; les hommes rencontrés, comme d’habitude, sont soumis aux lois viriles de leur pulsions libidineuses d’un soir. En fait, ils sont tous perdants, autant les uns que les autres, les hommes comme les femmes. Constatation confirmée par une séquence finale, avouons-le, vachement aboutie. Un couple d’une autre époque, dont la femme, une vieille dame digne, au visage noble et magnifique regarde avec interrogation deux des protagonistes du film s’éloigner rapidement dans le néant, vers un avenir incertain. C’est ainsi que Achache conclut le film, revendiquant le droit aux zones grises ou peut-être bien véhiculant un message de droite sur les valeurs familiales, certes louables et nécessaires, mais qui placent ceux qui ont choisi un autre mode de vie dans le labyrinthe de la solitude.

D’ailleurs, de ce lot d’inquiètes en permanence, une lueur au bout du tunnel : Josiane Balasko (la mère de Marie) n’a besoin que d’un geste du visage, d’une parole prononcée de la bonne façon, d’une gentillesse sentie, pour susciter la totale adhésion des spectateurs. Pour elle seule, le film vaut le déplacement malgré une mise en scène sans véritable éclat dont la leçon à suivre ne sait pas sur quel pied danser. Mais ne gâchons pas notre plaisir. Donnons à la réalisatrice du bel Hérisson  de prouver de nouveau que le cinéma lui tient â cœur, particulièrement lorsqu’il s’agit de raconter la femme… et l’homme.

[ Voir également ici une entrevue avec Mona Achache, réalisée par notre collègue Sami Gnaba.]

revuesequences.org
Sortie : Vendredi 15 mai 2015
VO : français

Genre : Comédie – Origine : France – Année : 2013 – Durée :  1 h 49 – Réal. : Mona Achache – Int. : Camille Chamoux, Audrey Fleurot, Joséphine de Meaux, Anne Brochet, Naidra Ayadi, Josiane Balasko  – Dist. / Contact : TVA.
Horaires : Beaubien

CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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