30 juillet 2015

Après quelques courts remarqués, le jeune réalisateur de 35 ans Vincent Mariette réussit avec Tristesse Club à franchir le difficile passage vers le long métrage. Un responsable de site de rencontre incapable de parler à une fille, une jeune femme au passé trouble et un ancien joueur de tennis arrogant et aigri se réunissent dans une improbable quête pour retrouver la trace de leur père qu’ils ne connaissent que très peu. Ces trentenaires noyés dans les doutes existentiels et l’incommunicabilité profiteront de cette providence pour se reconstruire et se trouver une famille.
Autour de cette intrigue à priori simpliste, Mariette a construit une comédie noire subtile qui propose une vision profondément humaniste de personnages en marge de la société, tout en proposant un univers cinématographique abondant de clins d’œil et de références. C’est indéniable, Mariette sait jongler avec les codes de divers genres cinématographiques et parvient à les imbriquer de manière à donner un univers original et décalé.
Comédie romantique (l’amour impossible entre le frère et la soeur), drame social (la famille désunie), film fantastique ou même d’horreur (la maison solitaire au bord d’un lac), le scénario de Tristesse Club s’en donne à cœur joie. On dit souvent que les premiers films de jeunes auteurs sont chargés de références et celui-ci n’échappe pas à la règle. Le mystère et les faux-semblants abondent, transformant sans cesse l’intrigue en un jeu de pistes farfelu, destiné à tester les résistances de ses personnages… et la perspicacité du spectateur. Porté par un trio de comédiens impeccables, Tristesse Club marque donc les débuts prometteurs d’un jeune cinéaste que l’on suivra attentivement.
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Genre : Comédie dramatique – Origine : France – Année : 2014 – Durée : 1 h 30 – Réal. : Vincent Mariette – Int. : Laurent Lafitte, Vincent Macaigne, Laudivine Sagnier, Noémie Lvovsky, Philippe Rebbot, Dominique Reymond – Dist. / Contact : Axia. Horaires : @ Beaubien
CLASSIFICATION Tout public
MISE AUX POINTS ★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
24 juillet 2015
SANS COMMENTAIRES23 juillet 2015
SANSGenre : Comédie sentimentale – Origine : Chine – Année : 2015 – Durée : 1 h 54 – Réal. : Hao Zhang – Int. : Fan Liao, Yan Su, Wei Tang – Dist. / Contact : Eye Steel Inc.
Horaires : @ Cineplex
CLASSIFICATION
Tout public
CRITIQUELa prémisse de ce film écrit par Tim Herlihy et Timothy Dowling est plutôt bizarre. Dans les années 80, la NASA aurait envoyé des extraits de parties de jeux vidéos tels Pacman dans un assemblage de produits de l’intelligence humaine placés dans un satellite qui pourrait rencontrer une civilisation extra-terrestre. On est loin de l’ Étude des proportions du corps humain selon Vitruve par Léonard de Vinci et qui a effectivement fait partie d’un tel envoi à la même époque.
Offusqués peut-on supposer, les dits extraterrestres ont compris les mécanismes et attaquent la Terre avec les dits pixels. En 2010, le réalisateur français Patrick Jean avait gagné un prix à Annecy pour un film d’animation au même titre et visible sur YouTube. Le président, joué par Kevin James, qui ressemble par certains côtés à George W. Bush, fait appel à son ami Brenner pour comprendre cette attaque. La catastrophe imminente dans son traitement par Columbus et son équipe garde un côté bon enfant puisque les moyens employés pour détruire les villes apparaissent comme filtrés par un vieil écran télé. Le haut commandement militaire américain en prend pour son grade car il est démuni face à cette attaque électronique vieux style.
L’histoire d’amour entre une scientifique et le technicien joué par Sandler est assez bien menée. Le réalisateur Chris Columbus (Home Alone) a réussi à contrôler le jeu de Sandler qui est relativement calme surtout en comparaison de Josh Gad entre autres qui surjoue. Quelques gags surprennent dans les longueurs qu ralentissent l’action au milieu de ce film aux combats de titans minuscules. Wrecking-it Ralph, par son intelligence et son allant, reste pourtant la référence en hommage aux jeux vidéos.
Genre : Comédie de science-fiction – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 1 h 46 – Réal. : Chris Columbus – Int. : Adam Sandler, Michelle Monaghan, Peter Dinklage, Josh Gad, Ashley Benson, Sean Bean – Dist. / Contact : Columbia.
Horaires : @ Cineplex
CLASSIFICATION
Tout public
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Une chose est certaine : avec des cinéastes de la trempe du français Quentin Dupieux, nous sommes les témoins privilégiés d’une nouvelle race de faiseurs d’images qui tout en brisant le confort du statu quo, se délecte à créer des univers surréalistes le plus souvent de façon hallucinante.
Il y a quelque chose de politique chez ce cinéaste qui considère le médium cinéma comme s’il s’agissait d’un laboratoire en constante exploration. La mise en scène se métamorphose en quelque chose d’irréel, se permet des digressions avec le sujet (encore faut-il qu’il y en ait !), bouscule l’ordre établi et revendique son droit à la totale liberté. Le politique dans tout cela, c’est bel et bien une certaine forme d’anarchie créatrice, ou peut-être même d’une liberté acquise par autoproclamation.
Après le phénomène Rubber (2010), à la fois provocant, optant pour une réalisation limithrophe, entre le récit linénaire et la tentation de foutre le bordel, l’irréel Wrong (2012) et Wrong Cops (2013), un peu moins abouti mais non pour le moins s’approchant du même style, Réalité se diffère d’abord par le choix délibéré des comédiens. C’est en fait un pari que de se permettre Alain Chabat, habitué des comédies grand public, et Élodie Bouchez, plus versatile, mais aux attentes publiques plus généralistes. Et pourtant, tous les deux assument ce nouvel environnement totalement déconnecté de la réalité, d’où le titre du film faisant référence à une sorte d’ironie bien calculée. Sans en avoir l’air, Dupieux calcule son propos, maîtrise ses images et n’est aussi déjanté qu’il en a l’air.
Mais avant tout, Réalité est un autre exemple d’un cinéma qui a bien digéré les conséquences de la mondialisation en matière de culture, et plus particulièrement en ce qui a trait au cinéma. Les origines hexagonales de Dupieux ne l’empêchent, comme tant d’autres cinéastes, surtout de sa génération, de tâter le terrain des autres cinématographies et de l’intégrer dans son cinéma. Pour Dupieux, c’est l’Amérique, ses mythes, ses tentations, ses absurdités et une adolescence souveraine qui perdure chez les personnages.
Et puis, la télévision, la grande coupable. Parce qu’elle abruti ses fidèles auditeurs, parce qu’elle ne cesse de multiplier les images, le plus souvent, superficielles. Tout est là. En fin de compte, Réalité est une surprise détonnante, un exercise de style tout à fait fou qui, mine de rien, laisse transparaître quelque chose qu’on peut appeler « âme », même si cette étrange énotion que nous ressentons tous peut parfois prendre des airs de rebelle subordination.
Genre : Comédie satirique – Origine : France – Année : 2014 – Durée : 1 h 27 – Réal. : Quentin Dupieux – Int. : Alain Chabat, Jonathan Lambert, Élodie Bouchez, Kyla Kennedy, Jon Eder, Eric Wareheim – Dist. / Contact : FunFilm.
Horaires : @ Beaubien – Cinéma du Parc
CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Alors que sa première réalisation date de près de vingt ans déjà (The Replacement Killers, 1998, avec Chow Yun-Fat), Antoine Fuqua est peu reconnu pour sa subtilité. Transfuge du vidéoclip, Fuqua est devenu un réalisateur à succès en 2001 avec son troisième film, Training Day, qui valut un Oscar à Denzel Washington. Or, depuis ce succès inestimé, Fuqua a largement déçu, ce qui ne l’empêche pas d’enchaîner banalement de gros films, moyens ou médiocres. La méthode Fuqua consiste à pondre des films de genre assez artificiels, doublés d’un discours moralisateur ou de prétentions métaphysiques et maladroites.
Avec son dixième long métrage, il ne donne toujours pas dans la dentelle et propose un drame de boxe aussi prévisible qu’une envie d’uriner après une bonne nuit de sommeil. Southpaw met en vedette Jake Gyllenhaal dans le rôle d’un champion de boxe qui sombre dans la déchéance après la mort de sa femme, victime d’une balle perdue lors d’une querelle à une soirée de gala. Gyllenhaal a mis les bouchées doubles et s’est beaucoup investi dans le rôle principal que devait tenir le rappeur Eminem, quelques années avant la mise en chantier de ce film.
L’acteur s’est notamment entraîné intensément pour le rôle au centre sportif du célèbre boxeur Floyd Mayweather, Jr., à Atlanta. Si l’on admire le courage et la condition physique de l’acteur, reste que ce dernier est inégal dans son rôle. Parfois (trop) intense et appuyé, son jeu méthodique manque de subtilité et est à l’image du film. Le reste de la distribution a peu à se mettre sous la dent, car les personnages sont des archétypes de cet univers familier et controuvé.
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Genre : Drame sportif – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 2 h 04 – Réal. : Antoine Fuqua – Int. : Jake Gyllenhaal, Forest Whitaker, Oona Lawrence, 50 Cent, Rachel McAdams, Victor Ortiz – Dist. / Contact : Séville.
Horaires : @ Cineplex
CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans
(Violence / Langage vulgaire)
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
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