24 septembre 2015

Depuis une bonne dizaine d’années, les films de potes sont devenus un style en soi dans le cinéma français. Les recettes sont donc bien connues et bien huilées. Une distribution ronflante, des décors bien souvent bucoliques, une trame sonore emplie de violons pour l’aspect factuel et du côté sentimental, les aléas de la vie, comprenant entre autres, les amours déçus de mâles dans la quarantaine qui peinent à refaire leur vie, un combat contre la maladie ou autres petits malheurs quotidien. Avec pour couronner le tout, une tonne de bons sentiments, quelques gags forçant un rire gras… et bien entendu, une vision de la femme (ou de l’altérité) pas toujours très reluisante.
On voulait tout casser possède bien tous ces éléments, mais s’est pourtant complètement écrasé au box office français. À juste titre puisque rien ne fonctionne vraiment dans ce second film de l’ancien jour de rugby passé à l’école de l’humour de Canal+ Philippe Guillard. Il a scénarisé des comédies plutôt vulgaires et c’est essayé à la réalisation avec un film sur le rugby en 2011.
Usant de rebondissements totalement prévisibles, le film souffre d’une mollesse généralisée que rien ne peut sauver. L’ennui se voit aussi bien dans l’interprétation morne de cinq comédiens aux contours mal dessinés (Benoît Magimel a l’air de s’ennuyer profondément), dans des situations auxquelles on ne croit pas une seconde (le vol du scooter) et dans une superficialité affligeante, même lorsqu’il prend une tournure plus dramatique (le souper à la Tour d’argent). Ce ratage complet n’est en rien sauvé par une trame sonore lourdingue et une finale préfabriquée. On voulait tout casser en reste effectivement au stade des illusions perdues.
Genre : Comédie dramatique – Origine : France – Année : 2015 – Durée : 1 h 31 – Réal. : Philippe Guillar – Int . : Kad Merad, Charles Berling, Benoît Magimel, Jean-François Cayrey, Vincent Moscato, Anne Charrier – Dist. / Contact : A-Z Films.
Horaires : @ Beaubien – Cineplex
CLASSEMENT
Visa GÉNÉRAL
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Dans sa chambre d’hôtel, un homme démonte les appareils électriques et les téléphones pour trouver les micros qu’il soupçonne que l’URSS y a placés. C’est Bobby Fischer, le brillant joueur d’échecs américain dans une de ses confrontations avec les maîtres soviétiques du jeu, considéré comme un de leurs sports nationaux.
Que ce soit dans Glory ou The Last Samurai, le réalisateur américain Edward Zwyck a souvent mis l’homme ou un groupe face à un tournant de l’histoire. Le scénario de Steven Knight (Eastern Promises) place l’origine de la paranoïa de Fischer dans sa relation conflictuelle avec sa mère d’origine russe et suivie par le FBI pour ses opinions communistes. Toby Maguire s’est investi également dans ce rôle en tant que producteur et sa prestation rend bien le caractère vif-argent de cet homme obsédé par les diagonales du fou et la défense des personnes royales sur un damier.
Liev Schreiber, dans le rôle de Spassky, lui dame pourtant le pion dans sa dégaine de rock-star bien conscient de ses qualités supérieures. Le titre original du film fait aussi référence au fait que le gouvernement américain et les organismes responsables de cette poursuite intellectuelle ont été négligents dans leur aide psychologique et financière à ce prodige excentrique qui les avait si bien servis.
Les cinéphiles québécois reconnaîtront plusieurs endroits de Montréal et de sa région employés pour remplacer des lieux américains ou européens. Ce biopic à budget très moyen ne remplace donc pas le documentaire de Liz Garbus Bobby Fischer Against the World .
Genre : Drame biographique – Origine : États-Unis – Année : 2015– Durée : 1 h 55 – Réal. : Edward Zwick – Int. : Tobey Maguire, Peter Sarsgaard, Liv Schreiber, Lily Rabe, Michael Stuhlbarg, Robin Weigert – Dist. / Contact : Remstar.
Horaires : @ Cineplex
CLASSEMENT
Visa GÉNÉRAL
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
SANSGenre : Drame musical – Origine : Canada [Québec] – Année : 2015 – Durée : 1 h 34 – Réal. : Sebastien Godron – Int. : Raphaël Joseph Lafond, Fayolle Jean Jr., Dominique Laguë, Elzensky Gauthier, Samian, Schelby Jean-Baptiste – Dist. / Contact : Filmoption.
Horaires : @ Cinéma du Parc
CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans
(Langage vulgaire)

Avec Sicario, Villeneuve ne propose aucune solution à la situation qui prévaut à la frontière américano-mexicaine et dont on devine l’ampleur par les quantités d’héroïne qui transitent aux zones limitrophes. Avec humilité, il ne peut établir qu’un constat d’impuissance comme l’exprime le plan de Kate/Blunt, visant l’instigateur du chaos dont elle fait les frais : son poing démesuré en avant-plan serrant l’arme, empreint de colère et de tension; les larmes sur sa joue, dévoilant sa tristesse et son désarroi. De leur côté, les veuves et les orphelins, réelles victimes des cartels, figurent au tableau des conséquences de cette lutte intestine, s’habituant à l’écho des rafales de mitraillettes; on y reconnaît presque des images d’Incendies. Sans éclat, sans brusquerie, Villeneuve prend le parti des vivants et questionne notre société inefficace à contrer le trafic de drogue, espérant ne pas être éclaboussée par les effets collatéraux des guerres de clans.
On ne peut passer sous silence la fréquence des passages au Sud ou à l’anglais de plusieurs cinéastes québécois, reconnaissance incontestable de leur talent. Évidemment, jouer dans la cour des grands fait partie des rêves les plus secrets de la plupart des réalisateurs d’ici. Ils souhaitent sortir d’un système subventionnaire pour s’offrir des coudées plus larges et plus franches sur des productions aux dimensions moins contraignantes, bien que peu coûteuses en comparaison avec les budgets de celles des grands studios. Et surtout, ils désirent s’adresser au plus grand nombre. Yves Simoneau et Christian Duguay oeuvrent depuis un certain temps dans la Cité des Anges. Récemment, Jean-Marc Vallée présentait The Young Victoria (2009), proposant Emily Blunt dans le rôle-titre, Dallas Buyers Club (2013), pour lequel Matthew McConaughey a remporté de nombreux prix d’interprétation, et Wild (2014) avec Reese Witherspoon.
Pour sa part, Ken Scott reprenait sa comédie Starbuck en commettant Delivery Man (2013) qui n’obtint pas le succès escompté malgré les millions investis. Philippe Falardeau a tenté sa chance avec The Good Lie en 2014, aussi avec Reese Witherspoon, produit au Canada et distribué par les studios américains. L’international François Girard délaissait la mise en scène d’opéra pour nous offrir, plus tôt cette année, Boychoir avec Dustin Hoffman. Alors que Villeneuve s’attaque à une nouvelle version de Blade Runner, quand un Podz, un Lepage ou un Trogi made in USA ?
Genre : Suspense policier – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 2 h 01 – Réal. : Denis Villeneuve – Int. : Emily Blunt, Josh Brolin, Benicio Del Toro, Daniel Kaluuya, John Bernthal, Victor Garber – Dist. / Contact : Séville.
Horaires : @ Cineplex – Cinéma du Parc (dès le 2 octobre 2015) – Excentris (dès le 2 octobre 2015)
CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans
(Violence)
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
SANSGenre : Drame – Origine : Canada – Année : 2015 – Durée : 1 h 25 – Réal. : Michel Préfontaine – Int. : Étienne Dupuis, Chantal Bellavance, Jacques L’Heureux, Marie-Ève Scarfone, Gino Quilico, Carl Béchard – Dist. / Contact : Cinéma 3180.
Horaires : @ Beaubien
CLASSEMENT
Visa GÉNÉRAL

Indigne et provocateur, égocentrique et manipulateur, astucieusement effronté, Eli Roth assume ces qualificatifs avec une jouissance, certes maladive, mais dans le même temps, empreinte d’une émouvante sincérité. Hommage aux perles rares d’un certain cinéma trash des années 80, dont Ruggero Deodato et son Cannibal Holocaust demeure l’un des dignes représentants d’une époque phare, The Green Inferno, malgré les nombreuses critiques mainstream désastreuses, se présente comme une référence contemporaine dans le genre.
Intentionnellement, Roth mise sur une réalisation d’époque, sorte de retour en arrière qu’il calque avec une maîtrise bien ancrée. Certaines séquences, notamment celles opposant la nature sauvage et ses habitants aux victimes perdues issues de la dite civilisation, s’avèrent remarquables. La musique de l’Espagnol Manuel Riveiro en est pour quelque chose, apportant au film une aura de magie inexplicable.
Deodato et Roth (peut-être inconsciemment) se sont inspirés de Gualtiero Jacopetti et de son Mondo Cane. L’influence du cinéma-mondo est justement flagrante, particulièrement dans les passages dans la jungle péruvienne. Si le niveau d’interprétation est extrême, force est de souligner que les comédiens ne font que s’adapter au codes du genre. Et ils le font avec une franchise étonnante.
Il est certain que The Green Inferno s’adresse à un public cible composé de spectateurs nourris d’images insolites d’un type de cinéma bien particulier qui, malgré les nombreux obstacles, a réussi à conquérir ses lettres de noblesse.
Cannibalisme, boucheries, têtes coupées, corps en miettes… tout ces ingrédients dégradants et répugnants s’unissent allègrement pour permettre à un certain cinéma de mauvais goût de manifester son côté spetaculaire et sensationnaliste, même si c’est avec un cynisme délirant. La liberté d’expression s’affranchit ainsi de tous ses droits. Mais de là à ce que la Régie du cinéma le classe dans la catégorie Interdit aux moins de 13 ans, c’est sans doute trop charrier. La catégorie Interdit aux moins de 16 ans, utilisée en France, aurait été plus appropriée.
Genre : Suspense d’épouvante – Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 1 h 40 – Réal. : Eli Roth – Int. : Lorenza Izzo, Ariel Levy, Daryl Sabara, Kirby Bliss Blanton, Magda Apanowicz, Aaron Burns – Dist. / Contact : Séville.
Horaires : @ Cineplex
CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans
(Violence / Horreur)
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Bercée par ce qu’on appelle communément les feel-good-movies (What Women Want, It’s Complicated), Nancy Meyers signe sans doute ici sa meilleure réalisation. Bénéficiant de la présence de vedettes confirmées, Robert De Niro en tête, et Anne Hathaway, elle laisse les comédiens se livrer à une série de joutes d’interprétation intergénérationnelles où tous sortent gagnants, dans par leurs réparties que par leurs comportements.
Mais le succès du film repose également sur le dialogue, précis, articulé, s’adressant à un public de la classe moyenne, donc majoritaire. Cette stratégie de mise en marché nous semble salutaire même si elle repose sur un concept mercantile. Qu’importe, puisque The Intern est l’exemple type de films qui tout en essayant d’attirer le plus grand nombre de spectateurs, se permet un discours social consensuel sur notre époque. Concilier travail et vie personnelle, situer la nouvelle femme dans le monde compétitif et déshumanisant des affaires, prise de conscience d’un nouveau monde axé sur la technologie agressive et le virtuel de plus en plus dominant, autant de thèmes qui nourrissent cette comédie sans prétention, pur divertissement et en même temps douce réflexion sur l’état des lieux de notre société occidentale.
Tous excellent. Hathaway qui, d’une certaine façon, défend avec grâce et talent l’antithèse de son personnage dans The Devil Wears Prada. Mais âge oblige, contrairement à l’inflexibilité de Meryl Streep, son personnage apprend à reconnaître les bons conseils de son mentor et nouveau confident, incarné par un De Niro, dans un rôles les plus attendrissants de sa carrière. Nous ferons fi de la finale sentimentale qui, avouons-le, ne fait que suivre les codes régis par le genre. Et pour une fois, les rapports entre les différentes générations s’avèrent complices, le tout présenté avec un naturel à la fois stimulant et réconfortant. Nous sommes, en fin de compte, tout à fait séduits.
Genre : Comédie – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 2 h 02 – Réal. : Nancy Myers – Int. : Robert De Niro, Anne Hathaway, Nat Wolf, Adam DeVine, Ren Russo, Reid Scott – Dist. / Contact : Warner.
Horaires : @ Cineplex
CLASSEMENT
Visa GÉNÉRAL
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
2026 © SÉQUENCES - La revue de cinéma - Tous droits réservés.