En salle

The Dark Horse

15 avril 2016

RÉSUMÉ SUCCINCT
Genesis Potini vut un brillant joueur d’échecs, mais souffrait de troubles bipolaires. Ce film raconte une partie de sa vie.

The Dark Horse

CRITIQUE
★★★  ½
Texte : Luc Chaput

TROUVER UN SENS À LEURS VIES

Un homme d’une quarantaine d’années quitte un hôpital psychiatrique et se retrouve sous la garde de son frère aîné qui est chef de gang de motards. L’homme souffrant de troubles bipolaires se prénomme Genesis, il est un Maori de Nouvelle-Zélande et a déjà été un très grand joueur d’échecs louangé pour sa rapidité. Son surnom donne le titre au film.

Le scénario du réalisateur James Napier Robertson surtout connu comme acteur de films tirés de jeux vidéos se base sur un documentaire de Jim Marbrook datant de 2003 qui montrait l’influence de Genesis Potini dans la création d’ Eastern Knights, club d’échecs pour jeunes Maoris vivant dans  une ville où ils peuvent être, comme certains autochtones du Canada, oubliés par le système.

Les scènes d’apprentissage du jeu d’échecs  sont par
ailleurs menées par Genesis de  manière
ludique et par la construction d’un esprit de corps.

Le cinéma néo-zélandais a déjà donné au moins un grand film sur ces Maoris urbanisés Once We Were Warriors de Lee Tamahori, grand vainqueur du FFM 1994. Cliff Curtis, l’acteur incarnant complètement Genesis, y avait un rôle important. On y retrouve donc les mêmes troubles de violence, d’alcoolisme et de pauvreté dans le groupe que l’on voit de manière directe ou épisodique dans cette bio romancée. Le réalisateur se concentre pendant une bonne partie du film sur les aléas de la vie de Genesis et ses rapports complexes avec son frère et son neveu. Les scènes d’apprentissage du jeu d’échecs sont par ailleurs menées par Genesis de manière ludique et par la construction d’un esprit de corps.

Chaque jeune reçoit la garde d’une pièce d’un plus beau jeu qui le représente et qu’il doit chérir. Le jeu d’échecs est donc employé pour ces jeunes comme une réintroduction à leur culture ancestrale. Il devient l’équivalent de ces prestations d’adultes qui se terminent par les célèbres hakas si connus maintenant à cause du rugby. Comme dans d’autres films sur les enseignants en milieu défavorisé, la réussite du groupe est attendue mais ici elle est plus compliquée par la nature du personnage central et par les soubresauts de ses relations familiales.

Sortie : vendredi 15 avril 2016
V.o. : anglais

Genre :  DRAME – Origine :  Nouvelle-Zélande  –  Année :  2014 – Durée :  2 h 04  – Réal. : James Napier Robertson – Int. : Cliff Curtis, James Rolleston, Kirk Torrance, Miriana McDowell, James Napier Robertson – Dist. / Contact :  Séville.
HorairesCineplex

CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Séquences_Web

The Jungle Book

RÉSUMÉ SUCCINCT
Les aventures de Mowgli, un petit homme élevé dans la jungle par une famille de loups. Mais Mowgli n’est plus le bienvenu depuis que le redoutable tigre Shere Khan promet d’éliminer celui qu’il considère comme une menace. Poussé à abandonner le seul foyer qu’il ait jamais connu, le jeune garços se lance dans un voyage captivant, à la découverte de soi.

The Jungle Book

CRITIQUE
★★★★ 
Texte : Luc Chaput

UN MONDE FOURMILLANT D’IMPRÉVUS

Dans une jungle sombre aux nombreux arbres et lianes, un jeune Indien avance. Il n’est plus louveteau car il a dû fuir son clan qui l’a élevé. La caméra tourne autour de lui d’assez loin et la tension monte. Qui est-ce qui s’approche en se lovant ainsi ? C’est un python séducteur qui susurre des paroles apaisantes et auquel Scarlett Johansson rend une personnalité complexe à Kaa en modulant de belle manière sa voix.

Voilà une des scènes importantes de ce film que l’on veut pour tous publics et qui, comme le montre cette description, contient des moments plus sérieux qui feront peut-être peur aux plus jeunes comme d’ailleurs la mort rapide d’un des loups. L’écrivain britannique Rudyard Kipling, anglo-indien, a écrit ce livre de contes Jungle Book qui contient plusieurs autres personnages et aventures pour sa fille. Les diverses adaptions cinématographiques (des Korda pendant la Seconde Guerre mondiale par exemple) se sont surtout concentrées sur la vie de l’orphelin Mowgli qui a assurément inspiré le personnage de Tarzan et d’autres enfants adoptés par des animaux ou ayant des aptitudes étonnantes.

L’anthropomorphisme est de mise dans ce conte
moral où la cohésion du groupe et l’importance de
l’amitié et de l’entraide se conjugue sous divers aspects.

Le scénariste Justin Marks est surtout auteur d’histoires pour jeux vidéos et de leurs variations filmiques. L’histoire se suit facilement et met en scène des rencontres de divers types entre Mowgli et des amis ou ennemis vivant dans cette forêt où il a grandi et qui peut être détruite par la fleur rouge du feu.

L’anthropomorphisme est de mise dans ce conte moral où la cohésion du groupe et l’importance de l’amitié et de l’entraide se conjugue sous divers aspects. Les animaux sont remarquablement bien rendus dans cette imagerie numérique de dernier cri et les passages entre lumière et ombre sont aussi très bien réussis par le directeur photo Bill Pope. Jon Favreau, qui avait lancé la série Iron Man, dirige les acteurs de main de maître et le jeune Neel Sethi est très bien entouré. L’utilisation de deux chansons du dessin animé produit, en 1967 par Disney, permet des moments plus joyeux dans ce roman d’apprentissage qui connaît ici une version sous de très beaux atours modernes.

Sortie : jeudi 14 avril 2016
V.o. :  anglais
V.f. :  Le livre de la jungle

Genre :  AVENTURES – Origine :  États-Unis  –  Année :  2016 – Durée :  1 h 46  – Réal. : Jon Favreau –  Int. : Neel Sethi, Bill Murray, Ben Kingsley, Idriss Elba, Scarlett Johansson, Christophe Walken –  Dist. / Contact :  Buena Vista.
Horaires :  @  Cineplex

CLASSEMENT
Tout public
(Déconseillé aux jeunes enfants)

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

REVUESEQUENCES.ORG

 

 

Chongqing Hot Pot

7 avril 2016

RÉSUMÉ SUCCINCT
Lorsque des amis creusent un trou pour agrandir leur restaurant, ils se retrouvent devant la chambre forte d’une banque que des voleurs sont en train de dévaliser.

Suite

Demolition

RÉSUMÉ SUCCINCT
La rencontre avec une jeune femme monoparentale donne le goût de vivre à un banquier new-yorkais qui vient de perdre sa femme.

LE FILM DE LA SEMAINE
« Prix du public »
SXSW Film Festival 2016

Demolition_En salle

CRITIQUE
★★★  ½
Texte : Luc Chaput

Déplacement de sens

Un banquier détruit à la masse et à la rétrocaveuse sa maison moderne faite de marbre, verre et autres matériaux dispendieux. Il a l’aide de Chris, le fils  d’une nouvelle amie. Ce banquier a perdu dans un accident de voiture son épouse et trouve, par ce moyen, comment reprendre contact avec une réalité qu’il a, pris dans sa bulle, survolé pendant longtemps. Suite

Everybody Wants Some

RÉSUMÉ SUCCINCT
Avant le début des cours à l’université, six étudiants vivent de nombreuses aventures pour profiter de la vie en s’amusant.

Everybody Wants Some

EN QUELQUES MOTS
★★★
Texte : Élie Castiel

Indéniablement, Richard Linklater se permet une pause salutaire après ses essais très réussis et branchés, la plupart encensés par la critique et un certain public cinéphile. Inévitablement, le Linklater de Dazed and Confused n’est pas loin, donnant à la comédie américaine à la sauce party animal ses lettres de noblesse. La tradition macho d’une équipe collégiale de base-ball au début des années 80 est illustrée avec un brin de nostalgie, voire même de douce mélancolie. Suite

Hardcore Henry

RÉSUMÉ SUCCINCT
Henry est sauvé in extremis de la mort par sa conjointe, Estelle, chercheuse en robotique. Elle lui explique alors qu’elle a dû le transformer, en partie, en cyborg afin d’assurer sa survie.

Hardcore Henry

CRITIQUE
★  ½
Texte : Charles-Henri Ramond

Violence compulsive

Bien que l’empreinte progressive que le jeu vidéo est en train de laisser sur la production cinématographique soit déjà notable dans plusieurs polars et suspenses bourrés d’adrénaline, Hardcore Henry marque peut-être d’une pierre blanche ce phénomène récent. Filmé en caméra subjective, le film embarque le spectateur dès la première seconde dans la peau d’Henry, un cyborg muet, parti à la recherche de son passé et de sa vraie identité. Dans sa quête, il devra éliminer ses ennemis et retrouver un maniaque qui en veut à la terre entière. Il sera aidé de Jimmy, personnage aux cent visages, mourant et ressuscitant tour à tour dans la peau d’un autre. Les références aux films de genre de tout acabit sont abondantes. Science-fiction, robots vengeurs et même ninjas mutants trouvent ici des échos certains. Et comme dans bon nombre de films musclés, l’humour est omniprésent pour mieux détendre l’atmosphère. Le côté assumé de la chose est évident.

Mais au-delà du film, il y a le phénomène qui a de fortes chances
de rentrer dans les annales. Car si Hardcore Henry n’est rien d’autre
qu’une série Z assumée dotée d’un budget ridicule, ce sera aussi
probablement un succès commercial dont on se souviendra
qu’il fut monté en partie grâce à une campagne de sociofinancement.

Certes, la prouesse technique est bien là. Les plans de la caméra embarquée sur le visage du comédien reproduisent exactement les gestuelles des jeux vidéo. Le spectateur se retrouve ainsi plongé dans une histoire qui ne lui propose ni échappatoire, ni possibilité de croire que les autres peuvent l’aider. L’expression « un film dont vous êtes le héros » n’aura jamais été aussi juste. Mais, outre sa misogynie, son homophobie et l’abondance d’une violence très stylisée, le véritable problème de Hardcore Henry est qu’il ne dépasse guère le cadre du défi technique que se serait lancé à la blague une bande de jeunes geeks à l’humour noir exacerbé. L’intrigue, volontairement simpliste puisque manichéenne et épurée de complexité « scientifique », n’avance qu’à coup de courses poursuites, de cascades et de tueries plus sanglantes les unes que les autres. Une fois appropriés les tourbillons de la GoPro, une fois digérées les fusillades à répétition, le film se résume à trop peu de choses pour conserver de l’intérêt.

Mais au-delà du film, il y a le phénomène qui a de fortes chances de rentrer dans les annales. Car si Hardcore Henry n’est rien d’autre qu’une série Z assumée dotée d’un budget ridicule, ce sera aussi probablement un succès commercial dont on se souviendra qu’il fut monté en partie grâce à une campagne de sociofinancement. De quoi faire rougir les producteurs de pas mal de grosses machines hollywoodiennes dont beaucoup finissent par perdre des dizaines de millions. Et du même coup, de quoi susciter des sequels, des prequels… et des passions.

Sortie : vendredi 8 avril 2016
V.o. : anglais
V.f. > Hostile

Genre :  ACTION FANTASTIQUE – Origine :  États-Unis / Russie –  Année :  2016 – Durée :  1 h 37  – Réal. : Ilya Naishuller – Int. : Sharlto Copley, Haley Bennett, Tim Roth, Danila Kozlowsky, Darya Charusha, Andrei Dementiev –  Dist. / Contact : V V S.
Horaires :  @  Cineplex

CLASSEMENT
Interdit aux moins de 16 ans
(Violence)

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Séquences_Web

 

I Saw the Light

RÉSUMÉ SUCCINCT
Les hauts et les bas du célèbre chanteur country Hank Williams.

I SAW THE LIGHT - EW.JPG

EN QUELQUES MOTS
★★★
Texte : Élie Castiel

Le drame biographique se classe indubitablement parmi les genres les plus hasardeux à réaliser, montrant parfois des détails inutiles ou carrément ne suscitant aucun intérêt de la part des spectateurs. Producteur de plus d’une trentaine de films, Marc Abraham (Flash of Genius, 2008) signe ici un deuxième long métrage dont le principal attrait demeure la brillante performance du britannique Tom Hiddleston, dont on se souviendra de son jeu énigmatique et vigoureux dans Only Lovers Left Alive du rare Jim Jarmusch.

Dans la peau de Hank Williams, une des légendes du country, Williams se plie aux exigences d’un rôle complexe aux multiples facettes psychologiques. Adaptation de la biographie Hank Williams: A Biography, de Colin Scott, en collaboration avec George Merritt et William MacEwen, I Saw the Light privilégie largement la vie sentimentale de Wiliams, au détriment de sa brève carrière professionnelle. La reconstitution d’époque fonctionne cependant adroitement grâce aux décors de Merideth Boswell et à la direction artistique de Rob Simons. Si la mise en scène semble parfois éclatée et le montage trop rapide, force est de souligner que le film, dans son ensemble, ne suscite guère l’ennui.

Le rapport oedipien entre Hank et sa mère possessive (très solide Lillie Williams) est évident, mais illustré avec finesse et subtilité. Il en résulte une biographie qui sans doute ne nous apprend rien sur la vie tumultueuse du chanteur, mais reste néanmoins une sincère tentative d’accentuer la légende.

Sortie : vendredi 8 avril 2016
V.o. : anglais

Genre :  DRAME BIOGRAPHIQUE – Origine :  États-Unis  –  Année :  2015 – Durée :  2 h 04  – Réal. : Marc Abraham – Int. : Tom Hiddleston, Elizabeth Olsen, David Krumholtz, Bradley Whitford, Cherry James, Maddie Hasson –  Dist. / Contact : Métropole.
Horaires :  @  Cineplex

CLASSEMENT
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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