En salle

Fan

15 avril 2016

RÉSUMÉ SUCCINCT
Gaurav est un jeune fan inconditionnel de Aryan Khanna, grande vedette à Bollywood. Les choses se compliquent lorsque l’admirateur dépasse les limites de l’entendement.

Fan

CRITIQUE
★★★ ½
Texte : Élie Castiel

DERRIÈRE LE MIROIR SANS TAIN

Des quatre longs métrages de Maneesh Sharma, entre autres, les ravissants Ladies vs. Ricky Ball (2011) et Shuddh Desi Romance (2013), Fan demeure le plus abouti. Non pas parce que la grande vedette Shah Rukh Khan défend admirablement bien deux rôles exigeants, mais surtout parce le thème a été rarement abordé dans le cinéma bollywoodien.

Classé comme le pays produisant le plus de films par année, l’Inde a su inventer une industrie où l’engouement du public envers ses stars atteint souvent le statut d’idolâtrie. Sans doute parce que la misère quotidienne des moins nantis et les tracas d’une nouvelle bourgeoisie de plus en plus croissante sont oubliés dans ces longs métrages où rêve et réalité se côtoient avec une intense fébrilité.

Entre le fan et la vedette, une sorte de miroir,
de reflet rétroviseur d’où jaillissent des éclats, des
rapprochements aussi bien que, malgré les apparences,
d’inquiétants paradoxes sur la nature humaine.

Mais au cours des quelques dernières années, les cinéastes de ce marché se socialisent et se politisent, essayant d’illustrer les maux qui paralysent régulièrement le pays. Dans Fan, le phénomène de l’attrait maladif de certains individus envers telles ou telles vedettes se transforme en un film poursuite d’où ressortent certains thèmes fort intéressants : culte de la beauté et du corps parfait masculins, recherche de la gloire immédiate, quête d’identité par le biais d’indentification à un plus grand que soi, rupture des barrières entre le commun des mortels et les tout-puissants.

Entre le fan et la vedette, une sorte de miroir, de reflet rétroviseur d’où jaillissent des éclats, des rapprochements aussi bien que, malgré les apparences, d’inquiétants paradoxes sur la nature humaine.

La satire est féroce, la fable doublement incendiaire, l’ensemble n’est pas exempt de petites faiblessses, quoique sans importance, mais le rythme, le montage, le suspense, les faux mouvements intentionnels, le jeu remarquable des interprètes, particulièrement Khan et la mise en abyme entre la réalité et la fiction font de ce film, jusqu’à présent, l’une des plus belles propositions de l’année en ce qui a trait au cinéma bollywoodien.

Sortie : vendredi 15 avril 2016
V.o. : hindi
S.-t.a. : Fan

Genre :  THRILLER PSYCHOLOGIQUE – Origine :  Inde  –  Année :  2016 – Durée :  2 h 22 – Réal. : Maneesh Sharma – Int. : Shah Rukh Khan, Joelle Koissi, Mariola Jaworska, Frarah Ahmed, Paul Blackwell, Halima Nagori –  Dist. / Contact : Imtiaz Mastan.
Horaires :  @  Cineplex

CLASSEMENT
En attente

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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Made in France

RÉSUMÉ SUCCINCT
Sam, journaliste français né d’un père algérien, fréquente incognito une mosquée clandestine de la région parisienne. Cette incursion au sein d’une frange de l’islam guidée par un imam radical lui permet de nouer des liens avec trois jeunes hommes, Youssef (né Christophe), Sidi et Driss. Ces derniers attendent avec impatience le retour de Hassan, leur leader parti s’entraîner pour le djihad dans un camp au Pakistan.

Made in France

CRITIQUE
★★★  ½
Texte : Élie Castiel

LES RAISONS ILLUSOIRES DE LA COLÈRE

C’est avec Le convoyeur (2004) que Nicolas Boukhrief se fait connaître au Québec ; film de genre assez réussi dans un contexte de cinéma hexagonal, à l’époque, plutôt frileux. Changement de registre avec Made in France, où la montée du djidahisme n’est pas tant la trame narrative principale, mais le point autour duquel se construit l’idéologie de la terreur, au nom d’une fausse vision de la religion.

Contrairement à La désintégration, le très beau film de Philippe Faucon, axé sur la parole, celui de Boukhrief opte pour le polar auquel il administre une dose de psycho-politique fort bien dosée.  Pour le cinéaste, l’affaire Merah constitue l’élément déclencheur à la réalisation du film, une fiction plausible. Si le cinéaste évite le message, il n’en demeure pas moins qu’il se dégage de l’ensemble l’idée selon laquelle la société se doit de comprendre les raisons pour tous ces actes terroristes : Français issus de l’immigration considérés comme des citoyens de seconde zone ; racisme et xénophobie exarcerbée de la société française ; avancée du Front National. La banlieue est le terrain de prédilection pour attirer les nouveax adhérents à cette guerre d’idéaux déformés. L’Islam radical est montré dans sa facette la plus sombre, et ce n’est que par la parole qu’une caméra tournant autour des protagonistes se permet d’en retirer ses enjeux les plus sombres.

Contrairement à La désintégration, le très beau film de
Philippe Faucon, axé sur la parole, celui de Boukhrief opte
pour le polar auquel il administre une dose de psycho-politique
fort bien dosée.  Pour le cinéaste, l’affaire Merah constitue
l’élément déclencheur à la réalisation du film, une fiction plausible.

Cinq personnages en quête d’attentat  et qui, par le biais d’Internet, prison et autres espaces virtuels marginaux, organisent tout un programme pour destabiliser l’ordre établi. Il y a Hassan, ayant été formé au Pakistan, Driss, convaincu de la validité de la cause, Christophe, issu d’une famille catholique qui voit en l’Islam intransigeant l’occasion de quitter son milieu bourgeois. Et Sidi, qui ne pense qu’à l’adrénaline que procure l’accomplissement de l’acte irréversible. Finalement, Sam, l’enquêteur qui réussit à se faufiler dans ce filet dangereux.

Ce que montre Boukhrief est bel est bien que très souvent, les nouveaux adhérents à ces groupuscules de la terreur sont des humains avant tout et que leur vision détournée de la réalité les pousse à combattre la vie, au profit de la mort, pour des idéaux qu’ils ne comprennent pas tout à fait.

Contrairement au film de Faucon, celui de Boukhrief est plus centré sur la corporalité autant que sur la parole. Le corps n’est plus une masse physique, mais une bombe à retardement prête à exploser. Par la préparation de l’acte, la charpente humaine se métamorphose selon les décisions et les mots prononcés. La réalité est estropiée, laissant la place à une relation bestiale et désordonnée entre le corps et l’esprit.

Ce féroce rapport complice est évident dans Made in France, titre intentionnellement en anglais pour signifier que ces actes peuvent avoir lieu partout, comme c’est le cas d’ailleurs si l’on en juge par les événements récents. Avec le recul, on s’aperçoit que la lutte n’est pas finie. C’est là où réside le « nouveau désordre mondial ». Le côté spectaculaire du film se concrétise ainsi par tous ces ingrédients de mise en scène que Nicolas Boukhrief arrive brillamment à enclencher.

Sortie : vendredi 15 avril 2016
V.o. : français

Genre :  SUSPENSE – Origine :  France  –  Année :  2014 – Durée :  1 h 30  – Réal. : Nicolas Boukhrief – Int. : Malik Zidi, Dimitri Storoge, François Civil, Nassim Si Ahmed, Naila Harzoune –  Dist. / Contact :  Axia.
Horaires :  @  Beaubien Cineplex

CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans
(Violence)

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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Man Vs.

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans le cadre d’un reportage pour une série diffusée sur Internet, Doug doit survivre durant cinq jours, sans vivres, ni soutien technique, dans une région isolée du Nord canadien.

SANS
COMMENTAIRES

Sortie : vendredi 15 avril 2016
V.o. : anglais

Genre :  SUSPENSE D’ÉPOUVANTE – Origine :  États-Unis  –  Année :  2014 – Durée :  1 h 24 – Réal. : Adam Massey – Int. : Jake Chris Diamantopoulos, Chloe Bradt, Michael Cram, Kelly Fanson, Alex Karzis, Drew Nelson –  Dist. / Contact : Séville.
Horaires :  @  Dollar Cinema

CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans
(Horreur)

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Miles Ahead

RÉSUMÉ SUCCINCT
À la suite du vol d’un de ses enregistrements, le célèbre Miles Davis prend une pause dans sa carrière.

LE FILM DE LA SEMAINE
Prix « Directors to Watch / Cinéastes à surveiller »

Palm Springs International Film Festival 2016

Miles Ahead_En salle

CRITIQUE
★★★★
Texte : Élie Castiel

LE MYTHE RÉINVENTÉ

Le premier long métrage du talentueux comédien Don Cheadle, suite à la signature de trois épisodes de téléséries, confirme l’originalité de la mise en scène, totale, tourmentée, volontairement dispersée, nerveuse, reniant totalement la linéarité du récit comme s’il s’agissait d’un acte de soumission face à l’industrie, préférant se doter d’une liberté d’action et de mouvement au profit de la créativité.

Et pourtant, il se dégage de Miles Ahead, titre on ne peut plus significatif (À des miles de Davis ou encore Loin de Davis) un romantisme suranné qui, par le biais de trouvailles techniques inusitées, dont certaines par contre prises d’ailleurs, soumettent le spectateur à une véritable traversée du désert cinématographiques où se dressent régulièrement des oasis d’inventions. Cheadle n’a pas froid au yeux ; il bouscule les conventions, savoure ces moments de pur cinéma, insiste pour déconstruire la légende, refaire le mythe. Et il n’hésite pas à se donner le rôle principal d’où on s’aperçoit dès le début qu’il va constamment illuminer l’écran. Il se l’approprie et se confond en lui, et de là jaillit un sain équilibre entre la réalité et la fiction.

Car Miles Ahead est aussi un film sur la notion de fiction, sur ce qu’on peut se permettre d’inventer, quitte à déformer la réalité. Le film montre jusqu’à quel point, avec le passage du temps, le passé n’est plus la même. Il se métamorphose, ne laissant que de vagues indices sur son passage.

… c’est la forme que privilégie Cheadle, puisant
ses sources dans les vieux classiques américains,
leur rendant un hommage sincère et privilégié, faisant
de son premier film une œuvre incandescente qui
confirme déjà la naissance d’un nouveau réalisateur…

Dire que tout le récit est inventé serait un pari perdu puisqu’à partir de quelques événements de la vie de Miles Davis, le cinéaste construit une fiction de toute pièce, inventant même un autre personnage saisissant dans son mélange de candeur et de cupidité, mais n’ayant pas existé, celui de Dave Brill, sorte de mélange de plusieurs  journalistes ayant tourné autour de Davis. Dans ce rôle, Ewan McGregor brille tout simplement. Et puis, un épisode où tout semble vrai : sa relation houleuse avec sa femme, Frances Taylor (excellente Emayatzi Corinealdi), sorte de muse qu’il ne parvient tout de même pas à totalement posséder.

Si le récit a lieu particulièrement en 1979, les décennies antérieures se juxtaposent aux Seventies, formant un kaléidoscope surréaliste qui loin de désorienter, séduit le spectateur au plus haut point, le sommant de respecter l’acte de création.

Car c’est la forme que privilégie Cheadle, puisant ses sources dans les vieux classiques américains, leur rendant un hommage sincère et privilégié, faisant de son premier film une œuvre incandescente qui confirme déjà la naissance d’un nouveau réalisateur, sans laisser pour autant tomber son métier de comédien. Du moins, nous l’espérons.

Sortie : vendredi 15 avril 2016
V.o. : anglais

Genre :  DRAME BIOGRAPHIQUE – Origine :  États-Unis  –  Année :  2015 – Durée :  1 h 41  – Réal. : Don Cheadle – Int. : Don Cheadle, Ewan McGregor, Emayatzu Corinealdi, Lakeith Lee Stanfield, Michael Stuhlbarg, Christina Karis –  Dist. / Contact : Métropole.
Horaires :  @  Cineplex

CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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Mon roi

RÉSUMÉ SUCCINCT
Lors d’une descente de ski, Tony se blesse au genou. Pendant sa réadaptation, elle se remémore son passé, particulièrement en ce qui a trait à sa vie amoureuse.

Mon roi

EN QUELQUES MOTS
★★★ 
Texte : Luc Chaput

Des histoires d’amour compliquées tournant au drame ou à une fin plus heureuse, le cinéma français nous en a donné beaucoup et pour certains cinéphiles étrangers, le French Lover fait partie des clichés habituels avec la baguette et la Gitane. La réalisatrice Maïwenn donne à sa coscénariste et actrice de Polisse un rôle qui lui permet de passer par toutes les gammes des émotions et l’actrice en fait quelquefois beaucoup, ce qui lui a peut-être permis de gagner l’an dernier le Prix d’interprétation à Cannes.

Abattue au début après son accident de ski, l’avocate Tony se remémore les divers épisodes de sa passion avec un restaurateur joué avec fougue par Vincent Cassel. Le niveau sonore et émotif de plusieurs de leurs rencontres est d’élevé à tonitruant. Le scénario coécrit par Étienne Comar oppose la reconstruction de son genou dans un environnement hospitalier plus ensoleillé à une vie quotidienne où les découvertes oscillent entre joies et peines. La réalisatrice a aussi tendance à rajouter diverses variations qui rallongent trop le propos. Certains ont parlé de Georgio comme d’un pervers narcissique mais je laisse aux experts le soin de trancher. En tout cas, le monde décrit par Maïwenn dans ce film a tendance à se regarder dans le miroir contrairement à celui de Polisse plus ouvert aux autres.

Sortie : vendredi 15 avril 2016
V.o. : français

Genre :  DRAME – Origine :  France  –  Année :  2015 – Durée :  2 h 05  – Réal. : Maïwenn – Int. : Emmanuelle Bercot, Vincent Cassel, Isild Le Besco, Louis Garrel, Chrystèle Saint-Louis Augustin, Yann Goven –  Dist. / Contact : Séville.
Horaires :  @  Beaubien Cineplex

CLASSEMENT
Tout public
(Déconseillé aux jeunes enfants)

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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Regression

RÉSUMÉ SUCCINCT
Hoyer, Minnesota, 1990. John Gray se rend au poste de police et avoue avoir violé sa fille, Angela. L’inspecteur Bruce Kenner l’interroge sur les circonstances de cette agression, mais John ne se souvient de rien.

Regression

EN QUELQUES MOTS
★★★
Texte : Élie Castiel

Le récit s’inspire d’une histoire vraie ayant eu lieu aux États-Unis au cours des années 80 et 90. Jadis plus inspiré, Alejandro Amenábar n’en demeure pas moins efficace dans ce thriller-suspense appréciable et d’une certaine façon, raffiné sur le plan esthétique. D’une part, parce qu’il laisse les spectateurs constamment à l’affût ; d’autre part parce qu’il réussit à créer un univers cinématographie non dénué d’orginalité : atmosphère inquiétante, éclairages assombris, personnages taciturnes, perdus dans un univers dont ils ne saisissent pas les véritables codes.

Le cinéaste de The Others, très beau film dans le genre fantastique, laisse ici des traces de ce film, mêlant les genres, proposant des voies à sens contraires, déroutant ainsi les spectateurs qui ne se retrouvent plus.

Rêve lugubre et réalité altérée se confondent avec maestria, ce qui a pour but de rendre l’ensemble un tant soit peu singulier. Ethan Hawke, à la fois puissant et vulnérable, réussit un tour de force. Le Québécois Lothaire Bluteau, très rare de nos jours, incarne avec panache un personnage de révérend plutôt mystérieux. Qui est le coupable ? Que s’’est-il vraiment passé ? A-t-on affaire à une secte satanique ? Entre l’imaginaire et la fiction, entre agression et fragilité, entre innocence et culpabilité, Amenábar amalgame les pistes et parvient à une proposition tout à fait séduisante.

Sortie : vendredi 15 avril 2016
V.o. :  anglais
Autre titre original : Regresión

Genre :  SUSPENSE – Origine :  Espagne / Canada  –  Année :  2015 – Durée :  1 h 46  – Réal. : Alejandro Amenábar – Int. : Ethan Hawke, Emma Watson, David Thewlis, Lothaire Bluteau, David Dencick, Dale Dickey –  Dist. / Contact : Remstar.
Horaires :  @  Cineplex

CLASSEMENT
Interdit aux moins d 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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Sleeping Giant

RÉSUMÉ SUCCINCT
Adam, adolescent tranquille, passe l’été avec ses parents au bord du vaste Lac Supérieur.. Sa routine se brise quand il se lie d’amitié avec Riley et Nate, deux cousins qui jouent aux petits malins en passant leur temps libre à faire les quatre cents coups.

Sleeping Giant

EN QUELQUES MOTS
★★★ ½
Texte : Charles-Henri Ramond

Un été chaud, trois jeunes, des petites rapines avec un cart de golf emprunté. L’insouciance. Et les parents, avec leurs mystères, leur monde encore inconnu, fait de cachoteries et de mensonges. À l’instar de bien d’autres œuvres québécoises et canadiennes récentes, Sleeping Giant relate, le temps de vacances scolaires, la difficile rencontre de ces univers, dans une histoire qui n’est pas sans rappeler le douloureux 1er amour de Guillaume Sylvestre sorti en salles il y a deux ans exactement. Mais tandis que le cinéaste québécois sombrait corps et âme dans le vulgaire d’une relation sexuelle ambigüe, Cividino choisit pour sa part la légèreté et la sensibilité dans son approche du monde adolescent.

Au croisement de ces deux univers, une zone d’exclusion dans laquelle tous les possibles peuvent surgir. Ici, ce sera après un repas arrosé de faux-semblants et d’engueulade que la révélation prendra forme, et ira se nicher tout en haut d’un rocher abrupt, le Sleeping Giant, une longue formation rocheuse située sur les rives du Lac Supérieur. Même si elle est évidente, la métaphore du saut dans le vide de ces trois jeunes offre une résonnance adroite au monde adulte.

Cividino, qui reprend le thème de son court métrage acclamé portant le même titre, parvient à illustrer savamment ce coming-of-age brutal, aidé en cela par une photographie lumineuse et une trame sonore exquise. Son regard ne manque pas d’émerveillement face à la lucidité de ces jeunes, leur violence aussi, mais sait aussi être un scrutateur attentif de ces moments complexes de l’âge ingrat. Un premier long métrage prometteur à n’en pas douter.

Sortie : vendredi 15 avril 2016
V.o. :  anglais

Genre :  DRAME – Origine : Canada – Année :  2015 – Durée :  1 h 30  – Réal. : Andew Cividino – Int. : Jackson Martin, Erika Brodzky, Nick Serino, Kathlyn McKarracher, Reece Moffett, David Disher –  Dist. / Contact :  Séville.
Horaires :  @  Cineplex

CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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