En salle

Volver a Cuba

12 mai 2016

RÉSUMÉ SUCCINCT
Cuba, 1996. Barbara Ramos quitte Santa Clara et s’installe en Italie où elle espère une vie meilleure. Dix-huit ans plus tard, le mal du pays a eu raison d’elle et Barbara revient sur son île pour s’y établir définitivement. Un cinéaste québécois suit son parcours sur une période de trois ans.

Return to Cuba

EN QUELQUES MOTS
★★
Texte : Charles-Henri Ramond 

Filmé sur une période de plusieurs années à la manière d’un carnet de voyage personnel, Volver à Cuba nous transporte à Santa Clara, ville importante du centre de l’île, pour nous faire découvrir les prémisses du renouveau libéral entrepris depuis quelques années à peine par ce pays encore fortement marqué par une histoire mouvementée. Accès à la propriété privée, libre entreprise, relâchement des codes moraux, la nouvelle réalité sociale et économique de Cuba nous est dépeinte par l’entremise du retour en sol natal de Barbara, après un exil de 18 ans en Italie.

Malgré l’attrait initial du sujet, le film souffre de plusieurs baisses d’intérêt, dues à la profondeur inégale des témoignages et à l’incertitude du propos, mêlant portrait de famille, volonté de démystifier les stéréotypes entourant le peuple cubain, et nécessité de documenter les conditions économiques précaires dans lesquelles se débat encore le pays.

Même si de beaux plans d’ensemble l’éloignent de l’image d’Épinal, le style de cette production indépendante ne se démarque guère du reportage télévisé. À preuve l’ajout de chapitres inutiles, d’intertitres et de sous-titres explicatifs, comme si le réalisateur n’osait pas laisser parler ses images. Décevant sur la forme, incertain sur le fond, Volver à Cuba offre malgré tout un regard original sur la réalité d’un pays plus imaginé que connu.

Sortie : vendredi 13 mai 2016
Version originale : espagnol
Sous-titres : français
Retour à Cuba
Sous-titres : anglais
Return to Cuba

Genre :  DOCUMENTAIRE – Origine :  Canada [Québec] –  Année :  2016 – Durée :  1 h 19  – Réal. : David Fabrega  –  Dist. / Contact : Les Films d’aujourd’hui.
Horaires :  @  Beaubien / Cinéma du Parc

CLASSEMENT
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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Au plus près du soleil

5 mai 2016

RÉSUMÉ SUCCINCT
En enquêtant sur une affaire, Sophie, juge d’instruction, découvre que sa prévenue est la mère biologique de l’enfant qu’elle a adopté.

Au plus près du soleil

EN QUELQUES MOTS
★★★
Texte : Élie Castiel

Le côté ensoleillé de la France méridionale se juxtapose paradoxalement à l’intrigue compliquée du film, une histoire familiale où l’inceste qu’on voit venir se consomme avec une finesse exemplaire. Cinéaste français né au Maroc, Yves Angelo a réussi de nombreuses directions photo en plus de réaliser pour la télévision et pour le cinéma. On se souviendra, entre autres du Colonel Chabert (1994) et Les âmes grises (2005), deux succès d’estime bien accueillis par la critique. Suite

Belles familles

RÉSUMÉ SUCCINCT
Avant de se rendre à Londres pour signer un contrat, un homme d’affaires décide de rendre visite à sa famille en France. Ce séjour sera l’occasion de découvrir certaines vérités.

Belles familles

EN QUELQUES MOTS
★★ 

Après douze ans d’absence au cinéma, Jean-Paul Rappeneau revient avec Belles familles, une comédie aux accents de théâtre de boulevard dans laquelle un héritage familial devient le révélateur de mensonges longtemps refoulés. En filigrane d’un scénario déjà vu, il est question d’une certaine idée de la France, bourgeoise et régionaliste, prise en tenailles entre la corruption des élus locaux et les petites manigances des promoteurs immobiliers. Outre le fait que son histoire est rendue inutilement complexe, la direction d’acteurs aléatoire laisse le champ libre à des dérapages vaudevillesques incontrôlés, au moins dans une première partie débridée mais peu convaincante.

Les choses se replacent dans la seconde moitié du film, plus resserrée et moins grandiloquente. Mathieu Amalric trouve alors une belle occasion de se mettre en valeur avec un personnage torturé par la culpabilité, incapable de résoudre une situation qu’il a trop longtemps ignoré. Critique sur son époque, le réalisateur démontre que malgré son grand âge il a su conserver un bon sens du rythme, mais avoue aussi que son style suranné a bien du mal à résister à l’usure du temps.  À 83 ans, c’est donc sur un mode mineur que Jean-Paul Rappeneau marque sa fin de parcours d’honnête artisan, dont le principal fait d’armes aura été de populariser le Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand.

Sortie : vendredi 6 mai 2016
V.o. : français

Genre :  COMÉDIE DRAMATIQUE – Origine :  France  –  Année :  2014 – Durée :  1 h 53 – Réal. : Jean-Paul Rappeneau – Int. : Mathieu Amalric, Marine Vacth, Gilles Lellouche, Karin Viard, Nicole Garcia, Guillaume de Tonquédec  –  Dist. / Contact : Axia.
Horaires :  @  Beaubien / Cineplex

CLASSEMENT
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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Captain America: Civil War

RÉSUMÉ SUCCINCT
Après une intervention à Lagos, au Nigeria, les instances gouvernementales proposent d’encadrer les actions des Avengers. À leur tête, Steve Rogers, alias Captain America, refuse d’abandonner cette indépendance si chère au groupe, elle seule pouvant être garante d’une justice désintéressée et d’une véritable protection de la population.

Captain America_Civil War

CRITIQUE
★★★
Texte : Luc Chaput

BATAILLE HYPERBOLIQUE

Pour cet opus de leur longue série de films annoncés pour plusieurs années encore, la société Marvel, dans sa division cinéma, réunit deux de ses franchises les plus importantes Captain America et Iron Man pour les confronter dans une bataille de titans dont l’issue est malgré tout prévisible puisqu’une telle organisation ne peut jeter aux orties un de ses personnages iconiques.

Le point de départ a l’avantage de poser des questions sur l’emploi de la force excessive par des gendarmes internationaux qui ne sont pas soumis au diktat par exemple du Conseil de sécurité de l’ONU (voir la Syrie aujourd’hui). L’opposition Captain et Iron se double d’une autre guerre fraternelle puisque Bucky Barnes, le soldat d’hiver, crée des problèmes au Captain Rogers dont il a naguère sauvé la vie.

Les frères réalisateurs Anthony et Joe Russo avaient d’ailleurs auparavant été à la barre du numéro de la série Captain America: Winter Soldier. L’introduction du principal vilain prend un certain temps à prendre place et l’acteur allemand Daniel Bruhl se démène le mieux qu’il peut avec un personnage encore une fois mû par la vengeance. L’action du film, scénarisé par Christopher Markus et Stephen McFeely, se déplace allègrement dans diverses régions du globe détruisant à qui mieux mieux d’autres infrastructures. Des personnages secondaires de l’écurie Marvel tels Ant-Man sont enrégimentés dans un combat trop long dans un aéroport allemand où une nouvelle version de Spider-Man, au caractère enquiquineur, vient faire son tour de piste et repart, étant rajeuni pour de nouvelles aventures à venir.

La dernière partie sibérienne, après de nombreux combats d’un héroïsme sur stéroïdes électroniques, se termine comme l’on pouvait s’y attendre. Seul. les problèmes d’un combattant gravement blessé jettent un peu de réalisme sur cet épisode boursouflé.

Sortie : vendredi 6 mai 2016
V.o. : anglais / V.f.
Capitaine America : La guerre civile

 

Genre :  AVENTURES DE SCIENCE-FICTION – Origine :  États-Unis  –  Année :  2016 – Durée :  2h 28 – Réal. : Anthony Russo, Joe Russo – Int. : Chris Evans, Robert Downey Jr., Scarlet Johansson, Sebastian Stan, Anthony Mackie, Jeremy Renner –  Dist. / Contact : Buena Vista.
Horaires :  @  Cineplex

CLASSEMENT
Tout public
(Déconseillé aux jeunes enfants)

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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Green Room

RÉSUMÉ SUCCINCT
Au terme d’une tournée désastreuse, le groupe de punk rock The Ain’t Rights accepte au pied levé de donner un dernier concert au fin fond de l’Oregon pour finalement se retrouver à la merci d’un gang de skinheads particulièrement violents.

Green Room

L’EAU À LA BOUCHE
★★★★ 
Texte : Pascal Grenier

De nombreuses trouvailles visuelles enrichissent ce suspense tendu et viscéral à souhait. Le réalisateur cultive un goût prononcé pour l’ultraviolence qu’il exploite de manière parfaitement contrôlée où personne ou presque n’est épargné.

Plus inquiétant et effrayant que la majorité des films d’horreur oserait même espérer, Green Room s’inspire de l’adage voulant que le tort de ce quatuor soit de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Il repousse les limites du film de survie (un peu comme Straw Dogs de Peckinpah à son époque) dans ce huis clos anxiogène qui prend aux tripes dès le départ sans jamais lâcher prise par la suite.

Critique intégrale
Séquences
Nº 303
(Juillet-Août 2016)
À paraître en juillet 2016

Sortie : vendredi 6 mai 2016
V.o. : anglais

Genre :  SUSPENSE – Origine :  États-Unis  –  Année :  2015 – Durée :  1 h 35 – Réal. : Jeremy Saulnier – Int. : Anton Yelchin, Imogen Poots, Patrick Stewart, Alia Shawkat, Macon Blair, Joe Cole  –  Dist. / Contact : Séville.
Horaires :  @  Cineplex / Cinéma du Parc

CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans
(Violence)

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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Just the 3 of Us

RÉSUMÉ SUCCINCT
Uno et CJ sont à l’opposé l’un de l’autre. Cet homme et cette femme vont pourtant vivre une histoire d’amour au cours d’une nuit qui changera leur vie.

SANS
COMMENTAIRES

Sortie : vendredi 6 mai 2016
V.o. : anglais, tagalog, filipino / S.-t.a.
Just the 3 of Us

Genre :  COMÉDIE ROMANTIQUE – Origine :  Philippines –  Année :  2016 – Durée :  2 h 01  – Réal. : Cathy Garcia-Molina – Int. : John Lloyd Cruz, Jennylyn Mercado, Richard Yap, Joel Torre, Maria Isabel Lopez, Joem Bascon –  Dist. / Contact : A-Z Films.
Horaires :  @  Cineplex

CLASSEMENT
Tout public

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Les vaillants

RÉSUMÉ SUCCINCT
Le cinéaste Pascal Sanchez installe sa caméra au cœur d’un complexe d’habitations à loyer modique dans le quartier Saint-Michel, témoignant ainsi des défis quotidiens relevés par une communauté multiethnique défavorisée, aidée par des associations et des bénévoles particulièrement dévoués.

Les vaillants_En salle

LE FILM
DE LA SEMAINE
★★★★
Texte : Charles-Henri Ramond

LE DESSOUS DE L’ENTRAIDE

À Montréal dans le quartier St-Michel, au cœur du HLM St-Michel Nord, Les vaillants nous offre un regard intimiste et contemplatif sur l’implication des bénévoles et des intervenants de diverses associations locales, telles que Mon Resto, la Maison des jeunes ou la Petite maison. Capter l’âme et la vie d’un quartier d’une métropole n’est pas chose aisée, surtout si le lieu en question charrie déjà avec lui un lot important d’images, de mots et de visions documentaires, plus souvent qu’autrement négatives. L’Est de la ville de Montréal est de ceux-là. Surtout montré par le biais d’actualités télévisées, alarmistes ou sensationnalistes, ce coin de l’Île tant décrié a déjà fait couler beaucoup d’encre. Peut-il encore nous fasciner ? Avec Les vaillants, Pascal Sanchez apporte la plus belle des affirmatives.

Ouvert et sensible, Sanchez fait une entière confiance
en son art et laisse parler ses images, qui, dénuées de tout
interventionnisme, portent en elles une forte valeur informative.

Tourné au rythme des saisons autour de quelques lieux emblématiques du quartier, le réalisateur, auteur du remarqué La reine malade (2010), offre un visage concret à celles et ceux qui apportent au quotidien entraide et solidarité aux résidents. Ils s’appellent Monique, Ginette, Élisabeth, José ou Monsieur Francis. On les suit dans leurs activités, leurs réunions, leurs moments de détente, mais aussi leurs interrogations sur l’avenir. On y ressent la solitude, le doute, mais aussi et surtout la joie d’aider, l’empathie et la détermination. Une force calme, aimante envers autrui qui font de ces tranches de vies positives et encourageantes une mosaïque emballante sur ce que l’humain sait faire de mieux dans des conditions difficiles.

Ouvert et sensible, Sanchez fait une entière confiance en son art. Sans ajouter de commentaires superflus, sans poser de questions, sans forcer l’harmonie. Il laisse parler la simplicité de ses images, qui, même dénuées de tout interventionnisme, n’en portent pas moins une forte valeur informative. Il utilise à merveille les profondeurs de champ, nous forçant à porter notre regard au-delà du cadre, à voir l’arbre dans la cour, la fenêtre au fond du couloir… et pourquoi pas la lumière au bout du tunnel.

Plans fixes, scènes de la vie courante et une indéniable volonté de ne pas verser dans le sentimentalisme sont de mise ici. La scène la plus émouvante (les adieux de Yimga) étant d’ailleurs presque banalement insérée au milieu du film, parce que malgré ce départ important, la vie doit continuer et parce que le combat n’est jamais fini. Mais aussi parce que le film ne veut pas utiliser cette scène pour nous rallier à sa cause. La forme est plus que convaincante. Elle rappelle les Depardon, Marker ou Philibert. L’action y est resserrée et le propos ne se disperse pas. De belles trouvailles agrémentent en outre le film, telles les notes de tournage de début de générique, ou le judicieux lien qui s’opère entre le titre du film inséré avant le générique de fin, juste après que nous ayons vu à l’écran les acteurs principaux du film. Avec ce très beau documentaire, Pascal Sanchez a placé la barre haute.

Sortie : vendredi 6 mai 2016
V.o. : français

Genre :  DOCUMENTAIRE SOCIAL – Origine :  Canada [Québec]  –  Année :  2015 – Durée :  1 h 19  – Réal. : Pascal Sanchez –  Dist. / Contact :  Les Films du 3 mars.
Horaires :  @  Cinémathèque québécoise

CLASSEMENT
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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