En couverture

Propagande et animation

1er juillet 2010

Petits bonhommes et idéologies

Luc Chaput

Le dessin animé, et plus généralement l’animation, a été pendant longtemps considéré comme une partie négligeable du cinéma, car réservée aux enfants. Les Mickey, Tom et Jerry, Félix, et autres Bugs Bunny étaient regardés de haut. Pourtant, depuis les débuts du cinéma, l’animation avait souvent été employée pour divertir ou éduquer les adultes, et ce, même à des fins de propagande.

En 1918, l’Américain Winsor McKay sort The Sinking of the Lusitania sur le torpillage du paquebot qui fut une des causes de l’entrée en guerre des États-Unis aux cotés des Alliés. Durant onze minutes, le film rappelle cet événement par le biais d’un témoin important, le journaliste américain Augustus Beach. L’ampleur de la catastrophe est soulignée à la fois par le nombre de morts et la célébrité de certaines des victimes. En Union soviétique, durant la NEP (Nouvelle Politique économique), Dziga Vertov critique les travers des nouveaux riches dans Sovietskie igrushki (Jouets soviétiques, 1924), où le parti communiste apparaît comme un rempart contre les dérives. L’animation est donc employée là comme le cinéma en général, comme moyen d’endoctrinement. Les États-Unis sont vus par l’État soviétique comme un des ennemis primordiaux et le voyage de Vladimir Maïakovski à Cuba dans les années 30 est source de nombreux écrits, dont un poème, « Noir et Blanc », qu’il illustre de dessins, sur le racisme blanc contre les Noirs dans les plantations américaines de canne à sucre dans cette île des Caraïbes. Les dessins et le poème sont ensuite transformés par Leonid Amalrik et Ivan Ivanov-Vano en un pamphlet très dur sur cet aspect abject de la culture américaine d’alors.

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Cinéphiles francophones cherchent salles de cinéma

10 juin 2010

Élie Castiel

Dans un communiqué daté du 9 juin 2010, les membres1 du Regroupement des distributeurs indépendants de films du Québec déplorent la politique gouvernementale en ce qui a trait au manque de salles diffusant du cinéma québécois, du documentaire, des films étrangers, et particulièrement de qualité.

Sur ce plan, le complexe AMC Forum 22 fait un travail remarquable, mais du côté anglophone, puisque tous les films étrangers qui y sont présentés le sont dans leurs versions originales, sous-titrées en anglais.

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Combat

14 mai 2010

Élie Castiel (rédacteur en chef)

À propos du décès de Marcel Simard, l’éditorialiste Marie-Andrée Chouinard du Devoir lançait un cri d’alarme dans l’édition du 10 mars 2010. Lorsqu’elle déclare que « ces départs volontaires, dans toute leur brutalité, ne lèguent que des questions sans écho », c’est tout un système qui est remis en question.

Love-moi — une des fictions de Marcel Simard

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Haïti… ma douleur

23 avril 2010

Élie Castiel | Rédacteur en chef

Les images en mouvement sur la catastrophe haïtienne ont été véhiculées au petit écran uniquement. Fort heureusement d’ailleurs. Si nous prenons partie d’en parler malgrè le fait que nous soyions une revue de cinéma, c’est d’autant plus choquant que ces images de la douleur, du désespoir, de la souffrance et de la peur s’entremêlent quotidiennement à celles de l’espoir et de la perennité de la position philosophique qu’est l’humanisme.

Anderson Cooper de CNN en Haïti après le séisme

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Coup de cœur | LUCIDITÉ PASSAGÈRE de Fabrice Barrilliet, Nicolas Bolduc, Julien Knafo et Marie-Hélène Panisset

19 mars 2010

Il s’agit tout d’abord d’un premier long métrage collectif dont on sent la passion du cinéma qui anime les quatre réalisateurs. En fins observateurs du quotidien, ils nous offrent une brillante comédie de mœurs urbaine, moderne, au diapason de son époque. Il y a un peu de Trogi dans Lucidité passagère, son dynamisme, sa verve, son sens de la répartie, son cynisme approprié.

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Jim Jarmusch | Filmer la marginalité

27 février 2010

Pour une éthique de la différence

Il n’y a pas d’exceptions, pas plus qu’il n’y a de compromis chez Jim Jarmusch : son corpus n’a jamais cessé de réfléchir les questions de marginalité et de pluralisme. « L’univers n’a ni frontières ni centre », répèteront plusieurs personnages de The Limits of Control, son tout dernier métrage. Avec cet aphorisme, le cinéaste rappelle sa conception résolument punk du monde et du cinéma. Examen d’une éthique de la différence.

Dominic Bouchard

Issu de la scène new-wave et punk new-yorkaise de la fin des années 1970 et du début des années 1980, Jarmusch est fortement influencé par les courants intellectuels de son époque, celle des post-. Plusieurs l’ont souligné, cette génération accorde une importance croissante aux nouvelles identités sociales ; amorce un révisionnisme culturel intense ; discrédite les métarécits ; brouille les frontières entre la culture de masse et la culture élitiste ; célèbre l’arrivée des idées mineures dans le débat public. Bref, elle se méfie des positions universalisantes qui font abstraction du pluralisme constitutif de toutes sociétés ; pluralisme que les films de Jarmusch ont toujours su défendre.

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Ligue de droite

26 février 2010

Élie Castiel | Rédacteur en chef

Qu’est ce que le www.movieguide.org? Simplement un organisme de la droite conservatrice américaine qui a pour mission d’évaluer les films d’un point de vue chrétien évangélique. Ce qui veut vouloir dire que bon nombre de films se méritent, selon leurs cotes morales et leurs critères d’évaluation, soit le blâme, la désapprobation ou l’incitation au rejet total.

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