19 octobre 2012
ESSAI DRAMATIQUE | Origine : France / Allemagne – Année : 2012 – Durée : 1 h 55 – Réal. : Alain Resnais – Int. : Pierre Arditi, Sabine Azéma, Mathieu Amalric, Annie Duperey, Michel Piccoli, Hippolyte Girardot, Denis Podalydès, Andrzej Seweryn – Dist. / Contact : Métropole | Horaires / Versions / Classement : Beaubien – Cineplex
Résumé
À sa mort, un auteur dramatique demande par testament aux comédiens qui ont joué dans sa pièce Eurydice de voir un enregistrement d’une nouvelle mise en scène par une jeune troupe de théâtre. S’ensuit une relecture originale de la pièce.
En quelques mots
★★★ 1/2
À partir des deux pièces de Jean Anouilh, Eurydice et Cher Antoine ou l’amour raté, Alain Resnais a construit une mise en scène complexe, surprenante par moments, d’une lucidité à fleur de peau. Émouvant hommage au théâtre, Vous n’avez encore rien vu conserve tout de même son côté purement cinématographique, situant les personnages dans des sphères quasi surréalistes. L’art de la représentation est ici au service de la création, intransigeante, multiple, hautement sophistiquée. Cela se voit dans les mouvements de caméra, les cadrages, les décors, d’une élégante richesse, les étonnants jeux de miroir, l’emploi de l’iris comme fermetures, les mises en abyme, l’espace réinventé, tout un dispositif qui donne à l’esthétique du film sa grande originalité. À l’instar de Manoel de Oliveira, mais dans un autre registre, Alain Resnais prouve que tout en étant rendu à un âge respectable, les limites de la création ne s’estompent pas ; au contraire, Vous n’avez encore rien vu brille par son inventivité, son imagination féconde et bénéficie d’une direction d’acteurs, comme d’habitude chez Resnais, magistrale. L’auteur de l’intemporel Hiroshima mon amour (1959) n’a rien perdu de sa verve, de son raffinement et avant tout de sa vision du monde et du cinéma, quelque chose de fondamentalement cérébral. >> Élie Castiel
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
13 octobre 2012
>> Élie Castiel
À partir d’un conte japonais datant du Xe siècle, le célèbre chorégraphe européen Jiří Kylián déconstruit le mythe folklorique et le place dans l’espace de la modernité par le biais de la danse. Œuvre difficile, pour certains dépaysante, Kaguyahime – Princesse de la lune possède un côté troublant qui se manifeste notamment dans la première partie, la plus longue, situant les trois actes (« la Descente » de la belle princesse à partir de la lune, venant rejoindre les humains, les « Célébrations » entourant sa présence sur terre et « la Bataille » indiquant que sa beauté idéale est source de conflits) dans un contexte où l’art de la représentation artistique n’a plus de limites. Tous ces segments chorégraphiques déconstruisent le récit, s’offrent un décor de rêve, entre le technologique inspiré et le spectaculaire et bénéficient d’une orchestration minimaliste où l’Est et l’Ouest se joignent avec prudence et selon les circonstances, engouement.
12 octobre 2012
DOCUMENTAIRE | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 1 h 39 – Réal. : Bart Layton – Avec : Adam O’Brien, Anna Ruben, Frederic Bourdin, Carey Gibson, Beverly Dollarhide – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Cineplex
Résumé
En 1994, Nicholas Barclay, un adolescent de 13 ans disparaît. Quatre ans plus tard, en Espagne, des policiers recueillent un adolescent terrorisé qui prétend être Nicholas. Que s’est-il vraiment passé ?
En quelques mots
★★★
Ce qui frappe d’emblée ici est la mise en scène, fluide, d’une très grande originalité, oscillant sans cesse entre le documentaire et la fiction, changeant constamment notre perception du vrai et du faux, de la vérité et du mensonge. Car The Imposter, titre on ne peut plus clair, est avant tout le récit d’un mensonge, d’une mystification aux allures pathologiques et aux conséquences dramatiques. La mise en scène, impeccable, utilise diverses méthodes narratives pour arriver au but, c’est-à-dire désorienter le spectateur. Mais aussi le dépayser pour mieux le faire réfléchir, l’obligeant à ajuster son regard. Quant à l’histoire étrange de Frédéric Bourdin, antihéros aussi plausible qu’imaginé, elle témoigne ici de la fragile ligne de démarcation qui existe entre le réel et le fictionnel. >> Élie Castiel
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
11 octobre 2012
Seule sur scène, Emma joue tous les âges de la vie : une enfant qui parle comme un adulte (ou presque), une adolescente de 17 ans qui déteste Flaubert, une femme au beau milieu de la quarantaine qui tente d’oublier les escapades amoureuses de son mari en buvant, et une vieille dame au seuil de la vie.
>> Élie Castiel
Le texte de Dominique Bréda, metteur en scène belge, brille par sa spontanéité, sa dérision, son sens du rythme. Il y a quelque chose de jouissivement cynique et de bordélique dans cet étalage de paroles brisées, de gestes volontairement insensées, de comportements farouches, de quelque chose qui ressemble étrangement à la vie.
7 octobre 2012
>> Élie Castiel
À New York, des membres d’une mission locale de l’Armée du salut tentent de ramener dans le droit chemin quelques amateurs de jeux de hasard. Parmi eux, Sky Masterson et Nathan Detroit. Tous les deux finiront par épouser la femme de leur vie : Sarah Brown, une des sœurs de la mission, dans le cas de Sky, et Miss Adelaide, chanteuse de cabaret, dans celui de Nathan.
6 octobre 2012
>> Élie Castiel
Henriette et son fiancé Clitandre parviendront-ils à unir leur destin malgré tout ce qui oppose leurs familles respectives, notamment en ce qui a trait aux choses de l’amour et celles de l’esprit ?
En situant la pièce dans les années 1950, Denis Marleau ne s’impose pas uniquement comme metteur en scène de la modernité, mais réussit également à déconstruire l’œuvre de Molière. Vu à travers le regard du metteur en scène québécois, Les Femmes savantes conserve néanmoins le rythme de l’original, quitte à ce que le décalage temporel risque de désorienter certains spectateurs. Mais le résultat s’avère saisissant, grâce surtout à des comédiens totalement investis dans des rôles classiques qu’ils déplacent dans le temps avec une désinvolture joyeusement agitée.
5 octobre 2012
>> Élie Castiel
Quelque part au Québec, dans une maison de campagne. C’est l’été et nous sommes en pleine canicule. Tous (ou presque) sont prêts à commencer un repas pour fêter les fiançailles de Monique et d’André, venus de la ville. Entre Gabriel et Louise, les hôtes, rien ne va plus. De silences inquiétants en dénis involontaires occultés, entre conversations anodines et vérités finalement avouées, le ton monte et le drame familial s’étend comme une traînée de poudre.
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