En couverture

De rouille et d’os

9 novembre 2012

À CORPS PERDUS

Quelle belle chose de constater, autant pour le public que pour les critiques, que certains cinéastes font leur « meilleur film » à chaque nouvelle proposition. C’est bien le cas de Jacques Audiard qui, après l’édifiant et magnifique Un prophète, surprend de mille et une façons avec De rouille et d’os. Film primaire, concret, où le corps est ominiprésent, filmé avec religiosité, emportement et totalité.

>> Élie Castiel

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Semaine du 9 au 15 novembre 2012

 LE FILM DE LA SEMAINE …

Skyfall
(007 Skyfall)

ACTION | Origine : Grande-Bretagne  – Année : 2012 – Durée : 2 h 23  – Réal. : Sam Mendes – Int. : Daniel Craig, Javier Bardem, Judi Dench, Ralph Fiennes, Naomie Harris, Ben Whishaw  – Dist. / Contact : Columbia | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

Résumé
James Bond est porté disparu après une mission ratée. Il refait surface quand les locaux du MI6, à Londres, sont la cible d’une cyberattaque et d’un attentat meurtrier, et que M, sa directrice, se retrouve directement menacée.

En quelques mots
★★★
Commencée sur les chapeaux de roue par une des plus longues et plus haletantes séquences d’ouverture de cette série, ce long métrage accentue ensuite le caractère humain de son héros mythique en le faisant disparaître puis en le soumettant  ensuite à un examen de passage assez ardu. Le scénario de Neal Purvis, Robert Wade et John Logan mêle habilement scènes d’action filmées avec dextérité et dialogues ciselés interprétés par  des acteurs vraiment impliqués dans leur rôle et se délectant des possibilités inhérentes à ces textes. Comme toujours, les films de James Bond sont un affrontement entre un chevalier et un dragon et les meilleurs, Goldfinger en tête, sont ceux où le méchant est dangereux, imprévisible et peut-être supérieur par certains points de vue à l’agent secret. Javier Bardem, dans le rôle de Silva, crée un monstre parfaitement humain, double maléfique de Bond, cobra blond mu par la vengeance qui emploie toutes les ressources de l’informatique pour mettre à mal ces services secrets britanniques où quelques jeunes ont pris du galon. Certaines séquences d’explosions ou de déraillements  auraient pu être plus fignolées, mais avec l’aide du directeur photo Roger Deakins et du reste de son équipe, Sam Mendes réussit à rendre encore plus palpitantes, pour le 50e anniversaire de la série, les aventures de cet espion qui a bien vieilli. >> Luc Chaput

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

AUTRES SORTIES EN SALLE …

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4e Festival du cinéma grec de Montréal

4 novembre 2012

BILAN

>> Élie Castiel

Tenue du 25 octobre au 3 novembre 2012, la 4e édition du cinéma grec de Montréal confirme une fois de plus que l’événement cherche encore sa voie, ce qui en soi n’est pas une mauvaise chose. Au contraire, il y a là, de la part de la fondatrice, Avra Georgiou, une volonté concrète, un désir sans limites et, compte tenu de la situation économique, sociale et surtout politique que traverse la Grèce en ce moment, un courage indéniablement contagieux.

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Cinemania 2012

3 novembre 2012

L’ÂGE ADULTE

Cette année, ce festival atteint l’âge adulte puisqu’il a 18 ans et prend sa place dans les manifestations  culturelles montréalaises  en permettant la présentation, dans de belles conditions au fameux cinéma Impérial, de films francophones populaires ou d’auteur de bonne qualité  et  en  servant depuis son début de rampe de lancement réussi  à plusieurs.

>> Luc Chaput

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Semaine du 2 au 8 novembre 2012

2 novembre 2012

Tout ce que tu possèdes
(All That You Possess)

DRAME | Origine : Canada [Québec] – Année : 2012 – Durée : 1 h 32 – Réal. : Bernard Émond – Int. : Patrick Drolet, William Ferland-Tanguay, Gilles Renaud, Sara Simard, Isabelle Vincent – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Beaubien Cineplex

Résumé
Un homme qui n’attend plus rien de la vie refuse l’héritage de son père mourant, car il considère que sa fortune a été acquise malhonnêtement. Au même moment, il apprend qu’il est le père d’une adolescente issue d’une vieille relation
.

En quelques mots
★★
Suite à sa trilogie sur les vertus théologales, Bernard Émond illustre à nouveau la confrontation de conceptions de vie radicalement opposées, exacerbées par un événement perturbateur. Après la foi, l’espérance et la charité, le cinéaste se concentre cette fois sur la vertu et la bonté et nous livre un film très didactique dans lequel l’opposition de ces deux visions a des ramifications sociales justement exposées. Le père, malgré un argent gagné sur le dos des moins nantis est aussi un grand employeur qui fait vivre de nombreuses personnes, tandis que la rêverie poétique et à l’ascétisme mélancolique du fils, ne sont pas si purs que cela. Refusant ce mauvais héritage, sauf une vieille maison dans laquelle le fils ira attendre le retour de sa fille abandonnée. Ce faisant, il parviendra à passer du statut d’homme bon à homme vertueux et parviendra à se racheter d’avoir agi comme son père. Comme d’habitude chez Émond, le dépouillement volontaire est de mise. À l’image du personnage de Patrick Drolet, la réalisation fait vœu de simplicité et ne s’embarrasse pas de fioritures. Si le style est sobre, le regard que la directrice photo Sara Mishara porte sur la ville de Québec et la campagne luxuriante s’avère lumineux et éclatant. Elle apporte, avec le minois de Willia Ferland-Tanguay, lumière et candeur à un film au demeurant très sombre et dont la narration très appuyée ne convainc qu’à moitié. >> Charles-Henri Ramond

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

AUTRES SORTIES EN SALLE …

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Coma

31 octobre 2012

PARCOURS

>> Élie Castiel

Bien plus que sur le corps, Coma est une pièce sur la durée. Le corps est assujetti à un espace limité, temporel, celui d’une scène théâtrale dénudée, sans artifices, sans le moindre signe de vie, situant le personnage unique dans une sorte d’univers parallèle qui se distingue cruellement de la réalité, lui imposant une règle de conduite, soit « sans conduite », libre de bouger, de s’exprimer comme bon lui semble ; à la limite, ignorant inconsciemment la présence d’un auditoire, mais néanmoins exposé devant lui, le temps de livrer un témoignage troublant.

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Semaine du 26 octobre au 1er novembre 2012

26 octobre 2012

 LE FILM DE LA SEMAINE …

À perdre la raison

DRAME | Origine : Belgique / Luxembourg / France / Suisse  – Année : 2011 – Durée : 1 h 51  – Réal. : Joachim Lafosse – Int. : Niels Arestrup, Tahar Rahim, Émilie Dequenne, Stéphane Bissot, Mounia Raoui, Baya Belal – Dist. / Contact : Axia | Horaires / Versions / Classement : Beaubien

Résumé
Depuis son enfance, Mounir vit chez le Docteur Pinget, qui lui assure une vie matérielle aisée. Aujourd’hui, Mounir est tombé amoureux de Murielle. Il décide de l’épouser. Ils vivront ensemble aux côtés du Dr. Pinget. Cette cohabitation est-elle possible ?

En quelques mots
★★★ 1/2
Le dénouement du film (qu’on ne dévoilera pas) déconcerte, dépayse, soulève la rage et dans le même temps, soumet le spectateur à une méditation profonde sur la renonciation. Renoncer à vivre, abandonner tout espoir, capituler devant l’indicible, l’innomable, le plus grand des interdits. Et tout cela au nom d’un amour perdu, d’un voyage à deux interrompu. À partir de ce jeu souvent vicieux sur les rapports de force, Joachim Lafosse construit une solide mise en scène où le désarroi, les notions de délaissement et d’isolement et les tumultes de l’âme prennent des tournures  extradiégétiques parce que sourdes, vulnérables, se vautrant à l’intérieur des protagonistes comme pour mieux les posséder. Car À perdre la raison est un film extrême, et c’est ce qui le rend si singulier, sublimement étrange et d’une grande efficacité. Le curieux trio dont il est question est, dès le début, voué à l’échec. Comme dans Nue propriété (2006) et plus encore dans Élève libre (2008), le cinéaste belge place ses personnages dans des sphères toxiques et dangereusement  affectives d’où ils ne peuvent y échapper que dans le sacrifice personnel ou le geste rituel, quelles que soient les conséquences. Pour incarner ces hantihéros inhabituels, trois grands comédiens : Niels Arestrup, capable de froideur glaciale et de bonnes intentions, Tahar Rahim, ange ou démon, et Émilie Dequenne, magnifique, passant du désir amoureux à la folie dévastatrice avec un aplomb triomphal. Encore une fois, Joachim Lafosse suscite notre sincère admiration. >> Élie Castiel

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

AUTRES SORTIES EN SALLE …

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