4 février 2014
L’acteur fétiche de Paul Thomas Anderson, Philip Seymour Hoffman, est mort. En quelques apparitions furtives (Scent of A Woman, The Big Lebowski, Magnolia, Hard Eight), cet acteur de théâtre marque très tôt l’esprit des spectateurs. Avec son physique résistant aux critères de la beauté bankable, il ne tient qu’à de très rares occasions un premier rôle (Capote, pour lequel il a été récompensé d’un Oscar). Cantonné aux seconds, Hoffman trace pourtant une des trajectoires des plus singulières chez les acteurs américains des vingt dernières années. Alors que trop de ses confrères se complaisent dans des automatismes de jeu lassants, Hoffman prend des risques, ne cesse de réinventer son jeu, toujours lui insufflant une nuance, une variation ‒ ses performances en 2007 dans Charlie Wilson’s War et The Devil Knows You Are Dead sont à cet effet deux exemples saillants. Transformiste de génie ‒ Monsieur Oscar dans Holy Motors, c’est un peu lui‒ il peut tout jouer, tout incarner. Pour preuve, il sera à la fois Lester Bangs (Almost Famous) et Truman Capote (Capote), un travesti (Flawless), un technicien du porno (Boogie Nights) ou encore un prête accusé de pédophilie (Doubt).
27 janvier 2014
Pourquoi un titre d’article aussi prophétique ? Pour la simple raison que Porgy and Bess s’inscrit dans un rituel narratif axé sur les voies du destin et de la perte de l’âme. Fils d’immigrants juifs originaires de Russie, George Gershwin suit un carrière musicale qui le conduit dans les sphères de la renommée. D’abord conçue comme comédie musicale, Porgy and Bess entre dans le firmament restreint de l’Opéra, côtoyant les grands compositeurs italiens, allemands et français
24 janvier 2014
21 janvier 2014
Le 20e anniversaire de la mort de Federico Fellini, le 31 octobre 1993, nous interpelle. Non pas parce qu’il s’agit d’un des plus illustres poètes du cinéma mondial, mais surtout parce que tout au long de sa carrière, Fellini a su maintenir une approche formelle tout en s’adaptant à chaque décennie. En presque vingt pages, il nous semble peu prudent de nous pencher exhaustivement sur le cinéma de ce rêveur et magicien de l’image en mouvement. Nous avons donc décidé d’aborder quelques thèmes récurrents et évidents dans ses films : la jeunesse, la famille, la guerre, le déclin de la société, le cinéma et le côté tentaculaire de la télévision. Et comment oublier ce charme ludique qui le décrivait, merveilleusement animé par sa passion pour la bande dessinée et le cirque, une façon comme une autre de raconter le spectacle de la vie, ses acrobaties, ses mutations, ses hautes voltiges.
18 janvier 2014
Au début, il y a un statisme persistant, presque dérangeant, dans la mise en scène de Claude Poissant, laissant ses comédiens simplement réciter leurs textes. Ce n’est que lorsque le personnage de Marie Tudor entre en scène que ce drame romantique commence à prendre son envol, permettant aux spectateurs de suivre l’action avec plus d’intérêt. Julie Le Breton donne à cette reine, déchirée entre son devoir de femme d’état et ses tourments intimement affectifs, une force d’évocation, voire même une sensualité contenue, une verve à la fois puissante et décontractée. Le Breton habite l’espace théâtral, magnifiquement composé, avec autant de sensibilité que de prouesse dans l’art de l’interprétation. Pour son temps, femme libre, elle incarne une certaine forme de féminisme avant l’heure.
De la Grèce, le théâtre occidental ne semble s’intéresser qu’à ses mythes, ses légendes, ses tragédies, oubliant parfois que malgré la grave crise économique, social et politique, les Grecs d’aujourd’hui ont un sens aigu de la créativité et semblent pourtant oubliés, sauf dans de rares cas.
Ceci dit, aborder le mythe d’Icare pour le transposer sur scène est un pari phénoménal qui risque de se briser les os. Entre les mains des deux metteurs en scène, Michel Lemieux et Victor Pilon, Icare se présente comme une apologie des nouvelles technologies et plus encore de ces mêmes technologies appliquées au théâtre. Sur ce point, le spetacle fonctionne à merveille. Nous sommes conviés à un étrange et fascinant voyage aux confins de l’univers. Icare, celui qui voulait voler plus haut que son ombre, celui qui n’a su écouter son père Dédale devient finalement la victime de ses propres illusions.
Le premier texte de la trilogie de Jennifer Tremblay, La Liste (également transposé sur scène), nous avait échappé. Le deuxième, Le Carrousel, propose une écriture d’une profonde érudition. Mots simples, de tous les jours, ceux qui se transmettent de mères en filles, une écriture au féminin, mais là où les hommes sont également présents, là où les contraires se mélangent plus pour le meilleur que pour le pire. Les protagonistes ont pour noms ici Florence, Marie et Constance, mais toutes incarnées par une seule et même personne, Sylvie Drapeau, qui réussit le coup de ne pas se laisser ensevelir par une immense décor d’un rideau magnifiquement brodé datant d’une autre époque, provoquant un écrin de nostalgie chez certains spectateurs.
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