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Réflexions autour de l’Oncle Boonmee

3 septembre 2010

Sylvain Lavallée

J’ai déjà abordé auparavant les réactions critiques entourant l’annonce du récipiendaire de la palme d’or au dernier Festival de Cannes, Oncle Boonmee d’Apichatpong Weerasethakul. Il vaut la peine de revenir sur certains de ces enjeux, alors que le film sortait cette semaine en France en suscitant une critique divisée : le Figaro, l’Express et Ouest-France, entre autres, dans le camp des j’aime pas, et les Inrocks, Le Monde, Libération et les Cahiers du Cinéma (critiques non disponibles en ligne) dans le camp des j’aime. Je reviens sur le sujet aujourd’hui, car je ne pouvais m’empêcher de sourire en feuilletant numériquement ces critiques alors que je voyais pratiquement les mêmes expressions répétées d’un texte à l’autre, peu importe le jugement sur le film.

Oncle Boonmee

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Sélection DVD | Du 27 août au 2 septembre 2010

27 août 2010

Cliquez sur chacun des titres principaux pour accéder à la bande-annonce

À L’ORIGINE

Drame | France 2009, 130 minutes | DVD : 2010 — Réal. : Xavier Giannoli | Sans suppléments  — Dist. : Métropole | Sortie : Depuis le 10 août 2010

Un certain Philippe Miller, escroc solitaire, va faire le plus grand coup de sa vie lorsqu’au cours de ses randonnées, il découvre qu’on a arrêté les travaux dans un chantier en construction.

Cote : ***  / 5 Suite

Le regard prisonnier

Sylvain Lavallée

Le film de guerre est probablement le genre le plus difficile à aborder, surtout lorsque la guerre représentée doit de plus être inscrite dans des enjeux politiques complexes. Le point de vue adopté en devient essentiel : comment présenter l’Autre, comment représenter l’ennemi si, comme dans la très grande majorité des films de guerre, on ne présente qu’un des côtés du conflit? Le récent Lebanon, de l’Israélien Samuel Maoz, primé à Venise et généralement très bien reçu par la critique, règle ces questions en proposant une perspective uniquement humaine, laissant de côté (presque) toutes considérations politiques, prétendant seulement montrer comment la guerre affecte un soldat, peu importe sa nationalité. Maoz utilise le point de vue le plus limité qui soit : tout le film, excepté le premier et le dernier plan, se déroule à l’intérieur d’un char d’assaut, le spectateur y est enfermé avec les quatre personnages, les quelques plans de l’extérieur étant vus par la lorgnette du tireur. Malheureusement, Maoz non plus n’arrive pas à sortir de son tank, il propose une vision du conflit si limité que le film devient vite idéologiquement dérangeant.

Lebanon

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PIER PAOLO PASOLINI

23 août 2010

Pier Paolo Pasolini

CHEMINS DE TRAVERSE

Dans le prochain numéro de la revue Séquences (268), nous vous proposons une toute nouvelle étude de quelques œuvres du légendaire cinéaste italien Pier Paolo Pasolini : Le Décaméron, Les contes de Canterbury, Les Mille et unes nuits, formant la Trilogie de la vie, ainsi que Salo ou les 120 journées de Sodome. L’auteure, Nelly Pla, propose une sémiotique du cinéma pasolinien et, plus spécifiquement, elle examine la relation entre le corps et le social au sein de ces œuvres. Dans le but de poursuivre la réflexion autour de cet auteur phare du cinéma moderne, nous vous offrons, en exclusivité sur notre site Internet, une série d’articles portant sur le cinéaste publiés dans les pages de Séquences au fil des décennies. Ainsi, vous pourrez notamment lire une entrevue avec Pasolini réalisée par Réal La Rochelle, parue en 1965 ou encore découvrir une analyse de Salo brillamment menée par André Giguère, publiée en 1982.

Dominic Bouchard | Textes colligés par Luc Chaput Suite

Un cinéma vidéoludique

20 août 2010

Sylvain Lavallée

Avec la sortie sur nos écrans de Scott Pilgrim vs The World vendredi dernier, nous avons vu paraître pour la deuxième fois cet été un phénomène plutôt rare, c’est-à-dire un film s’inspirant de l’univers des jeux vidéo sans en être une adaptation directe (Inception, encore et toujours, constitue la première de ces incursions cinématographiques dans le vidéoludique). On voit projeter chaque année un nombre considérable d’adaptations de jeux vidéo au cinéma, mais ces films se contentent en général de transférer un scénario d’un médium à un autre, sans prendre en compte la nature même du jeu – qu’un film se réclame de l’esthétique des jeux vidéo, de leur structure, plutôt que de leurs scénarios, de la même manière que le cinéma se nourrit depuis toujours du théâtre ou de la littérature, cela me semble un phénomène nouveau. Je profite donc de la sortie de ces deux films pour lancer quelques pistes de réflexion sur les rapprochements possibles entre ces deux médiums, à une heure où l’un des plus célèbres critiques de cinéma soulève encore (et un peu bêtement) la question de la légitimité des jeux vidéo comme médium artistique.

Scott Pilgrim vs The World

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Sélection DVD | Du 20 au 26 août 2010

19 août 2010

Cliquez sur chacun des premiers titres pour accéder à la bande-annonce

AJAMI (RUSSOUN)

Drame | Allemagne / Israël 2009, 120 minutes | DVD : 2010 — Réal. : Scandar Copti, Yaron Shani | Avec suppléments — Dist. : Métropole | Sortie : 24 août 2010

Ajami, quartier cosmopolite de Jaffa, en Israël. C’est là que cohabitent tant bien que mal Chrétiens, Juifs et Musulmans. Ajami est l’histoire d’un groupe d’origines diverses.

Cote : *** / 5 Suite

Sur la vérité du film biographique

13 août 2010

Sylvain Lavallée

Un article récent du Guardian s’interrogeait à savoir si les films biographiques se devaient de dire la vérité (« Is it acceptable for biopics to make things up – and even tell lies? »), question un peu idiote puisque par nature toute œuvre de fiction n’est pas en tout point conforme à la réalité qu’elle dépeint, il y a toujours une part de mensonge ou du moins d’interprétation dans une représentation de « fait vécu ». À partir du moment, par exemple, que l’on montre la naissance d’une personne célèbre durant une nuit fort orageuse, on tend à créer un lien de cause à effet, comme si cet orage venait souligner l’existence tumultueuse à venir. Les biographies sont emplies de ce type de causalités, nécessairement réductrices, dans lesquelles le moindre détail devient signifiant, le tout étant placé au service d’un point de vue sur un sujet qui ne peut en aucun cas englober la totalité d’un individu. On peut minimiser le mensonge, en restant le plus fidèle possible à la réalité, en demandant à un acteur de reproduire toutes les mimiques d’une personnalité, mais il n’est pas certain qu’un film comme Creation offre un portrait de Charles Darwin plus juste, avec tout son classicisme et son souci de la vérité, que I’m Not There en offre un de Bob Dylan, avec son éclatement narratif et ses séquences surréalistes (au-delà de la qualité respective de ces deux films).

I'm Not There

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