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Theo Angelopoulos

15 mai 2012

LA MORALE CONTEMPLATIVE DU PLAN

La disparition injustement prématurée de Theo Angelopoulos il y a quelques mois nous interpelle. Lui consacrer un dossier nous a donc paru non seulement une marque d’affection envers un grand humaniste, mais aussi un devoir moral. En 1970, Theo Angelopoulos réalise La Reconstitution (Anaparastassi), un premier long métrage qui annonce déjà sa démarche esthétique particulière et qui se perpétuera tout au long de sa carrière. De tous les cinéastes grecs contemporains, Angelopoulos est celui qui a le plus énergiquement formulé la syntaxe filmique, notamment par le biais de l’utilisation du plan-séquence comme métaphore du mouvement perpétuel de l’Histoire et de la quête existentielle de l’individu. De cette proposition intellectuelle engagée émane un regard sur le monde et sur le cinéma en tant qu’outil de conscientisation à la fois sociale, politique et personnelle. Mais ce qui se dégage surtout de cette hypothèse, c’est que dans son ensemble, l’œuvre angelopoulosienne mêle la circularité des concepts fondamentaux du plan aux préoccupations sociopolitiques et existentielles issues de l’idiosyncrasie moralement assumée du cinéaste. Des collaborateurs d’ici et des correspondants à l’étranger ont gracieusement contribué à la réalisation de ce dossier. Nous leur sommes reconnaissants.

>> Dossier réuni par Élie Castiel

Le plan-séquence possède sa propre morale et se présente comme un plan obtenu en filmant toute une séquence en un seul plan ou, en d’autres mots, il s’agit d’un plan qui équivaut à une séquence. Les personnages, filmés en continuité comme dans un plan sans coupes, évoluent à l’intérieur du cadre (parfois même hors du cadre) jusqu’à ce que leurs actions expriment une signification, jusqu’à ce qu’un effet narratif cathartique de mise en scène opère.

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Haunted Hillbilly

13 mai 2012

LE BAL DES VAMPIRES

>> Élie Castiel

Vedette du country, mais jeune homme aussi charismatique que naïf, Hyram Woodside noue un pacte avec Nudie, son couturier aux tendances vampiriques. Mais tous les deux n’hésitent pas à s’exploiter mutuellement pour parvenir à leurs fins.

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L’art du mouvement

11 mai 2012

>> Sylvain Lavallée

Commençons par un euphémisme : Young Adult n’est pas un bon film. Je dirais même : ce n’est pas un film qui mérite qu’on en parle, mais partons de la petitesse pour remonter vers quelque chose de plus grand. Donc, mes attentes n’étaient pas très hautes envers Jason Reitman, qui avait déjà été assez idiot pour nous dire en pleine crise économique que ce n’est pas grave de perdre son emploi parce qu’il y en a toujours un autre qui nous convient mieux nous attendant magiquement là où on n’aurait pas osé chercher, mais cette fois il semble tant vouloir s’écarter des valeurs conservatrices (vivre seul ce n’est pas bien) qu’il prônait dans ses derniers films qu’il finit par tomber dans le plus vil nihilisme. Le jugement est porté dès les premières images, soulignant grassement la vacuité du mode de vie urbain et solitaire de Mavis, à coups de télévision trash, de sexe anonyme, de cheveux arrachés, de névrose évidente et d’amie aux conseils aussi insipides qu’égoïstes. Rien de nouveau pour l’instant, au moins cette fois le personnage est présenté dès l’abord comme une ratée, contrairement à la révélation improbable de George Clooney dans Up in the Air qui, après cinquante ans de célibat, découvrait subitement qu’il aurait mieux fait se marier. Mais dans son dernier opus, le cinéaste ne se contente pas de stigmatiser le célibat urbain, présenté carrément comme une maladie mentale, il s’attaque aussi aux ploucs de la banlieue, tous envieux de la célébrité de Mavis, puisqu’évidemment ils vivent un quotidien d’une insignifiance crasse, comme si Reitman voulait démonter ainsi cette vision stéréotypée du bonheur « simple » des gens « simples ». La vie urbaine est vide, la vie en banlieue ennuyante, en somme nous sommes tous des ratés, et rien de mieux que de rencontrer des plus ratés que soi pour se remonter le moral (ce qui résulte pourtant en un film des plus déprimants, alors je dois être particulièrement raté).

Take Shelter (non, Young Adult ne mérite pas d'images non plus...)

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Le Petit Prince

7 mai 2012

FIN DE SAISON MAGISTRALE POUR LES GRANDS BALLETS

>> Élie Castiel

Transposer sur scène en forme chorégraphique Le Petit Prince, l’œuvre maîtresse d’Antoine de Saint-Exupéry, tenait tout simplement du pari. Gageure d’autant plus risquée qu’elle aurait pu finir par offusquer les tenants puristes de la littérature. De quelle façon aborder un conte, en l’occurrence traduit en plus de 250 langues, sans en transformer sa carapace, sa raison d’être.

Des écrits de l’auteur, Le Petit Prince est le plus allégorique, d’où les aquarelles faisant partie du texte, toutes collaborant à une épure du langage, lui donnant ainsi sa profondeur et son côté universel. Sur scène, cette conception imagée devient ballet abstrait dont les configurations scéniques s’appuient sur une toile qui, selon les circonstances, tombe, remonte ou reste à la surface pour mieux capter les danseurs et saisir leurs intentions.

PHOTO : Jean-Laurent Ratel

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Subventions

6 mai 2012

OÙ VA L’ARGENT ?

Nous apprenons des choses par le biais des quotidiens, par Internet, grâce aussi aux bouche à oreille que nous recueillons. Avec tant de médias, aujourd’hui, sur le marché, versions virtuelles comprises, il est impossible que notre revue soit inscrite dans la liste des médias de tous les organismes, d’autant plus que souvent les communiqués de presse ne sont pas liés tout à fait directement au cinéma. Ce qui nous oblige de plus en plus à rester coincés devant notre PC pour nous assurer que nous sommes à jour. Ceci dit, arrêtons de nous plaindre et faisons le point sur deux nouvelles qui nous interpellent.

>> Élie Castiel

LES SUMMUM DE TOUS LES PLAISIRS
Avant de nous prononcer, et comme il se doit, nous avons naviguer un peu partout autour des sites Summum – Le magazine Nº 1 pour hommes au Québec et de Summum Girls, pour nous assurer que nous ne déverserons pas des protestations juste par pur plaisir ou par provocation. La raison : l’octroi par Patrimoine canadien d’une subvention de 200 000 $ à ces magazines. Le lien en question (voir ici) cite l’ex-députée bloquiste Christiane Gagnon selon qui « … c’est honteux de voir qu’on trouve 200 000 $ pour publier ce type de revue-là, qui devrait plutôt relever de l’entreprise privée, quand il y a des organismes communautaires qui veulent aider les femmes à se sortir de la prostitution, entre autres, et qui ont besoin justement des ressources. » Mme Gagnon signe en tant que présidente du conseil d’administration de la Maison Marthe, organisme qui vient en aide aux femmes prostituées, entre autres.

L’argent… où va-t-il ?

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Des Femmes

5 mai 2012

DE BRUIT ET DE FUREUR

>> Élie Castiel

Trois tragédies de Sophocle : Les Trachiniennes + Antigone + Électre. Trois héroïnes : dans la première, Déjanire ou comment survivre à la trahison et à la déraison. Dans la seconde, Antigone ou la condition féminine réinventée. Et puis Électre, femme libre, matricide, annonçant par son crime complice et symbolique le début d’un temps nouveau. Trois pièces prophétiques nées de la plume d’un auteur grec assoiffé de mots, de justice et d’humanité.

« Les Trachiniennes » (PHOTO : Jean-Louis Fernandez)

Émanant de la part de Wajdi Mouawad, il était du domaine de l’impossible de s’attendre à une mise en scène classique. Quelle que soit notre perception de la représention théâtrale, la trilogie tant attendue se révèle un tour de force, un pari réussi si on tient compte de la nature intentionnellement iconoclaste du metteur en scène.

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Same Time, Next Year

4 mai 2012

ADULTÈRE RESPECTABLE… MODE D’EMPLOI

>> Élie Castiel

George et Doris, tous deux mariés, lui comptable du New Jersey, elle épouse et mère de famille de la californie, se rencontrent par hasard dans un motel et passent une nuit ensemble, comme ça, sans attaches. Un jeu tendre et innocent qui va se perpétuer le temps d’un week-end, d’année en année, à travers les quelques prochaines décennies.

Michelle Giroux et R.H. Thomson (PHOTO : Andrée Lanthier)

Au cinéma, en 1978, deux brillants comédiens jouaient les rôles de George et de Doris : Alan Alda, au sommet de sa gloire, et Ellen Burstyn, déjà remarquée la même année dans Cri de femmes / Dream of Passion (adaptation cinématographique de la Médée d’Euripide, signée Jules Dassin), et des années plus tôt dans le brillant The Exorcist, de William Friedkin. L’adaptation à l’écran de Robert Mulligan se présentait comme un brillante et délicieuse comédie qui, pour l’époque, osait parler de ce qui se passe souvent, mais que la société bien-pensante occulte.

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Compagnie Jean-Duceppe 2012-2013

3 mai 2012

UNE SAISON THÉÂTRALE AU FÉMININ… OU PRESQUE

« Thérèse et Pierrette... »

C’est sous les vocables émotion, identification et remise en question que la Compagnie Jean-Duceppe annonce sa nouvelle saison. Comme il se doit, le côté québécois est honoré de la présence de deux voix essentielles, Michel Tremblay et Michel Marc Bouchard. En premier lieu, une nouvelle mise en scène de Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges de Tremblay, signée Serge Denoncourt (du 12 septembre au 20 octobre 2012).

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