26 octobre 2017
Le nouveau film de Francis Leclerc renoue avec l’idée du conte se déroulant dans un milieu rustique. L’idée du terroir, c’est ce qui anime certains cinéastes québécois d’aujourd’hui, délaissant la grande ville comme pour se redéfinir, pour connaître ses origines. Mais l’idée d’adapter le roman de son père, le grand Félix Leclerc, n’est pas exempte de connotations politiques de la part du réalisateur de Pieds nus dans l’aube. À l’heure où les minorités culturelles visibles et invisibles clament leurs dus, le cinéma québécois, consciemment ou inconsciemment, jette son regard sur sa propre appartenance. Des appartenances multiples semblent se heurter silencieusement. Mais cela est une autre histoire.

La preuve, nous l’avons en quelque sorte avec le film de Lerclerc et bientôt avec La petite fille qui aimait trop les allumettes, là où Simon Lavoie, sous des dehors de film d’auteur, pose un œil ouvertement politisé sur son pays ; le contraire de Lerclerc, plus aiguisé ; son film est une sorte d’hymne à la campagne, aux valeurs terrestres, si mises de l’avant par son père. La présence de Fred Pellerin à l’écriture du scénario n’est donc pas accidentelle. On est en droi de se poser la question sur ce nouveau courant didactique du cinéma québécois, cherchant de nouveau sa voie.
En attendant, la mise en scène de Francis Leclerc exploite l’élégance feutrée des maisons de campagne, la vie de famille douce et généreuse et l’hommage rendu à son père ne passe pas inaperçu. Car tout simplement, Pieds nus dans l’aube assume sa condition de film grand public, spectateurs qui sauront lire entre les lignes un pan de l’Histoire d’ici souvent oubliée, ou tout du moins, mise de côté. Notons la distribution solide de tous les participants.
Autre texte critique
Séquences > La revue des cinémas pluriels
Nº 311 (Novembre-Décembre 2017)
En kiosque : Novembre 2017
Genre : Chronique biographique – Origine : Canada [Québec] – Année : 2017 – Durée : 1 h 54 – Réal. : Francis Leclerc – Int. : Julien Leyrolles-Bouchard, Roy Dupuis, Julien Leclerc, Marianne Fortier, Guy Thauvette, Catherine Sénart – Dist. : Les Films Séville.
Horaires
@ Cinéma Beaubien – Cineplex
Classement
Tout public
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
![]()
Genre : Drame – Origine : Philippines – Année : 2017 – Durée : 2 h 08 – Réal. : Cathy Garcia-Molina – Int. : Ronalo Valdez, Aga Muhlach, Dingdong Dantes, Enrique Gil, Christine Reyes, Donita Rose – Dist. : A-Z Films.
Horaires
@ Cineplex
Classement
Tout public
![]()
Le scénario du quatuor George Clooney, Grant Heslov, ainsi que Joel et Ethan Coen est extrême, ne reculant devant rien pour faire passer le message anti-Trump. Celui d’une Amérique des années 50 très proche de celle d’aujourd’hui ; racisme, peur de l’autre, fausse moralité et perversités cachées à l’appui. La satire des mœurs petites bourgeoises est ici vitriolique, permettant des séquences de pure cinéma qui ont à voir avec la mise en scène.
George Clooney n’y va pas de main morte. L’adultère est plus fort que tout, mais l’argent qu’il peut rapporter encore plus. Et au milieu de cette tragédie grecque quasi grand-guignolesque, le regard d’un enfant qui a bien appris sa leçon des adultes. C’est le jeune Noah Jupe, formidable, d’une présence remarquable à l’écran, et qu’on verra bientôt dans Wonder, de Stephen Chbosky qui vole la vedette. Derrière son masque et sa tenue de pré-adolescent, un regard éveillé, un sens inouï de l’observation et cet instinct de survie que seul possède le jeune âge. On retiendra la courte, mais efficace présence d’Oscar Isaac, qui mérite définitivement de plus en plus de rôles importants.
Il y a du Bernard Herrmann, du Alfred Hitchcock dans ce film jouissivement pervers qui a divisé la critique. Sans atteindre le haut niveau de Good Night, And Good Luck (2005), Suburbicon n’en demeure pas moins extraverti, belle condamnation d’une Amérique en folie. Dommage que le scénario ne fasse pas le lien logique entre la famille afro-américaine nouvellement installée dans le quartier de Suburbicon et les faits et méfaits de cette étrange famille qui habite en face. Divertissant, mais définitivement, du Clooney-cinéaste modèle réduit.
Genre : Satire sociale – Origine : États-Unis – Année : 2017 – Durée : 1 h 45 – Réal. : George Clooney – Int. : Matt Damon, Julianne Moore, Noah Juppe, Glenn Fleshler, Oscar Isaac, Gary Basaraba – Dist. : Entract Films.
Horaires
@ Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
![]()
2026 © SÉQUENCES - La revue de cinéma - Tous droits réservés.