26 octobre 2017
Genre : Suspense psychopathologique – Origine : États-Unis / Canada – Année : 2017 – Durée : 1 h 34 – Réal. : Michael Spierig, Peter Spierig – Int. : Matt Passmore, Callum Keith Rennie, Clé Bennett, Tobin Bell, Britanny Allen, Laura Vandervoot – Dist. : Les Films Séville.
Horaires
@ Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 16 ans
(Violence / Horreur)
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C’est le genre de film d’animation qu’on voudrait voir plus souvent, contrairement aux produits animés hollywoodiens où les animaux se mettent à parler, et qui ne font qu’infantiliser une société qui l’est déjà. Des œuvres comme La tortue rouge et ceux des studios Ghibli du Japon sont des exemples récents, auxquels s’ajoute le magnifique et touchant Loving Vincent. Le récit d’une enquête, tel un thriller, qui s’étale sur un immense canevas et tourné en rotoscopie et en peintures, travail, comme l’indique le générique, d’une centaine d’artistes d’Europe, s’étalant sur plus de cinq ans.

La fiction est au service de la vie d’un artiste qui a pourtant commencé à peindre à un âge avancé. Existence difficile puisqu’elle est confrontée aux caprices et à l’incompréhension des gens ordinaires, a ses propres fantasmes, souvent propres à ceux de sa profession et à une multitude d’enjeux psychologiques.
Car sans véritablement l’illuster, il faut pour cela lire entre les lignes, Loving Vincent est aussi un regard sur la solitude des artistes, sur ce qu’ils doivent traverser pour accomplir des œuvres uniques, originales, qui traversent le temps et le rendent plus harmonieux. Le film est ultimement le travail réciproque de deux réalisateurs fort épris du personnage. Comme s’ils avaient inventé cette histoire de toutes pièces, quels que soient les résultats.
Les évènemens décrits se sont-ils vraiment passé tels quels ? Cette enquête sur un étranger au-dessus de tout soupçon (pour ne pas paraphraser le film d’Elio Petri) se transforme en un tour de force visuellement imposant, donnant au film d’animation la place qu’il mérite, alors qu’il s’agit d’un genre difficile à maîtriser. À l’intérieur de ces personnages confectionnés à base de peinture à l’huile, se dresse un toile gigantesque dont chaque séquence représente un détail. Cette mise en scène multiforme dote le film d’un pouvoir magnétique, avec comme résultat, une meilleur connaissance de l’artiste, nonobstant si les actions montrées sont inventées ou pas.
Entre Théo, le frère, et Vincent, le peintre néerlandais, une étrange filiation qui les conduit jusqu’à la mort, le premier peu de temps après le supposé suicide du second. Cette fin de vie devient la véritable thèse du film : une interrogation sur l’art et ses rapports avec la vie. On sort de la projection émus, emballés, tout à fait convaincus que l’art peut, dans un sens, changer le cours de l’existence.
Genre : Animation – Origine : Grande-Bretagne / Pologne – Année : 2017 – Durée : 1 h 34 – Réal. : Hugh Welchman, Dorota Kobiela – Voix : Hugh Welchman, Saoirse Ronan, Chris O’Dowd, Jerome Flynn, Robert Gulaczyj – Dist. : Métropole Films.
Horaires
@ Cinéma Beaubien – Cinéma du Parc – Cineplex
Classement
Tout public
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
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On peut sans trop se tromper affirmer que Lucky, grand petit film indépendant, n’a été conçu que pour feu Harry Dean Stanton, tant l’icône de Paris, Texas y brille de mille feux. Il en est l’âme, le moteur et peut-être la seule véritable raison d’être. Réalisé par John Carrol Lynch, comédien popularisé par Fargo n’ayant aucun lien de parenté avec le célèbre David du même nom (qui possède ici un rôle aussi absurde que taillé sur mesure), Lucky est l’une de ces rares productions qui par leur désarmante sincérité n’ont aucun mal à emporter l’adhésion.
À l’image de The Florida Project sorti la semaine dernière, nous voici confrontés à une autre Amérique, aux antipodes de celle qui accapare habituellement nos écrans. Construit sur une intrigue minimale, le film est une fable philosophique dans laquelle simplicité n’exclue en rien profondeur et réflexivité. Les mystères de la vie, ses hasards, ses moments de beauté malgré la laideur environnante, tous ces petits riens se retrouvent dans ce récit dédié à l’Amérique des subalternes, des personnes âgées, des immigrants et de la ruralité. Un univers bigarré et merveilleux qu’Hollywood ignore royalement.

Au centre de cette faune sauvage et libre, montrée de façon lumineuse, sans une once de misérabilisme, Stanton campe un vieux philosophe doté d’une chance peu commune. Au fur et à mesure de ses rencontres, cette veine incroyable se révèle peu à peu et il apprend à voir autrement le monde qui l’entoure. Ce ne sera pas sa dernière apparition à l’écran puisqu’il a joué dans Frank and Ava qui devrait sortir l’an prochain. Malgré tout, voilà sans doute un rôle qui pouvait incarner son testament de la plus belle des manières. L’acteur y est touchant comme quelqu’un qui prend subitement conscience que la fin le guette, il y est humain lorsqu’il raconte des souvenirs de guerre qui ne semblent pas avoir été écrits pour un comédien, il y est subversif quand il s’en prend aux « vautours » à cravate chargés d’arranger les successions funéraires. Bref, il y est tout simplement vrai.
Le spectateur aura même droit en guise de point d’orgue à un sublime moment de grâce lorsque Stanton interprète a capella et en espagnol le traditionnel Volver volver de Fernando Maldonado. Une voix douce et fragile qui restera longtemps en mémoire, de même que ce visage fatigué, ces yeux bouffis et un sourire taquin envoûteur. Et si c’est en grande partie sur Stanton que le charme un tantinet désuet du film repose, on remarque aussi des seconds rôles adroitement dirigés ainsi que des cadrages minimalistes maîtrisés. En somme, avec Lucky, John Carrol Lynch signe un premier long métrage irrésistible. Idéal pour combattre le spleen automnal.
Genre : Drame – Origine : États-Unis – Année : 2016 – Durée : 1 h 29 – Réal. : John Carroll Lynch – Int. : Harry Dean Stanton, Ron Livingston, James Darren, Bertila Damas, Barry Shabaka Henley, Beth Grant – Dist. : Eye Steel Inc.
Horaires
@ Cinéma du Parc
Classement
Tout public
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
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