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28 février 2019

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Leto

16 mai 2019

| PRIMEUR |
Semaine 20
Du 17 au 23 mai 2019

RÉSUMÉ SUCCINCT
Leningrad, un été du début des années 80. Tandis que les vinyles de Lou Reed et de Bowie s’échangent sous le manteau, une scène rock émerge en amont de la Perestroïka.

< CRITIQUE >
Jules Couturier
★★★★

LE ROCK SOUS EMPRISE

Le rock ’n roll est depuis toujours un véhicule de révolte et de liberté. Réaliser un film sur le rock amène son taux d’attentes liées à ses thèmes évocateurs. Mais lorsqu’on l’ancre dans un contexte historique de totalitarisme idéologique, l’expression des codes du genre se retrouve limitée. Ce point de vue permet une exploration intéressante du genre musical, de ce qu’il porte de rêve et, dans ce cas, de ce qui le contraint. C’est ce que Kirill Serebrennikov observe dans son cinquième long métrage, Leto, illustration d’un rêve de liberté confiné dans une prison idéologique.

D’entrée de jeu, on est entraîné dans le mouvement. La caméra en plan-séquence suit des jeunes filles s’introduisant illégalement par la fenêtre des toilettes d’une salle de concert. La conclusion de cette scène toute en action saisit quand on découvre que les audacieuses jeunes filles rejoignent des spectateurs qui sont tous assis, stoïques, comme interdits de mouvement, dûment surveillés par des agents de sécurité. Il y a un étonnant contraste entre le début et la fin de la séquence. Cette opposition entre folie et rigidité est au cœur de l’ensemble du film qui, par le contexte historique et politique dans lequel il est campé, ne prend jamais la voie habituelle du récit rock ‘n roll tel qu’attendu.

Avec ce précieux portrait de groupe, Kirill Serebrennikov nous fait découvrir une génération que l’Occident n’a pas pu connaître à sa juste mesure en raison du mur qui la confinait.

La forme du film elle-même évoque autant l’affranchissement que l’autorité. Dans sa manière de filmer, Serebrennikov appelle à de grands élans de liberté. Sa caméra toujours en mouvement est en concordance avec l’esprit qui habite les musiciens du groupe représenté.

Le noir et blanc des images est magnifié par une lumière solaire qui ajoute au sentiment de liberté et surtout d’espoir. Ce choix participe à créer une ambiance lyrique et nostalgique. Mais le noir et blanc témoigne aussi de la grisaille et de l’uniformité dans lesquelles baigne l’URSS à cette époque.

Si Viktor Tsoï, un des personnages phares du film, est une icône nationale pour une génération en Russie, sa notoriété internationale est beaucoup plus limitée que celle d’autres vedettes occidentales tel un Jim Morrison ou un David Bowie. Avec ce précieux portrait de groupe, Kirill Serebrennikov nous fait découvrir une génération que l’Occident n’a pas pu connaître à sa juste mesure en raison du mur qui la confinait.

« Meilleure trame sonore »
Festival de Cannes 2018

FICHE TECHNIQUE
Sortie
Vendredi 17 mai 2019

Réal.
Kirill Serebrennikov

Origine(s)
Russie

France

Année : 2018 – Durée : 2 h 08

Langue(s)
V.o. : russe / s.-t.a. & s.-t.f.

L’été
Summer

Genre(s)
Chronique musicale

Dist. @
MK2 / Mile End

Classement
Tous publics

En salle(s) @
Cinéma Moderne
Cinémathèque québécoise

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.   Mauvais. 0 Nul.
½ [Entre-deux-cotes]

The Sun Is Also a Star

| PRIMEUR |
Semaine 20
Du 17 au 23 mai 2019

RÉSUMÉ SUCCINCT
Lorsqu’ils font connaissance, Daniel Bae, un jeune romantique qui va bientôt faire son entrée à l’université, et Natasha Kingsley, une adolescente pragmatique native de la Jamaïque, s’éprennent l’un de l’autre au cours d’une journée magique dans le tourbillon enivrant de la ville de New York.

< SANS
COMMENTAIRES >

FICHE TECHNIQUE
Sortie
Vendredi 17 mai 2019

Réal.
Ry Russo-Young

Origine(s)
États-Unis

Année : 2019 – Durée : 1 h 40

Langue(s)
V.o. : anglais / Version française

Le soleil est aussi une étoile

Genre(s)
Drame sentimental

Dist. @
Warner Bros. Canada

Classement
Tous publics

En salle(s) @
Cineplex

The White Crow

| PRIMEUR |
Semaine 20
Du 17 au 23 mai 2019

RÉSUMÉ SUCCINCT
Jeune prodige du célèbre ballet du Kirov, Rudolf Noureev est à Paris en juin 1961 pour se produire sur la scène de l’Opéra. Fasciné par les folles nuits parisiennes et par la vie artistique et culturelle de la capitale, il se lie d’amitié avec Clara Saint, jeune femme introduite dans les milieux huppés. Mais les hommes du KGB chargés de le surveiller ne voient pas d’un bon oeil ses fréquentations « occidentales » et le rappellent à l’ordre.

< CRITIQUE >
Yves Laberge
★★★★ ½

EN LIBERTÉ SURVEILLÉE

Cette seconde biographie filmée sur la vie de Rudolf Noureev (1938-1993) s’ajoute à des documentaires et des ballets filmés réédités en DVD (en anglais, on orthographie son nom «Nureyev»). À 24 ans, Noureev avait déjà révolutionné la danse classique par son talent, son audace, son androgynie, sa détermination et son énergie.

Centré sur la première visite du futur chorégraphe à Paris, en 1961, le scénario de David Hare donne la juste part entre la danse et la vie privée de l’artiste soviétique en faisant valoir son culte de la beauté, tout en évitant l’idéalisation d’un personnage pouvant devenir égoïste, égocentriste et parfois cassant. Les scènes de ballet feront aimer la danse classique aux néophytes et montrent la nécessité du travail acharné pour réussir. En toile de fond, on revit les obsessions et la paranoïa propres à la Guerre froide mais aussi la sensation exaltante pour un jeune Soviétique de découvrir la magnificence de la vie parisienne. Oleg Ivenko personnifie merveilleusement Noureev, et le réalisateur Ralph Fiennes joue une interprétation judicieusement sobre du professeur de danse du jeune danseur.

On reprochera aux producteurs le choix du titre du film et quelques plans trop brefs dans certaines séquences, comme durant les répétitions, ou lors de la naissance du danseur – survenue inopinément dans un wagon du transsibérien! De plus, plusieurs scènes se déroulant dans le Paris des années 1960 manquent de réalisme et auraient dû être tournées directement en français, et non en anglais. Autre anachronisme: dans une séquence se déroulant au bureau de la police de l’Aéroport du Bourget, on aperçoit au mur une carte de l’Europe en anglais, alors qu’à cette époque en France, il était inconcevable que l’on trouve une carte autre qu’en français.

Les teintes des décors et la pureté des éclairages sont particulièrement réussies, tout comme le choix de la musique. The White Crow restera assurément le plus beau film britannique de cette année. Fort heureusement, il est projeté au Québec dans une version avec sous-titres français. Pour profiter de cette expérience cinématographique, il est préférable, au préalable, de ne rien lire sur ce film ou sur Noureev.

En toile de fond, on revit les obsessions et la paranoïa propres à la Guerre froide mais aussi la sensation exaltante pour un jeune Soviétique de découvrir la magnificence de la vie parisienne.

 FICHE TECHNIQUE
Sortie
Vendredi 17 mai 2019

Réal.
Ralph Fiennes

Origine(s)
Grande-Bretagne

France

Année : 2019 – Durée : 2 h 07

Langue(s)
V.o. : anglais, russe / s.-t.a. & s.-t.f.

Noureev
Nureyev. Belyy voron

Genre(s)
Drame biographique

Dist. @
Métropole Films

Classement
Tous publics

En salle(s) @
Cinéma Beaubien
Cinéma du Parc
Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.   Mauvais. 0 Nul.
½ [Entre-deux-cotes]

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