Articles récents

Burn Out ou la servitude volontaire

20 septembre 2018

| PRIMEUR |
Semaine 38
Du 21 au 27 septembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Employée dans une banque, Michelle est choisie pour remplacer l’ancienne directrice, partie pour cause d’épuisement professionnel. Elle s’y consacre corps et âme sans se soucier de la pression qu’elle exerce sur les employés. Louis, son conjoint, peine à s’adapter aux changements technologiques qui affectent son emploi de technicien en télécommunications.

CRITIQUE
Sans commentaires

Sortie
Vendredi 21 septembre 2018

V.o.
français


Réal.
Michel Jetté

Genre
Drame

Origine
Québec

[Canada]

Année : 2016 – Durée : 1 h 54

Dist.
Forban Films.

Horaires & info. @
Cinémas Guzzo

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

 

Fahrenheit 11/9

| PRIMEUR |
Semaine 38
Du 21 au 27 septembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Regard acerbe sur le Président des États-Unis, Donald Trump. Signé par nul autre que Michael Moore.

CRITIQUE
[ Anne-Christine Loranger ]

 ★★★★

L’AMÉRIQUE 9-1-1

Au fil des années, Michael Moore nous a habitué à son style de question délibérément naïf, à ses montages corrosifs et à sa façon extravagante de prendre position. En tant que cinéaste, il fait rarement fausse route, même si on peut contester certaines de ses analyses. Fahrenheit 11/9 ramène tous les éléments chers aux fans, en y ajoutant pour la première fois un élément d’auto-critique face à Trump. Surtout, en laissant davantage la parole à ses intervenants. Le résultat a l’effet d’un bulldozer.

En 2016, alors que tous les sondages donnaient la victoire d’Hillary, Moore fut l’un des rares à prédire celle de Trump. Tandis que des images de démocrates catastrophés le soir du 8 novembre déferlent à l’écran, le cinéaste interroge « Comment diable en sommes-nous arrivés là !  ». Son film porte sur les conditions qui ont mené à cette victoire, en tirant autant et plus sur les démocrates que les républicains. Moore ne se gêne pas pour critiquer l’apathie libérale et la dérive à droite de l’intelligentsia du parti démocrate, de Bill Clinton à Barack Obama.

Moore est particulièrement habile dans sa volonté de sonner
l’alarme de l’autocratie trumpienne, en comparant le discours nazi
à celui du Président et en exposant ses stratégies de communication.

Il critique amèrement le soutien d’Obama à Rick Snyder, le gouverneur républicain du Michigan, lors du scandale de l’eau potable à Flint, ville natale de Moore. Dix mille enfants y avaient été empoisonnés au plomb à cause des manœuvres capitalistes de Snyder, qui alla jusqu’à demander de faire falsifier les tests, tout en permettant à GM de bénéficier d’eau propre parce que l’eau contaminée corrodait les carrosseries de leurs voitures fabriquées à Flint. Et le Michigan démocrate vota pour Trump…

Moore est particulièrement habile dans sa volonté de sonner l’alarme de l’autocratie trumpienne, en comparant le discours nazi à celui du Président et en exposant ses stratégies de communication. En même temps, son film est enlevant alors qu’il célèbre la force des mouvements populaires, en donnant pour exemple les jeunes activistes de Parkland militant pour le contrôle des armes à feu et la grève des enseignants à West Virginia, qui obtinrent gain de cause à force d’acharnement et entraînèrent tout le pays. Fahrenheit 11/9 demeure cependant un signal d’urgence, tel un numéro 911 pour l’Amérique : « Dépêchez-vous, la tyrannie est à vos portes et vous menace ! Agissez ! »

Sortie
Vendredi 21 septembre 2018

V.o.
anglais; s.-t.f.
Fahrenheit 11/9

Réal.
Michael Moore

Genre
Documentaire

Origine
États-Unis

Année : 2018 – Durée : 2 h

Dist.
TVA Films.

Horaires & info. @
Cinéma du Parc
Cineplex

Classement
Tous publics

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½ [Entre-deux-cotes]

Gueule d’ange

| PRIMEUR |
Semaine 38
Du 21 au 27 septembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Une jeune femme vit seule avec sa fille de huit ans. Une nuit, après une rencontre en boîte de nuit, la mère décide de partir, laissant son enfant livrée à elle-même.

CRITIQUE
| Jean Beaulieu |

★★ ½

MÈRE INDIGNE, FILLE PERDUE

Premier long métrage de Vanessa Filho, photographe, vidéaste et musicienne établie, Gueule d’ange ne remplit pas toutes ses promesses. Alors que ce récit d’une fillette laissée à elle-même par une mère irresponsable, narcissique et égoïste (campée par une Marion Cotillard presque méconnaissable, qui en rajoute) pouvait laisser entrevoir un Florida Project hexagonal, du fait de son sujet et ses images aux couleurs saturées, nous nous trouvons plutôt en présence d’un mélodrame qui se termine pratiquement sur une note disneyenne (d’un tout autre ordre que dans le film de Sean Baker).

Pourtant, la réalisatrice démontre un certain doigté, comme en témoigne sa mise en scène rigoureuse, suivant à bras le corps les péripéties de sa jeune héroïne et de sa mère erratique, avec une caméra à l’épaule qui les traque sans répit dans le style des frères Dardenne. Aussi, dirige-t-elle de façon remarquable la petite Ayline Aksoy-Etaix (très convaincante et naturelle dans le rôle d’Elli, 8 ans), réussissant à maintenir son jeu crédible, à quelques exceptions près, dans des paramètres qui pourraient facilement se révéler trop grands pour elle.

Le dénouement surdramatisé précipite inutilement Gueule d’ange
dans les pièges du spectaculaire ou du « réalisme magique »,

alors que tout ce qui précédait tendait vers un naturalisme troublant.

C’est toutefois sur le plan du scénario que le bât blesse, surtout dans la seconde moitié du film. Après une montée dramatique efficace montrant la fillette s’enliser dans un comportement calqué sur celui de sa mère, à la suite de la démission de celle-ci, le film pêche par excès de bons sentiments, avec cette figure paternelle de substitution (Albert Lenoir, néanmoins très juste) trouvée in extremis pour relancer l’intrigue, ainsi que par quelques invraisemblances facilement escamotées. Le dénouement surdramatisé précipite inutilement Gueule d’ange dans les pièges du spectaculaire ou du « réalisme magique », alors que tout ce qui précédait tendait vers un naturalisme troublant.

Sortie
Vendredi 21 septembre 2018

V.o.
français


Réal.
Vanessa Filho

Genre
Drame

Origine
États-Unis

Année : 2018 – Durée : 1 h 51

Dist.
Axia Films.

Horaires & info. @
Cinéma Beaubien
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½ [Entre-deux-cotes]

2026 © SÉQUENCES - La revue de cinéma - Tous droits réservés.