En salle

L’amour à la plage

13 septembre 2018

| PRIMEUR |
Semaine 37
Du 14 au 20 septembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Portrait intimiste de quatre hommes et femmes de 70 ans qui vivent des débuts amoureux. Ces snowbirds québécois migrent chaque hiver pour la Floride en quête de soleil, de chaleur et de compagnie. Derrière leur quête d’amour se cache un désir de profiter de cette deuxième et ultime jeunesse qui vient avec la retraite.

Suite

La douleur

| PRIMEUR |
Semaine 37
Du 14 au 20 septembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l’angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis.

CRITIQUE
| Charles-Henri Ramond |

 ★★★★

FILMER LE VIDE

La douleur, c’est Marguerite Duras relatant la pénible attente de son mari déporté Robert Antelme. C’est l’angoisse d’une vie passée sans nouvelles, qu’une auteure jette sur le papier avec des mots aussi justes et précis possibles pour décrire ce temps suspendu, survenu quarante ans plus tôt. Avec cette audacieuse adaptation cinématographique, Finkiel réussit le tour de force de filmer le vide, de donner corps au trou béant créé par le souvenir de l’être manquant. En résulte un récit glaçant, mais non dénué d’émotions, qui dévoile une personnalité obsédée par l’image de la mort, ayant compris bien avant les autres les horreurs des camps de concentration.

 Bien que situé à la fin de la guerre et dans les quelques semaines qui suivirent, La douleur par son rappel aux multiples lâchetés des collabos, est une œuvre d’une brûlante actualité. D’un réalisme chirurgical, cet arrière-plan historique fournit un terrain propice au développement d’une rancœur adressée par la résistante Marguerite D. envers la société française de l’époque. Les mots qu’elle utilise sont d’une froideur implacable. Notamment en ce qui a trait à l’oubli général ayant eu cours au sein de la population, trop heureuse de fêter, sitôt que les tocsins de la Libération eurent sonné. Même si tel n’est pas son but, La douleur nous redit les destins tragiques des familles de déportés, dans un devoir de mémoire important qui résonne encore aujourd’hui, dans un contexte totalement différent.

Finkiel (la plupart de sa filmographie est inédite dans les salles québécoises) tisse une toile où les intrigues, les rapprochements avec l’ennemi, les tensions larvées et les rapports d’attraction répulsion sont de mise. À la fois littéraire et visuelle, l’image est contrainte dans un cadre fébrile, montrant de près les longs moments de solitude de Marguerite. Mais aussi l’intensité de ses silences et des cris de désespoir. Certes, avec ses 126 minutes, quelques petites longueurs se font jour et les séquences finales – que nous ne pouvons évidemment pas décrire – ouvrent une brèche sur un ressort dramatique qui nous a semblé trop peu exploité. Mais quoi qu’il en soit, ne serait-ce que pour la performance envoûtante de Mélanie Thierry, au demeurant fort bien épaulée par des partenaires masculins investis dans leur rôle, La douleur est une œuvre rare, qu’il ne faut absolument pas rater.

Finkiel (la plupart de sa filmographie est inédite dans
les salles québécoises) tisse une toile où les intrigues, les
rapprochements avec l’ennemi, les tensions larvées
et les rapports d’attraction répulsion sont de mise.

Sortie
Vendredi 14 septembre 2018

V.o.
français; s.-t.a.
Memoir of Pain


Réal.
Emmanuel Finkiel

Genre
Drame

Origine
France

Année : 2017 – Durée : 2 h 01

Dist.
FunFilm

Horaires & info. @
Cinéma Beaubien
Cineplex

Classement
Tous publics

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½ [Entre-deux-cotes]

Madeline’s Madeline

| PRIMEUR |
Semaine 37
Du 14 au 20 septembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Madeline est la fille d’une mère poule autoritaire, une adolescente à la sexualité grandissante, une actrice, qui, avec sa troupe de théâtre expérimental, explore la corrélation entre l’art et la vie.

CRITIQUE
Sans commentaires

Sortie
Vendredi 14 septembre 2018

V.o.
anglais


Réal.
Josephine Decker

Genre
Drame

Origine
États-Unis

Année : 2018 – Durée : 1 h 30

Dist.
Cinéma du Parc

[Oscilloscope]

Horaires & info. @
Cinéma du Parc

Classement
NC
(Non classifié)

Mandy

 PRIMEUR |
Semaine 37
Du 14 au 20 septembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Red Miller et Mandy Bloom mènent une existence paisible. Mais tout change lorsque Jeremiah Sand, chef d’un groupe-culte apparaît dans leur vie.

CRITIQUE
| Élie Castiel |

★★★ ½

COMBAT SOLITAIRE

De son père, le canada-gréco-italien George Pan Cosmatos, Panos Cosmatos, par défaut et descendance, lui aussi canado-gréco-italien, a retenu le combat solitaire de tous ces héros ou anti-héros qui se battent pour une bonne cause ou idéologie ; la vengeance pour avoir perdu un être cher, une prise de conscience personnelle et aussi, plus que tout, un amour inconditionnel à un certain cinéma populaire où sens de l’image s’unit allègrement au message, quel qu’il soit.

Avec Mandy, c’est le prénom de la femme et non pas de cet anti-héros, Red, non choisi par hasard, mais en relation avec ce qui se passera au cours de cette vendetta faite de bruit et de fureur, le tout dans un espace occulte où la violence de la banalité est son seulement multipliée, mais placée dans un no man’s land cinématographique truffé de mille et une suggestions aussi racoleuses que stupéfiantes. Car c’est ainsi qu’est fait le cinéma, de ce mélange de réalisme et de transcendance, pouvoir magique qu’entretiennent ensemble la direction photo, le montage et la narration, aussi tordue soit-elle.

 Lorsque psychotronisme, savoir-faire, références ciné-
philosophiques et cultes sacrificiels de la Grèce antique se
joignent avec passion, le résultat ne peut être que délirant.

On retrouvera, narrativement, des symboles religieux et de l’ancien monde qui, une fois envahissant le réel (réel du couple, travail de bûcheron de Red – qui au début du film, annonce les débordements à venir par la façon dont il dépèce les arbres et l’expression de son visage, et autres petits détails que nous vous laissons le soin de découvrir), transperce l’écran pour muter ce travailleur des bois en un héros mythique solitaire, surnaturel, quasi animal.

Car, bel et bien, Mandy est un film pour connaisseurs en la matière. Ce n’est guère surprenant qu’il ait fait partie de la programmation au récent Fantasia, l’incontournable évènement annuel qui s’adresse, côtés asiatique et international confondus, à des experts en la matière.

Et surtout, et une fois n’est pas coutume, absolument à voir, à savourer et à disséquer sur Grand Écran. Lorsque psychotronisme, savoir-faire, références ciné-philosophiques et cultes sacrificiels de la Grèce antique se joignent avec passion, le résultat ne peut être que délirant.

Et puis, pourquoi pas, quel plaisir de revoir Nicolas Cage à l’écran, confirmant une fois de plus qu’il mérite une sincère et chaleureuse reconnaissance du milieu. Hollywood comme le reste de la planète cinéma, semble avoir la mémoire qui flanche.

Sortie
Vendredi 14 septembre 2018

V.o.
anglais


Réal.
Panos Cosmatos

Genre
Épouvante fantastique

Origine
États-Unis

Année : 2017 – Durée : 2 h 01

Dist.
Entract Films

Horaires & info. @
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 16 ans
(Violence / Horreur)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½ [Entre-deux-cotes]

Manmarziyaan

| PRIMEUR |
Semaine 37
Du 14 au 20 septembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Tribulations de quelques personnages autour des jeux de l’amour et du hasard dans un Punjab romantique.

CRITIQUE
Sans commentaires

Sortie
Vendredi 14 septembre 2018

V.o.
hindi; s.-t.a.
Husband Material


Réal.
Anurag Kashyap

Genre
Comédie romantique

Origine
Inde

Année : 2018 – Durée : 2 h 36

Dist.
A-Z Films

Horaires & info. @
Cineplex

Classement
Tous publics

Première année

| PRIMEUR |
Semaine 37
Du 14 au 20 septembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Antoine entame sa première année de médecine pour la troisième fois. Benjamin arrive directement du lycée, mais il réalise rapidement que cette année ne sera pas une promenade de santé. Les deux étudiants devront s’acharner et trouver un juste équilibre entre les épreuves d’aujourd’hui et les espérances de demain.

CRITIQUE
| Élie Castiel |

★★★ ½

LA FAC, MODE D’EMPLOI

Vincent Lacoste et William Lebghil soulignent leurs différences dans un face-à-face amical, parfois ennemi, mais toujours teinté d’un humour particulier qui désarçonne le spectateur autant qu’il le séduit. Un mélange de charisme, d’adolescence accommodante, de pugnacité et de remises en question aussi banales que raisonnées.

Tilti, une fois de plus, poursuit sa dissection de l’univers médical par le biais des études d’où ne sortirons intacts que quelques-uns. Chose magnifique, on voit de plus en plus de filles parmi les étudiants. On dirait même qu’elles constituent la moitié de la cohorte. Et c’est tant mieux !

Plus que tout, Première année se détache de tout rapport amoureux si chers au cinéma hexagonal et qui, temps obligent, fait un peu « vieux jeu ». À cette étape de la vie où notre avenir est entre nos mains (et dans certains cas, dans les poches de nos parents), seules les études comptent.

Aucun effet appuyé dans cette nouvelle mise en scène ; un effort
particulier pour s’en tenir à l’essentiel, pour montrer ces moments de
stress, d’émotions (car elles sont ici nombreuses), face non seulement
à l’inconnu, mais à une nouvelle existence qui s’annonce risquée
et surprenante, et qui risque d’exploser d’un moment à l’autre.

D’où la caméra syncopée de Nicolas Gaurin qui évite les boudoirs estudiantins pour se concentrer sur ce qui entoure l’obtention des connaissances médicales (immenses salles de classe, bibliothèques, chambres d’étudiants avec livres et papiers partout, même au sol, couloirs d’université, cafétéria…). Gaurin, celui-là même du très bel Hippocrate (2014), toujours de Lilti, brille par sa direction photo, d’une luminosité mesurée.

Aucun effet appuyé dans cette nouvelle mise en scène ; un effort particulier pour s’en tenir à l’essentiel, pour montrer ces moments de stress, d’émotions (car elles sont ici nombreuses), face non seulement à l’inconnu, mais à une nouvelle existence qui s’annonce risquée et surprenante, et qui risque d’exploser d’un moment à l’autre.

Trahisons, oui, elles existent selon les circonstances ; mais au bout du chemin, une finale touchante, voire même bouleversante, d’un humanisme et romantisme cartésien qui nous réconcilie avec la vie. Non pas la vie utile, celle que l’on connaît du réveil au coucher, mais celle qu’on devrait se permettre d’inventer.

Chez ce duo de jeunes comédiens, une symbiose remarquable.

Sortie
Vendredi 14 septembre 2018

V.o.
français


Réal.
Thomas Lilti

Genre
Comédie dramatique

Origine
France

Année : 2017 – Durée : 1 h 32

Dist.
Films Eye Steel Inc.

Horaires & info. @
Cinéma Beaubien
Cineplex

Classement
Tous publics

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½ [Entre-deux-cotes]

The Bookshop

| PRIMEUR |
Semaine 37
Du 14 au 20 septembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
En 1959, Florence Green, une jeune veuve passionnée de littérature, achète une maison ancestrale dans un village britannique afin d’y ouvrir une petite librairie. Violet Gamart, une femme influente de la région, veut plutôt en faire un centre local voué à l’art et est prête à tout pour arriver à ses fins.

CRITIQUE
| Anne-Christine Loranger |

★★

ENNUI LITTÉRAIRE

Il y a beaucoup de bon à dire sur la diversité du cinéma européen, courtepointe de talents qui parfois s’allient pour porter une œuvre littéraire au-delà d’elle-même. Ce n’est malheureusement pas le cas avec l’adaptation que l’espagnole Isabel Coixet fait du très britannique roman de Penelope Fitzgerald. Emily Mortimer y joue Florence Green, une jeune veuve qui achète une vieille maison pour la transformer en librairie à Hardborough, un paisible village côtier dans l’Angleterre de 1957. Elle devra affronter la riche Violet Gamart (Patricia Clarkson), pour qui cet espace serait plus approprié pour un centre d’arts. Si la littérature et les arts sembleraient en théorie pouvoir cohabiter harmonieusement la romancière avait, sur cette lutte entre deux femmes, bâtie une intrigue sociopolitique subtile entre une jeune femme qui cherche à faire découvrir la littérature moderne (Bradbury, Nabokov) et le conservatisme bien arrêté de la vieille garde qui tient à garder sa main-mise sur le village. Florence trouvera des alliés dans les personnes de la jeune Christine (Honor Kneafsey) qu’elle engage pour l’aider et surtout de Mr. Brundish (Bill Nighy), un veuf passionné de littérature.

Le film de Coixet, paradoxalement, aurait de quoi
aider les libraires victimes des temps modernes :
N’allez pas voir le film, mais lisez le livre !’

Le problème de cette courtepointe, qui devrait nous tenir chaud ne serait que par la grâce d’interprètes normalement excellents, est que tout y est mal agencé, mal tissé, mal cousu. Coixet peine à rendre l’esprit d’un village anglais du Suffolk. Ses personnages en deviennent soit périssant d’ennui, soit anormalement crispants. C’est le cas de Patrica Clarkson (!) qui n’arrive pas à rendre le protagoniste bardé de beige de Violet Gamart. La tendresse qui se développe entre Florence et le solitaire Mr. Brundish, ainsi que la transformation de ce dernier en amoureux discret, déséquilibre le film vers son personnage à lui au détriment de celui de Florence et des habitants de Hardborough, aussi ternes que leurs vêtements.

Julie Christie, qui narre le récit en voix hors-champ, possède un timbre vocal parfait pour ce sujet mais on ignorera qui raconte cette histoire. La cinématographie du français Jean-Claude Larrieu, alternant bizarrement entre des scènes pastorales naturalistes et des extérieurs théâtralement éclairés, n’est pas aidée par la lourde trame sonore d’Alessandro Villalonga.

Le film de Coixet, paradoxalement, aurait de quoi aider les libraires victimes des temps modernes : N’allez pas voir le film, mais lisez le livre !’

Sortie
Vendredi 14 septembre 2018

V.o.
anglais; s.-t.f. / Version française
La librairie de Mademoiselle Green


Réal.
Isabel Coixet

Genre
Comédie dramatique

Origine
Grande-Bretagne

Espagne
Allemagne

Année : 2017 – Durée : 1 h 54

Dist.
MK2 | Mile End

Horaires & info. @
Cineplex

Classement
Tous publics

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½ [Entre-deux-cotes]

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