En salle

Bà Nôi

31 janvier 2014

En quelques mots
★★★
Pour son premier long métrage, le jeune cinéaste montréalais Khoa Lê a choisi, à l’occasion de l’un de ses voyages de quelques semaines au Vietnam, de tracer un portrait très personnel de sa famille restée là-bas. Documentaire à la limite de la fiction, Bà Nôi contient plusieurs scènes d’une envoutante beauté (la visite au cimetière dans la nuit, entre autres) et dans lequel les traditions familiales, les rituels ancestraux se conjuguent avec la recherche toute personnelle que l’auteur a entrepris depuis plusieurs années.

Mais le film est plus qu’un simple portrait et se projette bien au-delà de l’introspection. Véritable errance sensorielle autant qu’émotionnelle, Bà Nôi tire avantage de la photographie de Mathieu Laverdière, dont les scènes filmées de nuit durant les festivités de fin d’année sont particulièrement marquantes. Elles recèlent une force évocatrice hors du commun et apportent à ce voyage une grande force poétique. Décuplées par le traitement apporté à la trame sonore, ces qualités permettent à ce premier long métrage de se démarquer du lot. Largement applaudi lors des derniers RIDM (voir le compte rendu de Luc Chaput), Bà Nôi est un portrait touchant doté d’une maîtrise technique qui en fait une véritable réussite. > Charles-Henri Ramond

Une critique plus élaborée paraîtra dans le numéro 290 de Séquences

Sortie : Vendredi 31 janvier 2014
V.o. : Français ; Vietnamien
S,-t.f. – Grand-maman

DOCUMENTAIRE  | Origine : Canada [Québec] / Vietnam – Année : 2013 – Durée : 1 h 25  – Réal. : Khoa Lê – Dist. / Contact : Les Films du 3 mars | Horaires / Versions / Classement : Excentris

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Le Capital

En quelques mots
★★★
1/2
Gad Elmaleh nous offre une performance impressionnante dans le rôle de Marc Tourneuil, un économiste trentenaire qui devient subitement PDG de Phénix, une grande banque européenne sous l’emprise d’un fonds spéculatif américain. Il apprendra, parfois à nos propres dépends, à jouer dans la cour des grands, avec les plaisirs et les sacrifices que cela entraine, jusqu’à ce qu’il comprenne assez bien les règles qui régissent le jeu des banquiers pour les faire travailler à son avantage. Fidèle à son habitude, Costa-Gavras nous offre une réflexion intelligente sur le cirque qu’est devenue l’économie de marché aux yeux de la majorité des petits épargnants que nous sommes, sans toutefois tomber dans l’abjection ou la superficialité comme l’a fait Scorsese sur le même thème dans son dernier film. En respectant les codes du genre – filtre gris-bleu, présence du protagoniste dans toutes les scènes, narration autodiégétique, etc. −, le réalisateur réussit à nous entrainer dans son suspense malgré toute la lourdeur du sujet. En effet, il n’hésite pas à mettre en scène les ruses machiavéliques qu’avait révélées l’écrivain français Stéphane Osmont dans son roman homonyme paru en 2004 (dont le film est une adaptation), en vulgarisant assez bien pour que l’intrigue ne pâtisse pas d’un vocabulaire trop lourd ou de concept réservé aux initiés. Attention par contre si vous ne connaissez pas Costa-Gavras, ce film risque de vous donner envie de voir les autres ! > François D. Prud’homme

Sortie : Vendredi 31 janvier 2014
V.o. : Français ; Anglais
S.-t.f. – Le Capital

SATIRE SOCIALE  | Origine : France – Année : 2012 – Durée : 1 h 54  – Réal. : Costa-Gavras – Int. : Gad Elmaleh, Gabriel Byrne, Natacha Régnier, Céline Sallette, Liya Kebede, Hippolite Girardot – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Beaubien Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Labor Day

En quelques mots
★★
Après quatre films bien reçus autant par la critique que le grand public (dont Juno et In the Air), le fils d’Ivan Reitman et montréalais de naissance abandonne son léger cynisme avec ce dernier film, Labor Day. Disons qu’on est loin de l’intelligence de Clint Eastwood et de son A Perfect World qui réussissait là où Labor Day échoue sur un sujet semblable d’apprentissage et de rédemption. Même la passion entre Winslet en mère mélancolique et craintive et Brolin en détenu en cavale au grand coeur manque de saveur. Peut-être que cette saveur a été abandonnée dans la fameuse confection de la tarte aux pommes, si délicieuse en apparence ? Reste qu’avec ce cinquième film, Jason Reitman déçoit beaucoup. Espérons qu’il retrouve le cynisme et la passion de ses débuts, car de film en film, il s’assagit et se conforme de plus en plus aux mécanismes et à la fadeur des grands studios d’Hollywood. > Pascal Grenier

Sortie : Vendredi 31 janvier 2014
V.o. : Anglais
V.f. – La Fête du travail

DRAME  | Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 1 h 52  – Réal. : Jason Reitman – Int. : Kate Winslet, Josh Brolin, Tobey Maguire, Clark Gregg, James Van Der Beek, Maika Monroe – Dist. / Contact : Paramount | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Le Passé

LE FILM DE LA SEMAINE

PRIX DU JURY OECUMÉNIQUE
PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE (Bérénice Bejo)
Festival de Cannes 2013

En quelques mots
★★★
Le Passé
débute là où Une séparation s’arrêtait : par un divorce. En compétition au dernier Festival de Cannes, Le Passé n’est en aucun cas la suite de Une séparation (Ours d’or au Festival de Berlin 2010), bien que les nombreuses passerelles – plus thématiques que formelles – entre les deux films invitent à d’inévitables parallèles

Le film est tourné en français car « quand on veut faire un film qui traite du passé, il faut l’inscrire dans une ville telle que Paris, qui respire le passé », explique Farhadi. Un point de vue romantique qui parvient tout de même à éviter les clichés : plutôt que de filmer la capitale française comme mille autres avant lui, Farhadi installe son intrigue en banlieue et donne à la grise Sevran des airs de Téhéran. Même Bérénice Bejo, récompensée pour ce rôle du Prix de la meilleure actrice à Cannes, pourrait passer pour une Persane avec son visage grave et sa longue chevelure brune. Il y a donc bien un « style Farhadi ».

Mais au service de quoi ? D’une quête viscérale et obsessionnelle de la vérité, présentée comme la raison d’être absolue de toute existence et, surtout, comme la seule délivrance possible contre la culpabilité. Car la culpabilité et, plus généralement, le dilemme et l’inquiétude morale, sont au cœur de tout le cinéma de Farhadi. Un groupe d’amis devait réagir à la disparition d’une des leurs dans À propos d’Elly (2009) ; un père de famille devait comprendre si son énervement avait provoqué la fausse couche d’une aide-soignante dans Une séparation.… Une séparation était un film splendide. Avec son intrigue volontairement plus banale, Le Passé ne brille certainement pas autant, mais n’en est pas moins un vrai beau mélodrame. > Pamela Pianezza

Sortie : Vendredi 31 janvier 2014
V.o. : Français ; Fārsi
S.-t.f. – Le Passé
S.-t.a. – The Past

DRAME | Origine : France / Italie – Année : 2013 – Durée : 2 h 10  – Réal. : Asghar Farhadi – Int. : Béréncie Bejo, Tahar Rahim, Ali Mosaffa, Pauline Burlet, Jeanne Jestin, Sabrina Ouzani – Dist. / Contact : Métropole | Horaires / Versions / Classement : Beaubien Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★
Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

That Awkward Moment

En quelques mots
1/2
Ce premier long métrage de Tom Gormican en tant que scénariste et réalisateur, porte bien son titre anglophone tant il est malaisé, maladroit et mal construit. Dans cette comédie de situation trop inspirée par un burlesque égrillard, les personnages des trois jeunes hommes sont mal définis et les jeunes femmes s’en tirent à peine mieux. On se demande ce que Miles Teller fait là-dedans après sa prestation dans la comédie romantique réussie The Spectacular Now. Le mélange de burlesque et de comédie romantique ne fonctionne que très rarement dans la description de ces grands enfants obligés de devenir plus adultes. La carrière de Gormican, après le désastreux Movie 43 dont il fut un des coproducteurs, continue donc sur un mauvais pied. > Luc Chaput

Sortie : Vendredi 31 janvier 2014
V.o. : Anglais
V.f. – Célibataires ou presque

COMÉDIE SENTIMENTALE  | Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 1 h 36  – Réal. : Tom Gormican – Int. : Zac Efron, Miles Teller, Michael B. Jordan, Imogen Poots, Mackenzie Davis, Jessica Lucas – Dist. / Contact : VVS | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Visitors

En quelques mots
★★
La trilogie Koyaanisqatsi, Powaqqatsi et Naqoyqatsi du même réalisateur s’est construite sur vingt ans et était essentiellement une vision du monde portée par un montage habituellement rapide d’images en grande partie trouvées et ce sur une musique quasi hypnotisante de Philip Glass. Après ce déluge visuel, plus de dix ans se sont écoulés et le cinéaste nous présente des plans fixes d’environ une minute de personnes regardant la caméra. Des structures complètes ou en désuétude accompagnent ces portraits d’humains et aussi d’une gorille qui nous fixe droit dans les yeux. La musique diversement répétitive de Glass s’accroche moins bien à ces tentatives du cinéaste de scruter les visages et les émotions de ces personnes qui, sauf lors d’une séquence en groupe, ne sont pas très expansives. Contrairement à la trilogie Qatsi, il serait étonnant que ce dernier opus de Reggio attire des visionnements répétés de la plupart des spectateurs. > Luc Chaput

Sortie : Vendredi 31 janvier 2014
V.o. : Sans dialogue

DOCUMENTAIRE | Origine : États-Unis – Année : 2013– Durée : 1 h 27 – Réal. : Godfrey Reggio – Dist. / Contact : EyeSteelFilm | Horaires / Versions / Classement : Excentris

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Big Bad Wolves

24 janvier 2014

En quelques mots
1/2
Deux ans après leur étonnant premier film Rabies, le duo israélien de l’heure nous revient avec un suspense honnête, mais aux nombreuses failles. Similaire au récent Prisoners de Denis Villeneuve et au nettement supérieur I Saw the Devil de Kim Jee-Woon, Big Bad Wolves est un énième film de vengeance qui débute pourtant très bien (la séquence initiale et le générique sont magnifiques) avant de sombrer malheureusement dans les lieux communs de la torture porn. Le principal défaut du film est qu’il repose (beaucoup) trop sur un scénario manichéen aux nombreux rebondissements et coups de théâtre artificiels ou gratuits.  Parrainé par nul autre que Quentin Tarantino, ce thriller qui prône le thème de l’auto-justice est teinté de nombreuses séquences d’humour noir et pince-sans-rire qui vient contraster avec les scènes plus dures. Mais le résultat n’est pas toujours convaincant et surprenant même si la mise en scène est fort habile et ne manque pas de vigueur. En revanche, le film repose sur des effets de montage dont certains s’inspirent un peu trop du célèbre The Silence of the Lambs de Jonathan Demme. > Pascal Grenier

Sortie : Vendredi 24 janvier 2014
V.o. : Hébreu
S.-t.a.  – Mi mefahed mezeev hara

THRILLER D’ÉPOUVANTE  | Origine : Israël – Année : 2013 – Durée : 1 h 50  – Réal. : Aharon Keshales, Navot Papushko – Int. : Lior Ashkenazi, Rotem Keinan, Tzahi Grad– Dist. / Contact : Magnet Releasing (États-Unis) | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du ParcCineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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