En salle

Israel: A Home Movie

28 février 2014

En quelques mots
★★★
De ces films amateur tournés au début du 20e siècle et s’étalant jusqu’aux années 70 émanent une certaine nostalgie de la mémoire, mais surtout et avant tout montre toute la complexité sociale et politique marquant la création de l’État d’Israël, ses espoirs, ses visions de l’avenir, son attachement à la terre de ses ancêtres, ses nombreuses failles, ses rapports avec ses voisins arabes, son amour pour la patrie. Lorsqu’au détour d’un de ces documents, par ailleurs précieux et instructifs, on demande à des israéliens si dans la conquête des terres palestiniennes il s’agit d’occupation ou de droit à reprendre la terre promise, la majorité opte pour la notion d’occupation. Car Israel: A Home Movie prouve jusqu’à quel point, l’Histoire moderne d’Israël est à ce point complexe, multiforme, ambiguë, se dirigeant dans tous les sens, reconstruisant sans cesse le mouvement de l’histoire de l’humanité. Qui a tord ? Qui a raison ? Le film d’Eliav Lilti refuse de répondre car il n’y a guère de réponse quel que soit notre idéologie sur la question.

Ce qui est évident est de constater qu’à en juger par certains de ces films d’archives personnelles, le début du siècle aura été beaucoup plus harmonieux entre les deux communautés sémites, la juive et l’arabe. Les commentaires derrière les dernières images de ce très beau documentaire invitent les spectateurs à réfléchir sur le passage du temps, prouvant ainsi que si les guerres ne cessent d’exister, la vie, elle, s’en va, laissant derrière des traces de regrets, d’occasions ratées et de rendez-vous inachevés. Mais ce qui restera dans nos mémoires est de réaliser que les images de ces films tournés dans divers formats-film étaient plus objectifs que celles montrées à la télévision, rapides et parfois mensongaires. Ces images d’une autre époque, certaines remplies de tendresse, d’autres montrant la bêtise humaine, resteront gravées dans notre mémoire, confirmant une fois de plus l’importance capitale du cinéma, fenêtre ouverte sur le monde. > Élie Castiel

Sortie : Lundi 3 mars 2014
S.-t.a. – Cakh Ra’inu

DOCUMENTAIRE | Origine : Israël – Année : 2012 – Durée : 1 h 43– Réal. : Eliav Lilti – Dist. / Contact : Film Forum (États-Unis) | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Miraculum

En quelques mots
★★★
Dans ce film au rythme lent, les scènes s’emboîtent avec douceur et vont à l’encontre du spectacle douloureux de l’écrasement d’avion, du stress de l’urgence à l’hôpital, de la fébrilité du casino, de la nervosité des passagers de l’aéroport… On se laisse guider par les grands yeux de Julie (Marilyn Castonguay) qui semble poser un regard neuf sur ce qui l’entoure et sur sa propre vie. On suit Simon (Gabriel Sabourin) dans sa quête de rédemption et on assiste à la déchéance d’Évelyne (Anne Dorval) dans son enfer éthylique. Le spectateur assiste aussi à quelques moments de bonheur à l’arrière d’une mini-fourgonnette, où les amants sexagénaires (Julien Poulin et Louise Turcot) redécouvrent le plaisir des corps.

Par sa mise en scène posée, Podz laisse ses personnages nous envahir et, bien qu’il semble ne rien se passer de fascinant, la trame nous étreint dans un lent crescendo et les éléments de réponse apparaissent un à un avec une fluidité surprenante. On s’étonne de sourire quand les morceaux du puzzle prennent place pour enfin donner un tableau réaliste. Porté par une direction photo sobre aux tonalités effacées, une musique absente, une distribution de rêve qui joue en demi-teintes, Miraculum peut paraître monotone, mais il n’en est rien tant l’intelligence des liens, mais aussi des interrogations qu’il soulève, sont à la mesure du talent de ce réalisateur qui multiplie les audaces et les expérimentations.

Il faut souligner le jeu ténu d’Anne Dorval en alcoolique émouvante, le fragile stoïcisme de Xavier Dolan et l’interprétation bouleversante de Marilyn Castonguay qui nous hypnotise par la fixité de son regard perplexe. Plus vivant que Continental, un film sans fusil de Stéphane Lafleur, Miraculum offre au film choral québécois une nouvelle dimension qui transcende les petits drames personnels pour élever le questionnement sur l’existence de Dieu et les sacrifices que l’on fait pour se donner droit à des lendemains tolérables. > Patricia Robin

Sortie : Vendredi 28 février 2014
V.o. : Français
S.-t.a. – Miraculum

DRAME | Origine : Canada [Québec]  – Année : 2013 – Durée : 1 h 50  – Réal. : Daniel Grou (Podz) – Int. : Marilyne Castonguay, Gabriel Sabourin, Robin Aubert, Xavier Dolan, Julien Poulin, Louise Turcot, Anne Dorval, Gilbert Sicotte – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Beaubien Cinéma du ParcCineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Non-Stop

En quelques mots
1/2
Après l’étrange mais presque réussi Orphan (2009) et le quasi acceptable Unknown (2011), le Catalan Jaume Collet-Serra continue son cheminement hollywoodien en proposant un thriller aérien, certes musclé, divertissant, conforme avec la vision cinématographique du réalisateur : produire un cinéma grand public avec une certaine petite dose d’intelligence. On retrouve ici le Liam Neeson de Unknown, notamment sur le plan du personnage écorché psychologiquement et qui se retrouve dans une situation rendue inextricable. Force est de souligner que le suspense fonctionne alors que le scénario diffuse des fausses pistes quant à l’identité du ou des coupables. La conclusion tant attendue arrive néanmoins comme un cheveu sur la soupe alors que les « méchants » sont identifiés de façon bancale sans vraiment assez d’informations à leur sujet et des raisons de leur machination. Mais avant cela, les spectateurs demeurent attentifs à tous ces débordements en forme de huis clos intentionnellement exténuant. Et il y a aussi Julianne Moore, perdue dans un environnement qui lui semble totalement étranger. Quant à Collet-Serra, nous sommes persuadés qu’il poursuivra définitivement dans cette voie. La preuve concrète : Non-Stop est en tête du box-office cette semaine. > Élie Castiel

Sortie : Vendredi 28 février 2014
V.o. : Anglais
V.f. – Sans arrêt

SUSPENSE  | Origine : États-Unis – Année : 2014 – Durée : 1 h 47  – Réal. : Jaume Collet-Serra – Int. : Liam Neeson, Julianne Moore, Jon Abrahams, Scott McNairy, Michelle Dockery, Corey Stoll – Dist. / Contact : Universal | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Oggy et les cafards – Le film

Sortie : Samedi 1er mars 2014
V.o. : Français

ANIMATION  | Origine : France – Année : 2013 – Durée : 1 h 20  – Réal. : Oliver Jean-Marie  – Dist. / Contact : Bac Films (France) | Horaires / Versions / Classement : Excentris

En quelques mots
SANS COMMENTAIRES / Film non vu.

Rhymes for Young Ghouls

En quelques mots
★★
Les films dont l’action se déroule dans des réserves indiennes tombent trop souvent dans un piège simplificateur en ne montrant que les difficultés sociales ou la souffrance des autochtones d’une part et la culpabilité des blancs de l’autre. Ce Rhymes for Young Ghouls ne cherche certes pas à occulter l’importance de la drogue, de l’alcool ou de la violence dans le quotidien, mais il ne tombe pas pour autant dans le panneau du film au message trop simpliste. Il montre les excès de certains Blancs et l’avenir qui semble sans issue des autochtones, mais il apporte aussi quelques nuances en refusant le manichéisme trop facile. De plus, l’introduction d’éléments que nous pourrions percevoir comme à la limite du fantastique (indissociables de la spiritualité de ses personnages) est particulièrement convaincant. Dans ces moments-là, Jeff Barnaby parvient à faire revivre les fantômes vus par son héroïne de manière fort crédible et fait preuve alors d’un certain talent de mise en scène.

Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Sa réalisation, très inégale, n’est pas toujours aussi maîtrisée et le scénario plein de bonnes intentions se laisse parfois aller en glissades incontrôlées (surtout lorsqu’il flirte avec le thriller). Le dernier aspect problématique est probablement la direction d’acteurs qui laisse grandement à désirer, le manque d’assurance des comédiens ne faisant qu’amplifier les faiblesses énoncées plus haut. Cependant, les quelques bonnes choses que l’on peut voir ici et là nous donnent envie de suivre la carrière de Barnaby, qui signe ici son premier long métrage. Après quelques réglages indispensables, il se pourrait même qu’il devienne un réalisateur intéressant!  À suivre… > Jean-Marie Lanlo

Sortie : Vendredi 28 février 2014
V.o. : Anglais
S.-t.f. – Rimes pour revenants

DRAME  | Origine : Canada [Québec] – Année : 2013 – Durée : 1 h 25  – Réal. : Jeff Barnaby – Int. : Kawennahere Devery Jacobs, Roseanne Supernault, Glen Gould, Brandon Oakes, Mark Antony Krupa – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Cineplex – Excentris

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Shaadi ke Side/Effects

En quelques mots
1/2
Après Pyar ke Side Effects (The Side Effects of Love, 2006), Saket Chaudhary continue sa démarche romantique avec Shaadi ke Side/Effects (The Side Effects of Marriage, 2014). Ça se passe à Londres, en Angleterre, et les Indiens de souche ont bien changé depuis. Les sujets comme l’adultère et la sexualité il n’y a pas si longtemps tabous sont ici évoqués à la fois avec humour et sérieux. Si la comédie tend parfois vers la prise de conscience sur les enjeux du mariage, tout cela est montré sous un angle manquant parfois de psychologie. Avouons tout de même que la jolie Vidya Balan et le charismatique Farhan Akhtar forment un couple charmant malgré leurs différences. Pour un film grand public, la fin est surprenante, donnant une vision du couple pour le moins stérile. Signe du temps, de plus en plus de récits bollywoodiens, notamment en ce qui a trait aux comédies ou drames sentimentaux se réclament désormais du 21e siècle. > Élie Castiel

Sortie : Vendredi 28 février 2014
V.o. : Hindi
S.-t.a. – The Side Effects of Marriage

COMÉDIE ROMANTIQUE | Origine : Inde – Année : 2014 – Durée : 2 h 25  – Réal. : Saket Chaudhary – Int. : Farhan Akhtar, Vidya Balan, Vir Das, Ram Kapoor, Gautami Kapoor, Rati Agnihotri – Dist. / Contact : n.d. | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

MISE AUX POINTS
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Son of God

En quelques mots
1/2
Les nombreuses versions de ce récit classique incontournable ne se comptent plus. À une époque où les fondamentalismes de toutes tendances fleurissent un peu partout à travers le monde, Son of God arrive à point pour rejoindre les brebis égarées. L’approche télévisuelle n’est pas seulement ce qui agace dans le premier long métrage pour le grand écran de Christopher Spencer, mais sa naïveté assumée, son insistante musique mélodramatique et cette tendance penchant pour un cinéma d’hier, comme s’il s’agissait des années 50. Le Christ de Spencer est loin de celui de Pasolini, brut, primaire, révolutionnaire, sublime.  Le côté spectaculaire ne sert ici qu’à séduire et à influencer et les effets spéciaux sont gauchement manipulés. Les miracles accomplis, quant à eux, s’avèrent grossis et invraisemblables. Ce Son of God ressemble à une leçon de religion pour la petite école et plutôt que de donner un message rassembleur, n’aspire qu’à mieux diviser. > Élie Castiel

Sortie : Vendredi 28 février 2014
V.o. : Anglais
V.f. – Le Fils de Dieu

DRAME RELIGIEUX | Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 2 h 18  – Réal. : Christopher Spencer – Int. : Roman Downey, Diogo Morgado, Louise Delamore, Darwin Shaw, Andrew Brooke, Amber Rose Revah – Dist. / Contact : Fox | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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