6 mars 2014
EN QUELQUES MOTS
★★ ½
L’influence de l’image de Bettie Page se retrouve aujourd’hui dans plusieurs des vêtements et des attitudes de chanteuses telles que Madonna. Le réalisateur américain Mark Mori, à partir de nombreuses heures d’interviews avec Bettie en 2008, reconstitue la vie et l‘époque de cette belle Américaine née dans les années 20 dans un milieu très pauvre au Tennessee et qui connut la gloire comme modèle pour des photos à l’érotisme plus ou moins appuyé à compter des années 50. Le documentariste évoque aussi l’émergence des clubs de photographie amateur qui permit à Bettie d’atteindre une première célébrité. Le cinéaste relie ensuite l’influence de cette production photographique et même cinématographique à la censure et à la commission d’enquête du sénateur Kefauver sur le crime organisé. Les problèmes personnels de Bettie s’opposent donc à la vision idyllique que ces photos représentent souvent. De nombreux intervenants dont Hugh Hefner apportent leurs témoignages sur cette femme qu’on perdit de vue et qui ne récolta que très peu de temps les avantages financiers de sa notoriété retrouvée. > Luc Chaput
DOCUMENTAIRE | Origine : États-Unis – Année : 2012– Durée : 1 h 41 – Réal. : Mark Mori Dist. / Contact : FilmsWeLike | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
EN QUELQUES MOTS
★★ ½
Le duo Patrick Boivin et Olivier Roberge ont construit un film hors du temps situé dans une sorte de no man’s land, un bunker vétuste, produit d’une supposée guerre froide. Mais ici, ce n’est pas l’action qui prend le dessus, mais plutôt le huis clos qui réunit les deux principaux protagonistes, à l’opposé l’un de l’autre. Ils finissent par se parler, font semblant de s’entendre, se disputent et c’est la sirène qui sonne. Entre l’espace fermé et l’extérieur enneigé, deux univers s’affrontent avec comme dénominateurs communs, la peur, la confrontation, l’angoisse et la mort. Il s’agit ici d’un film atypique, probablement le premier du genre dans le cinéma québécois. La proposition est intéressante dans la mesure où Boivin et Roberge rejoignent une certaine nouvelle vague de cinéastes qui essaient de se définir par le biais de l’expérimentation narrative et formelle. Sur ce point, ils ont réussi car c’est dans ses moments d’incertitudes et dans ses faux pas que Bunker manifeste sa véritable force. > Élie Castiel
DRAME PSYCHOLOGIQUE | Origine : Canada [Québec] – Année : 2014 – Durée : 1 h 26 – Réal. : Patrick Boivin, Olivier Roberge – Int. : Martin Dubreuil, Patrice Robitaille, Julien Poulin – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Beaubien – Cineplex
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★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
EN QUELQUES MOTS
★★
Il y a chez la critique dite « sérieuse », et dont Séquences fait partie, une tendance à sous-estimer, et à juste titre dans la majorité des cas, des films proposant une approche ouvertement sentimentaliste. Néanmoins, il arrive parfois que certains de ces films ont ceci de particulier (un geste, un regard, une séquence… ) qu’ils arrivent à faire vibrer notre corde sensible. De toute façon, force est souligner que la réaction à tel ou tel film dépend également, en partie, de notre éducation et surtout sensibilité, tout en étant conscient qu’il faut savoir séparer le bon grain de l’ivraie.
Dans le périlleux genre « biographie » Marina suit une ligne droite, évitant la rhétorique formelle ou encore les effets de style pompeux. Ici, tout tourne autour de Rocco Granata, chanteur célèbre dans les années 50 et le début des années 60 qui a connu le succès notamment avec sa chanson fétiche, Marina, particulièrement en Europe. Si Sœur Sourire (2009), le film précédent de Stijn Coninx, réussissait à déployer le grand talent d’une Cécile de France totalement investie dans son rôle, jouant divers registres avec dextérité, ici les accents mélodramatiques ne font que suivre efficacement les codes du genre abordé.
Les thèmes de la xénophobie ambiante, les préjugés et les difficultés d’adaptation dans un nouveau pays sont montrés sans complaisance, mais néanmoins de façon pas assez approfondie. On s’attache pourtant rapidement au jeu à la fois vif et ludique de Matteo Simoni (Rocco Granata) et celui subtil et émouvant de Luigi Lo Cascio, dans celui du père. En fin de compte, Marina demeure un film nostalgique et tout à fait charmant. > Élie Castiel
DRAME BIOGRAPHIQUE | Origine : Belgique – Année : 2013 – Durée : 2 h 03 – Réal. : Stijn Coninx – Int. : Matteo Simoni, Evelien Bosmans, Luigi Lo Cascio, Donatella Finocchiaro – Dist. / Contact : A-Z Films | Horaires / Versions / Classement : Beaubien (dès le 10 mars 2014) – Cineplex
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★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
EN QUELQUES MOTS
★★ ½
Par son sujet sortant des sentiers battus, Mr. Peabody & Sherman fait figure de cas d’espèces. Loin des super-héros, des animaux colorés ou des voitures qui parlent, cette production en partie produite par l’équipe indienne du géant Dreamworks, revisite des moments importants de l’Histoire mondiale et met en vedette quelques unes de ses figures célèbres. Petits et grands profiteront donc de la machine à remonter le temps du chien intello et de son fils en plein apprentissage de la vie pour rencontrer Einstein, Robespierre, Washington, Toutânkhamon et bien d’autres. De la Révolution française à la guerre de Troie, en passant par la Renaissance Italienne, les aventures de nos héros improbables permettent de s’instruire – un peu – sans trop « se prendre la tête ».
Toutefois, cette virée dans le temps et dans l’espace, bien que ficelée tambour battant, repose sur un scénario bavard et hyperactif évoluant au gré de sous-intrigues nombreuses mais pas toujours adroitement amenées. Techniquement très maîtrisés, les personnages aux courbes délicieusement généreuses, aux visages caricaturaux et aux couleurs vives nous rappellent The Incredibles (Pixar), mais aussi plusieurs cartoons des années 50, période à laquelle le personnage de Peabody est né.
Cependant, si les adultes y trouveront sans doute leur compte, les plus jeunes parviendront-ils à saisir l’humour des dialogues, les clins d’œil cinématographiques ou les références historiques ? Rien n’est moins sûr si l’on en croit les timides réactions du public durant la première représentation du film, samedi dernier. > Charles-Henri Ramond
ANIMATION | Origine : États-Unis – Année : 2014 – Durée : 1 h 33 – Réal. : Rob Minkoff – Voix (V.o.) : Ty Burrell, Max Charles, Stanley Tucci, Penny Winter – Dist. / Contact : Fox | Horaires / Versions / Classement : Cineplex
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★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
EN QUELQUES MOTS
★ ½
En abordant le thème récurrent des rapports entre Indiens et Pakistanais sur l’angle de la comédie romantique, Eeshwar Nivas évite les risques associés à un sujet aussi sensible, notamment si l’on suit l’actualité politique actuelle de près. Plus proche de la sitcom que du film sentimental, Total Sipayaa, littéralement « Chaos total » confronte les personnages à des situations où les incidents comiques fusent de toute part, parfois évidents, souvent nettement appuyés, mais toujours à la sauce bollywood qui, une fois de plus ne sait plus où arrêter. Le film, d’une durée de moins de deux heures, a ceci de particulier qu’il bénéficie d’un montage assez adroit, évitant les redondances et les codes normalement utilisés dans le genre (chants, danses…).
Par conséquent, le héros n’exprime pas son amour à sa bien-aimée par le bisais d’une chanson, mais au contraire se montre maladroit et contrairement à elle, fragile. C’est d’ailleurs une des caractéristiques narratives que l’on retrouve de plus en plus dans les comédies (ou drames) bollywoodiens des quelques dernières années : la femme a atteint un niveau de participation à la vie sociale comme jamais auparavent, laissant les hommes le soin de s’ajuster. Mais tout ceci est du cinéma, et les récits se passent dans des milieux plutôt aisés, montrant jusqu’à quel point Bollywood est si éloigné de la classe sous-ouvrière, formant pour ainsi dire la grande partie de la population du pays. Bollywood restera, à moins d’un changement radical, l’industrie du rêve et de l’évasion, sauf bien sûr, dans des cas exceptionnels. > Élie Castiel
COMÉDIE ROMANTIQUE | Origine : Inde – Année : 2014 – Durée : 1 h 48 – Réal. : Eeshwar Nivas – Int. : Ali Zafar, Yami Gautam, Anupam Kher, Kiron Kher, Sara Khan, Anuj Pandit – Dist. / Contact : Imtiaz Mastan | Horaires / Versions / Classement : Cineplex
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★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
EN QUELQUES MOTS
★★★
De l’aveu des auteurs, l’objectif de départ était de conserver une trace de la pièce originale, tout en lui donnant une personnalité propre. Un travail de mémoire qui a pris forme en cours de confection et qui va bien au-delà des styles et des genres mais qui possède une réelle présence cinématographique. Doté d’une ingéniosité formelle remarquable, Le film étonne, grâce notamment aux respirations dans le récit rendues possibles par les dialogues insérés sur un écran noir et des gros plans criants de vérité. Nous sommes dans l’écran, au milieu de la scène avec les comédiens. À ces moments impossibles à capter au théâtre, s’ajoutent la chorégraphie des mouvements, les jeux de regards et l’utilisation ingénieuse de la profondeur de champ.
Nous sommes donc à mille lieux d’une traditionnelle captation théâtrale, bien que le film fasse la part belle aux comédiens et puisse être vu comme un hommage à l’art de la scène. Incarnant à la perfection ce triangle amoureux peu banal, Violette Chauveau, Évelyne de la Chenelière et Jean-François Casabonne sont magnifiés par les caméras de John Dyer et Nicolas Fournier. La prestation de Violette Chauveau est tout simplement fulgurante. > Charles-Henri Ramond
ESSAI DRAMATIQUE | Origine : Canada [Québec] – Année : 2013 – Durée : 1 h 15 – Réal.: Luc Bourdon, Alice Ronfard – Avec : Violette Chauveau, Jean-François Casabonne, Evelyne de la Chenelière – Dist. / Contact : PRIM | Horaires / Versions / Classement : Excentris
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★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
28 février 2014
En quelques mots
1/2
Le thriller/suspense dont il est question méritait un meilleur traitement entre les mains de Lasse Hallström, auparavant beaucoup plus en forme (Ma vie de chien ou bien encore Cider House Rules). Mais nous savons que depuis quelque temps, il semble avoir perdu les ficelles du métier, proposant des films paresseux, poussifs, mélodramatiques (Dear John est un exemple édifiant). Profitant sans doute du succès de la série originale des Millénium, il a sans doute pensé qu’il s’en tirerait sans accrocs. Toujours est-il que L’Hypnotiseur est long, trop long. Sur ce point les vingt à trente dernières minutes ne cessent de nous annoncer la fin, provoquant chez le spectateur un profond malaise désagréable. Autrefois brillante dans The Unbearable Lightness of Being (L’Insoutenable légèreté de l’être), Lena Olin se demande dans quelle galère elle se trouve. Et pour tout gâcher, nous devinons l’identité du coupable dès la moitié du film, rendant ce suspense tout à fait inutile. Les responsables de la version française à laquelle nous avons droit ne se sont pas donnés la peine de sous-titrer certains indices de mots écrits en suédois. C’est totalement inadmissible et irresponsable. > Élie Castiel
SUSPENSE | Origine : Suède – Année : 2012 – Durée : 2 h 02 – Réal. : Lasse Hallström – Int. : Tobias Zilliacus, Mikael Persbrand, Lena Olin, Helena af Sandeberg, Jonathan Bökman, Oscar Pettersson – Dist. / Contact : Remstar | Horaires / Versions / Classement : Cineplex
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
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