3 avril 2014
Dans les années 70, Paul Susser, un jeune poète québécois anglophone, écrit à son idole Samuel Beckett. L’écrivain irlandais lui donne finalement rendez-vous dans un café dans un village à l’est de Paris près d’où il vit. Cet échange, qui aurait pu avoir lieu et a peut-être eu lieu avec un autre jeune poète bien vivant, est le fruit de l’imagination des deux coscénaristes Rudy Barichello et Marcel Beaulieu qui avaient déjà collaboré sur d’autres films (Dans l’œil du chat).
Barichello et Beaulieu insèrent dans leur histoire des éléments constitutifs de la pensée et de l’œuvre du Prix Nobel dont l’attente, le non-dit, la quotidienneté, l’errance, l’absurdité de l’existence et l’humour grinçant. Plus tard, Paul Susser atteint un statut de disciple favori qui le transforme en gardien du temple face à Lucia, une jeune et séduisante actrice qui veut faire ses Beaux jours de la Dernière Bande. Porté par une forte interprétation et par des retournements habiles de situations, le film constitue, par ses aperçus sur des aspects moins connus de la vie française de Beckett, une belle et évanescente introduction à l’univers de cet écrivain franco-irlandais.
ESSAI DRAMATIQUE
Origine : Canada – Année : 2013 – Durée : 1 h 25 – Réal. : Rudy Barichello – Int. : Vincent Hoss-Desmarais, Stephen McHattie, Maria de Medeiros, Linda Smith, Arthur Holden, Luc Morrissette – Dist. / Contact : TVA | Horaires / Versions / Classement : Cineplex
Mise aux points
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul. ½ (Entre-cotes) — LES COTES REFLÈTENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
En quelques mots
L’étymologie du mot formidable nous apprend qu’il est dérivé du latin formido signifiant « qui est de nature à susciter une très grande crainte ». Force est d’admettre qu’il y a quelque chose de formidable à observer, tel que Denis Côté nous pousse à le faire, des machines en pleine action dans leur vacarme naturel. La crainte, couverte de cambouis, transforme la machine en objet de désir et le spectateur en pornographe d’usine. Filmée dans son intimité, la machine se découvre, se déhanche, se dévoile, se met à poil. Alternant plans fixes et zooms alanguis, la caméra de Jessica Lee Gagné fait ici œuvre d’érotisme.
L’impression d’intimité, à la limite du voyeurisme, ne regarde pas que les machines. Dans une première scène troublante, Que ta joie demeure nous montre en plan serré une jeune femme en bleu de travail qui, regardant derrière son épaule, s’adresse à un nouveau travailleur. Nous ne verrons jamais ce travailleur; nous ne verrons qu’elle, son profil tandis qu’elle pose ses limites au boulot, son regard coulé en œillade alors qu’elle explique qu’il « faudra qu’on se fasse confiance » parce qu’en bout de ligne, elle n’est « pas une machine ». On pourrait presque s’imaginer une travailleuse du sexe avec un jeune client. Les nombreux plans fixes d’ouvriers – surtout ceux montrant des femmes dans une buanderie d’hôpital – gagnent, grâce à cette première scène, une qualité intime et touchante malgré la laideur des lieux.
L’une des forces de Denis Côté est de confronter des univers parallèles tout en les restituant. Ici, l’environnement essentiellement rébarbatif et bruyant des manufactures se peuple petit à petit de visages immobiles, de pauses cigarettes, de portes ouvertes sur la nature et d’échanges parfois surréalistes entre acteurs et travailleurs. L’être humain envahit lentement l’espace, jusqu’à dépasser la machine et même la sublimer dans une scène finale aussi réjouissante qu’inattendue.
ESSAI DOCUMENTAIRE
Origine : Canada [Québec] – Année : 2014 – Durée : 1 h 10 – Réal. : Denis Côté – Avec : Guillaume Tremblaym, Emilie Sigouin, Hamidou Savadogo, Olivier Aubin, Cassandre Emmanuel – Dist. / Contact : EyeSteelFilm| Horaires / Versions / Classement : Excentris
Mise aux points
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28 mars 2014
Ne soyons pas trop féroces envers le duo Gil Bellows (remarqué dans Louis Cyr : L’homme le plus fort du monde de Daniel Roby) et Tony Pantages (vu dans Stakeout de John Badham). Si d’une part ils filment convenablement La Havane dans ses différents côtés, touristiques et insolites, il n’en demeure pas moins que le scénario est moyennement construit, désoriente le spectateur et ne sait quelles voies emprunter.
Car en fin de compte, 3 Days in Havana ressemble beaucoup plus à un caprice entre copains avec une farouche envie de filmer. Une façon de prouver également, quitte à se casser la gueule, que l’art de la réalisation est peut-être donné à tout le monde. L’effort est là, le sans-gêne aussi, et l’audace pugnace de convaincre des acteurs chevronnés de collaborer au projet, même par simple amitié. Sur ce point, Don McKellar se montre docile, habitant son personnage comme s’il s’agissait d’une grande production.
Certains passages sont amusants, d’autres se perdent dans des labyrinthes interminables et des invraisemblances (comme la drague gaie dans l’ascenseur d’un hôtel), laissant chez le spectateur une sensation de fatigue ou de déjà-vu.
COMÉDIE
Origine : Canada / Cuba – Année : 2013 – Durée : 1 h 43 – Réal. : Tony Pantages, Gil Bellows – Int. : Michael Eklund, Lauren Lee Smith, Christopher Heyerdale, Gil Bellows, Kris Holden-Ried, Greg Wise – Dist. / Contact : ONF | Horaires / Versions / Classement : Cineplex
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Avec Antoine, son premier long documentaire, Laura Bari avait agréablement surpris et avait reçu plusieurs récompenses au Québec et à l’international. Déjà, la réalisatrice Argentino-canadienne faisait du handicap physique le cœur de son propos en nous présentant Antoine Huong, un garçon de 5 ans atteint de cécité. Dans ce nouveau film plus personnel, elle a suivi durant plusieurs années le combat d’un homme (dont on devine le lien de parenté avec la réalisatrice) bien décidé à reconstruire ses jambes, après les avoir perdues dans un accident de travail. Tourné à Mendoza, ville natale de l’auteure-réalisatrice, située en bordure des Andes, Ariel bénéficie de la luminosité et de la splendeur des paysages, utilisés ici en contrepoint à une réalité difficile.
À l’instar de son précédent film, Bari mélange la quotidienneté de l’action avec des moments de pure poésie, à l’instar de cette scène centrale qui récapitule en images animées les moments forts de la prothèse à travers l’histoire. Au-delà du portrait touchant d’un homme marqué mais fier et obstiné, elle nous offre une œuvre puisant dans l’univers psychologique de son sujet pour parvenir à transcender la complexité technique de l’entreprise. Faisant preuve d’un véritable travail de mise en scène et d’une recherche visuelle de premier ordre, Laura Bari marque à nouveau les esprits avec ce film qui s’avère l’une des œuvres documentaires québécoises les plus intéressantes de l’année.
DOCUMENTAIRE
Origine : Canada [Québec] – Année : 2013 – Durée : 1 h 35 – Réal. : Laura Bari – Avec : Ariel Bari, Aldana Bari, Alba Gonzalez – Dist. / Contact : ONF | Horaires / Versions / Classement : Excentris
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Utilisant une faille dans les règlements d’admission, un quarantenaire américain réussit à devenir concurrent à la finale d’un prestigieux tournoi d’épellation. Des concours pour jeunes artistes, en piano, violon, danse ou patinage artistique pullulent et d’aucuns même contestent la place trop grande prise par certains parents dans la poursuite de ces lauriers pour leurs enfants. Il existe aux États-Unis des concours prestigieux d’épellation dont Spellbound de Jeffrey Blitz a donné, il y a une dizaine d’années, un compte-rendu documentaire.
Le scénariste Andrew Dodge insère dans un contexte similaire un misanthrope quarantenaire américain spécialiste des gros mots plus recherchés. La satire fonctionne plus spécialement dans la première partie mais Jason Bateman, rendu célèbre pour la télésérie Arrested Development, aurait dû laisser à un autre la réalisation, étant déjà producteur et acteur principal. Le jeune Rohan Chand lui donne la réplique avec verve dans cette comédie où les révélations ne sont que pétards mouillés.
COMÉDIE
Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 1 h 29 – Réal. : Jason Bateman – Int. : Jason Bateman, Kathryn Hahn, Rohan Chand, Allison Janney, Philip Baker Hall – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Cineplex
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SANS COMMENTAIRES / Film non vu.
COMÉDIE SENTIMENTALE
Origine : France – Année : 2013 – Durée : 1 h 29 – Réal. : Pascal Boudriaux – Int. : Kev Adams, Frank Dubosc, Nora Arnezeder, Valérie Benguigui, Alie Isaaz, Héléna Noguerra – Dist. / Contact : Remstar | Horaires / Versions / Classement : Cineplex
SANS COMMENTAIRES / Film non vu.
COMÉDIE DRAMATIQUE
Origine : Égypte – Année : 2013 – Durée : 1 h 37 – Réal. : Amir Salama – Int. : Ahmed Dash, Kinda Allouch, Hani Adel – Dist. / Contact : Cinéma Métropolitain | Horaires / Versions / Classement : Sphèretech 14 (Guzzo)
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