12 mars 2015
Après trois courts sujets, dont un documentaire, Headspace (doc., 2006), Incomplete (2006) , Alan & Sami (2007) ainsi que quelque téléséries, le franco-algérien Yann Demange signe un premier long métrage qui frappe notamment par la brillante composition de son acteur principal, Jack O’Connell (récemment vu dans Unbroken, d’Angelina Jolie).

Sa présence, presque fantomatique, somnambule, n’est que le vibrant constat de l’environnement où le personnage tente de survivre. Une ville de Belfast où le calme apparent se transforme très vite en agressions le plus souvent tragiques. Dans cet inquiétant champ de bataille du quotidien, on ne peut se fier à personne. Et lorsqu’on est poursuivi par des hommes déterminés de camps opposés, la patience cède la place à l’angoisse et à la peur.
Violence, trahison, délation, opposition, guerre d’idéologies, ainsi se présente l’Irlande de ces débuts des années 70 et que Yann Demange illustre avec un réalisme percutant, soutenu par une direction photo impeccable, documentaire, soulevant l’ire et l’émotion des spectateurs. Su ce point, Tat Radcliffe fait un travail exceptionnel en s’attachant aux moindes détails (cafés vides ou quelques clients tentent d’oublier en buvant les néfastes promesses de mort quotidiennes, intérieurs cloîtrés, encadrements militaires autoritaires et sans concessions, coins isolés et fermés abritant des résistants).
Il faut bien le dire, ’71 est surout un film photographique, comme si le jeune réalisateur avait décidé de témoigner d’une époque charnière de l’Histoire contemporaire d’un pays en quête identitaire. D’où cette couleur tamisée souvent utilisée, comme pour cacher l’horreur des jours qui se suivent, toujours marqués par l’horreur.
Le film a certes ses limites en ce qui a trait au récit. Mais se fiant au premier scénario pour le grand écran de Gregory Burke, Demange s’en tire néanmoins avec justesse, sincérité et une franchise touchante. En réussissant une première fiction de long métrage avec brio, le réalisateur prouve qu’il est, sans contredit, voué à un avenir prometteur.
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Genre : Suspense – Origine : Grande-Bretagne – Année : 2014 – Durée : 1 h 39 – Réal. : Yann Demange – Int. : Jack O’Connell, Sam Reid, Sean Harris, Charlie Murphy, Paul Anderson, Sam Hazeldine – Dist./Contact : Remstar.
Horaires : Cineplex.
CLASSIFICATION
Visa GÉNÉRAL
(Violence / Langage vulgaire)
MISE AUX POINTS
★★★★★ (Exceptionnel). ★★★★ (Très Bon). ★★★ (Bon). ★★ (Moyen). ★ (Mauvais). ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
Le conte de Charles Perrault, écrit au 17e siècle, a connu depuis de nombreuses adaptations dont un opéra-bouffe de Rossini La Cenerentola etDisney en avait produit, en 1950, un célèbre dessin animé réalisé par Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske. Après le succès de Frozen, il était prévisible que l’on revienne à ce thème de la jeune femme maltraitée qui sort gagnante. Kenneth Branagh avait réussi, il y a vingt-cinq ans, une très bonne adaptation du Henry Vde Shakespeare et d’autres aussi de divers classiques (Frankenstein).
Ici, l’époque est plus ou moins bien définie, cela ressemble au 19e siècle européen avec décors campagnards romantiques. La vie de Cendrillon jeune et de ses parents est nimbée d’une douce lumière et la jeune fille apprend à être gentille avec tous les êtres, animaux, employés et autres qui l’entourent. Des malheurs successifs la frappent. L’arrivée d’une belle-mère, jouée avec verve par Cate Blanchett, l’enferme dans un rôle de servante vivant près des cendres. Branagh et son scénariste Chris Chris Weitz (About a Boy) ne noircissent cependant pas trop les choses loin d’un Charles Dickens pour Oliver Twist pris dans un orphelinat terrible.
Roy Dupuis est l’hôte de L’Empreinte, un film ambitieux qui cherche à comprendre les influences et les mixités qui ont façonné l’identité québécoise depuis que les français ont mis le pied en sol Amérindien. La question qui se pose concerne le métissage qui s’est opéré entre les peuples et s’interroge sur le fait que durant plus de 150 ans, l’influence amérindienne sur l’identité québécoise a été sinon niée du moins minimisée.
Dans l’univers clos d’un avion commercial, des passagers découvrent qu’ils ont une connaissance en commun ; dans un restaurant, la serveuse reconnaît la personne qui a provoqué la mort de son père ; deux automobilistes n’arrêtent pas de s’insulter jusqu’à l’issue tragique ; un père de famille devient fou furieux lorsque sa voiture part en fourrière ; une femme enceinte est renversée par le fils d’une riche famille ; et finalement, le jour de son mariage, la mariée apprend que son époux l’a trompée avec une collègue de celui-ci, présente à la cérémonie.


Genre : Documentaire – Origine : France / Canada– Année : 2014 – Durée : 1 h 48 – Réal. : Sturla Gunnarsson – Dist. / Contact : Kinosmith.
Horaires : Cinéma du Parc
CLASSIFICATION
[ En attente de classement ]
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Étrange carrière hollywoodienne que celle du Catalan Jaume Collet-Serra, fort influencé par un mélange de films d’épouvante et d’action. Dans ses partitions d’épouvante, on sent le spectre de son compatriote, le regretté cinéaste-culte Jess Franco (période années 60), planer sur quelques scènes, particulièrement dans Orphan (2009), film gothique impressionnant.

Ici, profitant du succès public de Liam Neeson dans les films de vengeance et de rédemption, genre pour lequel le comédien irlandais semble cantonné depuis quelques années, il le dirige pour la troisième fois, après Unknown (2011) et Non-Stop (2014), profitant de son charisme inné pour attirer un public déjà conquis.
Chez Collet-Serra, sans doute bercé inconsciemment par une certaine cohérence du cinéma espagnol, il construit Run All Night selon la recette hollywoodienne en y insérant quelques ingrédients européens comme la prise de conscience, l’ambiguïté des rapports familiaux, les répliques directes, une profonde et touchante humanité – voir ce cours passage d’amitié intime entre Liam Neeson et Ed Harris où le propos rejoint nos cordes sensibles.
Le cinéma d’action du jeune cinéaste est le plus souvent rempli de promesses. Celle de tenir le spectateur en haleine même si le dénouement lui paraît évident ; celle aussi de raconter un récit le plus rationnel possible ; et finalement, sublimer la fiction en lui redonnant ses lettres de noblesse.
Le dénouement renvoit également à une idée du monde somme toute réaliste, même si pessimiste. Il s’agit d’un espace de moins en moins accommodant pour l’individu, lui-même souvent assujetti aux exigences implacables de son incontournable destin.
Genre : Gangsters – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 1 h 50 – Réal. : Jaume Collet-Serra – Int. : Liam Neeson, Genesis Rodriguez, Jack Kannaman, Boyd Holbrook, Vincent D’Onofrio, Common, Ed Harris – Dist. / Contact : Warner.
Horaires : Cineplex
CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans
(Violence)
MISE AUX POINTS
★★★★★ (Exceptionnel). ★★★★ (Très Bon). ★★★ (Bon). ★★ (Moyen). ★ (Mauvais). ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES

Genre : Suspense d’épouvante – Origine : Canada / Australie– Année : 2014 – Durée : 1 h 34 – Réal. : Jennifer Kent – Int. : Essie Davis, Noah Wiseman, Hayley McElhinney, Daniel Henstall, Barbara West, Benjamin Winsper – Dist. / Contact : Séville.
Horaires : Cinéma du Parc
CLASSIFICATION
Visa GÉNÉRAL
(Horreur)
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