16 septembre 2015
Après avoir triomphé de l’épreuve du labyrinthe, Thomas et ses coéquipiers se retrouvent avec d’autres adolescents dans une forteresse dirigée par Janson. Ce dernier, qui affirme vouloir leur bien, les soumet à divers tests et entraînements. Sous l’impulsion d’Aris, un garçon enrôlé lui aussi, Thomas et ses amis entreprennent de s’échapper avant d’être sélectionnés, puisqu’ils ont maintenant la preuve que Janson est à la solde de WCKD, une organisation mystérieuse et tentaculaire.

Le très encensé bédéiste Michel Rabagliati, dont Paul est l’alter ego depuis 1999 avec Paul à la campagne, troque la table à dessin pour se transposer au grand écran. Loin de s’afficher comme un super héros à la Marvel ou DC Comics, Paul s’avère un Québécois moyen sans pouvoir surnaturel, qui ne défend ni veuve ni orphelin, ne dispose que de son sens de l’observation, de sa sensibilité et de ses facultés d’évocation pour s’inscrire dans des histoires personnelles rappelant le Québec de l’après-Révolution tranquille. Témoin des changements de notre société, il passe en revue les événements qui l’ont marquée depuis cinquante ans. Pour les besoins du film, il a pigé avec François Bouvier dans les précédents albums pour étoffer son personnage principal qui, pour une fois, ne retourne pas dans son propre passé, mais bien dans celui de son beau-père agonisant.
Les puristes de l’œuvre initiale constateront que le roman graphique a été modifié pour son passage au cinéma ; on n’insiste pas sur les espoirs nationalistes des jeunes, on donne surtout la place aux deux maisonnées, celle de la conjointe de Paul et la sienne, que l’autoroute 20 et la défunte halte du réputé Madrid séparent. L’animation et la facture scripturale de Rabagliati ponctuent la chronique qui débute à la fête de la Saint-Jean de 1999. Ce qui touche surtout, c’est la représentation lumineuse et dynamique de cette famille tissée serrée au cœur de laquelle Paul s’insère. Malgré les opinions et les faits qui les opposent, Paul et son beau-père développent une complicité père-fils par procuration touchante sans être larmoyante. La dégaine de François Létourneau, tel un Pierrot la Lune, contraste avec les idées bien arrêtées du père de sa blonde, et ce duo Sicotte-Létourneau évolue sur la pointe des pieds, tout en nuances, alors que les filles (Julie Le Breton, Brigitte Lafleur et Myriam Leblanc) entourent leur mère (Louise Portal) avec dévotion. L’intérêt du travail de Bouvier consiste à établir efficacement et avec très peu de répliques le caractère de chaque personnage.
Bien qu’énergique, le film n’est pas verbeux ; les informations livrées de façon fluide permettent de dresser le portrait de cette famille bouleversée par la maladie du patriarche. On assiste doucement au départ du père mais aussi à la construction des existences de chacun, parce que la vie doit continuer. Et non seulement elle se poursuit, mais elle pousse Paul à réaliser son destin de bédéiste. Cette plongée dans l’univers en noir et blanc de Michel Rabagliati s’avère une réussite cinématographique grand public très colorée. La distribution, les sujets sensibles abordés, la mise en scène efficace, les réparties tant acérées qu’humoristiques, la musique de Benoît Charest et les rappels d’animation caractéristiques de l’auteur en font une production qui saura plaire au plus grand nombre tout en mettant la table pour le prochain tome de la série, Paul dans le Nord, dont la sortie est prévue pour le mois d’octobre, toujours aux éditions La Pastèque.
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Genre : Comédie dramatique – Origine : Canada [Québec] – Année : 2015 – Durée : 1 h 38 – Réal. : François Bouvier – Int. : François Létourneau, Gilbert Sicotte, Julie LeBreton, Brigitte Lafleur, Myriam Leblanc, Louise Portal – Dist. / Contact : Remstar.
Horaires : @ Beaubien – Cineplex – Excentris
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Tout public
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Avec une intrigue chamboulant allègrement les codes de la traditionnelle comédie romantique, Toute première fois – première comédie post-mariage pour tous comme on se plait à le dire en France – pouvait s’avérer rafraîchissante et bénéfique. Ici, le couple d’amoureux sur le point de se marier est composé de deux hommes homosexuels, dont l’un d’eux aura une aventure avec une jolie suédoise. Une première relation hétéro qui mettra le couple sens dessus dessous.
Si la prémisse promet, le traitement très conventionnel ne satisfait guère. De plus, les quiprocos sont éculés et les situations comiques (le coming out inversé, la sœur et son mari timoré, le flic au poste de police et tant d’autres) ne procurent aucun effet. Et le tout sombre plus souvent qu’autrement dans la gaudriole. En somme, ni les gags – qui tombent à plat – ni la finale mièvre qui ne livre qu’un message très consensuel sur l’acceptation de sa propre différence ne parviennent à retenir l’attention.
Reste alors à l’interprétation appliquée (Pio Marmaï s’en sort le mieux) de sauver ce qu’elle peut de cette romance BCBG. Mais peine perdue, le traitement se contentant de prendre à la légère un sujet qui aurait mérité un peu plus de piquant, ou, à tout le moins, de posséder un discours un peu plus politisé. On est d’autant plus étonné d’une telle insouciance que, bien qu’il ait été légalisé, le mariage homosexuel est encore et toujours objet de stigmatisation et de moqueries. Ce n’est donc pas Toute première fois qui reversera la tendance, bien au contraire. Car avec sa volonté de faire rire sans faire réfléchir, le film en est réduit à n’exister que par sa plus simple expression de vaudeville déjà vieillot.
Genre : Comédie romantique – Origine : France – Année : 2015 – Durée : 1 h 30 – Réal. : Noémie Saglio, Maxime Govare – Int. : Pio Marmaï, Franck Gastambide, Adrianna Gradziel, Lannick Gautry, Camille Cottin, Frédéric Pierret – Dist. / Contact : Axia.
Horaires : @ Beaubien – Cineplex
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En attente de classement
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
SANSGenre : Action / Comédie – Origine : Corée du Sud – Année : 2015 – Durée : 2 h 04 – Réal. : Ryoo Seung-wan – Int. : Hwang Jeong-min, Yoo Ah Jin, Yoo Hee-jin, Oh Del-su, Jeong Woong-in, Jang Yoon-ju – Dist. / Contact : A-Z Films.
Horaires : @ Cineplex
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Interdit aux moins de 13 ans
(Violence)
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10 septembre 2015

Un médecin raconte une histoire à un enfant pour que celui-ci arrête sa manie qui lui mine sa santé. L’enfant et l’adulte qui l’accompagne sont riches et capables de payer les honoraires, mais Tchekhov soigne aussi gratuitement les pauvres malades de sa région. Cette anecdote remaniée se retrouvera dans un des contes de l’auteur et le scénariste-réalisateur René Féret moud le même type de grain puisqu’il utilise ce contexte biographique précis pour traiter de l’acte créatif dans un milieu familial.
Féret a souvent employé des éléments autobiographiques ou familiaux dans ses films que ce soit Baptême, Histoire de Paul ou même Nannerl, la sœur de Mozart sur cette frangine plutôt oubliée de Wolfgang Amadeus qui n’était pas si aimée des dieux. Marie Féret, fille de René, interprétait cette Mozart et ici, comme plusieurs autres membres de sa fratrie, elle participe à l’entreprise créatrice familiale. Elle est l’institutrice à Sakhaline dont le portrait est remaniée par Tchekhov dans une nouvelle.
Ce voyage dans une région si éloignée de l’empire russe, permet donc à Anton de se rapprocher des humbles et rendre témoignage de la vie des prisonniers d’une katorga. Le manque de moyens dans ces scènes tournées en Norvège n’influe pas trop négativement cette représentation d’un univers si différent dont Andrey Konchalovskiy placera quelques photos significatives dans les entractes de son adaptation filmique de Oncle Vanya (Dyadya Vanya).
En remaniant quelque peu la chronologie de la vie de ce célèbre auteur, Féret nous permet d’entrer dans son univers policé où de rares coups de feu en troublent l’atmosphère. L’interprétation est bonne dans son ensemble et ce dernier film permettra peut-être à certains de vouloir visiter pur revoir cette filmographie d’un artiste récemment décédé.
Genre : Drame biographique – Origine : France – Année : 2014 – Durée : 1 h 36 – Réal. : René Féret – Int. : Nicolas Giraud, Lolita Chammah, Jacques Bonnafé, Jenna Thiam, Robinson Stévenin, Brontis Jodorowsky – Dist. / Contact : FunFilm.
Horaires : @ Beaubien – Cineplex
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Visa GÉNÉRAL
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Lors d’une journée d’audience, le juge reporte un cas, car, selon lui, la plaignante n’est pas habillée décemment. Voila une des nombreuses anecdotes qui parsèment cette fiction documentaire due à Chaitanya Tamhane, jeune réalisateur indien par ailleurs auteur de pièces de théâtre. Le cinéaste, en complément du procès qui assaille le folkloriste contestataire, nous convie à des apartés qui entrouvrent des portes sur la vie des habitants de cette mégalopole qu’est devenue Mumbai.
Le chanteur est, pour la poursuite, un coupable idéal pour reprendre le titre du documentaire français de Jean-Xavier de Lestrade, gagnant de l’Oscar en 2002. Car c’est bien d’un délit d’opinion pour lequel il est accusé car sa chanson pro-suicide, si elle existe, est de manière très indirectement reliée à l’acte auto-infligé par l’égoutier. De nombreuses questions sur la protection de ces travailleurs municipaux et la compensation des héritiers surgissent après ce visionnement. Le réalisateur, donne à la justice indienne le pas de l’escargot par ces reports successifs d’audiences et par ses plans fixes en écran large, tournés par Mrinal Desai, ayant auparavant travaillé sur Slumdog Millionnaire et qui permettent au spectateur de s’intéresser aussi à d’autres incidents qui meublent la journée d’un juge.
Le réalisateur et son équipe ont réussi un mélange parfait entre amateurs et professionnels que ce soit Vivek Gomber, le producteur qui joue l’avocat de la défense issu d »une famille riche occidentalisée et Geetanjali Kulkarni, la procureure qui doit être d’une classe très moyenne puisqu’elle n’a pas de bonne pour l’aider à gérer sa maison ou le chanteur et poète Vira Sathidar qui interprète l’accusé.
Les reports successifs permettent au scénariste-réalisateur de rajouter en filigrane une subtile opposition entre divers types de spectacle, le décorum judiciaire, la pièce de théâtre nationaliste marathie que va voir la famille de la procureure et les deux prestations du chanteur contestataire qui sont placées au début et dans l’avant-dernière partie de cette œuvre. Il est d’ailleurs à noter que les chansons bollywoodiennes entendues dans le film de manière incidente ne sont pas sous-titrées. Les nombreux prix gagnés à Venise auront permis une carrière internationale nécessaire à ce premier long métrage qui se compare avantageusement à ses prédécesseurs que ce soit les documentaires Sisters in Law et Divorce Iranian Style de la Britannique Kim Longiotto. Il est à espérer que le grand prix national du cinéma indien soit l’impulsion nécessaire à une révision critique de l’appareil judiciaire des ce pays. D’autres contrées proches pourraient aussi trouver matière à réflexion dans ce miroir critique.
Genre : Drame social – Origine : Inde – Année : 2014 – Durée : 1 h 56 – Réal. : Chaitanya Tamhane – Int. : Usha Bane, Vivek Gomber, Pradeep Joshi, Geetanjali Kulkarni, Shinish Pawar, Vira Sathidar – Dist. / Contact : EyeSteelFilm.
Horaires : @ Cinéma du Parc
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★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
SANSGenre : Drame romantique – Origine : Philippines – Année : 2015 – Durée : 1 h 42 – Réal. : Gino M. Santos – Int. : Rayver Cruz, Coleen Garcia, Meg Imperial, Carmi Martin, Derek Ramsay, Miko Raval – Dist. / Contact : A-Z Films.
Horaires : @ Cineplex
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