1er octobre 2015

L’adaptation du roman de Yan Geling, Le Criminel Lu Yanshi, par Zhang Yimou (entre autres, Épouses et Concubines) évoque Une aussi longue absence1, la beau et poétique [mélo]drame d’Henri Colpi, Palme d’Or (ex aequo avec le sublime Viridiana, de Luis Buñuel) à Cannes en 1961. Si dans le Colpi, le mari est atteint d’une certaine forme d’amnésie, dans le Yimou, c’est plutôt la femme. N’ayant pas lu le roman, je ne puis affirmer si la transposition est totale ; ce qui n’empêche pas de souligner qu’en cadrant essentiellement son récit sur la difficulté de rapprochement entre une femme et son mari qu’elle ne reconnaît plus à sa libération suivant la fin de la Révolution culturelle (maoiste) en Chine, le cinéaste affirme son parti pris pour une réalisation intimiste, portée sur les personnages, les filmant parfois en gros plan comme pour s’incruster en leur for intérieur. Et plus que tout, donner un nouveau souffle à l’individu de l’époque, en contrepartie avec le collectif. Suite
CRITIQUE
Usant de la caricature pour dépeindre un appareil d’état hautement risible, Philippe Falardeau appuie sa réalité sociale typiquement de chez nous sur un second niveau de lecture à l’ironie de tous les instants.
La comédie satirique est un art qui se manie avec précaution. Quelques-uns se sont brûlé les ailes à vouloir s’y attaquer. On a vu le résultat avec Idole instantanée (Yves Desgagnés, 2005), L’Empire Bo$$é (Claude Desrosiers, 2012) ou, plus récemment, avec Ego Trip. Philippe Falardeau n’est pas novice en la matière. Déjà en 2012, il avait tâté du genre en coscénarisant Au nom du fils, brûlot anti-clergé réalisé par son ami belge Vincent Lannoo (qui, à son tour, a participé à l’élaboration de ce Guibord). Suite
CRITIQUEGenre : Action / Comédie – Origine : Inde – Année : 2015 – Durée : 2 h 20 – Réal. : Prabhu Deva– Int. : Akshay Kumar, Amy Jackson, Kay Kay Kemon, Lara Dutta, Anil Mange, Kunal Kapoor – Dist. / Contact : A-Z Films.
Horaires : @ Cineplex
CLASSEMENT
Visa GÉNÉRAL
(Déconseillé aux jeunes enfants)

Meghna Gulzar persiste et signe une œuvre audacieuse, intellectuellement suggestive, portée par une écriture rare, transgressive, marquée du fer rouge, socialement engagée, un regard critique sur une nouvelle bourgeoisie urbaine sans repères et pourtant, paradoxalement, montrant des signes de normalité.
Un double meurtre dans une famille de professionnels. Les victimes : une adolescente de 15 ans et le serviteur de la maison. La recherche de la vérité est ici asujettie aux codes du quotidien, de ses incertitudes, de ses moments inattendus et non planifiés, de ce que la vie peut apporter d’inattendu.
Le scénario futé de Vishal Bhardwaj brille par l’originalité insistante de sa structure, un puzzle à plusieurs dimensions, désorientant et qui, d’un personnage à l’autre, d’une intuition à l’autre, d’une fausse représentation à l’autre, soumet le spectateur à une sorte de jeu périlleux qui le rend complice de ce qui se passe à l’écran.
Et malgré tout, Talvar prend ses distance entre l’écran et le regard curieux et voyeur du spectateur. Film angoissant par ses silences, grave par son sujet, inquiétant par la nature des ses personnages, inquisiteur par la recherche menaçante de la vérité, totalement détachée des codes bollywoodiens traditionnels, le film de Gulzar donne un nouveau ton au cinéma hindi.
Engagé, nous le répétons, sincère, doté d’une impeccable direction d’acteurs, tous aussi fébriles que puissants, assumant des rôles exigeants qui ne leur laissent aucun répit. Un travail d’équipe extraordinaire.
Si la tendance se maintient, un nouveau genre de cinéma populaire semble en voie de création en Inde. Un cinéma grand public qui respecte l’intelligence du spectateuur, un public de plus en plus grandissant composé de « nouveaux » bourgeois, suffisamment aisés et ouverts sur le monde.
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Genre : Drame / Thriller – Origine : Inde – Année : 2015 – Durée : 2 h 12 – Réal. : Meghna Gulzar– Int. : Irrfan Khan, Konkona Sen Sharma, Neeraj Kabi, Sohum Shah, Atul Kuwar, Tabu – Dist. / Contact : Imtiaz Mastan.
Horaires : @ Cineplex
CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans
MISE AUX POINTS
[ Les cotes reflètent uniquement l’avis des signataires ]
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ]

Un homme cultive son jardin potager dans un environnement aseptisé. Il en contrôle totalement les aspects intérieurs car l’extérieur est très hostile à cet humain. Mark est le seul sur Mars, présumé mort par ses coéquipiers et les dirigeants de la NASA.
Le roman d’anticipation d’Andy Weir avait connu un grand succès public. Ridley Scott, plutôt spécialiste des monstres intersidéraux – la phrase de la publicité d’Alien est « Dans l’espace, personne ne peut vous entendre crier » — y voit un moyen de renouer avec le succès après l’accueil plus que mitigé de sa relecture de la vie de Moïse : Exodus: Gods and Kings. L’adaptation de Drew Goddard établit rapidement les paramètres de cette histoire de survie d’un Robinson sur une planète déserte. L’astronaute a l’avantage d’être botaniste et d’avoir un caractère que les nombreux tests psychologiques de son employeur ont confirmé. Il fait preuve de débrouillardise et Goddard et Scott lui donnent l’idée du journal vidéo afin de résumer ces actions dans cette histoire qui dure deux ans. Esseulé, l’humour de Mark Watney lui permet de garder le moral.
La direction photo de Darius Wolski rend bien le caractère de l’inhospitalité grandiose de cette planète plutôt orangée que rouge d’ailleurs. Bien loin de la vision de Hans Rudolf Giger pour Alien, le travail du directeur artistique Arthur Max privilégie les lignes droites et les aspects métalliques dans les vaisseaux spatiaux et les immeubles où des scientifiques tentent de résoudre la quadrature du cercle. Comment aller récupérer un homme si loin alors que ses réserves s’amenuisent? Des hommes et des femmes de diverses origines font partie de cette équipe aux allures volontairement multiculturelles. À côté de Matt Damon qui emploie bien son talent et son capital inhérent de sympathie dans le rôle central de Mark, Chiwetel Ejiofor et Jessica Chastain tirent leur épingle du jeu parmi les nombreux acteurs de cette course contre la montre.
Un emploi un peu exagéré de certaines musiques ralentit le rythme de cette aventure qui ne paraît pas si bizarre eu égard aux dernières nouvelles scientifiques sur cet astre. Ridley Scott, en redonnant à l’intelligence et à la débrouillardise sa place importante dans le film d’anticipation, amènera peut-être plus de spectateurs à s’intéresser à ces mondes bien éloignés. D’aucuns d’entre eux pourront alors trouver les failles scientifiques de cette histoire, mais le germe de leur intérêt aura déjà fleuri.
Genre : Science-fiction – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 2 h 21 – Réal. : Ridley Scott – Int. : Matt Damon, Jessica Chastain, Kate Mara, Sebastian Stan, Sean Bean, Kristen Wiig, Mackenzie Davis – Dist. / Contact : Fox.
Horaires : @ Cineplex
CLASSEMENT
Visa GÉNÉRAL
MISE AUX POINTS
[ Les cotes reflètent uniquement l’avis des signataires ]
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ]
24 septembre 2015

Un peintre travaille dans son atelier du Languedoc puis amène ses visiteurs dans une calanque près de La Ciotat au Bec d’Aigle, sujet de quelques peintures fauvistes. C’est Wolfgang Beltracchi, peintre allemand, né Wolfgang Fischer, qui prit le nom de son épouse Hélène lorsqu’il l’épousa. Ensemble, ils sont responsables de la plus grande escroquerie d’art du XXe siècle tout au moins d’un point de vue monétaire et peut-être sur le nombre d’œuvres jusqu’à trois cents.
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