En salle

Jalouse

29 mars 2018

| PRIMEUR |
Semaine du 30 mars au 5 avril 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Tout va bien pour Nathalie. Jusqu’au jour où elle devient jalouse des gens de son entourage.

CRITIQUE
| Charles-Henri Ramond |

★★★ ½

MÈRE PERDUE ENTRE VANITÉ ET FRAGILITÉ

Relations intergénérationnelles et crise de la cinquantaine s’entrecroisent dans Jalouse, comédie adroitement écrite par David et Stéphane Foenkinos, révélés par La délicatesse en 2011. Certes, les thèmes ne sont pas nouveaux, mais l’ensemble s’avère tout de même original de bout en bout, porté qu’il est par la sensibilité de Karin Viard, comédienne multiple, évoluant avec aisance entre vanité et fragilité, vulgarité et tendresse. Au milieu, une âme perdue, ne sachant plus si elle peut être aujourd’hui autre chose que ce que les autres voient en elle : une horripilante bourgeoise d’âge mûr, coincée dans un statut de faire-valoir. Jalouse des jeunes femmes, y compris de sa fille et de sa meilleure amie, elle vit son aigreur en montrant les dents et en faisant du mal, sans s’en rendre compte.

Si la mise en scène ne se démarque guère
d’une esthétique « made for TV », l’ensemble
possède suffisamment de charme et suscite
quelques réflexions intimes intéressantes.

La mise en scène, maîtrisée, illustre bien les allers-retours de cette mère célibataire, tiraillée par ces pôles d’attraction contraires. Karine Viard, mais aussi les rôles de soutien, campés avec assurance par une solide distribution, se retrouve au centre d’un récit aux nombreux rebondissements, qui évitent les clichés de la « rom-com » rose bonbon et qui surprennent par leur touche d’humour noir et leur réalisme social.

À l’instar de la finale qui se distingue des habituels films empruntant les voies de ce genre très balisé en proposant une « morale » en demi-teinte, loin de ce que l’on pouvait attendre. Les quelques moments forcés et les saynètes plus ou moins crédibles qu’elle recèle ne pèsent pas trop lourd dans la balance. Si la mise en scène ne se démarque guère d’une esthétique « made for TV », l’ensemble possède suffisamment de charme et suscite quelques réflexions intimes intéressantes.

Sortie : vendredi 30 mars
V.o. : français

Réalisation
Stéphane Foenkinos, David Foenkinos

Genre : Comédie dramatique Origine : FranceAnnée : 2017Durée : 1 h 47Dist. : Axia Films.

Horaires & info.
@ Cinéma BeaubienCineplex

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

Journey’s End

| PRIMEUR |
Semaine du 30 mars au 5 avril 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Au cours du mois de mars 1918, un groupe de soldats est envoyé dans les tranchées, attendant la mort sous les bombardements ennemis.

Sans
COMMENTAIRES

Sortie : vendredi 30 mars
V.o. : anglais

Réalisation
Saul Dibb

Genre : Drame de guerre Origine : Grande-BretagneAnnée : 2017Durée : 1 h 48Dist. : TVA Films.

Horaires & info.
@ Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

La villa

| PRIMEUR |
Semaine du 30 mars au 5 avril 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Sur le bord de la Méditerranée, près de Marseille, trois frères et sœur sont réunis pour veiller sur leur père, Maurice, victime d’un accident cérébral.

CRITIQUE
| Élie Castiel |

★★★★

DANS LA CALANQUE DE MÉJEAN

Serait-ce vraiment un chant du cygne ? Mais pas au sens où on l’entend normalement, au contraire, prendre conscience que faire évoluer le même magnifique groupe de comédiens au même endroit n’est plus viable. Car avant tout, La villa est la fin d’une époque, comme un épilogue d’une tristesse poétique qui, pour ceux qui ont suivi la saga guédiguianenne (est-ce le bon mot ? – Qu’importe, vous savez bien de quoi je parle) est une réappropriation et en même temps un abandon du temps. Accepter que les années passent et que ne restent que les souvenirs.

Et l’endroit, une Méditerranée d’hier, douce, avenante, a été remplacée par un tombeau où finissent ces migrants venus de terres gérées par de nouveaux tsars, des oligarques puissants et incultes. On n’en parle pas si directement dans le film (sauf dans un épisode émouvant), mais c’est évident. Car les maux pas si importants de cette petite communauté représentée ne sont rien en comparaison à un nouveau monde issu définitivement d’une mondialisation qui n’est en sorte qu’un travesti de colonisation. Les victimes : tous, sauf ceux qui détiennent le pouvoir économique.

Ce n’est pas tant la mort des individus qui émeut le plus (comme ce merveilleux vieux couple qui n’a jamais cessé de croire en une humanité collective), mais les changements que traversent les lieux, dans une villa perchée dans une calanque pas si loin de Marseille, où avant la mondialisation, la possibilité d’un socialisme humain survivait, avec ses idéaux, ses amours, mais aussi ses préjugés – des remarques comme « Bougnoules » et « Juifs coriaces » sont encore là pour nous le rappeler, même si on finit par regretter.

Peut-on à la fois vivre au présent et savourer encore les
souvenirs indicibles d’une mémoire qui nous échappent un
peu  plus chaque jour ? Oui, à condition de savoir doser.
La jeunesse est sans doute là pour nous le rappeler.
Mais l’est-elle vraiment ?

Et si après tout, l’univers de Guédiguian n’aurait été que la préservation d’un mode de vie, peu conforme à l’héritage d’aujourd’hui, non apte aux changements survenus depuis les deux dernières décennies ? Et pourtant, la mélancolie et la nostalgie de cette mer à la fois douce et tumultueuse nous rattrapent ; à tel point que le soleil, même brillant n’est plus le même, cachant un voile de faux pessimisme chez ces personnages qui semblent venir d’une autre époque.

Et qui s’évertuent à parler une langue à la Pagnol, ou presque, fiers de leurs origines, convoquant le spectateur à accepter ces denrées rares venues des Grecs, mais qui contribuent aussi à souligner notre humanité, mélancolie et nostalgie. Aujourd’hui, ces valeurs de l’âme sont perdues, laissées aux héros et héroïnes des produits cinématographiques Marvel, annonçant des lendemains cruels. À moins que les consciences se réveillent. Et ce chemin de fer qui semble différent à chaque fois, et qui ne cesse de passer, nous rappelant la constante traversée du temps. Un film d’une beauté fragile, triste à en pleurer. Mais quel bien cela fait !

Peut-on à la fois vivre au présent et savourer encore les souvenirs indicibles d’une mémoire qui nous échappent un peu plus chaque jour ? Oui, à condition de savoir doser. La jeunesse est sans doute là pour nous le rappeler. Mais l’est-elle vraiment ?

Sortie : vendredi 30 mars
V.o. : français

Réalisation
Robert Guédiguian

Genre : Drame Origine : FranceAnnée : 2017Durée : 1 h 47Dist. : MK2 | Mile End.

Horaires & info.
@ Cinéma BeaubienCineplex

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

Louise Lecavalier : Sur son cheval de feu

| PRIMEUR |
Semaine du 30 mars au 5 avril 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Née en 1958, Louise Lecavalier a commencé à danser à l’adolescence. À 21 ans, elle intègre la troupe d’Édouard Lock, La La La Human Steps, dont elle devient rapidement l’icône.

CRITIQUE
|
Pierre Pageau |

★★★★

RICHESSE DES MOUVEMENTS

Un grand film, une grande danseuse et chorégraphe : Louise Lecavalier. Un pur bonheur cinématographique. Un film sur « l’art » qui est vraiment du grand Art. Le réalisateur Raymond St-Jean est l’auteur d’un autre film magnifique, Une chaise pour un ange (2014), hommage à la culture du groupe religieux des Shakers dans lequel il se servait, entre autres, de la pratique chorégraphique. Déjà, Il faisait preuve d’une grande sensibilité esthétique : beauté de la lumière, grâce du mouvement, évolution des textures, recherche approfondie de l’univers sonore.

Sur un cheval de feu conserve ces mêmes qualités plastiques, résonnantes et rythmiques. St-Jean ne morcelle pas inutilement les chorégraphies; celles-ci épousent au contraire l’évolution globale du film, tout en s’harmonisant aux propos pertinents et édifiants de Louise Lecavalier. En effet, on découvre une danseuse/chorégraphe qui, par le biais de la métaphore, parle de ses créations et les compare au travail d’un funambule « qui peut promettre la mort ».

Dans le film de St-Jean on découvre bien un pays, un nouveau
continent, celui des créations sublimes de Louise Lecavalier.

Bref, ses propos constituent une forme de narration qui crée des ponts organiques entre les divers segments de danse. Dans le récent documentaire de Michel La Veaux, Jean-Claude Labrecque indique que « filmer un visage c’est filmer un pays ». Dans le film de St-Jean on découvre bien un pays, un nouveau continent, celui des créations sublimes de Louise Lecavalier.

Sortie : vendredi 30 mars
V.o. : français ; s.-t.a.
Louise Lecavalier: In Motion

Réalisation
 
Raymond St-Jean

Genre : Documentaire biographique  Origine : Québec [Canada]Année : 2017Durée : 1 h 42Dist. : Filmoption International.

Horaires & info.
@ Cinémathèque québécoise

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

Love Me or Else

| PRIMEUR |
Semaine du 30 mars au 5 avril 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
A
ucune information n’a été trouvée sur ce film.

Bande-annonce non disponible

Sans
COMMENTAIRES

Sortie : mardi 3 avril
V.o. : anglais

Réalisation
Ben Meyerson

Genre : Comédie / Thriller Origine : États-UnisAnnée : 2017Durée : 1 h 31 Dist. : Première bobine.

Horaires & info.
@ Dollar Cinéma

Classement
Tout public
(Déconseillé aux jeunes enfants)

 

Marvin (ou la belle éducation)

| PRIMEUR |
Semaine du 30 mars au 5 avril 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Marvin Bijoux grandit en province au sein d’une famille marquée par la violence psychologique et l’indigence intellectuelle. Intimidé par ses camarades de classe homophobes, le garçon trouve refuge dans l’art dramatique.

CRITIQUE
| Julie Vaillancourt |

★★★ ½

L’ART DE RACONTER

Dans son 15ème long métrage, Anne Fontaine prouve une fois de plus sa maîtrise dans l’art du récit, peu importe leurs genres ou thématiques respectives. Celle qui, au fil de sa filmographie, s’intéressera notamment aux marginales (Les Innocentes (2016) et aux amours controversées, Adore (2013), relate avec Marvin ou la belle éducation le passage à l’âge adulte d’un jeune homosexuel, rejeté par sa famille ouvrière, vivant dans un petit village des Vosges. Le coming-out de Marvin, qui semble avant tout passer par les actions et le regard des autres (intimidation à l’école, menaces du demi-frère, incompréhension du père vis-à-vis de l’homosexualité) deviendra tangible lorsque Martin Clément, né Marvin Bijoux, présentera de nombreuses années plus tard sa pièce autobiographique Qui a tué Marvin Bijou?

Le jeu sensible et intériorisé des deux principaux
comédiens incarnant Marvin (Finnegan Oldfield et le
jeune Jules Porier), amène une dimension touchante,
toute
en retenue, sur l’observation de la différence…

Le jeu sensible et intériorisé des deux principaux comédiens incarnant Marvin (Finnegan Oldfield et le jeune Jules Porier), amène une dimension touchante, toute en retenue, sur l’observation de la différence, où la mise en scène passe par les retours en arrière et l’exutoire théâtral. Librement inspirée par le roman autobiographique En finir avec Eddy Bellegueule d’Édouard Louis, Anne Fontaine coscénarise avec Marvin (ou la belle éducation), une oeuvre sensible et nécessaire sur la différence, récipiendaire du Queer Lion au dernier Festival international du film de Venise.

Sortie : vendredi 30 mars
V.o. : français

Réalisation
Anne Fontaine

Genre : Drame Origine : FranceAnnée : 2017Durée : 1 h 54Dist. : Métropole Films.

Horaires & info.
@ Cinéma BeaubienCineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

Ready Player One

| PRIMEUR |
Semaine du 30 mars au 5 avril 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
En 2045, les habitants de Columbus, en Ohio, fuient leurs problèmes et la monotonie du quotidien en s’évadant dans un monde virtuel à la fine pointe de la technologie appelé l’OASIS.

CRITIQUE
| André Caron |

★★★★

VIENS JOUER AVEC NOUS, DANNY !

Il fallait bien un cinéaste de 71 ans comme Spielberg pour concevoir un film aussi jeune et aussi vivifiant, qui prend comme toile de fond l’univers des jeux vidéo et qui table à fond sur les références aux années 1980 et 1990, sans pour autant oublier d’être touchant lorsqu’il le faut. Non, pas juste un cinéaste, un « filmmaker », un vrai « faiseur de films » de divertissement qui adore alterner avec des œuvres plus sérieuses. En effet, Ready Player One sort à quelques mois seulement de The Post, une tradition commencée avec Jurassic Park et Schindler’s List (1993), qui se poursuit avec Catch Me If You Can et Minority Report (2002) ou War of the Worlds et Munich (2005).

Le film s’ouvre sur un bidonville en plein milieu de Columbus en Ohio, un environnement qui ressemble à s’y méprendre au monde dystopique illustré dans Elysium (2013), de Neill Blomkamp. Mais là s’arrête la comparaison car nous sommes en 2045 (pensez : cent ans après 1945…) et le jeu d’immersion Oasis occupe tout l’espace imaginaire de la population entière. L’image la plus terrifiante survient d’ailleurs lorsque l’on voit tous ces gens munis de visières qui déambulent sans direction apparente dans le monde réel, une extrapolation évidente des accros au cellulaire d’aujourd’hui. L’image la plus forte se situe aussi dans la réalité, quand les deux adolescents prennent le temps de se toucher les doigts dans un moment de calme désarçonnant et attendrissant au cœur d’un récit trépident qui ne relâche jamais.

Le jeune comédien Tye Sheridan s’investit corps et âme dans son rôle de Wade Watts, qui lui-même plonge à pieds joints dans l’Oasis, donnant à son avatar le nom de Parsifal. Il a donc une quête christique. Il recherche le Saint-Graal du jeu, les trois clés qui mènent à l’« Easter Egg » bien caché dans la mémoire de James Halliday (génial Mark Rylance), l’inventeur messianique décédé il y a cinq ans. Mais Ty Sheridan est aussi l’avatar de Spielberg, avec ses lunettes et sa tête de « nerd ». De Spielberg à Sheridan à Wade à Parsifal, nous passons d’un avatar à un autre pour atteindre le Saint-Graal des cinéphiles : investiguer l’espace filmique imaginé par Stanley Kubrick pour The Shining en 1980.

De Spielberg à Sheridan à Wade à Parsifal,
nous passons d’un avatar à un autre pour
atteindre le Saint-Graal des cinéphiles :
investiguer l’espace filmique imaginé par
Stanley Kubrick pour The Shining en 1980.

Nous voilà donc en train de déambuler dans les couloirs de l’Hôtel Overlook jusqu’à la chambre 237, une séquence extraordinaire qui donne des frissons. Il ne serait pas étonnant que bien des gens se ruent pour redécouvrir ou voir pour la première fois le chef-d’œuvre de Kubrick après avoir exploré cet espace ludique.

Il y a beaucoup trop de références comme celles-ci qui passent en coup de vent pour que le spectateur puisse tout digérer au premier visionnement. Le film est ainsi conçu pour être revu plusieurs fois. Il faut au moins 30 minutes au début pour bien comprendre toutes les règles du jeu et une autre demi-heure pour saisir le véritable enjeu de l’intrigue. La petite morale de la fin semble aussi un peu plaquée, elle-même un retour à la touche spielbergienne des années 1980. Ces lacunes s’oublient rapidement grâce à l’impressionnante performance de Rylance en inventeur mal dans sa peau. La rencontre de son avatar avec Wade vers la fin s’avère le moment le plus prenant du film, surtout si vous en saisissez la portée. Voyons si vous êtes prêts à jouer, seul ou en groupe.

Sortie : vendredi 30 mars
V.o. : anglais / Version française
Player One

Réalisation
Steven Spielberg

Genre : Science-fiction Origine : États-UnisAnnée : 2018Durée : 2 h 20Dist. : Warner Bros. Canada.

Horaires & info.
@ Cineplex

Classement
Tout public
(Déconseillé aux jeunes enfants)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

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