26 septembre 2009
— Sami Gnaba
Quelle semaine tragique au sein de la communauté artistique, et spécialement pour l’équipe du Webzine ICI! Après Nelly Arcan, décédée jeudi dans des circonstances encore nébuleuses, on apprenait aujourd’hui, avec grandes stupeur et tristesse, la mort de Pierre Falardeau, cinéaste emblématique du Québec, reconverti depuis quelques années en journaliste.
Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Falardeau aura été fidèle à sa réputation d’engagé et de polémiste jusqu`à la toute fin. Ne laissant personne indifférent. Un artiste de belles contradictions surtout, dont les propos – tantôt incisifs, tantôt aigris, voire hargneux, ou encore passionnés – pouvaient autant nous émouvoir que nous choquer. À coups de provocation bien mesurés quoi! Mais, voilà, contrairement à plusieurs, il en assumait pleinement l’étendue. Un peu surpris par la nouvelle de sa mort, ce matin, je me suis mis à chercher en vain ce texte touchant écrit aux alentours de Mars dernier pour le compte du journal Ici, et dans lequel Falardeau dépoussiérait avec un enthousiasme presque juvénile les trésors de notre patrimoine artistique. Dans l’instant d’une chronique, le poète magnifiait avec intelligence et verve chaque petit détail (Ô la sincérité du détail propre au cinéaste!) transparaissant d’un canevas de Riopelle ou d’une image d’un film de Perrault. Pour une rare occasion, l’homme se mettait à nu, dans toute sa sensibilité. On y ressentait toute l’émotion et l’authenticité distillées dans le geste.
14 août 2009
Il n’y a pas que les créateurs, mais aussi un public, les nouveaux cinéphiles. Malgré les nombreuses ondes négatives et quelques voix dissidentes, il existe une cinéphilie aujourd’hui, mais différente et plus diversifiée que celle de l’âge d’or. Il n’est plus question pour ces amateurs de cinéma en tant qu’art de bannir certains genres autrefois rejetés. De nombreux films grand public contemporains sont bien dosés, alimentés de recherches visuelles et d’une réflexion sur le cinéma et le monde. Sur ce plan, certains cinéma montréalais continuent de programmer ces films à la fois audacieux et accessibles, transformant l’expérience cinématographique en une partie de plaisir en même temps qu’une façon autre de nous rapprocher du monde, de soi-même et de la vie.
On peut dire la même chose aussi bien du Cinéma Beaubien, géré par Mario Fortin, minutieux dans son choix de programmation, et aussi de l’AMC, depuis ses débuts, ne cessant de défendre l’alliage grand public/cinéma d’auteur, se permettant même des films Bollywood, genre qui mérite une plus grande attention de la part des médias. Et, bien entendu, le Parallèle, continuant son travail d’exploration malgré la fermeture injuste des deux grandes salles d’Ex-Centris.
Il y a, par contre, un cinéma d’auteur hardcore (Denis Côté, Bernard Émond, Catherine Martin, Yves Christian Fournier, Rafaël Ouellet… et les autres). Ces dignes représentants d’un cinéma tout à fait personnel persistent et signent leurs œuvres comme s’il s’agissait d’un rituel, intransigeants, retenant un rapport au monde et aux images en mouvement à la fois pudique et ardent, optant pour un processus de création totalement libéré de contraintes administratives, professant rigoureusement leur foi en leur métier
Élie Castiel — Rédacteur en chef
10 juillet 2009
Deux jours plus tard, peut-être même le lendemain, « elle est libérée sous caution, toujours interrogée et sans passeport », déclare-t-on dans le communiqué de presse émis par Louis Dusseault, de K-Films Amérique, distributeur de son dernier film Tabous (2004).
3 juillet 2009
Nous avons longuement hésité. Nous en avons discuté à plusieurs reprises. Le sujet revenait régulièrement. Nous n’étions pas tout à fait convaincus. L’idée même d’une revue Internet nous paraissait comme quelque chose de plutôt hermétique et de lointain. À nos yeux, cela était fait pour les autres, pour ceux qui s’y sont habitués dès le début, mais pas pour la doyenne des revues de cinéma au Québec qui aura bientôt 55 ans.
Par contre, nous n’avons jamais cessé d’observer autour de nous. Et il a suffi de quelques idées lancées par-ci par-là pour que nous nous laissions embarquer avec enthousiasme, non pas comme des vaincus affichant le drapeau blanc de reddition, mais enrichis de nouvelles idées, porteurs de façons autres de manifester notre passion pour le cinéma et de diffuser l’information qui s’y rattache.
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