16 mars 2012
>> Élie Castiel
M. Orgon, désire marier sa fille Silvia à Dorante, le fils d’un de ses vieux amis. Silvia en parle à Lisette, sa femme de chambre, et lui confie les craintes qu’elle a d’épouser ce jeune homme qu’elle ne connaît pas. Orgon, en père moderne, accepte que sa fille change de rôle avec Lisette, afin qu’elle puisse ainsi mieux observer son futur mari. Silvia et Lisette échangent donc leurs vêtements et leurs identités. Mais elles ne savent pas que pendant ce temps…
9 mars 2012
>> Sylvain Lavallée
Restons encore un peu dans le domaine du virtuel : j’écrivais la semaine dernière que les jeux vidéo sont l’expérience du possible et que le possible est plus présent que jamais dans la société contemporaine. Le vidéoludisme est certainement le domaine où ce possible est le mieux représenté, quoique représenté n’est pas tout à fait le bon terme puisque dans un jeu ce possible est pour ainsi dire vécu, dans la mesure où le joueur peut toujours y accéder et l’actualiser, il y a une véritable interaction entre le possible et le joueur, sans distance entre l’un et l’autre, d’où l’intérêt de ce média, miroir fidèle de ce nouveau monde numérique. Le possible contemporain est aussi représenté dans les autres arts, certes, il n’est pas l’apanage du vidéoludisme, mais dans un art plus traditionnel comme le cinéma ou la littérature il ne peut l’être que de façon indirecte, ceux-ci ne peuvent représenter qu’une image du possible plutôt que du possible lui-même, nous ne pouvons qu’en être spectateur. Je lisais récemment Retromania : Pop Culture’s Addiction To Its Own Past de Simon Reynolds, un essai sur la musique contemporaine et sa relation obsessive avec les formes musicales du passé. Reynolds n’articule pas son point de vue de la même manière que je le fais ici, il ne parle pas explicitement du possible, mais ce qu’il décrit rejoint largement ce propos, notamment lorsqu’il parle de notre usage des nouvelles technologies et de la manière que celles-ci influencent la musique. Après les jeux vidéo donc, détour cette semaine par la musique pour mieux revenir ensuite au cinéma.
IL ÉTAIT UNE FOIS EN ANATOLIE
(Once Upon a Time in Anatolia / Bir Zamanler Anadolu’da)
DRAME | Origine : Turquie / Bosnie-Herzégovie – Année : 2011 – Durée : 150 minutes – Réal. : Nuri Bilge Ceylan – Int. : Muhammet Uzuner, Yilmaz Erdogan, Taner Birsel, Mümtaz Taylan, Firat Tanis, Ercan Kesal – Dist. : Kinosmith | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc
Résumé
Trois hommes, un commissaire, un médecin légiste et un procureur se rendent dans le lieu d’un crime en compagnie du présumé meurtrier. Ce voyage poussera chacun d’eux à réfléchir sur le sens de la vie.
En quelques mots
Le film de Ceylan se divise en deux parties. La première est très brève (environ 10 minutes), puis la seconde, qui représente donc l’essentiel du film, fait 145 minutes. Cette disproportion est déjà très révélatrice des intentions de Ceylan. Dans le premier segment, nous faisons irruption, à travers une vitre salie et dépolie, au milieu d’une beuverie de trois hommes. On a donc vu quelque chose, ou presque, mais cela en cache-il davantage ? La suite du film consiste à percer ce mystère; 145 minutes sont nécessaires pour tenter de retrouver le cadavre d’un de ces trois hommes et d’essayer alors de comprendre ce qui a bien pu se passer entre eux. L’ensemble demeure opaque. Cela peut nous rappeler aussi bien Les Climats (pour une ballade qui nous fait ressentir un univers physiologique) que Les Trois Singes (où il y avait aussi des morts qui n’étaient jamais montrés). Ceylan, dans son portrait de la futilité d’une poursuite, des désespoirs qui se pointent, nous donne ici encore une grande leçon de cinéma. Ce film a eu ses nombreux détracteurs (comme Théorème ou Antichrist dans le passé), mais il s’agit encore ici d’une œuvre majeure. >> Pierre Pageau
Le nouveau spectacle de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal promet un met de choix pour cette 8e édition axée sur nul autre que Gioachino Rossini, icône de l’opéra à l’italienne (Il barbiere di Siviglia, La Cenerentola, L’italiana in Algeri… et, en gastronome averti, auteur de quelques pages culinaires fort savoureuses.
>> Élie Castiel
Cette semaine, le Regroupement des distributeurs indépendants de films du Québec1 nous a fait parvenir un communiqué se rapportant au passage des salles de cinéma au support numérique, au mode de financement des équipements appropriés et aux conséquences que ce phénomène impose sur l’avenir du cinéma et des distributeurs.
Avec l’appui d’un intégrateur ayant pour tâche de collecter les frais de copies virtuelles (VPF : Virtual Print Fee) de la part de tous les distributeurs qui le désirent, plusieurs exploitants de salles du Québec font financer leur équipement numérique. Les VPF servent à rembourser l’investissement des équipements. Par conquéquent, l’exploitant cède à l’intégrateur le droit d’autoriser un distributeur à présenter un film sur grand écran.
3 mars 2012
Le cinéma asiatique a connu un essor remarquable dans les dix dernières années gagnant de nombreux prix dans les festivals internationaux. D’ailleurs à Montréal, le festival Fantasia lui est consacré dans sa version la plus populaire du cinéma de genre. Amérasia nous permet tout d’abord de voir un grand film du réalisateur japonais Hirokazu Kore-Eda Kiseki (I Wish) , équivalent de L’Argent de poche de Truffaut ou de I Was Born but… d’Ozu.
2 mars 2012
Plus qu’un beau mot, la gémellité se dévoile comme un refrain, avec lequel s’amuse Cronenberg comme on s’amuse avec deux miroirs. Refrain commun, usé peut-être, mais dont l’emploi permet un rappel : redire n’est pas médire, la répétition est parfois nécessaire.
> Pierre-Alexandre Fradet
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