En couverture

Semaine du 18 au 24 mai 2012

17 mai 2012

LE FILM DE LA SEMAINE …

LAURENCE ANYWAYS
DRAME SENTIMENTAL | Origine : Canada [Québec] / France – Année : 2012 – Durée : 165 minutes  – Réal. : Xavier Dolan – Int. : Melvil Poupaud, Suzanne Clément, Monia Chokri, Nathalie Baye, Anne Dorval, Sophie Faucher, Emmanuel Schwartz, Patricia Tulasne, Yves Jacques, Magalie Lépine-Blondeau – Dist. : Aliance | Horaires / Versions / Classement : AMC – Cinéma BeaubienCineplex Divertissement

Résumé
Lorsqu’un professeur de littérature annonce à sa compagne son intention de changer de sexe, celle-ci décide de l’appuyer envers et contre tous. Leur couple sera cependant bientôt mis à l’épreuve par cette situation extraordinaire.

En quelques mots
★★★

Le troisième long métrage de Xavier Dolan reprend les thèmes et les effets de style que le jeune cinéaste affectionne. L’exubérance colorée de la direction artistique qui en met toujours autant plein la vue ; les tirades assassines de jeunes hipsters désabusés; la trame sonore toujours aussi éclatée ; les relations difficiles avec la mère ; le père absent ou le droit à la différence en matière d’orientation sexuelles sont autant de références aux deux premiers opus du jeune cinéaste. Les amateurs y trouveront donc ce qu’ils attendent. Après le bonbon acidulé qu’était Les Amours imaginaires, le moins signifiant de sa cinématographie, Dolan a étoffé son scénario dont la relative noirceur du propos rappelle J’ai tué ma mère, film auquel il fait souvent référence. Plus en prise avec l’environnement qui l’entoure, Laurence Anyways confronte ses amoureux aux regards réprobateurs d’une québécoise bien réelle. À travers quelques scènes fortes au ton cinglant et très juste,Dolan nous interpelle et nous questionne sur notre propre capacité d’accepter les différences de nos congénères, dont certaines ont encore bien du mal à ne pas être jugées ou sujettes à risées. Malgré quelques difficultés à tenir sur la durée à force de ne pas savoir comment finir son histoire, Laurence Anyways présente un portrait juste et touchant d’un couple hors norme en butte aux regards d’une société encore très fermée. Certainement le film le plus abouti Dolan, il  bénéficie également d’une mise en scène impressionnante et d’une distribution hors pair maîtrisée de main de maître. >> Charles-Henri Ramond 

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Médias

DÉSÉQUILIBRE

>>  Élie Castiel

Dans La Presse de vendredi dernier, soit celle du 18 mai 2012, un article signé André Duchesne rapportait une nouvelle fort inquiétante concernant les médias œuvrant dans le domaine du cinéma, et plus particulièrement ceux présents au festival de Cannes. L’affaire en question : la mise en place par un distributeur canadien d’un système de paiement pour pouvoir interviewer des vedettes importantes dans le cadre du plus important événement cinématographique au monde. Nous ne reviendrons pas sur ce texte fort révélateur et pertinent révélant au grand jour une pratique à peine naissante que nous souhaitons, finira par avorter, mais plutôt nous concentrer sur une remarque de Bryan Miles, président de la FPJQ (Fédération professionnelle des journalistes du Québec) dont Duchesne fait écho : «… il y a un principe simple voulant que nous n’ayons pas à payer pour avoir accès à de l’information. Si les médias commencent à embarquer dans ce jeu, on va se retrouver un jour où seuls les plus gros auront accès aux célébrités… »

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Theo Angelopoulos

15 mai 2012

LA MORALE CONTEMPLATIVE DU PLAN

>> Dossier réuni par Élie Castiel

La disparition injustement prématurée de Theo Angelopoulos il y a quelques mois nous interpelle. Lui consacrer un dossier nous a donc paru non seulement une marque d’affection envers un grand humaniste, mais aussi un devoir moral. En 1970, Theo Angelopoulos réalise La Reconstitution (Anaparastassi), un premier long métrage qui annonce déjà sa démarche esthétique particulière et qui se perpétuera tout au long de sa carrière. De tous les cinéastes grecs contemporains, Angelopoulos est celui qui a le plus énergiquement formulé la syntaxe filmique, notamment par le biais de l’utilisation du plan-séquence comme métaphore du mouvement perpétuel de l’Histoire et de la quête existentielle de l’individu. De cette proposition intellectuelle engagée émane un regard sur le monde et sur le cinéma en tant qu’outil de conscientisation à la fois sociale, politique et personnelle. Mais ce qui se dégage surtout de cette hypothèse, c’est que dans son ensemble, l’œuvre angelopoulosienne mêle la circularité des concepts fondamentaux du plan aux préoccupations sociopolitiques et existentielles issues de l’idiosyncrasie moralement assumée du cinéaste. Des collaborateurs d’ici et des correspondants à l’étranger ont gracieusement contribué à la réalisation de ce dossier. Nous leur sommes reconnaissants.

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Haunted Hillbilly

13 mai 2012

LE BAL DES VAMPIRES

>> Élie Castiel

Vedette du country, mais jeune homme aussi charismatique que naïf, Hyram Woodside noue un pacte avec Nudie, son couturier aux tendances vampiriques. Mais tous les deux n’hésitent pas à s’exploiter mutuellement pour parvenir à leurs fins.

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L’art du mouvement

11 mai 2012

>> Sylvain Lavallée

Commençons par un euphémisme : Young Adult n’est pas un bon film. Je dirais même : ce n’est pas un film qui mérite qu’on en parle, mais partons de la petitesse pour remonter vers quelque chose de plus grand. Donc, mes attentes n’étaient pas très hautes envers Jason Reitman, qui avait déjà été assez idiot pour nous dire en pleine crise économique que ce n’est pas grave de perdre son emploi parce qu’il y en a toujours un autre qui nous convient mieux nous attendant magiquement là où on n’aurait pas osé chercher, mais cette fois il semble tant vouloir s’écarter des valeurs conservatrices (vivre seul ce n’est pas bien) qu’il prônait dans ses derniers films qu’il finit par tomber dans le plus vil nihilisme. Le jugement est porté dès les premières images, soulignant grassement la vacuité du mode de vie urbain et solitaire de Mavis, à coups de télévision trash, de sexe anonyme, de cheveux arrachés, de névrose évidente et d’amie aux conseils aussi insipides qu’égoïstes. Rien de nouveau pour l’instant, au moins cette fois le personnage est présenté dès l’abord comme une ratée, contrairement à la révélation improbable de George Clooney dans Up in the Air qui, après cinquante ans de célibat, découvrait subitement qu’il aurait mieux fait se marier. Mais dans son dernier opus, le cinéaste ne se contente pas de stigmatiser le célibat urbain, présenté carrément comme une maladie mentale, il s’attaque aussi aux ploucs de la banlieue, tous envieux de la célébrité de Mavis, puisqu’évidemment ils vivent un quotidien d’une insignifiance crasse, comme si Reitman voulait démonter ainsi cette vision stéréotypée du bonheur « simple » des gens « simples ». La vie urbaine est vide, la vie en banlieue ennuyante, en somme nous sommes tous des ratés, et rien de mieux que de rencontrer des plus ratés que soi pour se remonter le moral (ce qui résulte pourtant en un film des plus déprimants, alors je dois être particulièrement raté).

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Semaine du 11 au 17 mai 2012

10 mai 2012

LES FILMS DE LA SEMAINE …

DARK SHADOWS
(Ombres et Ténèbres)

CONTE FANTASTIQUE | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 120 minutes  – Réal. : Tim Burton – Int. : Johnny Depp, Eva Green, Helena Bonham Carter, Michelle Pfeiffer, Jackie Earle Haley, Johnny Lee Miller – Dist. : Warner | Horaires / Versions / Classement : Cineplex Divertissement

Résumé
Libéré de son cercueil de plomb après y avoir passé plus de deux siècles, un vampire se retrouve à l’air libre en 1972 pour se réapproprier son manoir qu’habitent des descendants de sa famille qui ont besoin de sa protection
.

En quelques mots
Évocateur de la célèbre télésérie The Addams Family, créée au milieu des années 60, Dark Shadows se concentre particulièrement sur le personnage énigmatique de Barnabas Collins, donnant ainsi à Johnny Depp l’occasion de parfaire son humour pince-sans-rire avec une rare dextérité, tant dans le geste que dans la parole. Mais il s’agit ici d’un vampire étrangement romantique, plus humain que son entourage, sorti des ombres du 18e siècle pour se retrouver dans le vacarme ambiant des années 70 du 20e siècle. Cela donne l’occasion à Tim Burton, chantre invétéré de l’imagerie cinématographique expressionniste, de traduire à coups de baguette magique sa folie créatrice. Mais cela ne va sans quelques ruptures de ton, de mélanges de déjà-vu et de moins de surprises enlevantes. Le film se concentre sur les amours entre Collins et Angélique Bouchard (Eva Green, d’une sensualité dévastratice) de telle façon que les autres personnages semblent réduits. C’est une question de scénario, moins bâti que d’habitude, mais qui n’en demeure pas moins fidèle à l’esprit burtonien. Car en fin de compte, malgré ces quelques réserves, Dark Shadows évoque avec vigueur et nostalgie les exemples majestueux de l’âge d’or de la Hammer, la compagnie britannique responsable des grands chefs-d’œuvre populaires du cinéma d’horreur des années 1950 et 1960.  Quant aux comédiens, tous impeccables. >> Élie Castiel

AUTRES SORTIES EN SALLE …

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Le Petit Prince

7 mai 2012

FIN DE SAISON MAGISTRALE POUR LES GRANDS BALLETS

>> Élie Castiel

Transposer sur scène en forme chorégraphique Le Petit Prince, l’œuvre maîtresse d’Antoine de Saint-Exupéry, tenait tout simplement du pari. Gageure d’autant plus risquée qu’elle aurait pu finir par offusquer les tenants puristes de la littérature. De quelle façon aborder un conte, en l’occurrence traduit en plus de 250 langues, sans en transformer sa carapace, sa raison d’être.

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