28 juin 2012
CONTRACORRIENTE
(Undertow)
DRAME | Origine : Pérou / Colombie – Année : 2009 – Durée : 100 minutes – Réal. : Javier Fuentes-León – Int. : Tatiana Astengo, Manolo Cardona, Cristian Mercado – Dist. / Contact: The Filmmakers Cooperative (États-Unis) | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc
Résumé
Bien que marié à Mariela, Miguel, un jeune pêcheur, entretient une liaison avec un autre homme, Santiago, un peintre issu de la bourgeoisie qui ne cache pas son homosexualité. Mais un jour ce dernier se noie et provoque chez Miguel une sorte de rupture avec la réalité.
En quelques mots
★★★
La force du film réside dans sa farouche latinité, caractéristique que l’auteur assume et revendique avec une énergie à la fois lucide et équilibrée. Le rapport que les personnages entretiennent avec l’environnement, un port de pêche perdu, sauvage, inhospitalier, mais d’une beauté fracassante, est de l’ordre du magique, voire mêne du fantastique, sans doute pour rendre cette histoire d’amour interdit crédible et sublime à la fois. Le cinéaste défend son propos en jouant le jeu de la subtilité, préférant la symbolique au voyeurisme. Les corps des deux amants se rapprochent, se caressent, mais ne cède jamais à la tentation de l’acte consommé. Ici, justement, le réalisme est transcendé par une mise en scène à la fois dépouillée et empreinte de figures de style où le mystère et la magie se côtoient sans cesse. La beauté des lieux, mise en valeur par le directeur photo Mauricio Vidal, propulse le spectateur dans un univers sensuel et mélancolique. Le film de Fuentes-León est une histoire d’amour aux accents de tragédie grecque, organique, indomptable parce que plus forte que tout, montrant avec ténacité l’incontournable force du destin. La triangle amoureux n’a jamais été aussi tendrement mélodramatique et merveilleusement triste. >> Élie Castiel
THE AMAZING SPIDER-MAN
(L’Extraordinaire Spider-Man)
AVENTURES / FANTASTIQUE | Origine : États-Unis / Canada – Année : 2012 – Durée : 136 minutes – Réal. : Marc Webb – Int. : Andrew Garfield, Dennis Leary, Sally Field, Emma Stone, Martin Sheen, Rhys Ifans – Dist. / Contact : Columbia | Horaires / Versions / Classement : Cineplex Divertissement | Sortie : 2 juillet 2012
Résumé
Après avoir été piqué par une araignée, un adolescent timide se transforme en superhéros. Déterminé à combattre le Mal, il affronte un scientifique qui menace New York.
En quelques mots
★★
Cette nouvelle adaptation cinématographique du premier super-héros adolescent des bandes dessinées ne sort que dix ans après celle de Sam Raimi. Ce n’est pourtant pas pour les effets spéciaux pourtant mieux intégrés dans la stéréoscopie par une armée de techniciens basées semble-t-il en Inde qui réussit à soutenir l’intérêt. Certaines courses-poursuites dans la deuxième partie auraient pu être raccourcies après que Peter Parker et le spectateur ont vu et compris l’étendue de ses nouveaux pouvoirs. Le scénario illustre bien les problèmes de cet adolescent qui est déboussolé par l’arrivée de ces transformations qui améliorent ses réflexes et qui l’amènent, nerd qu’il est, à chercher des solutions qui puissent les contrôler. Les problèmes éthiques et scientifiques sur la manipulation génétique sont au moins évoqués avec sérieux dans la relation de Peter avec le Dr Connors, ancien ami de son père. Gwen, la petite amie, n’est pas une blonde idiote comme souvent dans ces productions grand public. Les acteurs semblent avoir pris un plaisir communicatif à incarner des personnages trop humains dans ce film qui semble dire que dans tout humain, un reptile sommeille. >> Luc Chaput
CLOCLO : LA LÉGENDE DE CLAUDE FRANÇOIS
DRAME BIOGRAPHIQUE | Origine : France / Belgique – Année : 2012 – Durée : 149 minutes – Réal. : Florent-Emilio Siri – Int. : Jérémie Renier, Benoît Magimel, Monica Scattini, Sabrina Seyvecou, Ana Girardot – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Cinéma Beaubien – Cineplex Divertissement
Résumé
Dans les années 1960, le jeune Claude François devient une véritable vedette de la chanson populaire française avant de mourir prématurément à l’âge de 39 ans.
En quelques mots
★ 1/2
Tout ce que vous vouliez savoir sur la vie, la musique et la carrière d’un chanteur, compositeur, interprète et homme d’affaires français en deux heures et trente minutes, voilà la proposition du scénariste Julien Rappeneau et du réalisateur Florent-Emilio Siri. Si la partie enfance et adolescence contient de beaux moments, l’avalanche continue d’anecdotes plus ou moins utiles à la compréhension de la personnalité centrale finit par lasser surtout que, sauf en de rares occasions, les œuvres musicales ne sont pas utilisées en entier comme plages de détente dans le film mais comme moyen de rendre plus évident cet aller-retour entre vie et œuvre. Jérémie Renier s’est investi complètement dans son interprétation et remporte la palme pour son mimétisme assumé tant à la ville que sur scène. Le film est donc à l’image de son sujet, il veut tout contrôler et cela le rend quelque peu difficile à prendre à si forte dose. >> Luc Chaput
FLAMENCO, FLAMENCO
DOCUMENTAIRE MUSICAL | Origine : Espagne – Année : 2010 – Durée : 97 minutes – Réal. : Carlos Saura – Avec : María Angeles Fernández, Carlos de Pepa, Sara Baras – Dist. / Contact : Métropole | Horaires / Versions / Classement : Cinéma Beaubien
Résumé
Sur une immense scène parsemée de tableaux de peintres, plusieurs musiciens et danseurs poursuivent la tradition du flamenco.
En quelques mots
★★
Les incursions sporadiques de Carlos Saura dans le domaine de la danse, et plus particulièrement le flamenco, séduisent ou, selon le cas, déconcertent. Il est évident que celui qui est devenu, à juste titre, l’ethnologue cinématographique d’un style chorégraphique aussi particulier que mythique et légendaire, tourne par passion, sans aucun souci de popularité ni de succès aux guichets. Toujours est-il que seule compte la façon de faire. Il existe un rapport de force démocratique entre le cinéaste et les sujets filmés, qu’il s’agisse des danseurs, des musiciens, des chanteurs et même du décor, un ensemble aux formes vertigineuses qui se transforment selon le numéro proposé. On retiendra la prestation du célèbre Israel Galvan qui, dans Silencio, exécute un solo sans musique, le bruit de ses pas servant de dialogue entre le corps et sa représentation. Saura exige des plans superbes, utilise l’espace chorégraphique selon les règles de l’art et se permet par moments de régler ses comptes avec les codes rigides de la mise en scène. Dans ce contexte de totale liberté, Flamenco, Flamenco est une réussite dans le genre. Mais il est grand temps de passer à autre chose. >> Élie Castiel
JATT AND JULIET
COMÉDIE ROMANTIQUE | Origine : Inde – Année : 2012 – Durée : 142 minutes – Réal. : Anurag Singh – Int. : Diljit Dosanjh, Neeru Bajura, Upsana Singh, Jaswinder Bhalla – Dist. / Contact : A-Z Films | Horaires / Versions / Classement : AMC
Résumé
Jatt est un jeune homme espiègle, mais adorable. Juliet est une jeune femme moderne et plutôt sophistiquée. Ils mènent une vie confortable, chacun de son côté. Jusqu’au jour où ils se rencontrent lors d’un voyage au Canada.
En quelques mots
SANS COMMENTAIRES.
J’ESPÈRE QUE TU VAS BIEN
FILM D’ESSAI | Origine : Canada [Québec] – Année : 2012 – Durée : 87 minutes – Réal. : David La Haye, Jay Tremblay – Int. : Marie-Chantale Perron, David La Haye, Richard Robitaille – Dist. / Contact : Aviva Communications| Horaires / Versions / Classement : Excentris
Résumé
Film ludique sur l’amitié et l’amour perdu, complètement improvisé par 3 acteurs. Un seul plan séquence, à la Steadicam, d’une durée d’une heure 27 minutes. Aucune répétition technique. Aucune répétition des acteurs. En plein coeur de la ville. Le jour de Pâques.
En quelques mots
★ 1/2
J’espère que tu vas bien est une première dans son genre et affiche clairement cette spécificité dans sa promotion commerciale. Deux comédiens, une conversation à bâtons rompus sur des sujets divers, une caméra portée, une marche dans les rues du Plateau Mont-Royal, un seul plan-séquence. Un film sans budget ni réel sujet. La difficulté de l’entreprise tenait dans la capacité des deux comédiens à pouvoir établir une relation solide et à se répondre l’un l’autre en puisant dans leur passé respectif pour supporter les échanges et rendre l’improvisation plus véridique. Sur ce plan là, force est de constater que la chimie opère. On ressent bien la complicité naturelle des deux comédiens qui se connaissent depuis longtemps et qui ont sans doute dû faire quelques centaines de coups ensemble dans leur jeunesse. Les sujets abordés sont tantôt ludiques ou superficiels (les odeurs de poulet des restaurants portugais, les chiens aux chandails du Canadien) ou plus graves et profonds (la maladie, l’amour perdu, la déchéance). Au final, malgré quelques interludes musicaux destinés à alléger le parcours, le tout est assez inégal et quelques temps morts se font jour. Enfin, si l’on salue la vivacité de l’improvisation de ce tournage sans filet, si l’on reconnait le tour de force technique du caméraman (une steadicam, ça pèse quand même plusieurs kilos), est-ce suffisant pour faire de J’espère que tu vas bien un film de cinéma? On peut se poser la question. Car si J’espère que tu vas bien repose sur une alléchante idée de départ, la bonhomie et l’improvisation auraient mérités d’être un peu plus canalisées. >> Charles-Henri Ramond
KATY PERRY: PART OF ME
DOCUMENTAIRE | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 95 minutes – Réal. : Dan Cutforth, Jane Lipsitz – Avec : Katy Perry – Dist. / Contact : Paramount | Horaires / Versions / Classement : Cineplex Divertissement
Résumé
Documentaire en 3D consacré à la chanteuse populaire Katy Perry.
En quelques mots
SANS COMMENTAIRES.
MADEA ‘S WITNESS PROTECTION
COMÉDIE| Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 115 minutes – Réal. : Tyler Perry – Int. : Tyler Perry, Denise Richards, Doris Roberts, Eugene Levy, John Amos – Dist. / Contact : Alliance | Horaires / Versions / Classement : AMC
Résumé
Coupable de fraude, un chef d’entreprise coopère avec la police qui l’intègre au programme de protection de témoins. Mais il s’installe dans nul autre quartier que celui de Madea.
En quelques mots
SANS COMMENTAIRES.
MAGIC MIKE
COMÉDIE DRAMATIQUE | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 110 minutes – Réal. : Steven Soderberg – Int. : Channing Tatum, Alex Pettyfer, Olivia Munn, Cody Horn, Matthew McConnaughey – Dist. / Contact : Warner | Horaires / Versions / Classement : AMC – Cineplex Divertissement
Résumé
Un danseur nu, vedette dans un club, apprend le métier à un jeune homme. Il l’entraîne dans la vie nocturne, lui enseigne comment séduire les filles et faire de l’argent facilement.
En quelques mots
★★★
Le nouveau film de Steven Soderbergh prouve jusqu’à quel point il est possible pour un cinéaste réputé pour ses mises en scène clairvoyantes, franches et accomplies d’aborder un sujet plutôt populiste. Tout est dans la façon de faire : la direction d’acteurs, l’utilisation de l’espace, la manipulation de la couleur et une question de regard. Dans ce qui ressemble à une confession, Channing Tatum diagnostique son parcours personnel, se l’approprie pour mieux le parodier et s’autorise quelques moments de bravoure. Il est même touchant à la dernière séquence lorsqu’il constate qu’il n’est pas certain où sa nouvelle vie le mènera, même si la possibilité d’une relation amoureuse est envisagée. Deux mondes se confrontent et s’enchevêtrent, le diurne et le nocturne, d’où l’utilisation efficace de la couleur, illuminée et flamboyante dans l’espace surperficiel de la boîte de nuit, monochrome et effacée dans les interstices souvent incertains du jour. La vision du cinéaste sur l’univers particulier qu’il décrit est intentionnellement absente, au profit d’une caméra qui filme le quotidien sans trop se poser de questions. Ou plutôt si, car chez Soderbergh, il y a ici un rapport entre les corps et la caméra, entre l’intention de les filmer et l’acte accompli. Car on y voyant de près, c’est avant tout sur l’absence et l’égarement que s’exprime Soderbergh, ce vide existentiel qui sous des dehors de superficialité, engendre instinctivement des mécanismes parfois oppressants de défense et de survie. Sur ce point, Magic Mike est une vraie réussite. >> Élie Castiel
PEOPLE LIKE US
(Des gens comme nous)
DRAME FAMILIAL | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 115 minutes – Réal. : Alex Kurtzman – Int. : Chris Pine, Elizabeth Banks, Michael Hall D’Addario, Michelle Pfeiffer, Olivia Wildel – Dist. / Contact : Buena Vista | Horaires / Versions / Classement : Cineplex Divertissement
Résumé
Au décès de son père, un jeune homme reçoit une forte somme d’argent en héritage qu’il doit remettre à une sœur dont il ignorait l’existence.
En quelques mots
★ 1/2
Le réalisateur et coscénariste Alex Kurtzman plante son décor en montrant avec justesse plusieurs quartiers de Los Angeles, passant de la richesse et du clinquant des collines aux conciergeries plus modestes dans la vallée toutes reliées par de larges autoroutes sous le soleil plombant. Sam est un homme qui vit bien grâce à son bagout de vendeur mais sa chance commence à lui filer entre les doigts. Le scénario de Kurtzman, Roberto Orci et Jody Lambert, inspiré d’une situation réelle similaire, place donc Sam devant une série de choix moraux successifs qui l’obigeront à repenser sa relation avec les personnes qui lui sont chères. Le jeune Michael Hall D’Addario incarne avec aplomb Josh, le fils de Frankie, la demi-sœur, et permet ainsi d’éviter un traitement trop mélodramatique de l’interaction entre les trois personnages centraux de ce film. >> Luc Chaput
TAKE THIS WALTZ
(Une histoire d’amour)
CHRONIQUE SENTIMENTALE | Origine : Canada / Espagne / Japon – Année : 2011 – Durée : 116 minutes – Réal. : Sara Polley – Int. : Michelle Williams, Seth Rogen, Luke Kirby, Sarah Silverman – Dist. / Contact : Métropole | Horaires / Versions / Classement : AMC – Cineplex Divertissement
Résumé
À la suite d’une rencontre fortuite, une jeune femme mariée sent monter en elle une attirance pour son voisin. Pendant que ce dernier la poursuit de ses assiduités, elle voit peu à peu s’effriter l’amour qu’elle porte à son époux.
En quelques mots
★★★
Déjà dans Away from Her, le thème de l’infidélité était présent. À une différence près que la protagoniste commettait son geste malgré elle, inconsciemment en quelque sorte, étant affligée par la maladie d’Alzheimer. Dans son second film, Take This Waltz, Sarah Polley pousse la question de l’adultère plus loin, faisant d’elle l’argument principal de ce drame sentimental d’une singulière élégance. Dès leur première rencontre, Margot et Daniel se plaisent, tombent sous l’emprise d’une attraction partagée. Cette réciprocité des sentiments s’imposera assez tôt dans une scène brillante, quand Margot demande, timidement, à savoir ce que Daniel lui ferait, advenant qu’ils passent à l’acte. La réponse de Daniel — une déflagration de sensualité et d’érotisme en mots — se fera claire, nette. Bien qu’elle soit clairement remuée par une telle déclaration, il n’en demeure pas moins qu’elle est mariée et entend le rester. Son couple n’attise plus les mêmes passions qu’autrefois peut-être, mais elle aime son mari, « ne veut pas le blesser ». L’argument de la fidélité fait ainsi déplacer ce film vers un suspense dont la résolution paraît continuellement floue, réversible. C’est toute l’intelligence de Polley; cette manière qu’elle a de transposer l’intranquillité et l’angoisse de Margot devant sa décision, ce talent de suggérer ses sentiments contrariés, la traversant silencieusement, mais non moins violemment. Partagée entre deux hommes qu’elle aime, elle voit son quotidien menacé par la charge de son dilemme amoureux. À chaque plan, le film nous prend à témoin de ces bouleversements sentimentaux, sans précipiter le mouvement, par le biais de petits gestes concrets, de silences communicatifs, de touches musicales introspectives. Cette sobriété dans le geste, ce besoin de ne pas presser les choses, en disent beaucoup sur l’éthique de Polley. >> Sami Gnaba
TED
COMÉDIE | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 96 minutes – Réal. : Seth MacFarlane – Int. : Mark Wahlberg, Mila Kunis, Joel McHale, Giovanni Ribisi – Dist. / Contact: Universal | Horaires / Versions / Classement : Cineplex Divertissement
Résumé
Arrivé à la mi-trentaine, un homme irresponsable prend conscience que son meilleur ami, un ourson en peluche animé, dérange sa vie de couple.
En quelques mots
SANS COMMENTAIRES.
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 —LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
21 juin 2012
BRAVE
(Rebelle)
ANIMATION | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 93 minutes – Réal. : Mark Andrews, Brenda Chapman – Voix : Emma Thompson, Kelly MacDonald, Robbie Coltrane, Billy Connolly – Dist. / Contact : Buena Vista | Horaires / Versions / Classement : AMC – Cineplex Divertissement
Résumé
Fille rebelle du roi d’Écosse, Merida préfère le combat plutôt que d’apprendre à être une princesse comme il faut. Lorsque sa mère lui trouve finalement un mari, Merida fait appel à une sorcière afin qu’elle lui prépare un sort qui fera changer d’avis la reine-mère.
En quelques mots
★★ 1/2
La représentation de la vie dans un château du Moyen-Âge en Écosse est plausible avec un roi batailleur et une reine qui gère le royaume par ses discours et ses incidentes à son mari. L’animation en stéréoscopie, fruit d’un long travail sur de nombreux ordinateurs et logiciels, nous mène par vallons, ruisseaux et orées tous plus chatoyants les uns que les autres à la poursuite de feux follets fugaces vers des menhirs patibulaires. On est donc dans le domaine de Braveheart et Mulan. Merida, à la chevelure rousse, symbole de son caractère enflammé, face à des prétendants plutôt ridicules, décide de prendre en main son destin. Le scénario vire alors dans les plate-bandes des contes avec sorcière et sorts jetés aux conséquences désastreuses. L’humour cher à Pixar continue d’alléger le propos mais l’histoire malheureusement devient prévisible pour qui a lu Perrault ou Grimm avec en plus une couche de sentimentalisme disneyen. >> Luc Chaput
15 juin 2012
>> Élie Castiel
Voyage musical au cœur du théâtre Yiddish, né dans les faubourgs et les centres urbains roumains au 19e siècle, se propageant à travers les décennies un peu partout en Europe de l’Est, pour finalement se retrouver à New York au cours des années 30.
>> Élie Castiel
Par voie de point de presse et de communiqué, on nous annonçait la semaine dernière que le duo FNC (Festival du nouveau cinéma de Montréal) et Fantasia (Festival international de films Fantasia) unissent leurs forces pour rendre hommage à la célèbre boîte de distribution nippone, la Nikkatsu Corporation, qui fête son 100e anniversaire. Dix décennies témoins de multiples transformations cinématographiques. À l’aube des années 1970, la Nikkatsu se spécialise dans le cinéma à « sensations fortes » (sic). La tendance se maintient au cours des années 1980, alors que le « roman porno » fait son apparition et assure sa place auprès d’un public de plus en plus large. Les thèmes de prédilection, dont la violence, le sadomasochisme et le romantisme connaissent leurs heures de gloire et influencent en quelque sorte un certain cinéma occidental qui bénéficiera de sa reconnaissance grâce au mouvement psychotronique et à l’émergence d’un circuit marginal revendiqué par une grande partie de la critique. Par la même occasion, la Nikkatsu favorise l’émergence de nouveaux talents qui ont pour nom, entre autres, Tatsumi Kumashiro, Masaru Konuma et Chusei Sone.
LES ACACIAS
(Las acacias)
DRAME | Origine : Argentine / Espagne – Année : 2011 – Durée : 83 minutes – Réal. : Pablo Giorgelli – Int. : Hebe Duarte, Germán de Silva, Nayra Calle Mamani – Dist. : K-Films Amérique | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc – Excentris
Résumé
À la demande de son patron, un camionneur accepte de conduire une jeune femme et son bébé du Paraguay jusqu’en Argentine. Sur la route qui les mène à Buenos Aires, ces êtres étrangers l’un à l’autre devront apprendre à s’apprivoiser.
En quelques mots
★★★★
Caméra d’or à Cannes en 2011, Las Acacias ressemble à un road movie, mais l’ensemble est trop intimiste pour cette formule. Il faut des prodiges de montage pour rendre de très nombreux champs/contrechamps vivants. Et le film réussit cela. En fait, il s’agit d’une histoire d’amour entre un « vieux monsieur » bourru et une jeune mère monoparentale, mais le tout a des allures des premiers émois d’un premier rendez-vous amoureux. L’émotion est donc au rendez-vous, en particulier dans la dernière partie du film, alors que notre camionneur toujours solitaire, découvre le bonheur possible de connaître une grosse famille. Le film est simple, certains diront simpliste, mais la vérité des situations gagne un ensemble de spectateurs. >> Pierre Pageau
8 juin 2012
>> Sylvain Lavallée
Cela fait si longtemps que l’on parle de l’ontologie de l’image photographique qu’il me semble que cela devrait être un acquis dans les discours sur le cinéma. La relation du cinéma au monde est au cœur de toutes les pensées sur cet art, bien avant que Bazin le formule ainsi d’ailleurs, alors pourquoi le cinéma est encore largement considéré comme une simple forme de narration, qui ne serait au fond que de la littérature ou du théâtre avec des images? On a beau se plaindre de films pas assez « cinématographiques », comme j’en parlais à propos de A Dangerous Method, et comme on le lit encore ces jours-ci à propos de Cosmopolis (décidément, on ne m’écoute pas), ce reproche doit se comprendre plutôt comme si les images de ces films ne sont pas assez narratives. A Dangerous Method ne serait pas « cinématographique » parce que les images de ce film ne racontent rien, elles ne font que supporter indifféremment les mots, mais comme je l’écrivais il y a quelques semaines, non seulement ces images racontent, elles disent aussi (et surtout) quelque chose sur le monde. Une image qui ne serait pas « cinématographique », quant à moi, ça serait une image qui n’a que faire du réel, qui serait trop préoccupée à communiquer un discours unilatéral pour présenter une image vraie du monde, la publicité par exemple, que je suis exaspéré de voir souvent mis côte à côte avec le cinéma simplement parce qu’elle a été réalisée par un cinéaste réputé, parce que l’image est léchée, parce qu’elle est bien foutue, alors qu’il n’y a jamais eu, et ne pourra jamais avoir, une quelconque forme d’art dans la publicité. Ou encore Young Adult, dont je parlais aussi il y a peu, un film qui n’a que faire du monde. D’ailleurs, ce n’est sûrement pas un hasard si les films eux-mêmes se préoccupent de moins en moins du monde, de toute sorte de façons, alors qu’au même moment les commentateurs sur le cinéma ne parlent plus de son ontologie.
7 juin 2012
LE CHEVAL DE TURIN
(The Turin’s Horse / A Torinói ló)
DRAME | Origine : Hongrie / France / Allemagne – Année : 2011 – Durée : 146 minutes – Réal. : Béla Tarr, Ágnes Hranitzsky – Int. : János Derzsi, Erika Bók, Mihály Kormos, Ricsi – Dist. : FunFilm | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc – Excentris
Résumé.
À la fin de sa carrière, démoralisé, le philosophe Friedrich Nietzsche s’était jeté en pleurant au cou d’un cheval malmené par son cocher. Ça s’est passé à Turin le 3 janvier 1889. Le film explore les destinées du cocher, de sa fille et du cheval en question.
En quelques mots
★★★ 1/2
Appartenant à un genre inclassable, Le Cheval de Turin est avant tout un film sur la puissance de l’image qu’aucun mot, qu’aucune parole ne peut entraver, sur la morale éthique du plan aussi, sur le parti pris esthétique, sans conditions, intransigeant, se voulant plus fort que le récit, revendiquant la place qu’il mérite dans la fabrication d’un film. Il y a une musique insistante, grave, désordonnée, enveloppant le mouvement des deux principaux et quasi-uniques personnages, comme dans un rituel funèbre et grandiose. Envoûtant, hypnotisant, surréaliste, intemporel, le nouveau film de Béla Tarr (et selon ses dires, son dernier) déploie ses plans-séquences avec une virtuosité remarquable. Le temps n’est plus dans la durée, mais dans l’instant, irrémédiable, contrastant, suivant les caprices et les bruits de la nature. Sur ce point, presque tout le film est terriblement bercé par le vent, par le bruit des feuilles qui tombent avec fracas. Et chez l’homme et sa fille, les travaux et les jours et comme exhortation, l’attente. Et puis survient un personnage, alter-ego du cinéaste, qui prononce les paroles du seul vrai dialogue dévoilant une vision apocalyptique du monde. Car en fin de compte, Le Cheval de Turin ressemble à une œuvre-testament, offrande d’un grand réalisateur pour qui le cinéma n’est rien d’autre que la mise en scène de l’incontournable et irréversible finitude. Nous sortons de la projection à la fois désemparés et émus par une telle ampleur visuelle. >> Élie Castiel
2026 © SÉQUENCES - La revue de cinéma - Tous droits réservés.