En couverture

Semaine du 20 au 26 juillet 2012

19 juillet 2012

LE FILM DE LA SEMAINE …

THE DARK KNIGHT RISES
(L’Ascension du Chevalier noir)

AVENTURES | Origine : États-Unis / Grande-Bretagne – Année : 2012 – Durée : 165 minutes  – Réal. : Christopher Nolan – Int. : Christian Bale, Michael Caine, Marion Cotillard, Morgan Freeman, Joseph Gordon-Levitt, Anne Hathaway, Liam Neeson, Gary Oldman – Dist. : Warner | Horaires / Versions / Classement : Cineplex Divertissement

Résumé
Huit ans après son exil forcé de Gotham City, Batman reprend son rôle de protecteur de la ville lorsqu’elle est menacée par un terroriste puissant et brutal. Une mystérieuse cambrioleuse et un courageux policier lui viennent en aide.

En quelques mots
★★★ 1/2
Dans ce qui s’annonce déjà comme la dernière partie de la saga culte Batman, on retrouve le côté alambiqué des réalisations de Christopher Nolan. Car pour apprécier The Dark Knight Rises à sa juste valeur, force est de souligner qu’il est primordial de s’adapter au style propre à l’auteur du sophistiqué Inception (voir « Dossier Christopher Nolan » dans le dernier numéro de la revue). Car son travail de réalisation consiste en une succession d’images issues d’une idiosyncrasie moralement assumée. Les situations prennent ici une forme extra-diégétique qui désoriente intentionnellement le spectateur jusqu’au dénouement final où, par magie, les pièces du puzzle se mettent en place pour offrir une finale à la fois émouvante et équilibrée. Car parmi les cinéastes de sa génération, Nolan est sans doute le plus viscéral des metteurs en scène grand public. Le rapport qu’il entretient entre la caméra et les personnages s’inscrivent dans une perspective de décloisenement progressif, voire même hautement intellectuel malgré les apparences. Ici, cette caractéristique devient évidente dans la mesure où certaines séquences, y compris les dialogues, paraissent bizarrerement ridicules, où la surenchère prévaut. Mais il s’agit d’un jeu totalement contrôlé que le réalisateur impose au spectateur, l’obligeant à distinguer la sublimation de l’image sur l’écran de son contraire. Désorienter, voilà ce qui semble le mot d’ordre. Et il y a aussi un élément de l’expérience cinématographique qui entre aussi en ligne de compte et qu’il est important de souligner, la direction d’acteur, souvent délaissée dans les propos d’une certaine critique. Ici, il s’agit d’un rapport de force entre le réalisateur et ses personnages, entre la caméra et le filmé, entre les comédiens et les spectateurs. Tout compte fait, nous sommes devant un espace scénique (cinématographique) qui s’adapte aisément à tout genre d’excès et de moments de pure improvisation. D’où l’ennui volontaire que nous ressentons par le jeu de certains personnages et l’étrangeté de quelques situations. On soulignera finalement la presque absence du héros principal, laissant planer comme une ombre de scène en scène les soubresauts fragiles et inquiétants de son incontournable finitude. Tout compte fait, malgré quelques réticences, notamment sur le plan de la continuité du récit et de quelques séquences inutiles et bavardes, The Dark Knight Rises est une réussite, tant sur le plan des scènes d’actions que des effets spéciaux, tout en soulignant son intransigeance incontestable face à un cinéma codifié et finalement l’humanisme à la fois romantique et utopique qu’il défend. Sans compter, bien entendu, sur les recettes qu’il accumulera aux guichets tant sur la scène locale qu’internationale. >> Élie Castiel

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Semaine du 13 au 19 juillet 2012

12 juillet 2012

LE FILM DE LA SEMAINE …

BEASTS OF THE SOUTHERN WILD
(Les Bêtes du sud sauvage)

CONTE | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 93 minutes  – Réal. : Benh Zeitlin – Int. : Quvenzhané Wallis, Henry Dwight, Jenshel Alexander – Distributeur/Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Cineplex Divertissement – Excentris

Résumé
Atteint d’une maladie incurable, un père, qui vit seul avec sa fille de 6 ans dans un bayou, lui apprend à s’endurcir et à ne compter que sur elle-même pour lui survivre. La petite partira à la recherche de sa mère.

En quelques mots
★★★
Hushpuppy,  une petite fille vit avec son père dans une région pauvre du bayou louisianais soumise aux changements écologiques. Animée d’une grande force de caractère mais aussi sensible au monde qu’elle côtoie et découvre à tous les jours, elle l’embrasse d’un regard et de propos qui soulignent l’importance de l’interaction entre tous les êtres, plantes, animaux et humains qui la composent et de l’entraide qui anime ses habitants. Adapté par le réalisateur et par Lucy Alibar de la pièce Juicy and Delicious de cette dernière, le scénario navigue de manière subtile les ornières de cette recréation du monde vue par un enfant, intégrant des mythes fondateurs du folklore humain dans une cinématographie inventive où l‘étonnement surgit de multiples manières. Par ce long métrage luxuriant porté par la jeune Quvenzhane Wallis  sur ses minces mais fortes épaules, Benh Zeitlin confirme les attentes suscitées dans  son court  gagnant Glory at Sea visible sur Internet. >> Luc Chaput

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Dossier « Christopher Nolan »

FIGURES ET MANIFESTATIONS DU DOUBLE
CETTE INQUIÉTANTE PRÉSENCE

>> Maxime Labrecque

Largement étudié par de nombreux psychanalystes, dont Sigmund Freud, Carl Jung et Otto Rank, le concept du double fascine, certes, mais possède une part latente qui inquiète. L’œuvre cinématographique de Christopher Nolan regorge de figures du double, que nous survolerons, afin d’en découvrir les multiples facettes.

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Theodore Bikel

11 juillet 2012

SHOLEM ALEICHEM: LAUGHTER THROUGH TEARS

>> Élie Castiel

Seul sur scène, Theodore Bikel se souvient, parcourt le temps, parle à un auditoire captivé par ces souvenirs, ces joies et ces drames issus des Shtetles d’une Europe centrale révolue. Une accordéoniste et un pianiste cachés par un voile transparent en arrière-scène l’accompagnent, formant ainsi un trio illustre et intemporel.

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Filmer l’invisible (2): le cinéma de John Carpenter

6 juillet 2012

>> Sylvain Lavallée

Comment filmer l’invisible? J’associais cette question dans mon dernier article à John Carpenter, mais en réalité elle devrait obséder tout cinéaste digne de ce nom. En apparence, le cinéma est un art du visible puisqu’il utilise le réel comme fondation de son acte créatif, mais en fait le défi est toujours de filmer l’invisible. J’en parlais dans mon texte sur Alain Badiou, le cinéma part de ce qui est déjà-là, et à partir de cette confusion du réel il doit élaguer pour arriver à la pureté, c’est-à-dire qu’il doit parvenir à filmer des idées plutôt que ces choses qui sont données et que l’on peut voir déjà au quotidien, sans l’aide de l’image, le cinéma doit dépasser le cliché pour nous faire voir les choses autrement, en révéler une portion jusqu’alors tenue invisible, que seule l’image cinématographique peut faire voir. Faire voir l’invisible est donc la tâche de tous les cinéastes, mais dans le cas du cinéma fantastique, l’invisible correspond aussi au surnaturel, aux fantômes, comme si ce genre, dans ses incarnations les plus réussies, touchait au plus près de l’essence du cinéma (d’ailleurs, l’image photographique est par définition un fantôme, un reflet de ce qui a déjà été). Ou plutôt, le cinéma fantastique rend explicite le travail du cinéaste sur l’image : en montrant comment Carpenter filme Michael Myers, ou la Chose, ou le Prince des Ténèbres, comment il filme le surnaturel en conservant le sentiment fantastique, nous voyons surtout comment il filme l’idée du Mal absolu, ou plutôt comment il rend possible cette idée du Mal au cinéma, une idée surgissant uniquement de l’image, de la mise en scène.

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Semaine du 6 au 12 juillet 2012

5 juillet 2012

LE FILM DE LA SEMAINE …

SAVAGES
(Sauvages)

GANGSTERS | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 127 minutes  – Réal. : Oliver Stone – Int. : Aaron Johnson, Benicio Del Toro, Salma Hayek, Taylor Kitsch, Blake Lively, John Travolta – Dist. / Cont. : Universal | Horaires / Versions / Classement : AMC – Cinéma du Parc – Cineplex Divertissement

Résumé
Deux trafiquants de drogue américains plutôt décontractés se transforment en tueurs sanguinaires pour sauver leur petite amie que des gangsters mexicains féroces ont enlevée.

En quelques mots
★★★
Délaissant ses frasques politiques et financières, le controversé Oliver Stone revient à son style ludique, profondément cynique et pessimiste. On pense, bien entendu, à Natural Born Killers (1994), non seulement pour sa violence, son angoisse et sa fébrilité, mais surtout pour sa vision du monde. Le titre du nouveau film, autant l’original que celui de la version française, correspond admirablement bien à cette étude mainstream sur la démesure d’une extrême conviction. Stone ne recule devant rien. Il envahit l’écran cinémascope d’images sensorielles, multiplie les provocations et présente des personnages d’un cynisme ambiant décapant. Il y a aussi, et surtout, une mise en scène, parfois naïve, par moments angoissante, d’une nervosité à fleur de peau. Car Savages est en fin de compte un film sur la représentation des multiples manifestations du regard : sentir, réagir, rejeter, approuver, tolérer. Et derrière cet admirable tour de piste fait de procédés traditionnels qui fonctionnent ici à merveille, à la limite ajoutant même une caractéristique grand-guignolesque, on admire des comédiens habités par des personnages qui les dépassent, mais auxquels ils s’adaptent grâce à la direction d’acteurs d’un cinéaste iconoclaste qui n’a pas encore dit son dernier mot. Les jeunes s’en tirent convenablement bien, mais ce sont les plus vieux, les plus expérimentés qui nous prouvent pendant plus de deux heures de projection que l’art de l’interprétation est une partie du film aussi fondamentale que les autres, confirmant que c’est dans son ensemble qu’une œuvre nous subjugue ou nous indiffère. Dans le cas du nouveau Stone, son regard pétrifiant confirme avec fureur nos inquiétantes interrogations sur le monde.  >> Élie Castiel

AUTRES SORTIES EN SALLE …

[Cliquez sur chaque titre pour accéder à la critique]

Bol Bachchan

Le Cochon de Gaza

In the Family

José e Pilar

Marina Abramović: The Artist Is Present

Omertà

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Centre d’archives publicitaires

30 juin 2012

CHANGEMENT DE CAP À L’HORIZON

>>  Élie Castiel

Les principaux médias l’ont rapporté : la Cinémathèque québécoise doit se serrer la ceinture pour pouvoir survivre. Couper un peu partout, revoir ses politiques de gestion, réfléchir sur sa mission, épargner, sans doute consolider. L’une des victimes de cette cure d’amaigrissement sera le Centre d’archives publicitaires (CAP) qui aura jusqu’à la fin du mois d’août pour mettre en boîtes tout ce qu’il possède comme documents (cassettes, DVD, disques durs, et autre matériel de conservation). Les locaux sont présentement situés à Boucherville, sur la Rive-Sud de Montréal et jouissent d’une entente verbale avec la Cinémathèque. Mais les choses vont changer.
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