18 mai 2017
D’enfant de la balle jouant sur les fortifications des pourtours parisiens à vedette internationale de la photo, Robert Doisneau et son inégalable « gentillesse humaine », comme le dit l’auteur japonais Toshiyuki Horie, ne cesse de susciter l’admiration, comme en témoignent les documentaires déjà faits sur le sujet. Cependant, malgré ces précédentes productions, Robert Doisneau, le révolté du merveilleux, documentaire produit par la télévision réalisé à la première personne par Clémentine Deroudille, sa petite-fille, nous permet d’appréhender ce poète de l’image comme on l’a finalement assez peu vu.

Le film s’appuie sur quelques extraits vidéo, trop peu hélas, mais surtout sur les nombreuses archives photographiques minutieusement ordonnées. Au-delà du cliché et de sa surface bien lisse, on découvre alors ce qui rendait unique le regard de l’artiste. Car en regardant de plus près ce qui pourrait être pris pour de la captation anecdotique d’un instant joliment kitsch, on décèle une réflexion aussi universelle qu’intemporelle sur son temps et son environnement.
Comme personne n’avait jamais osé le faire auparavant, Doisneau s’est intéressé aux petites gens, aux ouvriers, en gros à tous ceux qui sont habituellement très loin des feux de la rampe. Il a passé sa vie à les montrer dans leur quotidien, à leur redonner une existence tout en faisant ressortir le beau au milieu de la laideur, ou comme il le disait si simplement à « magnifier les décors usés du quotidien ». Voir Robert Doisneau, le révolté du merveilleux c’est donc replonger avec le regard de ce grand humaniste dans 50 ans d’histoire de notre monde. Et ce n’est pas rien.
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Séquences
Nº 309 (Juillet-Août 2017)
En kiosque : Juillet 2017
Genre : Documentaire – Origine : France – Année : 2016 – Durée : 1 h 17 – Réal. : Clémentine Deroudille – Dist. : FunFilm.
Horaires
@ Cinéma Beaubien
Classement
Tout public
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
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Avec Edge of Tomorrow / Un jour sans lendemain (2014), Doug Liman continuait sa démarche de cinéaste solide, rigoureux, ne succombant pas aux temps morts, faisant de sa mise en scène un véritable combat entre les protagonistes et le concept de temps. Cette temporalité est d’autant plus importante dans The Wall, ce mur qui sépare les deux forces qui s’opposent dans le terrain miné du conflit irakien en 2007. La durée du film établit les enjeux.

La virilité du soldat américain est vite remplacée par un sentiment de peur, de refus de la mort, montrant jusqu’à quel point l’homme, en opposition à la femme, s’est construit socialement des codes de conduite tout à fait artificiels en se basant sur la force. Dès que les dangers se présentent, la nature suit son cours pour laisser l’humain devant un fait accompli. Et les deux ennemis, par voix d’un dialogue par radio, soulèvent la question des différences de cultures.
L’Irakien, sensible à sa propre condition, et se basant sur l’étranger venu d’ailleurs, confirme sa force par la voie de la raison. Le G.I., se croyant vaincu, tente par tous les moyens de gagner cette lutte des mots qui, qu’on le veuille ou pas, finira par la mort de l’un ou de l’autre.
Film subtil dans sa démarche, grave par ses images, intelligent par le propos et par son écriture, du scénariste Dwain Worrel, dont c’est ici son deuxième scénario en solo après Walking the Dead (2010). Le sable et la chaleur sont ici des ennemis incontrôlables, des éléments narratifs bien choisis pour montrer l’irréconciliable rapport entre l’être et la nature, entre la vie et le néant. Mais aussi entre le plan et sa morale, précepte selon lequel le cinéma est un arsenal intellectuel de tous les possibles.
Les lois de la nature s’imposent. Ce mur qui sépare la victime de son indicible assaillant, n’est en quelque sorte que la métaphore de ces sables mouvants de l’existence.
Genre : Drame de guerre – Origine : États-Unis – Année : 2017 – Durée : 1 h 30 – Réal. : Doug Liman – Int. : Aaron Taylor-Johnson, John Cena, Spencer Thomas, Laith Nakli – Dist. : Entract Films.
Horaires
@ Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
(Violence / Langage vulgaire)
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
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Genre : Comédie – Origine : Chine – Année : 2017 – Durée : 1 h 43 – Réal. : Lei Huang – Int. : Lei Huang, Hai-Qing, Wang Xun, Lee Lichun, Li Sun – Dist. : NA (non attribué).
Horaires
@ Cineplex
Classement
Tout public
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