Articles récents

Dilili à Paris

25 décembre 2018

| PRIMEUR |
Semaine 51
Du 21 au 27 décembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans le Paris de la Belle Époque, la petite Dilili, originaire de Nouvelle-Calédonie, fait la rencontre d’Orel, un jeune livreur en triporteur qui lui fait découvrir la ville en pleine effervescence culturelle, sociale et scientifique. Mais pendant ce temps, des fillettes sont enlevées par les Mâles-Maîtres, des individus malveillants qui vivent dans les égouts.


CRITIQUE
| Élie Castiel |
★★★ ½

DE GRÂCE ET DE COULEURS

Cinéma classique d’animation qui vaut son pesant d’or grâce aux ingrédients esthétiques toujours privilégiés par Michel Ocelot, maître dans le genre. Africaniste, il n’en demeure pas moins critique face à l’oppression d’un islam baigné d’intégrisme excessif et un Occident machiste, patriarcale, peu conciliant. Il n’est pas surprenant que le récit se passe au début du siècle dernier, à la Belle Époque, clin d’œil à aujourd’hui où le dialogue entre le Nord et le Sud prend pour son rhume.

Si les photos de l’époque se juxtaposent adroitement aux
tendances standardisées de l’animation, il en résulte une fable
magnifique sur le comportement de l’individu à travers
l’époque pré-moderniste, lançant des échos à notre présent, époque
qui, pour l’instant, semble avoir perdu ses repères.

Les intellectuels et hommes/femmes de sciences, comme Emma Calvé, Marie Curie, Pasteur, Toulouse-Lautrec, Louise Michel, Sarah Bernhard et autres influents de cette époque féconde mais incomprise sont représentés sous leur jour le plus chaleureux, mais également soulignant la solitude de l’artiste; transformant cette enquête policière menée pas une jeune afro-française (et son acolyte français) avec une fraîcheur ensoleillée, une gouaille bien calculée et une sens articulé du phrasé dans des zones narratives intéressantes,. On ne parle plus comme cela, mais cette pause nostalgique nous rappelle que la langue de Molière est la plus belle du monde et on se doit de la chérir.

Ocelot aborde des questionnements philosophiques, politiques et sociaux de la condition humaine. Il va droit au bout en proposant une film d’animation destiné à toutes les tranches d’âge. Belle stratégie de diffusion.

Si les photos de l’époque se juxtaposent adroitement aux tendances standardisées de l’animation, il en résulte une fable magnifique sur le comportement de l’individu à travers l’époque pré-moderniste, lançant des échos à notre présent, époque qui, pour l’instant, semble avoir perdu ses repères.

On sourit devant le caractère « vieux jeu » du film, mais mine de rien, ça fonctionne; on sort de la projection le cœur traversé par la grâce.

Réal.
Michel Ocelot


Sortie
Vendredi 21 décembre 2018

Langue(s)
V.o. : français ; s.-t.a.
Dilili in Paris

Genre
Animation

Origine(s)
France / Allemagne
Belgique

Année : 2018 – Durée : 1 h 34

Dist.
Axia Films


Classement
Tous publics

Info. @
Cinéma Beaubien
Cinéma du Musée
Cineplex


MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.  Mauvais. 0 Nul.
½
[Entre-deux-cotes]

Holmes & Watson

| PRIMEUR |
Semaine 51
Du 21 au 27 décembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Le détective londonien Sherlock Holmes et son inséparable ami le docteur John Watson tentent de contrecarrer le projet de l’infâme professeur Moriarty, qui consiste à éliminer la reine d’Angleterre et à semer le chaos dans le pays.


SANS
COMMENTAIRES

Réal.
Etan Coen


Sortie
Vendredi 21 décembre 2018

Langue(s)
V.o. : anglais / Version française
Holmes et Watson

Genre
Comédie parodique

Origine(s)
États-Unis

Année : 2018 – Durée : 1 h 31

Dist.
Columbia Pictures


Classement
Tous publics

Info. @
Cineplex

If Beale Street Could Talk

| PRIMEUR |
Semaine 51
Du 21 au 27 décembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
À la suite d’un faux témoignage, Fonny Hunt est accusé de viol et condamné à une peine de prison. Son amoureuse, enceinte, met tout en œuvre pour l’innocenter.


CRITIQUE
| Élie Castiel |
★★★★

UN COURANT ARTISTIQUE…
LE NOUVEAU CINÉMA DE LA NÉGRITUDE

Moins abouti que Moonlight, la grande surprise oscarisée en 2017 (sans oublier l’incident dont tout le monde en parle encore), If Beale Street Could Talk ressemble à ces mélodrames qui, dans d’autres mains que celles de Barry Jenkins, aurait sans doute sombré dans l’oubli ou passé inaperçu.

Mais comme dans le film précédent du cinéaste afro-américain, il y a une façon de construire une cinématographie ethnique pendant longtemps ignorée. L’existence des Noirs, leurs conditions de vie et de survie, leurs luttes, leurs relations avec la majorité blanche, puissance le plus souvent insouciante et qui oublie vite. Mais plus que cela, il s’agit là comme de la construction d’un « cinéma de la négritude » comme au début des années 1960, on commençait à évoquer la « littérature de la négritude », en passant, plus tard par l’art (le peintre Jean-Michel Basquiat).

Les deux amoureux, elle, irréprochable et auguste Kiki Layne, et lui, grand talent canadien, l’impérial Stephan James se promènent, se parlent, font l’amour et se heurtent au monde des mortels comme les amants éternels d’une tragédie grecque, sortes d’Orphée et Eurydice.

Mais c’est aussi le portrait d’une Amérique qui a toujours mis en relief un faux rêve, une réussite possible qui n’existe pas, ou du moins pour les minorités. Cette caractéristique, Jenkins la soumet à un traitement formel digne des grands maîtres de l’éthéré, sentiment aérien qui consiste à situer le quotidien, l’anecdotique, ce qui semble même banal dans une réalité déconstruite, plus puissante et évocatrice que tout.

Sur ce point, on soulignera que les deux amoureux, elle, irréprochable et auguste Kiki Layne, et lui, grand talent canadien, l’impérial Stephan James se promènent, se parlent, font l’amour et heurtent le monde des mortels comme les amants éternels d’une tragédie grecque, sortes d’Orphée et Eurydice. Leurs rencontres sont montrés dans des univers à part, comme si les extérieurs n’existaient pas. Ils ne sont pas oubliés du monde, mais transcendés en héros de l’amour, pris entre leur propre espace céleste et un univers concret qui ne saisit pas l’importance du partage et des sentiments affectifs.

Entre mensonge et vérité, ou plutôt devrions-nous dire « intégrité morale », If Beale Street Could Talk annonce que Barry Jenkins appartient à cette nouvelle race de cinéastes qui assurent la continuité si essentielle du grand cinéma d’aujourd’hui et de demain. Avant toute autre chose, un art en mouvement sur les êtres et leurs pulsions conciliatrices de l’amour.

Réal.
Barry Jenkins

Sortie
Vendredi 21 décembre 2018

Langue(s)
V.o. : anglais / Version française
Si Beale Street pouvait parler

Genre
Drame social

Origine(s)
États-Unis

Année : 2018 – Durée : 1 h 59

Dist.
Les Films Séville


Classement
Tous publics
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

Info. @
Cineplex


MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.  Mauvais. 0 Nul.
½
[Entre-deux-cotes]

2026 © SÉQUENCES - La revue de cinéma - Tous droits réservés.