12 juillet 2018
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Kevin Macdonald, l’éclectique et jeune documentariste écossais, a entre les mains un sujet en or. Whitney Houston n’est pas qu’une excellente chanteuse de la scène pop, elle est aussi la fille d’une mère qui pratique ou a pratiqué le même métier, c’est une femme, une actrice, adulée par une société du spectacle ivre de nouveautés, de glamour, de sensations fortes, et d’émotions à fleur de peau. Mais elle est fragile dans un monde où les affaires ne riment pas toujours avec talent et les compromis sont monnaie courante.
Par le biais des documents d’archives, dont un choix excellent de home movies qui transcendent le documentaire et en quelque sorte le fictionnalisent, on est témoin d’une vie difficile, d’une existence où l’art et la réalité ne sont pas toujours compatibles. Entre franchise et trahison, entre un père arrogant et manipulateur, entre de nouvelles voix qui s’affichent dans le monde de la chanson, comment survivre à tout ce déchaînement d’évènements.
Dans l’univers de la culture pop, le public est sincère le temps que la mode dure; puis après, c’est l’oubli. Sans l’illustrer, Whitney évoque ce phénomène de la scène culturelle grand public. Toujours demander plus, changer sans cesse comme si le monde allait s’arrêter du jour au lendemain. Et pourtant, tous ces grands auteurs classiques continuent de jouir de leur réputation. Des populaires comme Piaf, Brassens, Brel, Dalida et autres les ont rejoints et ont survécu car derrière les paroles de leurs chansons, s’exprime un regard sur la vie, sur les rapports interhumains. Qu’en est-il de Whitney Houston?
Whitney est aussi une incursion dans le rêve américain, trop cher à payer lorsqu’il se réalise. Des documentaires de la sorte, il s’en fait de plus en plus. On peut parler de Amy (critique), de Lady Gaga qui, apparemment, se révèle une actrice formidable dans le prochain A Star Is Born, de et avec Bradley Cooper. Se révéler autrement, pour survivre tout simplement. Entretemps, Whitney se raconte et semble perdue dans un univers qui la broie, la manipule comme d’ailleurs plusieurs artistes de sa génération.
Quoi qu’il en soit, Kevin Macdonald propose un voyage dans le rêve américain où les cauchemars du hasard et de la vie, les grands moments possibles, s’ils existent, finalement la mort qui nous guette, ne sont que les énigmatiques étapes de la condition humaine. Tout compte fait, Whitney est un film délicatement bouleversant.

Une existence où l’art et la réalité ne sont pas toujours compatibles
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul / ½ [Entre-deux-cotes]
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5 juillet 2018

Bande-annonce non disponible
La conception télévisuelle du film déçoit un tant soit peu, la réalisatrice faisant appel à un public-maison-heures-de-grande-écoute. Sur l’œuvre de Perlman, peu de choses ; sur l’homme, un peu trop, montrant le côté bon enfant du personnage, d’où le titre-prénom du film, comme s’il s’agissait du « gars d’à côté » Octogénaire, il ne paraît pas pour autant, toujours jovial, heureux, ne montrant aucun signe de fatigue. Et c’est bien ainsi.
Le film de Chernick est aussi sur l’étrange odyssée de la mouvance juive au cours du XXe siècle, particulièrement post-Shoah. La notion du « juif errant » est illustrée par le voyage musical de Perlman, même s’il est né en terre d’Amérique. Car dans la judaïcité existe toujours une histoire, une destinée d’incessants voyages d’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre. Justement, Chernick montre bien cet amalgame de divers apprentissages et d’appartenances. En quelque sorte, peuple métèque, métissé à l’intérieur de plusieurs réalités, mais conservant une identité propre qui se perd dans la nuit des temps.
Excessivement tendancieux, le propos ne suscite aucun débat, montrant le violoniste dans ses jours les plus glorieux. L’instrument musical, chose intéressante, est montré comme une arme à double tranchant : d’une part, son apport artistique et rassembleur ; de l’autre, moyen de survie. Itzhak Perlman est de tous les plans. La caméra ne peut se séparer de lui (et de son épouse, si proche de son mari, dans tous les sens de la vie quotidienne et professionnelle), comme si le rapport entre l’œil photographique et le sujet était quelque chose qui a à voir avec l’alchimie de la représentation. Humain, trop humain. Et l’artiste dans tout cela?

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Sortie
Vendredi 6 juillet 2018
Version originale
anglais, hébreu; s.-t.f.
Itzhak
Réalisation
Alison Chernick
Genre
Documentaire
Origine
États-Unis
Israël
Année
207
Durée
1 h 22
Distributeur
Eye Steel Films Inc.
Horaires & info.
@ Cinéma du Parc
Classement
Tous publics
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MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul / ½ [Entre-deux-cotes]
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Le film assume sa dimension fantaisiste avec un bel entrain et une bonne dose de bonhommie dans l’approche de la comédie de mœurs qui rappelle la franchise des Visiteurs par son ampleur décorative et son chamboulement de l’ordre social d’une époque. Le pouvoir de l’imagination pour la construction d’une image héroïque et séductrice s’y voit dénoncé autour des multiples fables et escroqueries du retour du héros.
Derrière la dérision gentillette du pleutre à travers le jeu de Jean Dujardin basé sur la fausseté et la vantardise du personnage se profile un jeu complexe sur le pouvoir et les influences parfois involontaires de la supercherie à la fois littéraire, sociale, économique et sentimentale. Ce jeu est possible grâce à une candeur dans les procédés de narration par grandes séquences de discours et de démystification. Le montage et le découpage ne sont pas très solides ni cohérents mais un bon sens du cadre compense cette fragilité formelle.
Un certain sans-gêne par rapport au langage et aux anachronismes historiques, dans les comportements de Mélanie Thierry surtout, permet de renouveler régulièrement le récit et de proposer des retournements inattendus comme un récit de guerre plein de gravité de la part de Jean Dujardin. Même s’il implique un éloge de la bassesse en dernier lieu, le jeu sur les différents niveaux de duperie permet une remise à l’endroit des rapports sociaux en révélant les faiblesses, les forces et les désirs de chacun.

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Sortie
Vendredi 6 juillet 2018
Version originale
français
Réalisation
Laurent Tirard
Genre
Comédie
Origine
France
Belgique
Année
2018
Durée
1 h 30
Distributeur
Les Films TVA
Horaires & info.
@ Cinéma Beaubien
Cineplex
Classement
Tous publics
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MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul / ½ [Entre-deux-cotes]
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